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Poésie classique
Cristale : Autant en importe le temps [concours]
 Publié le 17/09/16  -  21 commentaires  -  2031 caractères  -  458 lectures    Autres textes du même auteur

Quitte ou redouble, à moins treize il sera peut-être moins une…


Autant en importe le temps [concours]



Ce texte est une participation au concours n°21 : Et en 13 secondes, tout bascula...
(informations sur ce concours).






Chéri reviens ! Allons faire la bringue,
Oublions tout, sans toi je deviens dingue !
Tiens ! Pour ce soir je t'accorde un sursis
Sinon, demain, à moi le pain rassis
Et le sevrage obligé de l'absinthe,
Des nuits d'ivresse. En fille pure et sainte,
Pour expier, le jour je jeûnerai,
La nuit, au sol je me prosternerai.

L'ultimatum imparti, je me livre !
Je ne lirai, dès minuit, plus un livre
Concupiscent, immoral, subversif,
Tendancieux, vulgaire ou régressif.
Mallarmé ? Non ! Plutôt l'euthanasie.
Apollinaire ? À lui l'apostasie !
Le mal d'aurore ? Oh ! Sieur Lautréamont
Déchantera dans le Styx en amont.

Dante damné, j'immolerai l'infâme
Marquis de Sade et, pour laver mon âme,
Les baisers chauds de ma bouche en écrin
Neutralisés au feu d'un gant de crin,
Je troquerai pour de rêches matières
Mes hauts, mes bas, mes strings et jarretières.
Modestement, la paillasse en genêt
Remplacera mon baldaquin benêt.

Mes monts dorés, mes lacs, mes vallons d'ombres
Emprisonnés dans des calicots sombres,
Mes yeux d'azur à jamais inhumés
Dans l'enclos noir de gros verres fumés,
Mes cheveux blonds cachés sous la cornette :
J'ânonnerai mes trois vœux de nonnette
En reniant toutes tentations,
Sans pleurs, ni cris ou lamentations.

Il est déjà vingt-trois heures cinquante,
J'hésite encore. À moins une sonnante,
Le bourdon tonne au clocher du couvent ;
Chaque seconde en moins, c'est éprouvant !
L'espoir m'étreint : dis-moi que tu regrettes
De nous priver de folles galipettes !
J'ai mis ma robe, un voile immaculé…
En treize gongs, ma vie a basculé.


 
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   JulieM   
5/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Mes zygomatiques ont bien travaillé grâce au dilemme (poilant) poignant d'une accorte donzelle qui égrène dans un dernier soupir (lascif) tout ce qu'elle abandonnera, en treize seconde. Quel talent !
Il se dégage une belle vitalité des oppositions :
- du style classique, en plaçant le ton sur un comique de situation plutôt que sur le pathos
- du choix cornélien qui n'en est pas un entre la gaudriole et la cornette !

   socque   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
En Espace Lecture, je l'avoue, j'ai été découragée par les rimes plates ; même chez Baudelaire, j'ai du mal avec cette disposition, faut dire.

Et puis, plus tard, j'ai fait l'effort d'entrer dans le poème, d'apprécier sa drôlerie et surtout sa grande élégance, le naturel des décasyllabes dont le rythme est absolument impeccable ! De très bonnes rimes, aussi, riches et inventives. J'apprécie particulièrement "absinthe"/"sainte", "Lautréamont"/"amont", "regrettes"/"galipettes". En outre (j'ignore si c'est volontaire de votre part), l'introduction du mot "rassis" pour parler des risques de regret sensuel de la future nonne tombe particulièrement à pic pour moi : le mot m'évoque par association d'idées "se taper un rassis" = "se masturber", ce qui correspond à l'avenir probable de la cloîtrée... Mais j'ai l'esprit fort mal tourné, je l'admets.

Bref, de la belle ouvrage pour moi, même si le sujet ne me passionne pas et si je regrette quand même la disposition des rimes ; c'est votre choix, bon.

