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Poésie classique
Concours : Les matins chagrins [concours]
 Publié le 06/10/20  -  9 commentaires  -  1717 caractères  -  192 lectures    Autres textes du même auteur

« Demande à la poussière. »

Zadjal


Les matins chagrins [concours]



Ce texte est une participation au concours n°29 : Histoire de tombes et poésie de poussière...
(informations sur ce concours).





Blotti sous l’oreiller, tout petit, près du bord,
Un poupon de chiffon contre un rêve s’endort.

Frais comme les parfums d’un grand panier de roses,
Au profond de la nuit, les paupières mi-closes,
Je cueille dans le ciel les mots que tu déposes
Et les mets sur mon cœur pour les serrer très fort.

La vie a fait le deuil du plus beau paysage
s’abreuvait sans soif la jeunesse peu sage
De tes si courts printemps fleuris sur mon rivage,
Ô toi mon souvenir, mon si doux réconfort.

Je sème à l’horizon mes bleus de crépuscule,
Mes matins de chagrin sur ce temps ridicule
Ajoutant à chaque heure une heure à la pendule
l’écho de ta voix joue un dernier accord.

Le marchand de sommeil a fermé notre livre
Et semé sa poussière au vent fou qui m’enivre ;
Il n’est plus de réponse au mal des jours à vivre,
Juste un brin de sourire, et des pleurs, sans débord.


 
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   Miguel   
24/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel dommage que ce prosaïque "sans débord" final vienne rompre le charme, car ce poème est superbe d'un bout à (presque) l'autre. Les sonorités, les rythmes, les images, la tonalité de l'ensemble ... tout y est beau, sauf ce débord ; c'est comme un Pavarotti dont la voix s'éraillerait sur la dernière note; c'est trop bête.

   Myo   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une mise en forme originale, celle d'un Zadjal je pense, pour cet écrit empreint de nostalgie à la prosodie sans faille.

Le distique introductif présente cette poupée de chiffon qui porte le rêve, ou le souvenir du narrateur. Puis il y a ces mots venus du ciel, des mots portés par le rêve et qui comptent plus que tout.

S'agit-il de la perte d'un enfant et de ces ' si courts printemps" qui laisse un père ou une mère dans la douleur de l'absence que rien ne guérit jamais ?

Un très bel écrit au ressenti profond.
Bravo!

En EL Myo

   Gabrielle   
28/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte qui marque le deuil d'un courant.

Rêve et poésie disparaissent, laissant place à "un brin de sourire" et à "des pleurs, sans débord".

Une question qui se pose : le romantisme, qui correspond à un besoin de notre temps, aurait-il réellement disparu ?

Merci à l'auteur(e) d'évoquer cette question.




Gabrielle

   pieralun   
6/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Beaucoup de sensibilité, beaucoup de douceur dans ce poème.

« Les chants désespérés sont les chants les plus beaux » je crois que c’est Musset qui le dit.
C’est vrai à condition que la douleur soit suggérée, que les larmes mouillent un peu le regard au lieu d’inonder les joues, que les cris ne soient que des plaintes, à ces conditions la douleur peut trouver sa poésie.
Ici, cela va sans dire, c’est parfaitement le cas. Les 2 premiers vers en sont la parfaite illustration.
J’ai apprécié par dessus tout le 3ème quatrain avec ce splendide vers du temps qui passe lentement sur l’oubli qui ne vient pas: « ajoutant à chaque heure une heure à la pendule »
Le dernier quatrain illustre joliment la retenue dans la peine...
J’ai beaucoup beaucoup aimé

   Lebarde   
6/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Une forme fixe de poésie classique, rare que je ne connais pas mais qui m'a pourtant séduit par sa rigueur et son élégance.

J'y ai vu de belles rimes régulièrement distribuées AA BBBA CCCA ....qui semblent bien correctes?
J'y ai vu aussi de beaux alexandrins avec tous leurs pieds et toutes les césures bien placées.
A coup sûr, il y a derrière tout cela, une grande maitrise et une grande connaissance de l'écriture.

Ce poème d'une sensibilité touchante dégage une atmosphère mélancolique et une délicate poésie qui envoûte et transporte le lecteur dans un monde de tendresse et de douceur, en harmonie avec le sujet qui conserve pourtant une part de mystère que je n'ai pas nécessairement découvert.

