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Poésie classique
Cristale : Hors piste
 Publié le 06/03/17  -  23 commentaires  -  978 caractères  -  482 lectures    Autres textes du même auteur

"Durant les crises de dépression, que je n'ai que trop connues, pareilles à celles que je traversais alors, je prends honte de moi, me désavoue, me renie, et comme un chien blessé, longe les murs et vais me cachant."
André Gide – Si le grain ne meurt (1926)


Hors piste



Dans les yeux du poète, une étrange accalmie ;
Au bout du couloir blanc, je cherche son regard.
« La mort serait plus douce, excuse-moi ma mie. »
Il se tait, puis s'évade et son esprit hagard
Agonise aux tourments d'une immonde lamie.

Sa voix blême, ses mots, malgré beaucoup d'égard,
Pénètrent dans ma chair. La douleur s'insinue.
Clamant son orémus satirique et ringard
Le Mal a détourné la ligne continue !

L'angoisse étreint l'asile obscur de Mirambeau ;
En riant la Faucheuse exhibe à demi nue,
Telle une torera, ses seins pour le tombeau.

Un dieu fou lui promet sa meilleure alchimie
S'il accepte d'offrir ce qu'il a de plus beau ;

Dans les bras du poète, une muse endormie.


_________________________________________________
* Lamie : Être fabuleux avec une tête de femme et un corps de serpent.


 
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   lucilius   
12/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Qu'ils soient thymiques, addictifs ou de la personnalité, les troubles psychiques décrits avec un certain recul (et/ou flou artistique), ne déséquilibrent pas la métrique de ce texte et le rendent crédible.
Mais d'où vient le regard ? Et une muse "endormie", donc mourante comme lui, est-elle vraiment ce qu'il a de plus beau à offrir contre le paradis (la meilleure alchimie) ?
Je suis un peu "hors piste" moi aussi.

   Donaldo75   
13/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Je ne me suis pas lancé dans l'exercice du commentaire composé, comme j'en lis souvent ici. Je vais seulement tenter de synthétiser mon ressenti.

Lu à voix haute, ce sonnet en jette, c'est le moins qu'on puisse dire. De beaux mots, une métrique affinée, des alexandrins de gala, juste ce qu'il faut d'ellipse pour rendre le tout poétique.

Merci pour la lecture,

Donaldo

   socque   
13/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
D'ordinaire, il suffit que le mot "poète" apparaisse dans des vers pour me faire fuir aussitôt ; il y a tant de choses à dire, pourquoi toujours revenir dans un poème au poète, à l'écriture ?
Mais là, je dois admettre, il y a une fluidité, une force qui s'imposent à moi. Cela peut venir en partie de cette forme insolite que je trouve très agréable et parlante : le nombre de vers, d'une strophe à l'autre, diminue, le propos doit se resserrer en conséquence, ce qui donne un mouvement vers une pointe.

Bien sûr, faut-il encore savoir exploiter cette forme ! Je trouve que c'est le cas ici, que vous savez ménager une montée en puissance. Des expressions ou vers efficaces tout au long du poème, à mon avis :
immonde lamie
orémus satirique et ringard
L'angoisse étreint l'asile obscur de Mirambeau
à demi-nue,
Telle une torera, ses seins pour le tombeau

Oui, de l'allure, comme un rire grinçant ! Et puis la douceur inattendue de la muse endormie juste à la fin. J'aime vraiment et regrette juste un poil le sujet archi-rebattu de l'angoisse du poète...

   Arielle   
14/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Un pur quinzain décroissant encore appelé gérardine par son "inventeur" Gérard Laglenne
http://www.toutelapoesie.com/salons/blog/255/entry-14472-gerardine/
Le "hors piste" si bien maîtrisé est ici celui d'un poète égaré dont on ne sait pas très bien si c'est la perte de sa muse qui l'a conduit dans les couloirs de cet asile. C'est ce qu'on peut supposer puisque la muse endormie dans ses bras lui semble ce qu'il a de plus précieux à offrir.
Quoi qu'il en soit le narrateur, lui, n'a pas perdu les pédales et nous offre une illustration remarquable de la pratique de son art

   dom1   
14/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Hors sol. Mais plein de mots assoiffés de celle qui frappe ou attire le quidam vers la porte de sortie. Viens par ici ma mie, ici tout est fini et tout sera guéri.
Oui, cet appel est un piège orné des pires attraits.

