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Chansons et Slams
Concours : Broyeurs de Noirs [concours]
 Publié le 23/11/18  -  13 commentaires  -  3229 caractères  -  198 lectures    Autres textes du même auteur

"Moi mon colon celle que je préfère
C’est la guerre de quatorze dix-huit
Celle mon colon que j’voudrais faire
C’est la guerre de quatorze dix-huit"

Georges Brassens


Broyeurs de Noirs [concours]



Ce texte est une participation au concours n°26 : Centenaire de l'Armistice 14/18
(informations sur ce concours).





Cette année, on fête le onze novembre deux mil dix-huit
Les cent ans de l’armistice de la guerre quatorze dix-huit,
Et mes pensées vont vers la mémoire des tirailleurs africains ;
Sénégalais, burkinabés, guinéens, maghrébins, centrafricains :
Les oubliés de la guerre qu’on a sollicités pour la victoire,
Des « frères d’armes » qu’on n’a auréolés d’aucune gloire.

Aucun monument aux morts, aucun caveau,
Ne portent les noms de ces valeureux héros
Qui ont quitté leurs familles après des promesses fallacieuses,
Souvent de force avec des descentes militaires à la mitrailleuse.
L’Occident avait encore agi, fidèle à sa réputation :
Calculatrice, sarcastique et cruelle sans hésitation.

Au départ ils ont parlé de la constitution d’une force :
« La force noire » !
Recruter des hommes qui n’avaient rien à voir avec cette guerre
Afin qu’ils viennent aider ceux qui avaient tout à voir avec cette guerre
Après le pillage des ressources minières de la colonie,
Le pillage des ressources humaines dans la félonie.

Des êtres qui n’ont connu ni hiver ni froidure de leur existence,
Mis dans des tranchées en plein hiver malgré leurs insistances ;
Mal vêtus, mal chaussés, épuisés de fatigue après le long voyage,
Des hommes arrachés à leur femme, leurs enfants, leur entourage.

Des hommes ?
Non ! Des indigènes. Des nègres. Des poilus venus d’ailleurs. Des pigeons d’argiles
Qui, la plupart, n’ont pas tiré un seul coup de fusil avant d’arriver au front, fragiles ;
Gelés à mort, ils tombent comme des soldats de plomb sous les balles allemandes
Mil quatre cents en un jour, six mille en trois jours, la Camarde sans cesse les mande
Sous le commandement du général Nivelle et ses slogans terrifiants :
« Ne ménagez pas le sang noir, afin de conserver un peu de sang blanc ».

Et quand ces sous-hommes osaient se révolter,
On en choisissait un sur dix parmi les survoltés
Pour leur mettre un écriteau « Lâche » autour du cou
Et leur faire défiler devant tout le régiment à genoux
Ensuite on allait les fusiller pour parjure et infidélité
Une méthode de dissuasion qui agissait avec efficacité.

Après la guerre, aucune reconnaissance pour la mémoire de ces détestables
Sur des monuments aux morts on peut lire des prénoms honorables :
Jean, Jacques, Gérard, mais aucun Aboubacar ou Mamadou
Oubliés, comme leurs sacrifices, comme leur cœur d’amadou.

Cette année, on fête le onze novembre deux mil dix-huit
Les cent ans de l’armistice de la guerre quatorze dix-huit
De valeureux soldats disparus aux combats seront évoqués :
Jean Lecomte, Alain Durand, Bernard Le Coq, tous exaltés
Mais on s’abstiendra de glorifier l’indigène, le nègre, le Noir
Pions sur l’échiquier ayant joué un grand rôle dans la victoire.


