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Poésie libre
corbivan : De terre et de sang
 Publié le 29/07/17  -  25 commentaires  -  600 caractères  -  459 lectures    Autres textes du même auteur


De terre et de sang



De terre et de sang, je me penche vers toi.
Rien ne m’indiffère, ni les soleils, ni les étangs, ni les villages, ni les chemins, ni ta voix d’oiseaux.

De terre et de sang, je me déplie sous tes caresses.
J’offre mon torse et mon visage à ta parole de froment, ta parole solaire, ta parole de vent.

Tu souffles à mon oreille l’essence de la lumière, l’absurde certitude de n’être que le saule, de n’être que le sol, de n’être que silence.

De terre et de sang, regarde-moi ! Bois-moi ! Mange ma langue !
Tresse mes pensées en songe gravide.


 
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   Brume   
11/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Votre poème est solaire et sensuel.
J'aime moins "mange ma langue" que je trouve assez too much.
"Je" est le saule que vous avez personnifié à merveille.
Votre écriture à cette magie d'éveiller tous les sens du lecteur:
L'ouïe : " J'offre mon torse et mon visage à ta parole de froment, ta parole solaire, ta parole de vent"
Le toucher : tu souffles à mon oreille l'essence de la lumière..."
Le visuel : " Rien ne m'indiffère, ni les soleils, ni les étangs, ni les villages..."

Votre poème est sensitif et spirituel, vos vers ont une âme, j'apprécie d'entendre leur tonalité passionnée.

   Marite   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Belle lecture poétique à deux expressions près :
- "ni ta voix d'oiseaux" qui m'apparaît rompre le rythme de la diction de la première strophe.
- "Bois-moi ! Mange ma langue" qui nous ramène au quotidien prosaïque.

J'ai perçu dans ce texte, surtout avec le dernier vers, une référence à la signification mythologique celte du saule qui cache dans ses branches, en attente d'éclosion, deux oeufs qui contiennent les embryons du soleil et de la terre indispensables à l'émergence des règnes de la vie sur la planète.

   Raoul   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte puissant, solaire, une sorte de prière aux éléments.
De très belles images simples dans la construction, évidentes de précision et d'une grande justesse de vocabulaire ce qui donne d'autant plus de force à cette prose. Écrit depuis un certain vide existentiel, le texte témoigne, empoigne, sans concessions, sans facilités, je trouve. Une réussite.
Beaucoup aimé.

   Grange   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un texte libre comme je les aime et un poète libéré des contraintes de la rime mais pas de l'esprit poétique.
Bravo cher poète, j'aime vraiment tout de ce texte, la lettre et l'esprit !

J'hésite entre beaucoup plus et passionnément !

PS: je viens de lire le commentaire de Raoul ci-dessus et je trouve qu'il exprime parfaitement ce que je pense de ce poème.

   leni   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Salut Corbi

De terre et de sang, je me penche vers toi.
Rien ne m’indiffère, ni les soleils, ni les étangs, ni les villages, ni les chemins, ni ta voix d’oiseaux.

C'estdans ce contexte que la sensualité évolue

Ni trop ni trop peu
Un peu court
J'ai aimé Salut à Toi Leni

   OiseauLyre   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Votre texte est a la fois simple dans son déroulement et puissant. Les images sont fortes et les mots très justes. Il s'en dégage une sensualité "primitive" dans le sens "première". Vous rendez un bel hommage aux éléments.
Merci.

   Arielle   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Superbe alliance avec la nature dont on sent couler les sèves dans chaque mot.
Il y a un vrai bonheur animal (au meilleur sens du terme) à se glisser dans ces quelques lignes qui me paraissent régénératrices.

   PIZZICATO   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Tresse mes pensées en songe gravide. " Voilà une belle trouvaille, très éloquente, pour conclure cette jolie poésie.

En osmose avec la nature, l'existence, la création.

   hersen   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Tu as frappé très fort, Corbivan.

je ne développe pas, je veux juste dire que je trouve à ton poème une puissance qui emporte.

Merci de cette lecture

   wancyrs   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Corbivan,

S'il n'y avait pas eu la dernière strophe j'aurais cru à un dialogue entre l'homme et son créateur, l'homme fait de terre et de sang, le sang étant la vie, comme le souffle que selon la théorie créationniste Dieu insuffla à l'Homme.