Ceci est fort bien rendu ici et vous en êtes le fait.

domi

   papipoete   
6/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour cristale,
Dans l'asile de Mirambeau ( chez nous, il s'appelle Saint Ylie ), le mal rôde dans les couloirs, il a repéré une proie ; ce pauvre poète qui tient dans ses bras son unique trésor, sa muse endormie ; le malin aidé de la " faucheuse " n'auront de cesse de le charmer, et le convaincre ?
NB je ne vous aurais pas reconnue à travers les méandres de cette histoire qui me rappelle ces couloirs que j'ai connus, et que j'arrive à oublier . Mais j'entends encore ces rires, ces cris dans la nuit et supplie "Lexomyl " de m'offrir à Morphée !
Une " gérardine " parfaitement classique, avec ses rimes appuyées contre la même consonne d'appui !
Le tercet et le vers final, sont mes passages préférés .

   Hananke   
6/3/2017
Bonjour

En ce qui me concerne, ce texte porte bien son nom : j'ai grand mal
à l'appréhender.
Ses dehors d'un classique sans faille sont comme la muraille
d'un chateau fort pour moi, inviolable.

J'ai du mal à relier les 2 premières strophes au trois autres finales.
Je comprends jusqu'à la ligne continue mais après je n'arrive
pas à la franchir, la ligne, justement.

Pas d'appréciation, je suis trop hors piste, hélas !!

   Somnium   
6/3/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Ô, ma Gérardine, que ce poème est beau ; effroyablement beau !
L'on sent la puissance de la dépression, et la mort préférable sera inéluctable. L'impuissance de celle qui veut sauver celui qu'elle aime...

Un poème douloureux qui m'a profondément ému.

   vendularge   
6/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Cristale,

Elle est bien intéressante cette Gérardine (je viens d'apprendre le mot, donc je l'utilise avec force de conviction). Je ne connaissais pas du tout cette forme (il faut dire que je n'y connais rien) mais je la trouve attachante, comme quelque chose qui s'égraine pour parvenir à l'épure

" Dans les bras du poète, une muse endormie"

Que serait le poète sans la mélancolie qui le guette et combien d'entre eux ont longé les murs de nos asiles troquant la lueur vive contre un sommeil de plomb.

merci
vendularge

   Anonyme   
6/3/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale,

Encore une fois, vous nous offrez l'art, et la manière.
L'art du respect strict des règles qui régissent la poésie classique, mais surtout, la manière de modeler cette contrainte en vers fluides, pour que ceux-ci une fois lus, donnent à l'oreille un son, une mélodie, qui rend votre écriture unique.
J'ai aimé suivre la pointe de votre plume, que je devine délicate, sensuelle, perséverante, en tous cas qui sait raconter des belles histoires, qui vous ressemble, et déteignent sur moi comme par magie.
Merci pour ce doux, et bon moment de lecture.

   archibald   
6/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C’est un texte plutôt énigmatique en ce qu’il tranche assez radicalement avec ce que j’ai pu lire de toi jusqu’à présent. Oui, c’est bien du hors piste. J’ai parfois gentiment pointé la joliesse de tes poèmes, mais il y a là une âpreté que je ne te connaissais pas. Un certain hermétisme aussi, mais il est vrai que je ne suis pas très fort pour percer à jour les images et les métaphores.
J’aime quand même les vers 11 et 12 qui m’évoquent un tableau symboliste à la Félicien Rops.
Quant à la gérardine, dont j’ai découvert l’existence depuis que je suis sur ce site, c’est une forme qui offre des possibilités, si on l’utilise pour rendre compte d’une progressivité (ou d’une dégressivité). Est-ce le cas ici ?… Je remarque que si l’on supprime le cinquième vers et que l’on colle le derniers vers au distique, on obtient un sonnet en bonne et due forme.
Au final, j’aime assez, mais je suis plus surpris que conquis. Et puis j’espère que tu vas bien ; tu ne nous fais pas une petite déprime tout de même ? Non, je ne pense pas : tu ne t’es pas départie de ton inoxydable classicisme.