   Annick   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a un côté outré et tout en contrastes et oppositions qui donne le ton. C'est votre choix et c'est plutôt bien réussi. Le fait que ce soit une poésie classique dompte ce côté fantaisiste et l'affadit.
Bravo tout de même pour votre performance car qui dit poésie classique, dit contraintes.
Plus je lis votre poème et plus je l'apprécie.

La strophe que j'ai préférée pour les belles métaphores :

"Mes monts dorés, mes lacs, mes vallons d'ombres
Emprisonnés dans des calicots sombres,
Mes yeux d'azur à jamais inhumés
Dans l'enclos noir de gros verres fumés,
Mes cheveux blonds cachés sous la cornette :
J'ânonnerai mes trois vœux de nonnette
En reniant toutes tentations,
Sans pleurs, ni cris ou lamentations."

   Rain   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une lueur dans la pénombre. Que dis-je une lueur ? Un incendie !
Que la lumière soit et vous apparaissez.
Même la mélodie, (qui là n'est pas assistée par la césure de l'alexandrin) trouve en ces décasyllabes le rythme nécessaire pour nous transporter et ce malgré le huitain qui essouffle souvent le lecteur. Les vôtres sont légers, les vôtres sont divins.
La supplique du premier, les promesses des suivants et leur renoncement au dernier, m'incitent à penser à l'adultère découvert, au pardon imploré puis sûrement accordé.
Prosodie conforme, développement clair, le poète est fameux conteur.
Félicitations.
Vous devenez mousquetaire en mon classement personnel.

   plumette   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
pas facile de faire rire avec le thème du concours et la forme choisie!

un bien joli travail, enlevé, truculent.Des rimes bien trouvées,des images réjouissantes,

quelques anachronismes de vocabulaires ? dingue, la bringue, et surtout le string un peu égaré dans toutes ces évocations.

Bravo! un régal! Un texte qui sort haut la main de ce concours!

Plumette

   Bidis   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un texte intelligent, subtil et bien écrit. L'évocation des treize gongs ne me semble mise là que pour le thème du concours, et c'est dommage parce qu'ils auraient mieux résonné, ces gongs, s'ils s'étaient bornés à n'être que douze comme normalement.

   PIZZICATO   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
" Tiens ! Pour ce soir je t'accorde un sursis ". Tout ce à quoi cette hédoniste devra renoncer ! C'est délicieux d'hypocrisie.
" L'ultimatum imparti, je me livre ! "
Je salue la subtilité de ce texte.

   Pimpette   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un sujet rare!
Un style énergique!
de la drôlerie en cadeau ajouté...

Une bribe au hasard:

"Je troquerai pour de rêches matières
Mes hauts, mes bas, mes strings et jarretières."

   MissNeko   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J ai aimé la plume, le ton de votre texte. Je l ai trouvé amusant
Le thème est respecté
Un bon moment de lecture

   Anonyme   
5/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Le titre me laissait présager une toute autre histoire, je craignais un léger copier/ coller du drame du célèbre film, mais pas du tout.
Je tombe sur un poème presque jouissif. J’y sens une facilité, une imagination déroutantes. Que de réalisme, dans le passé combien de demoiselles ont pris l’habit suite à un chagrin d’amour.
Seule l’heure m’interpelle, je crois que midi aurait mieux convenu, et j’aurais vu le treizième gong s’éterniser en silence pour refléter celui du couvent. Néanmoins, il est permis de sous-entendre la chute ainsi.

Félicitations

EDIT: Bravo pour les lauriers!

   papipoete   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour,
Fut-il de marbre celui à qui s'adressa cette supplique, cette tentation charnelle ?
Je crois savoir que, faire l'amour à une " bonne soeur " est un vieux fantasme, celé dans l'esprit de tout Casanova qui se respecte ? A quoi n'est-t-elle pas prête, celle qui bientôt enfermera à jamais " ses monts dorés, ses lacs, ses vallons d'ombre, dans des calicots sombres " ?
Pour ce soir, elle accorde un dernier sursis à " son As de la galipette ", et désormais ce sera, pain rassis et abstinence pour toujours !
Après que le bourdon eut sonné son 12e coup, au 13e il sera trop tard, tout basculera ...
NB que voici de fameux décasyllabes, fort bien " troussés " si je peux me permettre ! C'est savoureux et érotiquement exquis, et le thème du concours on ne peut plus respecté ! Point de sang, de terreur, mais plutôt un " billet-doux " que j'aurais aimé trouver sous mon oreiller ...

