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Poésie classique
Cristale : Et mourir encore
 Publié le 08/10/17  -  25 commentaires  -  754 caractères  -  726 lectures    Autres textes du même auteur


Et mourir encore



C’est un peu de bruine accrochée au soleil
De tes yeux verts mi-clos sous leurs paupières d’ombres
Qu’à grand-peine le vent soulève quand tu sombres
Dans l’oubli douloureux du désir en sommeil.

Au cœur de mon jardin secret sans nul pareil
Le ruisseau tient ses eaux entre ses rives sombres
Et la fontaine attend pour surgir des décombres
Le retour des beaux jours annonçant ton réveil.

Le sel des pleurs versés courbe les passeroses
Mais l’hiver pénitent de ton corps si tu l’oses
Lèvera les défis endormis dans nos mains.

Qu’importent les saisons si l’amour n’a de cesse
D’embellir un murmure en frissons de tendresse ?
Je mourrai dans tes bras mille et cent lendemains.


 
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   Louison   
22/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je ne comprends pas tout mais je m'en fiche, c'est beau, ça m'emporte, c'est de l'amour et c'est tellement doux en même temps.

Mon commentaire ne restera peut-être pas car je n'apporte rien techniquement (peut-être le point d'interrogation inutile?) mais je suis émue par ce texte alors je le dis. A quoi ça tient, je ne sais pas.

Merci pour ce moment.

Louison

   Damy   
28/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Magnifique et très émouvant ce passage du désir amoureux absent à la tendresse.
J'aime particulièrement les références aux éléments naturels pour évoquer les émotions: la bruine, le soleil, le vent, le jardin, le ruisseau, la fontaine, les passeroses, comme si vous vous y immergiez pour combler l'attente, comme une consolation dans la beauté de l'environnement.

Vous maitrisez de plus parfaitement l'art de la poésie classique qui me parait à moi, aujourd'hui, inaccessible tant les règles prosodiques sont exigeantes. Rester fluide dans ces conditions me parait relever de la prouesse.

Merci pour et excellent moment de pure poésie.

   bipol   
8/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale

je vous ai fait rire l'autre jour

j'espère vous faire sourire

autant je n'y connais rien en poésie

autant je m'y connais en couple sur le déclin

et je pense sincèrement que l'amour s’embellit et embellit le couple qui tremble

contrairement a se que radotait ce Ronsard

j'aime les roses et j'ai eu l'impression de me promener dans la roseraie de Bagatelle en vous lisant

j'ai adoré

   papipoete   
8/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour Cristale,
On pourrait écrire << j'en ai mare de te voir t'endormir près de moi, et oublier que j'existe ! mais je serai patiente, et ne désespèrerai jamais qu'un jour enfin, ton volcan éteint entre en éruption ! >>
Mais il y a une autre façon de dire cela, façon " Cristale " avec ses alexandrins de maintenant, comme si ce vers venait de naître en 2017, tant il est facile et agréable de le parcourir !
NB le second quatrain est somptueusement érotique, avec ce " ruisseau qui tient ses eaux entre ses rives " et cette " fontaine qui attend pour surgir des décombres " .
On est à des années-lumière de la grivoiserie d'animateurs-télé, et c'est tellement beau !
Versifier sur l'amour-tendresse est gentil, mais le faire sur l'amour-caresse, fait tant de bien au tiroir des souvenirs qui peu à peu ne s'ouvre plus .
Je ne vous ferai pas l'injure de compter pieds, vérifier césures et maudits hiatus et présume que tout est en règle ?
Si j'étais encore jeune, et voulant séduire ma belle par des mots, je crois que j'aurais volé ce sonnet, pour l'envoyer à celle pour qui bat mon cœur ! Mais le masque serait vite tombé ...
Bravo pour cette " toile de maître " !

   Alexandre   
8/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale... Le destinataire d'une telle déclaration ne peut rester insensible à vos très jolis vers parmi lesquels je retiendrai entre autres...

Qu’importent les saisons si l’amour n’a de cesse
D’embellir un murmure en frissons de tendresse ?

Très beau sonnet classique où ne manque qu'une certaine richesse des rimes sacrifiée sur l'autel du réalisme... et c'est très bien comme ça !