   Anonyme   
6/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Cristale... Superbe Gérardine à l'écriture classique parfaitement maitrisée. J'avais oublié ce qu'était une lamie et l'orémus ne fait pas non plus partie de mon langage courant... Un petit rappel qui ne fait pas de mal.

Quant au thème, douloureux s'il en est, il est traité avec beaucoup de délicatesse et j'ai particulièrement aimé le final... "Dans les bras du poète, une muse endormie." que j'ai interprété comme il se doit.

Merci Cristale...

   Francis   
6/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il y a des êtres funambules en équilibre sur un fil ténu, prêts à franchir la ligne continue. Ils laissent parfois leur silhouette au bout d'un long couloir blanc. Dans les bras de l'enfant, une peluche blessée, " dans les bras du poète, une muse endormie. Une réelle émotion dans ces vers que je ressens comme un souvenir qui pénètre ma chair.

   Anonyme   
6/3/2017
Chère Cristale,

Vos réminiscences étaient ( surtout après les petites mises au point ) un enchantement que je ne retrouve pas ici.
Ce n'est pas une raison pour vous asséner une appréciation assassine donc je vais plutôt patienter jusqu'au prochain opus plutôt que casser l'ambiance. :)

C'est surtout que tout comme Hananke je n'arrive pas à franchir le cap au-delà des deux premiers heu...avant le tercet donc...

Sinon j'ai une amie qui se prénomme Géraldine donc vous voyez ce n'est pas de la mauvaise volonté mais là ;)

   Miguel   
6/3/2017
Des vers mélodieux mais un contenu un peu trop hermétique pour moi.
Je fais confiance à la sagacité de ceux qui louent ce texte mais je ne me sens pas compétent pour donner une appréciation.

   leni   
7/3/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est un poème à interpréter La rencontre entre un poète maniacodépressif et sa muse La muse est à l'écoute et tente de lui faire remonter la pente C'est affectif et troublant de vérité

« La mort serait plus douce, excuse-moi ma mie. »

Sa voix blême, ses mots, malgré beaucoup d'égard,
Pénètrent dans ma chair. La douleur s'insinue.
Clamant son orémus satirique et ringard

CECI montre a quel point la muse est réceptive



Un dieu fou lui promet sa meilleure alchimie
S'il accepte d'offrir ce qu'il a de plus beau ;

Dans les bras du poète, une muse endormie.

Les voilà réunis le poète et la muse


TROUBLANT ET SUPERBE MERCI Mon salut amical

LENI

_______________________________

   Vincendix   
7/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Cristale,
Bravo pour la forme qui sort des sentiers battus, cette dégressivité des strophes me plait.
Je suis moins enthousiaste concernant la teneur de ce texte, ce « hors-piste » ne me procure pas la sensation que j’attendais malgré la qualité de l’écriture et la gravité du sujet.
Vincent

   Pouet   
8/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

Mon inculture et moi regrettons de ne pas voir figurer "orémus" aux côtés de "Lamie" dans ce petit glossaire... Mais bon j'ai cherché comme un grand ;)

La seconde strophe donc et sa "voix blême" m'ont particulièrement convaincu, une fois l'orémus appréhendé. Le terme "ringard" surprend, mais agréablement pour ma part.

J'aime aussi beaucoup les "seins de la torera" :)

Sinon, je ne ferai décidément pas du "ma mie" mon pain quotidien, mais bon sans doute est-ce inévitable avec cette avalanche de rimes en "mie" (j'aurais bien proposé "anisogamie" qui n'est pas la reproduction du Pastis...)

Nous commençons dans "les yeux du poète" pour finir dans ses bras en passant par un petit délire médico-mystique.

J'ai surtout apprécié le côté énigmatique de la chose (oserais-je parler d'un brin d'hermétisme? - qui colle d'ailleurs bien puisque l'alchimie est évoquée -), empreint d'onirisme et non-dénué d'une certaine spiritualité.

Au final, peut-être un homme fou de chagrin suite à la perte de l'être aimé.

Au plaisir.

