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Poésie classique
Cristale : Du monde au balcon, un soir de bal [concours]
 Publié le 20/01/15  -  21 commentaires  -  3472 caractères  -  459 lectures    Autres textes du même auteur

Inspiré du conte de Cendrillon…


Du monde au balcon, un soir de bal [concours]



Ce texte est une participation au concours n°18 : Le soutien-gorge de Mlle Lili (informations sur ce concours).





Il était une fois, dans un pays lointain,
Une tendre beauté souffrant de maltraitance
Au joug de sœurs de lait, laides et l'air hautain,
Qui jalousaient sa grâce et sa noble prestance.

Au village voisin, ce soir, s'ouvrait un bal
Où les deux laiderons, de coton fagotées,
Faisaient tapisserie, aguichant Cristobal,
Le fils aîné du maire aux bourses bien dotées.
Or, la douce Lili, ne s'en laissant conter,
Mit les effets offerts par un elfe adorable
En implorant le ciel de vouloir lui prêter,
Vite, un objet volant non identifiable.

Conquis, le bel Éros donna son super-jet
Mais à condition de lui rendre aux aurores,
Sous peine de le voir volé par la jet-set
Et la fille enlevée, aux mains des matamores.

Lili prit ce carrosse aussi vif qu'un oiseau,
En robe mousseline et dentelles frivoles,
Atterrit sous les yeux ravis du damoiseau
Qui l'emmena danser sur des musiques folles.
Soudainement, épris d'un naturel désir,
Les jeunes amoureux cédèrent à l'envie
Et, sous un rai de lune, occupés au plaisir,
Oublièrent l'horloge au profit de la vie.

L'aube, déjà, lissait les cheveux du matin
Quand prestement Lili, comme Ève demeurée,
S'enfuit avant l'aurore, évitant le gratin,
Pour rendre à temps le jet, tremblante et apeurée.

Le fils aîné du maire en fut abasourdi,
Attristé de n'avoir l'amante retenue
Il partit au village et d'un ton très hardi
À chaque oiselle osa mander poitrine nue,
Promettant d'épouser la fille, dès demain,
À qui siérait enfin le joli soutien-gorge
Qu'il avait à Lili retiré d'une main
Ainsi que son shorty, plus mince qu'un grain d'orge.

Les jumelles en chœur, tétines en avant,
Tentèrent mais en vain, de mouler leurs mamelles
Dans ces doux balconnets au tissage savant
Comme deux nids d'oiseaux, nullement faits pour elles.

Mais le bel entêté, fort de subtils desseins,
En campagne courut héler les jeunes filles,
Les invitant chacune à recouvrir leurs seins
De ce trésor cousu par de fines aiguilles.
Bien sûr, vous vous doutez qu'aucune ne pouvait
Avoir, comme Lili, si bien faite poitrine
Et que l'amant transi, qui s'en apercevait,
Déboutait toute triche et menteuse gamine !

Cupidon prit pitié : « Va voir dans ce foyer ;
Une très belle infante est l'objet de vilaines
L'obligeant à servir, puis à tout nettoyer,
De haillons revêtue et bas en vieilles laines. »

Cristobal étonné s'en alla quémander
À la pauvre souillon d'essayer, sans y croire,
La pièce délicate en fins fils à broder
Quand deux seins très mignons, blancs comme de l'ivoire,
Emplirent à ravir ce dessous si joli.
Fou de joie il serra dans ses bras la promise ;
À son père, le maire, il mena sa Lili
Et l'alliance au doigt lui fut enfin remise.

Depuis, les sœurs de lait sombrèrent dans l'oubli
Des communs des époux, lavant leurs vieux sévices
Et les beaux soutiens-gorge à la douce Lili
Qui les vêtait de soie en merci des services.


 
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   socque   
28/12/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je trouve l'anecdote joliment et drôlement déclinée, avec des vers qui coulent de source. Pas évident !
Quelques formules m'ont paru vraiment réjouissantes :
Cristobal,
Le fils aîné du maire aux bourses bien dotées
le bel Éros donna son super-jet
Les jumelles en chœur, tétines en avant,

La précision de la fin
la douce Lili
Qui les vêtait de soie en merci des services
me paraît casser un peu l'ambiance ; certes, ainsi on reste dans le léger et le plaisant (pas de vengeance), mais pour moi la clôture est faible, trop prosaïque. Et puis je trouve dommage de finir sur les deux méchantes alors que l'héroïne est Lili.
Par ailleurs, je me dis que le poème gagnerait peut-être à être un poil resserré, notamment dans ces parties :
"Conquis, le bel Éros (...)
Qui l'emmena danser sur des musiques folles."
"Le fils aîné du maire (...)
Ainsi que son shorty, plus mince qu'un grain d'orge."
"Mais le bel entêté, (...)
Et l'alliance au doigt lui fut enfin remise."
J'ai eu l'impression de redites, d'un certain ressassement. Bien sûr, vous êtes l'auteur, c'est vous qui voyez.