Bravo et merci pour ce cadeau dominical !

   PIZZICATO   
8/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quelle façon savoureuse de définir le désir qui s'estompe avec le temps qui passe.

"Au cœur de mon jardin secret sans nul pareil
Le ruisseau tient ses eaux entre ses rives sombres
Et la fontaine attend pour surgir des décombres
Le retour des beaux jours annonçant ton réveil." une sensualité exacerbée dans ce quatrain.

De la poésie qui n'usurpe pas son appellation.

   leni   
8/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bjr CRISTALE
Je suis sous le charme et séduit au plus sensible

On a vu souvent
Rejaillir le feu
D'un ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux

La tendresse somnole
Dans l’oubli douloureux du désir en sommeil.
Associer ces deux idées dans un seul vers est une performance

La pudeur du deuxième quatrain est du grand art

Reste l'espoir brillamment exprimé dans les trois derniers vers

SOMPTUEUX!!!
amitiés LENI

   BRH_CORP   
8/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale,

C'est sans doute le sonnet le plus abouti qu'il m'ait été donné de lire, et cela vaut bien un "passionnément".

BRH_CORP

   Cat   
8/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Cristale,

S’il suffisait de la seule tendresse pour rallumer la flamme du désir amoureux, ton poème éveillerait moins de douleur au creux du cœur. Cette douleur rude et corrosive contre laquelle n’existe aucun antidote.

La douceur de tes mots, choisis parmi la belle nature, étoffe le contraste pour qu’il appui davantage encore sur la peine.

Je n’ai peut-être pas vraiment compris tes intentions, mais le vacarme que ton poème soulève en moi, agite les vagues d’une émotion à laquelle je suis très sensible, un peu comme lorsque les chatouilles que l’on aime bien arrivent au point le plus insupportable.

Merci pour ta grâce si pleine de fraîcheur et pour les troubles qu’elle fait courir sur la peau avec autant de déllicatesse.

Je peux te prédire sans peine, une belle moisson de plumes. :))

A te relire encore


Cat

   Zorino   
9/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale,
Je reste persuadé que si je lisais votre poème à un barbare prêt à tuer de sang froid et qui ne comprendrait pas un traître mot de notre belle langue, il jetterait les armes à terre, cueillerait quelques fleurs symboliques et dirait dans sa langue maternelle, d'une voix émue et tout en versant une larme sur sa joue camouflée de noir et de vert, que c'est magnifique.
Votre poésie est universelle ma chère Cristale, et devrait être utilisée en thérapie tant elle apaise l'esprit et délivre du mal. Je semble faire le pitre mais détrompez-vous, je suis on ne peut plus sérieux. Pas besoin d’être un expert en la matière pour affirmer que les mots qui découlent de vos vers prennent leur source au cœur même d'un puits dont vous seule avez le secret, et où sensibilité et sentiments profonds semblent inépuisables.
Lire du Cristale, c'est quelque part me réconcilier avec l'amour.
Merci pour ce magnifique partage

ÉDIT : avec toutes les plumes que votre poème va récolter, vous allez pouvoir vous faire une belle couette et avoir ainsi bien chaud cet hiver :)

   Francois   
8/10/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Honnêtement, je ne suis pas convaincu par ce poème. Je le trouve emphatique, artificiel, malgré la qualité de son écriture et de la prosodie.
Le vers "Qu’à grand-peine le vent soulève quand tu sombres" me semble un peu lourd avec la répétition de Que, quand.
"Le ruisseau tient ses eaux" n'est pas très harmonieux.
"Mais l’hiver pénitent de ton corps si tu l’oses" ? Bof...
Je suis aussi dérangé par l'absence de ponctuation, à part l'un ou l'autre point en fin de strophe.

   solo974   
9/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,

J'ai eu un peu "peur" en lisant le 1er vers de votre sonnet ("C'est une maison bleue accrochée à la colline"...).
Mais très vite, je me suis laissée emporter par son rythme. Le dernier tercet m'a émue aux larmes.
Au plaisir,
Solo974

   wancyrs   
9/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Cristale,

Je ne suis pas un grand consommateur de poésie classique, mais lorsque le sujet est si bien traité, j'en redemande... Si des gens essayent de transcrire l'émotion d'un moment dans un texte, il y a parmi eux ceux qui ont une finesse extraordinaire. Tu es de ceux-la qui sans coup férir savent mener le lecteur jusqu'au bout de l'opus. Merci !
C'est jouissif de te lire !