 
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   Anje   
30/10/2018
 a aimé ce texte 
Pas
On entend bien la catilinaire de l'auteur contre l'oubli des héros de cette Armée noire mais je ne peux penser que cela résume la grande guerre. Passant un jour par Reims, j'ai vu ce monument érigé en la mémoire des tirailleurs sénégalais dès 1924 puis remplacé après qu'il fut démolli par les allemands. Copie de l'original existerait encore à Bamako.
Je ne sais si ce texte entre dans la catégorie chansons et slams mais la catégorie diatribe ou dissertation reste à créer.
Merci pour ce rappel d'histoire mais je ne peux pas dire que j'ai aimé, n'ayant trouvé aucun image poétique dans ce texte.

   papipoete   
31/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
chansons et slams
Votre texte chanté pourrait l'être tantôt, lamenté, hurlé et pleuré avec d'énormes sanglots, des larmes blanches, des larmes noires ...
Vous dites sans détour ce que fut le destin ce ces " indigènes " qui servirent la " Mère-Patrie ", qui servirent de chair à canon, qui servirent de cibles comme fusillés pour l'exemple !
Des " sauvages " bien utiles, bien pratiques à faire plier !
je ne vois rien à rajouter, vous avez tout dit ! et de quelle manière !
On ne peut être " jaloux " du nom de Jean Lecomte sur un monument aux morts, mais aucun Mamadou ( les deux dans la tranchée, étaient peut-être amis ! )
Beau plaidoyer que celui-ci ! soyez-en fier !
papipoète

   Bidis   
6/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je n'ai rien contre le thème, au contraire. C'est absolument vrai qu'il y a une injustice flagrante dans l'oubli de ces hommes qui ont combattu, souffert et pour beaucoup sont morts pour une cause qui n'était pas celle de leur race. Je ne savais pas qu'il y avait tant de morts parmi eux, ni cet horrible propos du général Nivelle. Ce texte nous apprend donc des choses. Mais, il s'agit d'un concours de poésie et, pour ma part, ici, de poésie, je n'en ai guère trouvé.

   Coeurdeloup   
7/11/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Il me semble que vous êtes passé à côté des exigences du concours. Je respecte votre point de vue sur les oubliés de cette guerre, mais ceci est trop orienté "politiquement" et ce n'est pas le sujet.
Dommage car le rythme est soutenu et convient à un slam

   Absolue   
23/11/2018
Je n'ai pas lu quelles étaient les exigences du concours mais voilà un superbe texte pour tous ces êtres oubliés, qui ont donné leur vie et qu'on met très peu à l'honneur! Rien que pour cela, je salue votre chanson!
Une seule race: la race humaine!

   Anonyme   
23/11/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Je pense que le contrat n'est pas respecté concernant le concours.

Sinon c'est moyen: l'idée est bonne d'évoquer ces soldats africains (mais aussi arabes et asiatiques) mort pour une Patrie qui n'était la leur que par la force des choses.
Mais ici le texte est partisan et frôle l'absurde...
"Sur des monuments aux morts on peut lire des prénoms honorables :
Jean, Jacques, Gérard, mais aucun Aboubacar ou Mamadou
O" c'est absurde: les noms sur les monuments aux morts sont ceux des gens du village tombés au front..peu de chance donc qu'il y ait un Mamadou au fin fond du Berry en 1917...
Par ailleurs, dans ma ville il y a un carré avec les tombes des tirailleurs mort au front (il y avait une garnison de tirailleurs dans le nord Allier en 1915), même si l'hommage est succinct il existe un peu.
En fait, il faut contextualiser: en 1914 l'AOF est un espace colonisé, donc français. On considère les sénégalais, et autre comme des français (déclassés je l'accorde volontiers). Ca n'enlève rien à la cruauté et au racisme de tout ça, mais ça permet de prendre une distance que ce texte n'a pas.

   Cristale   
23/11/2018
Je n'entends ni poésie ni musique dans ces vers bien trop longs que j'aurais préférés sur un rythme permettant une chanson, un slam, - catégorie dans laquelle se trouve ce texte - : des octosyllabes, des dodécasyllabes au maximum et des assonances en fin de vers.
Le fond appartient à l'auteur, je n'ai pas les connaissances suffisantes pour en discuter.

   bipol   
23/11/2018
Commentaire modéré

   PIZZICATO   
23/11/2018
Il me semble que cet écrit s'éloigne sensiblement du sujet et ressemble plus à un manifeste qu'à une poésie.

