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Poésie en prose
Concours : À corps perdus [concours]
 Publié le 06/10/20  -  6 commentaires  -  1231 caractères  -  110 lectures    Autres textes du même auteur

Thème : « Demande à la poussière ! »


À corps perdus [concours]



Ce texte est une participation au concours n°29 : Histoire de tombes et poésie de poussière...
(informations sur ce concours).





Sur la terre blessée où souffle un vent hagard, sourd le glas de la mort au cuivre du clairon. Sur le champ de l’horreur s’entretient la mémoire, sur la stèle des pleurs se ravive la flamme. Une liste funèbre défile sur le marbre, tandis que se déclame l’éloquente parole, par la voix qui s’endeuille pâmée de nostalgie. Mais qui se souviendra des courageux poilus qui avaient combattu sous couleur bleu-blanc-rouge, le corps à la mitraille et les pieds dans la boue, dans leur cagna humide où gîtait la vermine et rôdait la folie, sous les obus miaulants et les gaz moutarde ; de ces fils du labour, du peuple ou de l’échoppe, de ces vieux de vingt ans déjà ridés, sans âge, de ces pauvres pioupious au sourire éclaté ? Il paraît que leur âme hante la plaine nue. Aux affres de l’oubli, s’effeuille le regret tel un grain de poussière : un regard qui se voile au pâle instantané, un tremblement discret, ou de maigres sanglots sur une photo jaunie.


 
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   socque   
21/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Je trouve intéressant de présenter en prose une succession presque systématique de dodécasyllabes parlés.
Je n'ai relevé comme exceptions que
dans leur cagna humide où gitait la vermine et rodait la folie,
sous les obus miaulants et les gaz moutarde
Aux affres de l’oubli, s’effeuille le regret tel un grain de poussière
un tremblement discret, ou de maigres sanglots sur une photo jaunie.
Encore la plupart correspondent-elles à des séries de dix-huit syllabes.

C'est donc un choix fort, mais qui présente l'inconvénient à mon avis de détourner la lectrice (moi) du propos : une fois la cadence repérée, je ne pouvais m'empêcher de la suivre en lisant, de vérifier en permanence si elle se maintenait, et je m'attachais moins à ce qui était dit. D'autant que ce rythme systématique m'apparaît un choix formel arbitraire, sans rapport avec le fond et donc non susceptible de l'accompagner, de le renforcer. Je reste donc mitigée quant à ce parti pris formel.

Je trouve aussi que le texte présente trop d'adjectifs : blessée, hagard, funèbre, éloquente, pâmée, courageux, humide, miaulants, ridés, pauvres, éclaté, nue, pâle, discret, maigres, jaunie. Seize en tout ; ce n'est pas monstrueux, mais à relecture j'ai eu une impression de trop-plein.

   poldutor   
27/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour
Belle et bonne idée de rendre hommage à ces morts oubliés de la "Grand Guerre" ces soldats sacrifiés, qu'en peu de mots vous mettez à l'honneur "ces vieux de vingt ans déjà ridés, sans âge, de ces pauvres pioupious au sourire éclaté". Votre poème rejoint ma poésie "Verdun", surtout ne les oublions pas.
Merci pour Eux.
Cordialement.
poldutor en E.L

   Cristale   
6/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
" ces pauvres pioupious au sourire éclaté "

Boum ! Rien que ce regard, l'image qui s'imprime dans mes yeux, le ryhtme en déca et toute l'affectivité qui émane de cette phrase me figent sur cette courte mais efficace prose.

Merci pour eux et bonne chance pour le concours.
Cristale

   papipoete   
6/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour
en quelques lignes éclatantes, hommage est rendu à ces " fils du labour, du peuple ou de l'échoppe " que la grande guerre unit dans la boue, sous la mitraille... Mais la nature meurtrie, au fils des ans, retrouve monts et vastes plaines, qui jettent peu à peu un voile de l'oubli sur " ces corps perdus "
NB comment songer que ces scènes risquent de s'oublier, de n'être plus transmises par la parole... et retourneront rejoindre leurs héros, sous la poussière ?
en peu de lignes, tout est fort bien dit sur " ces vieux de vingt ans déjà ridés " qui moururent pour qu'un jour nous vivions !

   Cat   
6/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La prose libre choisie pour ce poème donne l'avantage à une musique martelée, au détriment des mots, des images.

Car une fois sortie de cet ad libitum, une seule d'elle s'impose : les morts et leurs corps emmêlés, enchevêtrés dans un magma de chair humaine déchiquetée et sordide (il va sans dire, pour satisfaire des besoins honteux et insatiables).

Est-ce le choix conscient de l'auteur ?

Si oui, c'est pleinement réussi. L'impression de tristesse et d'indignation dégagée devant ces 'à corps perdus'' amoncelés dans l'horreur, est plus que présente.

Si non, c'est dommage, car chaque image aurait davantage percuté en mode ''liste'', alors qu'il m'a fallu d'innombrables retours aux mots précédents pour mieux m'imprégner de leur force d'évocation.

Un petit bémol : le ''… qui avaient combattu sous couleur bleu-blanc-rouge'', pour le too much patriotique que cela implique. Car ces pioupious-là avaient été au combat plus forcés que portés par la sublimation du sacrifice. Ils vivaient heureux et en paix au sein de leur campagne et n'ont rien compris à rien de ce qui leur tombait sur la tête.

Dans tous les cas, merci à l'auteur d'avoir ravivé le souvenir. Pour avoir eu deux aïeuls, de ''ces vieux de vingt ans déjà ridés'' à qui on a volé la jeunesse et leurs yeux, c'est une époque atroce imprimée dans la mémoire familiale, ce pourquoi votre poème me touche infiniment.

Bonne chance pour le concours.


Cat

   Lulu   
17/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Comment ne pas être émue ?
On est entre le devoir de mémoire et la poésie.

Ce poème qui m'avait d'abord paru dense dans sa présentation avant de le lire m'a vraiment touchée. Il y a ce que l'on sait, ce que l'on a appris, puis ce qui fait aussi la particularité de ce poème, notamment dans l'âme perçue. "Il paraît que leur âme hante la plaine nue" ou "ces vieux de vingt ans déjà ridés, sans âge"...

L'image du regret qui s'effeuille "Aux affres de l'oubli, s'effeuille le regret tel un grain de poussière" est une belle métaphore, mais indépendamment de la forme, c'est l'émotion qui l'emporte.

Merci du partage et pour la publication de ce très beau texte.


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