Wan

   fried   
9/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Merci pour ce joli poème Cristale,
il y a de la douceur et de belles images qui racontent un couple et une promesse : nous vieillirons ensemble.

   Ludi   
9/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,

Parlons d’abord de ce qui m’a fait écarquiller les yeux avant même de commencer ma lecture : l’absence de ponctuation…ou presque, car il subsiste malgré tout cinq malheureux signes, qui ne sont pas plus indispensables que ceux qui manquent, mais nécessaires au minimum syndical pour accéder à la classification onirienne du classique :)

Heureux donc de constater que tu n’es pas atteinte de virgulite aigüe. Tu commences à te rapprocher des thèses d’Aragon et je suis fière que tu aies osé faire autant d’entorses à la ponctuation classique (il manque un signe ou deux, au moins dans les trois premières strophes). Je ne vais donc pas m’en plaindre et te souhaite autant de caresses que je me suis pris de coups de bâtons à ce sujet. Si la modernité doit passer par toi, j’en serai fier et n’hésiterai pas à battre le tambour de ton texte si à l’avenir on venait encore me parler de ponctuation dans la poésie classique :))

Evacuons aussi quelques picotements sur la forme. Une diérèse dès le premier vers a aussitôt titillé mes défenses naturelles. Je vais essayer de me convaincre que ta bru-iiine est une pluie traînante qui vient de glisser sur mes carreaux :) Je sais bien, chère Cristale, que tu n’avais pas le choix, mais c’est pas grave, ça me défoule. Tu as eu aussi l’intelligence de faire rimer ombres et sombres en évitant de donner à sombres le sens que tu lui attribues au second quatrain. Ouf, ton honneur est sauf et la rime cliché évitée. Mon dieu que je suis content que tout ça ennuie nos lecteurs !

C’est que, vois-tu, je n’ai pas toujours le cœur à disséquer le fond des élégies. Je sais que tu en es la princesse, et je sais aussi que ton écriture est mordante quand tu décides qu’elle le soit. Et puis, tu joues si bien de l’effet pantoufle de verre. Aussi, laisse-moi te dire, en attendant la mise en musique :

Je suis là ma princesse
Et laissons donc les fées
Se trémousser sans cesse


Ludi
qui ne pratiquera jamais la rime aragonienne

   Pouet   
9/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bjr,

Vous pardonnerez je l'espère ce commentaire de béotien n'y entendant que pouic à la forme classique...

J'ai particulièrement apprécié l'entame, les deux premiers vers m'ont vraiment accroché.

J'ai été (un peu) moins sensible à la suite même si j'en reconnais bien évidemment la qualité d'écriture. Je vais toutefois me permettre quelques humbles remarques qui n'engagent que moi bien évidemment.

Je trouve ce vers: "Au cœur de mon jardin secret sans nul pareil" guère mélodieux, j'ai du mal à le lire avec fluidité et le "jardin secret" me fait un peu tiquer par son côté trop commun.

Les rimes, dans l'ensemble, ne m'ont pas forcément transcendé par leur originalité: "soleil/sommeil", "ombres/sombres", "sombres décombres", "mains/lendemains"... Mais bon je ne vous jette évidemment pas la pierre car je serais bien incapable de pondre un pareil poème.

Voilà, "le retour des beaux jours" aussi, expression toute faite sans grand relief côtoie d'autres vers fort jolis comme: " Mais l’hiver pénitent de ton corps si tu l’oses...".

J'ai en outre appris un mot: passerose, fleurissant mon vocabulaire, ce qui est toujours appréciable.

Au final, je reconnais votre style, votre patte trempée dans la retenue, la sensibilité avec une pointe d'emphase.

J'aime bien mais cet opus ne comptera pas forcément parmi mes préférés issus de votre plume délicate.

Au plaisir.