   Anonyme   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
''Le mal d'aurore ? Oh ! Sieur Lautréamont.''

Les chants de Maldoror, alias Isidore Ducasse.
C'est ce vers qui fait que je vous commente. J'ai une affinité particulière pour ce poète.
Car techniquement, n'ayant aucune compétence en la matière, je me fie aux commentaires vantant vos talents.
Personnellement j'ai bien aimé la lecture de votre poème, mais sans plus. Il y a trop de ressemblance avec les chants de Maldoror, où vous me donnez l'impression d'imiter le style de Lautréamont. Mais peut-être que je me trompe, et que c'est moi qui me fait des idées.
Bon, en tous cas, ça reste agréable à lire, et c'est bien là le principal.

   Vincendix   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comme dans de nombreux textes inscrits au concours, l’évocation de la 13ème seconde me semble « tirée par les cheveux », mais j’oublie le cadre de ce concours ;

Un sujet original et quelque peu suranné, l’abandon des plaisirs de la vie n’a plus la côte à notre époque. Mais je pense que la menace exprimée par la dame est une manœuvre habile destinée à insuffler un nouvel élan à son amant.

Une écriture classique que j’apprécie, quelques auteurs judicieusement cités, de l’humour, des descriptifs évocateurs mais une certaine langueur en raison peut-être de la longueur. Et puis quelques rimes forcées mais dans une telle débauche de vers, c’est difficile d’y échapper.

Je pense avoir découvert le pseudo de l’auteure ?

   Anonyme   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir,

Voilà LA pépite que j'attendais dans le cadre de ce concours, du côté de la poésie. Le travail suscite autant mon respect que mon admiration, et je pèse mes mots. Oui, je trouve cela admirable d'écrire avec une telle virtuosité, et je donnerai cher pour pouvoir un jour arriver à ce niveau. Mais ne nous éloignons pas du sujet...

Il s'agit ici de pure poésie : inventive, drôle, érotique (encore que subtilement, ce qui est parfait), tout ceci servi par une technique irréprochable dont on imagine pourtant pas la complexité. Pourtant les vers coulent naturellement ; les images sont d'une clarté et d'une beauté inouïe, et j'en passe... Le thème est respecté, évoqué avec une telle subtilité et une telle ingéniosité que j'en reste pantois.

Ce poème sort franchement du lot, c'est indéniable. J'ai envie de le relire, encore et encore, tellement c'est beau.

Un très grand bravo !

Bien à vous,

Wall-E

   Charivari   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bonjour.
Désolé d'apporter un commentaire si différent des autres membres...
D'habitude ce genre de poésie, qui revêt la forme classique mais qui sert juste à la blague, je ne la commente pas, je vois que ça plait beaucoup aux membres de ce site, mais personnellement ce n'est pas du tout ma tasse de thé, je vois plus comme ça comme de la plaisanterie potache pour forts en thème, un excercice type mots croisés tout à fait suranné, que de la vraie poésie qui transmet des émotions. Et pour faire rire, je préfère largement Coluche ou Desproges.

Bref, en général je ne commente pas ce genre de poésie -il faut un espace pour tous, celui-là n'est pas le mien-, mais là c'est un concours et j'ai commenté tout le monde. Donc, j'ajoute mon commentaire personnel, ne m'en voulez pas trop si c'est totalement à contre-courant.

d'abord, je vois que le thème du concours n'est pas du tout respecté: les 13 gongs de minuit ? Vraiment ? On n'est pourtant pas du tout dans du surréalisme ni du fantastique...