J'aime beaucoup :

"Tu souffles à mon oreille l’essence de la lumière, l’absurde certitude de n’être que le saule, de n’être que le sol, de n’être que silence."

C'est une opinion très chrétienne de l'humilité, la sobriété, credo de cette foi particulière.

Merci !

Wan

   Recanatese   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Corbivan,
vous nous proposez là un texte très puissant qui m'a instantanément embarqué.
Je ne sais pas trop quoi penser du "mange ma langue" que j'ai trouvé génial à ma première lecture (mais n'est-ce pas celle qui compte ?) puis qui m'a semblé un peu too much comme dit dans un précédent commentaire.
Allez savoir pourquoi, votre poème m'a rappelé "la pluie dans la pinède" de Gabriele d'Annunzio, quelques (beaux) passages tout du moins.
Au plaisir de vous relire
Recanatese

   papipoete   
30/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour corbivan
Il se penche à tomber dans le ruisseau, mais comme retenu par les ficelles de Gepetto, le saule tient bon et laisse sa ramure frissonner au vent .
NB Très poétique peinture que ce texte-photo d'un arbre bien ordinaire qui semble parler ...
Performance aussi que d'écrire si court et dire tant de choses !

   EvaDam   
30/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Beauté solennelle, sacramentelle, celle du geste qui s'éternise, qui devient essence de la gestualité : "De terre et de sang, je me penche vers toi".
De cet agenouillement procède, par un dépliement sensoriel, l'être- seul, l'être-ça. Au ralenti d'une vie plurielle, en vases clos, progressivement évasés.
La parole de l'autre, devenue poésie des éléments, se résorbe dans un silence de nature ontologique qui se mue en "songe gravide", en passant par un acte de cannibalisme fervent qui appelle le Verbe, l'eucharistie (!)... et la prose du baiser: "Mange ma langue!".
Plus qu'un refrain, "De terre et de sang" devient un dénominateur commun entre le moi et l'autre, un horizon d'entente ... entre vivants nourris de mort, et d'amor: 1+1= ? (1).

   Donaldo75   
30/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour corbivan,

Ce poème illustre la force de la sobriété en poésie. En quelques vers, tout est dit, sans avoir à se prendre la tête des questions du genre "qu'est-ce qu'il a bien voulu dire ?" ou "Êtes-vous bien sûr que l'argument 1 va avec le vers 2, hein, parce que moi je n'ai pas bien vu, ou je n'ai pas compris ?"

C'est fin, soufflé à notre oreille subconsciente, fluide à la lecture à voix haute.

Bravo !

Donaldo

   Alexan   
30/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je suis séduit. Je doute d’ailleurs que « séduit » soit le mot qui convienne. Il en faudrait un plus puissant plus sauvage, mais je ne le trouve pas. Il y a dans ce poème quelque chose de si imagé, visuel, qui me laisse une impression durable comme une empreinte. J’aime le sens de ses mots, de ses phrases, mais c’est surtout leur résonnance qui m’absorbe, au-delà de toute signification.

   Cat   
31/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Corbivan,

Je tourne autour de ce poème depuis sa parution. « De terre et de sang, de terre et de sang… »

Le titre m’enroule dans sa spirale, m’aspire dans sa veine et fait résonner le tam-tam tendre et profond du fond des âges, de quand la terre s’est hissée hors du magma pour prendre pied et racines, cause et fait ancrés dans nos réalités.

Il y a ce vers, d’une amplitude à couper le souffle « l’absurde certitude de n’être que le saule, de n’être que le sol, de n’être que le silence », qui dit tout, et parachève la magie

Le dernier vers a un peu coupé mon élan. « Mange ma langue » et « gravide », malencontreux et incongrus, m’a débarquée un peu rudement du rêve.

Merci pour le voyage.

Cat

   Louis   
31/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le saule se penche vers le sol.
Le saule est locuteur, le sol son principal allocutaire.
Que dit le saule ?

Il avoue un penchant pour tout ce que porte le sol : « rien ne m’indiffère, ni les soleils, ni les étangs, ni les villages, ni les chemins ». Il manifeste pour le sol une inclinaison, exprime une inclination pour le monde terrestre et s’incline respectueusement. Lui qui s’est élevé au-dessus de la terre, lui qui a semblé l’abandonner, la quitter pour des cieux sereins. Il célèbre son attachement au sol, ses noces avec tout ce qui repose à sa surface, soleils et ombres, étangs, chemins et villages, comme avec les profondeurs où il s’enracine. Ni distant, ni détaché, le saule rend hommage à ce sol qui le lie à tout ce qui existe dans le monde ; il le salue d’une révérence.