   Michel64   
9/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,

Voilà de nouveau un très beau sonnet dont tu as le secret.

Ici un seul vers m'interroge un peu :
"Au cœur de mon jardin secret sans nul pareil"

Il n'y a pas de virgule entre jardin et secret alors soit il s'agit du "classique" jardin secret et alors la césure me gène un peu, soit il faudrait une virgule que tu as omise pour ne pas trop ponctuer et alors le secret est ce ruisseau :
"Au cœur de mon jardin, secret sans nul pareil,
Le ruisseau tient ses eaux entre ses rives sombres".

Pour le reste tout me va et surtout le dernier tercet, si beau.

Merci pour ce partage.

Michel

   jfmoods   
10/10/2017
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement féminines.

J'aurais mis une virgule à l'hémistiche et en fin de vers 5 et encadré de virgules la subordonnée hypothétique du vers 10 ("si tu l'oses"). "Qu'importe" appelant l'exclamation, je ne comprends pas la présence d'un point d'interrogation en fin de vers 13.

Le présentatif de l'entame ("C'est... / Qu'à") appuie sur le constat établi au fil de la longue phrase sans ponctuation qui sillonne le premier quatrain. Le paysage mental de l'Aimé, placé d'ordinaire sous l'égide de la clarté éblouissante (métaphore : "soleil / De tes yeux verts"), s'est nimbé d'un voile (métaphore météorologique assortie d'une diérèse : "un peu de bruine") instaurant une fermeture au monde (lexique : "mi-clos", "paupières d'ombres", "désir en sommeil"), un échouage intime ("tu sombres / Dans l'oubli douloureux").

La locutrice, atteinte de plein fouet par cette obscurité de l'âme ("rives sombres", "décombres"), n'a d'autre alternative que de se replier sur ses propres territoires (complément de lieu : "Au cœur de mon jardin", métaphore agrémentée d'un superlatif : "secret sans nul pareil", personnifications : "Le ruisseau tient ses eaux", "la fontaine attend"), dans l'espoir du rétablissement futur d'une vie de couple harmonieuse (image d'une hibernation salvatrice : "Le retour des beaux jours annonçant ton réveil").

Cette distance forcée à l'Autre a un prix : celui de l'abattement profond (image à connotation élégiaque : "Le sel des pleurs versés", personnification avalisant l'usure : "courbe les passeroses"). En vérité, peu de choses suffiraient pour que l'être aimé s'extraie de la torpeur persistante dans laquelle il se morfond (métaphore : "l'hiver pénitent de ton corps"), pour que s'entame un retour à l'équilibre (hypothèses : "si tu l'oses", "si l’amour n’a de cesse / D’embellir un murmure en frissons de tendresse").

En effet, le couple est riche de tout l'imaginaire construit à deux (image du projet de vie : "les défis endormis dans nos mains"). Il se trouve apte à surmonter, tel le phénix (hyperbole : "Je mourrai dans tes bras mille et cent lendemains", titre du sonnet : "Et mourir encore"), l'épreuve du temps (locution : "Qu'importent les saisons").

Merci pour ce partage !

   hersen   
10/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ahhh Cristale, j'ai eu un mal fou à arriver jusqu'à ton poème tellement j'ai dû me battre avec les plumes !

Je ne te connaissais pas avec si peu de ponctuation en classique et j'avoue que ça me fait bien plaisir, une écriture "nue" ou pas loin, que tu mènes de main de maître (maîtresse ?) et à laquelle tu donnes ton souffle. On te suis pas à pas.

très beau sujet traité avec une grande sensibilité.

mes félicitations, Cristale !

   Vincendix   
13/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,
Vous êtes revenue à la poésie classique pour le plus grand plaisir du lecteur que je suis.
Votre sujet me touche particulièrement, ce sonnet si joliment déclamé pourrait m’être adressé par ma tendre et douce femme.
Concernant les rimes, je sais qu’il est difficile d’éviter les incontournables « soleil/sommeil », tout autant que les deux « sombres ».
Vincent

   Louis   
13/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L’intime du rapport d’un couple est exprimé, dans ce poème, par le langage de la nature, celui de la bruine, du soleil, du vent, etc.