J'ai relevé, parmi d'autres quelques jolis vers qui illustrent bien mon ressenti de lecteur:

"Un poupon de chiffon contre un rêve s’endort."

"Frais comme les parfums d’un grand panier de roses",

"Je cueille dans le ciel les mots que tu déposes
Et les mets sur mon cœur pour les serrer très fort"

J'ai moins aimé le dernier quatrain que je trouve emprunté et moins fluide.

Beau travail pour un superbe texte qui pourrait lui aussi donner les palmes à son auteur(e).

Lebarde

   papipoete   
6/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
bonjour
je regarde ce poupon, contre qui son confident ne s'endort plus ; levant mon esprit au Ciel, mes yeux fermés de tant de chagrin, je cueille à tâtons tes mots que je garde pour moi, tout contre moi.
Combien de jours sans lumière, combien de nuits sans sommeil, serai-je encore loin de toi, avant de te rejoindre...pour qu'enfin cesse mon chagrin !
NB évoquer la mort d'un être cher, ici d'un petit " aux si courts printemps ", sans jamais la nommer, et la voir pourtant omni présente, tout au long de ce fleuve de douleur.
De si beaux vers ( je sème à l'horizon mes bleus de crépuscule ) et bien d'autres, qui nous poussent à aimer... pendant qu'on est vivant...
la 4e strophe est vraiment très belle, et chaque alexandrin sonne si juste ! le zadjal n'est pas la forme fixe que je préfère, mais notre concurrent en maîtrise toutes les arcanes !
Je crois reconnaître l'auteure...mais n'en dirai pas plus.

   Queribus   
7/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un superbe poème qui marie avec habileté et finesse les règles du zaghal et les contraintes françaises de la poésie classique dans une prosodie parfaite. Comme quoi, des formes venues d'ailleurs peuvent très bien être adaptées dans notre langue (Il existe déjà bien-sûr le haiku, le tanka, le pantoum par exemple mais je suis certain que bien d'autres pourraient aussi faire l'affaire.). Un seul petit défaut (qui n'en est pas vraiment un): j'ai trouvé les phrases, de façon générale, plutôt longue; il aurait peut-être été bien de diviser chaque strophe en deux phrases comme comme à la quatrième mais ce n'est qu'une idée personnelle.

Quoi qu'il en soit, un superbe travail qui démontre d'une longue pratique de la versification.


Bien à vous.

   dream   
7/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
La perte d’un enfant chéri, c’est l’impossible oubli, l’impossible résilience, l’impossible deuil ; car on ne se console jamais de la disparition de quelqu’un que l’on aime : le poids de ce malheur est toujours omniprésent, sans soulagement possible. A la douleur s’ajoute la culpabilité, parfois, mais aussi une infinie solitude, toujours.

Je ne commenterai pas davantage ce poème que je trouve magnifique en tout point, pour de multiples raisons qui me sont toutes personnelles.

En tout cas, un Grand Bravo à l’auteur (e) ! Même si son poème n’est pas fait pour aborder la journée dans la joie et la sérénité.

   Lulu   
15/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,

Je trouve ce poème très doux et si musical.

Il est aussi très évocateur. Des images surviennent à la lecture, et autant d'évocations possibles qui l'enrichissent, notamment du fait de sa douceur.

J'ai bien aimé les deux premiers vers et cette deuxième strophe inattendue dans les images qu'elle fait naître.

J'ai aussi beaucoup apprécié la forme que je découvre ici : le zadjal.

J'ai beaucoup aimé la troisième strophe, notamment pour ses trois premiers vers, réalisant que les rimes par trois sont vraiment intéressantes et loin d'être lourdes.

Cependant, j'ai trouvé étrange cet adjectif de "ridicule", le trouvant peu poétique, tant il est utilisé dans différents contextes et un peu à toutes les sauces. Avis très personnel. Il est toutefois vite oublié à la lecture des deux vers qui suivent.

Très belle dernière strophe, à l'exception, pour ce qui me concerne, du dernier mot "débord" qui attire un peu trop l'attention, au risque de faire perdre l'intérêt de l'ensemble du poème. Là encore : avis tout personnel...

Bonne continuation.


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