ensuite, la situation : une future nonne qui nous parle des jarretières et de ses strings ? Et qui regrette déjà, avant même de devenir nonne ? Pourquoi ? J'ai du mal à comprendre, je trouve ça tout à fait capillotracté... À minuit elle devient nonne ? Euh... Il existe le noviciat avant les voeux définitifs, la future nonne doit en principe vivre au couvent quelque temps et la messe de minuit, c'est juste à Noël... Désolé, mais j'ai trouvé ça totalement saugrenu, incohérent.

après, j'avoue que c'est rudement bien écrit. Et alors, oserais-je dire ? si le poème nous raconte une histoire, encore faudrait-il que cette histoire soit crédible. "qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" disait le poète, et ce texte, à mon sens, n'est qu'un flacon´qui évoque l'ivresse, mais il n'y a pas de vin dedans.

   Pouet   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bsr,

Bien aimé. Ce passage là par exemple:

"Je troquerai pour de rêches matières
Mes hauts, mes bas, mes strings et jarretières.
Modestement, la paillasse en genêt
Remplacera mon baldaquin benêt."

Assez coquin et rigolo ce poème.

Perso je trouve que le "classique pur" nuit parfois à la musicalité mais c'est sûrement mon oreille qui doit être chelou...

Après le thème oui sûrement, je ne sais pas trop, je ne sais pas comment se passe ce genre de chose, "treize coups de gong"? Ah? Si tel est le cas ok, sinon un peu prétexte les 13 secondes du coup, mais d'accord pour le basculement, ça en est un. Et un beau!

Sinon une belle écriture maîtrisée.

Cordialement.

PS: Le premier vers m'a fait penser à la pub pour les raviolis: "Reviens Léon, j'ai les mêmes à la maison!" :)

   Beaufond   
19/9/2016
Je n'ai pas grand-chose à dire d'autre que Charivari dans son commentaire, mais il me semble important de pouvoir soutenir son propos qui lui-même soutient l'art de la poésie.
C'est rafraîchissant d'avoir droit à des décasyllabes pour une fois, mais c'est bien tout : une fois lu, ce poème ne pose que le problème de la poubelle ; il ne soulève aucune question et ne répond à rien ; c'est bien triste. Il y a pourtant des bouts de poésie, des élans vers l'art, mais ils sont mélangés, comme on en a l'habitude, à de la blaguerie infantilivieille qui veut rire comme un cochon nourri à la confiture. C'est terrible !

   Brume   
20/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Je commente peu la poésie classique, mais là vous m'avez conté une histoire que j'ai beaucoup aimé.
C'est mélodieux, vif, serti d'humour. Je ne lis pas de regret d'une futur nonne, au contraire elle énumère toutes les choses qu'elle aimait et qu'elle bannira car elle a fait son choix.
J'ai juste un doute sur les 13 gongs. En faite moi j'ai compris les 13 derniers gongs sa vie a basculé...donc pour moi le thème est respecté.
Ce style de poésie ne m'emporte pas en général mais il y a une telle verve qu'il s'en dégage un côté touchant et offre une belle vitalité à votre poème.

   Ananas   
20/9/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Bonsoir,

Désolée, mes excuses à l'auteur, mais je n'ai pas du tout aimé cette poésie.

J'ai tiqué sur le thème (à m'arracher les cheveux), sur le traitement, et sur certaines incohérences (les 13 gongs???). Le sujet ne me parle pas. La forme me laisse atone. Je trouve que le thème du concours n'est que très peu (pas assez) respecté...et cela même si la prosodie est respectée, ça ne suffit pas à me contenter.

Bonne chance pour le concours cela dit !

   luciole   
21/9/2016
Commentaire modéré

   Rain   
21/9/2016
Commentaire modéré

   Anonyme   
3/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'arrive bien tard..
Je commente juste pour dire que j'ai adoré ce poème déjanté à souhait.
Et surtout cela: " Mes monts dorés, mes lacs, mes vallons d'ombres Emprisonnés dans des calicots sombres, ", très jolis paysages.
Un poème drôle, élégant et canaille à la fois.
Bravo pour ce premier prix vraiment mérité.

   Cristale   
10/10/2016


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