Ainsi une intériorité, invisible, imperceptible par les sens, se trouve expulsée dans une extériorité ; ce qui est aperçu et ressenti par soi seul, se trouve ex -posé, pro -jeté dans les réalités naturelles perceptibles par tous, immédiatement identifiées par tout lecteur.
Cette projection d’un paysage intérieur sur l’environnement extérieur est un procédé fréquent en poésie.
Mais ici, il semble prendre un sens plus particulier.

Il permet d’inscrire « l’oubli douloureux du désir » dans un processus naturel. Cet oubli ne serait donc pas exceptionnel, mais conforme à la norme naturelle. L’effet est rassurant.

Il l’inscrit, d’autre part, dans le cycle naturel des saisons. Il y aura un printemps du désir, les beaux jours amoureux reviendront. L’oubli est juste automnal, et le désir se trouve pris dans une latence hivernale. La flamme du désir ne serait donc pas définitivement éteinte.

Le procédé vise encore à poser dans l’extériorité, à ouvrir tout grand ce qui tend à se refermer sur soi, l’attitude de l’être aimé ( « sous leurs paupières d’ombre » ; « quand tu sombres » ), et celle de la locutrice, « au cœur de mon jardin secret », où l’intime le plus profond est ex-posé dans l’image du jardin, du « ruisseau » qui « tient ses eaux entre ses rives sombres »
Il constitue une résistance à la fermeture. Il place dehors ce qui tend à se refermer dedans.
Il anticipe sur le printemps, il ouvre sur le perceptible naturel ce qui se ferme sur une intériorité imperceptible.

La « naturalisation » pourtant semble insatisfaisante, elle ne semble pas apporter tout le réconfort nécessaire, et dans le dernier tercet un bouleversement se produit.
On quitte la nature, et le désir inscrit en elle : « Qu’importe les saisons ». On en appelle à autre chose, à une surnature, au prix d’une distinction entre désir (avec sa dimension sexuelle) et amour. Si le désir reste enfermé dans un cycle naturel où alternent manifestations et éclipses, l’amour, lui, dépasse la nature, la transcende.
« Je mourrai dans tes bras mille et cent lendemains » : on est passé du naturel au surnaturel, du naturel au mythique d’un amour-phénix. L’amour transcendant la nature autorise ce que l'alternance des saisons ne permet pas. Un autre cycle intervient de vie, de mort et « petite mort», de renaissances multiples, un cycle rapide, chaque jour renouvelé, semblable à une permanence, semblable à une éternité, un cycle distinct du temps et de son rythme lent, purgé de toutes attentes et impatiences.

Merci Cristale pour ce beau texte.

   FABIO   
14/10/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est un bonheur toujours renouvelé de lire vos poèmes, de suivre les lignes de votre talent.
Celui ci est encore tout en délicatesse avec un regard bienveillant,ca chante, ca pleur ,de l’émotion qui défile au dos de vos lettres.
Merci

   Darques   
22/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Jardin/secret ... Au vu de la maîtrise et du style, cela paraît paradoxal.

J'ai ressenti la tendresse d'un couple âgé, du premier au dernier vers. je fus spectateur de la scène ... non lecteur.
Splendide.

   Goelette   
22/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale
J'ai souvent lu et relu ce superbe texte n'osant le commenter (par pudeur ?) Il est si intime que le lecteur peut ressenti l’impression de pousser un voile "mi-clos"

Bien que tout soir exprimé à demi-mots, en fines demi-teintes, tout est révélé dès le quatrième vers auquel répond l'espoir de vers plus optimistes "Le retour des beaux jours annonçant ton réveil." et
"Lèvera les défis endormis dans nos mains."

J'espère ne pas déformer tes propos si subtils et sensuels, sublimés par ce magnifique "murmure en frissons de tendresse ?"

   luciole   
23/11/2017
Bonsoir Cristale,

Je trouve l'expression de votre poème un peu confuse, par trop précieuse. J'avoue que je me perds dans vos mots.
C'est frustrant pour moi qui aimerais tant aimer vos poèmes.
Mais bon mon commentaire ne devrait pas vous empêcher de dormir.
Avec un tel matelas de plume.


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