Le saule, ni de bois ni de marbre, n’est pas insensible à ce qui l’environne. Il n’est pas un solitaire. Il communique avec l’eau des étangs, avec les traces sur la terre que sont les chemins, marques d’une écriture tracée par la vie des humains.

Les voies le touchent autant que les voix.

Les voix qui s’élèvent du sol, « ta voix d’oiseaux », à la fois terrestres et aériennes, voix chantantes. Le monde a son chant, sa musique ; le sol donne le la, clef d’une harmonie.
Le saule prend note, il est écoute, il est l’ « oreille » musicale d’une symphonie naturelle. Il se découvre confident d’une parole du monde, chantante et mélodieuse : « ta parole de froment, ta parole solaire, ta parole de vent ». Des voix végétales, lumineuses, aériennes s’exhalent d’un sol, porteur et portée où s’écrivent les harmonies et les correspondances.

Ces paroles essentielles sont révélatrices. Elles révèlent le saule à lui-même. Elles lui donnent cette « absurde certitude de n’être que le saule ». Il n’est qu’un arbre, il n’est que lui-même, absurdement. Pas de sens à cela : être ce que l’on est ; être ce qu’il est, le saule, alors qu’il aurait pu n’être que vent, ou pierre sur un chemin ou tuile sur un toit de maison ; alors qu’il aurait pu être un arbre et tout aussi uniment, dans une ubiquité, dans l’union de l’un et du multiple, être une étoile, une libellule ou la flamme dans un âtre. Comme tout être, comme toute chose, il est ce qu’il est, saule, et seul, dans son existence idiote au sens étymologique de ce terme.

Mais s’il est « saule », une parole lui fait entendre qu’il est aussi « sol ». L’homonymie exprime qu’il est le même et l'autre. Son être individuel, particulier, idiot, n’empêche pas un lien profond, une unité avec ce qui lui est autre.
Saule, il est sol, à la fois solitaire, et solidaire de tout ce qui existe sur terre. Seul, mais uni à tout. Soi, mais sans isolement.

La parole essentielle lui révèle encore qu’il n’est que « silence ». Paradoxale idée, puisque le saule se place en position de locuteur, puisqu’il s’avoue auteur des paroles du texte, puisqu’il déclare posséder une « langue ».
La poésie du texte s’avère alors une parole du silence, l’expression poétique de ce qui se dit tacitement dans la nature, où chaque être serait signe, où les choses et les mots ne feraient qu’un.

Dans une injonction finale, le saule demande au sol, demande au monde « Mange ma langue ». Ce qu’il faudrait absorber, ce n’est pas la langue, organe anatomique buccal, mais le dire poétique de son existence silencieuse. « Bois-moi » pose-t-il encore comme impératif, lui qui est de bois. Il aspire à devenir un liquide que le sol pourrait avaler, une eau qui s’infiltre partout, une parole partout diluée, devenue explicite. Le saule tend vers une fusion avec le sol, mais reste saule, prisonnier de lui-même.

Il se présente très humain, cet arbre, ce saule. Il est personnifié, dans un anthropomorphisme évident. Il s’avoue « De terre et de sang », affirme combien il partage ainsi son être avec les choses inertes du sol, de la terre, et proclame sa communauté avec tout être vivant, « de sang ».
Humainement, il dit son penchant pour le monde, son sol, son lien solidaire avec les êtres de la nature ; humainement, il exprime une sympathie pour tout ce qui existe naturellement, sans anthropocentrisme, sans froide indifférence. Il porte une espérance : que ses pensées d’humanité deviennent fécondes, un « songe gravide »

Un beau texte.
Merci Corbivan.

   corbivan   
31/7/2017

   Alcyon   
1/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour

de la puissance dans chaque vers
une force primitive qui va à l'essentiel de la vie
les éléments sont bien présents
"Tresse mes pensées en songe gravide" est magnifique
juste un bémol
je pense que le poème sans ponctuation
et en allant à la ligne un peu plus
gagnerait en force

je vais certainement le lire et le relire
merci pour ce partage

   Absolue   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Parole de froment, songe gravide... J'aime les associations inédites... (et j'ai appris un nouveau mot aujourd'hui;-)).
Par contre je ne comprends pas bien l'absurde certitude de n'être que le sol... Est-ce une façon de dire qu'il se sent "inférieur"?
Au départ, je pensais à une relation avec une femme mais à relire, n'est-ce pas plutôt la relation à la vie, à la terre? Mais dans ce cas, le dernier paragraphe me semble obscur...
"Bois-moi" "Mange ma langue!" Une allusion au Pays des merveilles?