   Jano   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un joli travail ! C'est une prouesse de tenir des vers bien ficelés sur une si longue distance. Il était difficile de faire plus court quand on veut résumer correctement un conte.
Du rythme, beaucoup d'humour, un mélange de modernité dans le vocabulaire et de classique dans la forme, je trouve que vous vous en sortez admirablement. Pourtant grand était le risque de faire un pastiche lourdingue.
Et puis remplacer le soulier de verre par un soutien-gorge, fallait oser cette espièglerie. D'ailleurs j'aurais bien aimé assister aux séances d'essayage...

   Francis   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je mesure le travail et j'en apprécie la qualité. Trouver bonnet à son sein et non pas chaussure à son pied voilà une mission qui ne doit pas être déplaisante ! Allons au verger cueillir pommes et poires !

   Hananke   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Belle transposition dans le moderne du conte de Perrault et beau travail de composition également.

Peut-être que le dernier quatrain n'était pas indispensable :
il semble posé là uniquement pour respecter l'agencement
des strophes.

Mais cela n'enlève rien à la qualité du poème.

   Lulu   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un excellent travail pour un excellent poème...

J'aime beaucoup les contes de Perault, et ai particulièrement apprécié son traitement ici avec le conte revisité de Cendrillon, fort bien mené.

Il n'était pas aisé de tenir longtemps en alexandrins, mais le pari est réussi, et cela pour un texte fort fluide, sans complexité, ce que j'apprécie fortement.

J'ai trouvé quelques tournures fort élégantes, par ailleurs, comme :
"Et, sous un rai de lune, occupés au plaisir,
Oublièrent l'horloge au profit de la vie."

Félicitations.

   papipoete   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Cristale; l'idée de transposer "Cendrillon" à notre époque est lumineuse et combien passionnante! On déteste les soeurs de lait "laides et l'air hautain" de Lili, pour qui vont tous nos espoirs. On se prend d'amitié pour "le fils du maire aux bourses bien dotées". On s'attendrit, on sourit "le shorty plus mince qu'un grain d'orge", et l'histoire s'adapte aux meures actuelles, comme si le conte venait d'être écrit!
Le style classique tenu de bout en bout de ce long récit, qui finalement, grâce au suspens, parait trop court, est remarquable!
Je ne pourrais citer un passage plus qu'un autre tant l'ensemble est enchanteur!

   Anonyme   
20/1/2015
Bonjour Cristale
Cette idée de revisiter Cendrillon en changeant le soulier de vair par un soutien-gorge (fait sur mesure) est tout simplement géniale.
L'écriture est à la hauteur. Fluide, parfois familière, parfois soutenue, elle chausse tout naturellement la vêture exigeante de l'alexandrin.

Merci Cristale.
Rangez-moi au nombre de vos admirateurs.
En tout bien tout honneur, s'entend.

   Alexandre   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale... Et bien dites donc, quel souffle pour honorer cette gentille Lili à la manière de Perrault... De la pantoufle au soutif à travers une superbe suite d'alexandrins, sans jamais lasser le lecteur (que je suis) qui reste admiratif devant une telle performance d'autant qu'écrire sur un sujet imposé corsait encore l'affaire...

L'aube, déjà, lissait les cheveux du matin
Quand prestement Lili, comme Ève demeurée,
S'enfuit avant l'aurore, évitant le gratin,
Pour rendre à temps le jet, tremblante et apeurée...

Il fallait oser transformer le carrosse, vous l'avez fait et de belle manière !

Vraiment superbe, un immense bravo de la part de l'un de vos fans !

   Bidis   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Un merveilleux moment de lecture. On est pris par le rythme, on est séduit par les images, la légèreté du style et la joliesse des mots. On est curieux de l'histoire qui se déroule et l'on rit. Donc parfait pour moi. Que dis-je : plus que parfait !

   Damy   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Que dire de plus ?
Vous êtes magicienne des mots, de la versification classique, de l'imagination et... prestidigitatrice qui transformez des savates en soutifs (excusez ma vulgarité contemporaine ;-)...)

Merci beaucoup, Cristale.

   Coline-Dé   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est un vrai tour de force, je trouve , de revisiter un conte en vers réguliers sans jamais céder à une tournure alambiquée ou à une rime forcée ! Tout est léger, gracieux, poétique ... Bravo !

   PIZZICATO   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une transposition magistrale menée tout au long par des alexandrins superbes, restant toujours fidèle au déroulement du conte. Certains commentaires l'ont déjà relevé, mais je suis conquis par cette idée d'avoir remplacé les chaussures par un soutien-gorge, ce qui est très agréable au demeurant hihi.
"Ainsi que son shorty, plus mince qu'un grain d'orge." Trop mignon !!
Bravo.