Ce que vous décriez ici est à blâmer et serait l'objet d'un tout autre débat.
De ce fait je n'émets pas d'appréciation pour ce texte.

   LenineBosquet   
23/11/2018
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bonjour,
j'aime bien le titre.
Je trouve que vous êtes hors-sujet par rapport au thème du concours où il est stipulé, je cite, : "La guerre 14/18, oui, mais attention, nous vous donnons comme champ d'exercice une période bien particulière, à savoir ces quelques jours ou semaines qui ont précédé, marqué ou suivi ce 11 novembre 1918. Il faut en effet qu'une référence temporelle permette de relier votre texte à l'événement et qu'on ne reste pas dans une exposition vague et presque anonyme d'une simple situation de guerre." J'ai du mal à voir cette référence temporelle dans votre texte.
Le thème évidemment me parle et je suis bien d'accord avec vous mais je trouve votre traitement bien au dessous de ce qu'on pourrait attendre, surtout avec un si beau titre. La métrique est très aléatoire, les rimes me semblent forcées et tombent là, comme un cheveu sur la soupe. Je ne vois nulle métaphore, effets de style et autres artifices poétiques. Dommage.

   plumette   
23/11/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Je suis sensible au thème traité dans ce texte.
Dans la catégorie Slam, OK, et d'ailleurs j'aimerais bien l'entendre déclamer car il y prendrait toute sa force dénonciatrice.

A la lecture, c'est plus fastidieux.

Je trouve que cela manque de fluidité comme par exemple dans les vers suivants:

"Des « frères d’armes » qu’on n’a auréolés d’aucune gloire."


"Afin qu’ils viennent aider ceux qui avaient tout à voir avec cette guerre"

"Des êtres qui n’ont connu ni hiver ni froidure de leur existence,
Mis dans des tranchées en plein hiver malgré leurs insistances " là je ne comprends pas le mot insistances.

A partir de Des hommes? le texte prend une tournure un peu différente, il dénonce violemment en s'emparant des termes même qui ont été utilisés à l'époque pour parler de ces peuples colonisés. il y a une certaine efficacité, mais elle est clivante, ainsi qu'on peut le voir dans les premiers commentaires . Pour moi, un travail poétique devrait permettre de faire entendre cette réalité là sans diviser les lecteurs entre deux catégories : ceux qui adhérent , ceux qui rejettent.



Merci pour cet hommage, et ce titre magnifique, mais pour le concours, une autre fois sans doute.

Plumette

   Corto   
23/11/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Comme d'autres je trouve que ce texte est éloigné de la logique du concours. Il rappelle utilement quelques vérités cruelles.
Il semblerait que dans la période des gestes positifs aient été posés pour le souvenir de ces Africains entraînés dans la guerre. Ainsi des panneaux à leur mémoire viennent d'être installés au camp de Cazaux près d'Arcachon où de nombreux Africains sont morts (en général d'épidémies) dans un camp en pleine forêt.
La célébration de l'armistice aura au moins permis cette petite avancée.

   Pouet   
24/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

Le texte ayant été validé et accepté par ceux qui en avaient édicté les règles et contraintes, je ne me sens guère légitime pour le qualifier de hors sujet...

Pour ma part j'apprécie le thème, la poésie "sert" aussi (avant tout?) à cela: dénoncer, s'engager, gueuler... Il y avait bien sûr matière, il "fallait" très certainement aborder ce sujet. Je suis bien évidemment en total accord avec le fond du poème.

Le ton est fort simple, il n'y a pas d'effets de manche, on demeure dans le factuel et le prosaïque, et c'est heureux me concernant.

Bonne continuation.

   hersen   
24/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un titre excellent.

Le ton reste d'une simplicité presque effarante devant un tel "récit", car c'est bien de cela dont il s'agit, un récit plus qu'un poème.
Et c'est mon principal reproche, de ne pas trouver suffisamment présente la poésie.

Pour ma part, tous les poèmes publiés pour ce concours sont passés par le Comité éditorial qui les a avalisés, et donc remplissent les conditions de participation.


Oniris Copyright © 2007-2018