   Marie-Ange   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
J'ai déposé dans votre écrit fascinant, mon ressenti sans retenu, comme dans un peinture, lorsque le regard ne peut s'en décrocher,
j'ai été hypnotisé.

Simple puissance de l'émotion qui se voit évoluer dans ce phrasé,
au fil de la lecture. Au départ, un peu "bousculé" par "Mange ma lange", cela devient peu à peu, comme une évidence qui me plonge encore plus loin dans ma réflexion.

J'ai beaucoup aimé, et je retiendrai cette phrase :

" Tresse mes pensées en songe gravide".

   emilia   
2/8/2017
Ce poème décline l’anaphore du titre et résonne comme une parabole mystérieuse avec une visée symbolique en forme de trilogies ( parole de froment, solaire, de vent…), du glissement allitératif du saule au sol puis du silence, des verbes d’actions ( regarde, bois, mange…) caractéristiques de trois principes de vie qui permettent d’entrer en relation avec les forces vivantes de la nature et leurs vibrations, en quête de cette lumière intérieure ( son essence ) que reflète cet arbre de vie, de la mélancolie et du souvenir nostalgique, voire de l’immortalité, à travers ce don de la fertilité, ce songe en gestation, cette aspiration à la coupe d’alliance, à la communion, au don de soi : « je » m’offre à ta parole alors que « tu » as « l’absurde certitude de n’être que silence » …pour une voyance au-delà des apparences dans un élan très inspiré… ; merci à vous pour ce partage…

   jfmoods   
4/8/2017
Ce poème de forme libre tient tout entier dans l'acte d'allégeance formulé, dans l'effort que fournit le locuteur pour s'inscrire dans une relation de vassalité (verbes soulignant les différentes phases du don de soi : "je me penche", "je me déplie", "j'offre"), face à l'exigence poétique. La métaphore s'impose, lumineuse : image même de l'introspection, le poète est un saule. Il est à la fois de terre et de sang. Il est celui qui creuse interminablement en lui-même pour accueillir la vigueur des quatre éléments ("Rien ne m’indiffère, ni les soleils, ni les étangs, ni les villages, ni les chemins, ni ta voix d’oiseaux."), la profusion des cinq sens (toucher : "tes caresses", ouïe : "ta parole de froment, ta parole solaire, ta parole de vent", "Tu souffles à mon oreille", vue : "l’essence de la lumière", "regarde-moi !", goût et odorat : "Bois-moi ! Mange ma langue !"). Mué en pur réceptacle (locution restrictive assortie d'une gradation à rythme ternaire : "n’être que le saule, de n’être que le sol, de n’être que silence.), il se fait caisse de résonance d'une parole gorgée de fertilité ("Tresse mes pensées en songe gravide.").

Merci pour ce partage !

   Eclaircie   
7/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Corbivan,

Je ne me souviens pas avoir lu beaucoup de prose sous ta plume. Aussi, je dis : dommage, ça te va si bien. (De plus, je suis allée voir, deux proses seulement.)

Cette courte prose est un très bel hymne à l'amour à la nature au mariage des deux.
Le langage est très accessible mais cependant savamment choisi pour amener des images qui me plaisent beaucoup.
Je dirai ce poème "viscéral" et les thèmes abordés se prêtent vraiment harmonieusement à la composition.

Un seul bémol : au point final, je me suis dit : "déjà". tant le saule le sol sont immenses, la vie, la nature et l'amour de même ; ils auraient mériter plus longue évocation, à mon avis.

Bravo et merci du partage.

   letho   
8/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Corbivan

Très beau texte qui a l'audace d'être court et d'offrir au lecteur, qu'on suppose imaginatif, le désir de créer à son tour sur ton "sol", sous ton "saule"... merci donc !


Oniris Copyright © 2007-2017