   Michel64   
21/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle bonne idée d'avoir transposé ce conte.
C'est très bien fait, et ça coule si facilement que l'on n'est pas du tout gêné par la longueur du poème.
De très belles choses tout du long avec des rimes impeccables.
J'ai juste un petit doute sur le mot "identifiable". Je ne suis pas sur qu'il faille faire la diérèse " fi-a".
Et puis, effectivement, ce dernier quatrain un peu inutile. Mais bon…
Du super travail. Bravo.

Michel

   Cristale   
21/1/2015

   pieralun   
21/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tout a été dit sur ce texte de grande qualité.
A titre personnel, je ne suis pas un adepte de ces fables un brin humoristiques, mais là le travail est remarquable.
Cristale est capable de versifier comme elle respire.
Les vers sont balancés en rythme parfait et on oublie vite la contrainte des alexandrins.
L'idée est géniale, et, pour moi, les passages un peu prosaïques des super-jet, jet-set, et matamores auraient pu laisser place à plus de poésie. Et l'orsque l'on sait le souffle poétique que Cristale a su mettre dans le " dernier berceau ", cela ne lui aurait pas posé le moindre problème.
Je te félicite Cristale pour cette réussite.

   Anonyme   
30/1/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Du grand art ! Une telle composition relève du génie pur et simple. La belle Cendrillon (enfin Lili) perdant son soutien-gorge, il fallait y penser...
Beau, intelligent : je me suis mis à rêver dans ce conte revisité au souffle évocateur... d'un érotisme subtil !
Cristobal en charmant prince passant la pièce délicate à la pauvre souillon, que deux seins très mignons emplissent à ravir : quelle beauté !

   Janam   
30/1/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Là, c'est du lourd, comme on dit chez les grosses poitrines ! Habile et délicieux pastiche, mélange de classique et de modernité.
J'avoue que j'ai souvent du mal avec la rime, que j'ai tendance à trouver surfaite et empesée, mais ici je suis bluffé ! Ce poème a été un vrai régal pour moi du début à la fin.
Une histoire parfaitement contée avec une maîtrise que je trouve époustouflante du vocabulaire, du rythme, de la rime ! Une prouesse pour un texte aussi long.
"dans un pays lointain" m'a paru un peu pauvre tout de même, et aussi, j'ai trouvé la rime "non identifiable" assez rude, mais là je pinaille !
Une mention spéciale pour "Ainsi que son shorty, plus mince qu'un grain d'orge."

   Pieds-enVERS   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour !
Une cendrillon revisitée par une plume de cristal ...ça ne peut donner qu'un poème resplendissant !On y plonge et on en ressort conquise de cette broderie ....comme un dessin de fines bretelles :)

   Anonyme   
18/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je vois de vous - posté avant "Les crépuscules bleus" - ce poème. Je vois une plume coiffée d'un haut de forme majestueux que l'on reconnait immédiatement, que ce soit par un vocabulaire minutieusement calculé, par le maniement expert de la versification classique, par des rythmiques rares, par la sublimité de certains vers bien placés ; où puisez-vous toutes ces encres abyssiniennes ?

"Au joug de sœurs de lait, laides et l'air hautain," La répétition est très bien construite comme pour appuyer, préciser la primordialité de l'idée.

"Et, sous un rai de lune, occupés au plaisir,
Oublièrent l'horloge au profit de la vie."

J'ai particulièrement aimé ces deux vers. Les voyelles sombres sont bien déposées comme pour signifier davantage le fond.

" Lili prit ce carrosse aussi vif qu'un oiseau,
En robe mousseline et dentelles frivoles,"

Ici je suis plus réservé quant aux "i". D'une part, je trouve que cette voyelle aiguë doit, si elle fait l'objet d'une répétition, se présenter au lecteur comme pour symboliser quelque chose ; d'autre part - vision personnelle - sa répétition force le vers à être trop musical.

"Quand prestement Lili, comme Ève demeurée," Mon vers préféré. J'ignore comment on aurait pu mieux rendre l'idée.

J'ai aimé la suite de votre poème.

Par contre, j'ai moins apprécié le côté moderne de certains passages qui, fort heureusement, sont rares. Peut-être est-ce d'un accent houellebecquien que certains en sont pourvus...

   MARIAJO   
4/4/2015
C'est tout simplement un chef-œuvre.

   cervantes   
7/1/2016
J'ai trop lu de vous de magnifiques textes pour ne pas être disons lointain aux louanges décernées à ce texte. L’exercice de style en poésie n'est certes pas ma tasse de thé et vous n'êtes pour rien dans le choix du sujet!,
Bravo pour ces efforts, oui mais voilà, on ressent ces efforts...


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