   Proseuse   
8/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale

Whaou ! c' est la descente aux enfers du poète , on sent ici, toutes ses errances et ses égarements qui l' abattent toujours et encore un peu plus ... reste juste sa muse endormie ...
Je ne sais pas pourquoi, mais à vous lire, je pense à Van Gogh !
Un poème touchant que j' ai aimé lire, sur la forme " joker" je laisse mon tour à plus experts que moi ! :-))
Merci pour le partage

   Cristale   
8/3/2017

   jfmoods   
11/3/2017
Cette gérardine en alexandrins est à rimes croisées, suffisantes et riches, majoritairement féminines.

J'ai bien cru que je ne commenterais pas ce texte. Quelque chose m'arrêtait, qui a dû, aussi, arrêter d'autres lecteurs : son titre. Élément rhédibitoire ? Sans doute, puisque, de ce fait, le poème se refusait, obscurément, à toute véritable appréhension. Le titre donne la pulsation du poème. C'est par lui que s'éclaire la route. J'ai bien pensé à la piste aux étoiles, au funambule, au jongleur de mots... Une piste intéressante, mais qui ne trouvait pas d'échos dans le poème. Il fallait donc bien accepter, en bloc, sans tiret, ce "Hors piste", partir de là pour traverser, pour sillonner le texte. Alors, deux jalons se sont présentés, deux éléments qui passaient complètement inaperçus si l'on faisait abstraction du titre. Deux jalons qui entérinaient l'hypothèse du poète skieur : "Au bout du couloir blanc", au vers 2 et "la ligne continue", au vers 8. Un poète skieur... Parallèle étrange, apparemment. Apparemment seulement. Envisageons un instant que la piste de ski soit la feuille blanche devant laquelle se tient ordinairement le poète. Bâtons et skis, épousant la piste, suivent un tracé balisé du départ à l'arrivée, ainsi que le ferait une plume sur du papier. Un beau jour, par un cruel tour du destin, ce lieu, intime, ce cocon enveloppant, est remplacé par un manteau neigeux épais, dépourvu de repères, hostile, vindicatif, dangereux. Le grand désert blanc est le pendant du grand désert de sable. Par un secours providentiel, on peut en sortir... mais il est beaucoup plus probable, hélas, que l'on y perde le sens commun (métonymie avalisant la progression de la folie : "et son esprit hagard / Agonise aux tourments d'une immonde lamie", allégories : "Le Mal a détourné la ligne continue", "L'angoisse étreint l'asile obscur de Mirambeau", symbole cauchemardesque : "En riant la Faucheuse exhibe à demi nue, Telle une torera, ses seins pour le tombeau", image d'un pacte diabolique amplifié par le jeu des superlatifs : "Un dieu fou lui promet sa meilleure alchimie / S'il accepte d'offrir ce qu'il a de plus beau"). La "muse endormie" est semblable à Blanche-Neige : seul un baiser du prince pourrait la réveiller.

Une allitération en "m" et des assonances ("a","an", "i") martèlent l'avancée d'une douleur qui vous ronge (paradoxe : "La mort serait plus douce"), qui ronge aussi, forcément, la locutrice ("ma mie", "ses mots... / Pénètrent dans ma chair", "La douleur s'insinue"). Le groupe nominal "une étrange accalmie" prépare la tempête à venir.

Par sa construction, la gérardine appuie sur le dénuement progressif, inéluctable, de la perspective.

Merci pour ce partage !

   Queribus   
27/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Cristale,

Tout d'abord bravo pour la perfection de l'écriture et cette gérardine que je ne connaissais; ça fait toujours plaisir de voir des gens qui maîtrisent parfaitement la prosodie et apportent un sang nouveau avec une forme nouvelle; ceci dit, j'avoue que j'ai eu un peu de mal à "rentrer" dans cet univers qui m'a semblé assez obscur dans ces strophes dégressives jusqu'au vers final; je me demande si un simple sonnet n'aurait pas suffi en simplifiant la donne mais pourquoi pas une gérardine et un air nouveau. Quoi qu'il en soit, ne serait-ce que par le gros travail que ce poème a dû vous demander, vous avez droit à l'estime et au respect de vos confrères. Merci beaucoup donc pour votre écrit.

Bien à vous.

   EvaDam   
25/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Suave et ludique; beaux contrastes entre "la Faucheuse [qui] exhibe à demi nue, /Telle une torera, ses seins pour le tombeau" et cette "muse endormie", comme une enfant, pour le bonheur onirique du poète...


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