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Poésie classique
Cristale : L
 Publié le 17/01/22  -  25 commentaires  -  910 caractères  -  507 lectures    Autres textes du même auteur

« Il y a des êtres très purs qui meurent comme un cristal se brise. »
Henri de Régnier


L



Je voulais simplement me trouver assez belle
Et sourire au miroir en coiffant mes cheveux
Pour me rendre au lycée en élève modèle
Sans craindre les regards et leurs francs désaveux.

Le fond de teint doré mettait la touche ultime
Mais le fard sur mes yeux, malgré maintes leçons,
Dans la glace imitait les bleus d’une victime.

Devant les lavabos réservés aux garçons
J’ai subi tous les coups jusqu’au creux de l’intime ;
Mon sexe était pareil que dans leurs caleçons.

Ce corps faisait de moi la fille illégitime
Que mon père frappait de cruelles façons ;
« Sois un homme mon fils ! ». J’ai trahi son estime.

Par crainte des regards et leurs francs désaveux,
Pour me rendre au lycée en élève modèle,
J’ai brisé le miroir et coupé mes cheveux ;
Je voulais simplement que de moi l’on dise « elle ».


 
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   Anje   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je vois ici un dix-septain en ABBA/CDC/DCD/CDC/BAAB en me demandant si l'agencement de la dernière strophe est correct. L'auteur-e apportera sans doute une excellente réponse à ce questionnement. Celà reste un poème en forme de miroir qui épouse le propos et amène un dernier quatrain plein d'émotion. Pour moi le plus fort.

On a tous du X et du Y à doses tellement variées qu'on peut parfois penser qu'un X est plus Y tandis qu'un Y semble plus X. Les genres et les transgenres, un débat éternel ? Mais l'histoire narrée est extrêmement touchante. Simple, réaliste (me semble-t-il), j'ai aimé.

Édit. En fait, j'ai dû me tromper un peu en première lecture. Les deux quatrains sont en rimes croisées (ABAB). Pardon, pardon.

Anje en EL

   Miguel   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une souffrance longtemps taboue dans nos sociétés,et qui sans doute n'en était que plus grande. Ces choses sont dites ici avec la délicatesse qui convient, car un militantisme rebelle et provocateur ne rendrait rien de ce ressenti intime. Petites remarque de forme : le vers 4, repris à la dernière strophe, souffre de l'absence du "de" devant "francs désaveux"; je sais bien que la métrique exigeait ce sacrifice, mais la grammaire s'en accommode mal. De même, la construction "pareil que" , quoique très employée, n'est pas très correcte. La délicatesse de ce poème aurait peut-être gagné encore à des formes pus rigoureuses; mais ce ne sont que des détails, l'ensemble séduit.

Lecture après publication : je vois que le vers 4 aéré heureusement modifié. évidemment, l'exigence du sens ne permettait pas d'étendre cette modification au premier vers de la dernière strophe. Cette relecture me charme encore plus que la première.

   EtienneNorvins   
9/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très émouvant.

Le mélange de forme classique 'hors du temps' et de crudité du propos, lui très actuel, avec ces mots si directs et si simples, donne une grande force au texte, et la citation de Régnier en exergue appuie sur la dimension 'banalement tragique' de la situation.

Et tous les enjeux sont là, du ressenti intime au rejet par les pairs du même âge et la famille... Même si, me semble-t-il, l'attitude des pairs évolue plus vite que celle de leurs aînés ?

Bravo pour votre courage.

[en EL]

   socque   
10/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Des vers touchants je trouve, dont la crudité par moments exprime à mon sens le désarroi du narrateur qui se voudrait narratrice. Un cri, mais qui rentre à la fin dans le rang : je me dis que votre choix de raconter en vers réguliers cette triste histoire de résignation forcée à la norme de genre se révèle judicieux. Je salue aussi le soin apporté à la construction et aux rimes.

   Vincent   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale

Je voulais simplement que de moi l’on dise « elle ».

Un texte merveilleux juste parfait en ces moments

où la ségrégation voudrait être dans l'air du temps

la forme je ne saurais la critiquer je laisse cela aux spécialistes

je dirais simplement que votre écriture est au service du fond c'est à dire parfaite pour moi

quand à la cause merci de défendre ces appels de genre espéré

Bravo

   Vero   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale ,

Une poésie qui me parle et me touche, tout simplement.
Des vers tout en simplicité dont tu ne nous a guère habitués, mais qui se marient très bien avec le fond douloureux exposé.
Un mal-être, une souffrance perceptibles, des images percutantes.
On sait, hélas, jusqu'où tout cela peut conduire.

BRAVO et MERCI Cristale.

   myndie   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale,

Autant qu'il nous bouleverse, ton poème nous cueuille au matin avec l'intensité d'un ouragan.
C'est un choc, un condensé d'émotions servi dans un de ces magnifiques écrins que tu sais nous offrir.
Sur la forme, je ne dirai rien car je ne suis pas si experte es poésie classique. Je vois bien que la disposition des strophes ainsi que le calcul de lamise en rimes doit correspondre à une de ces formes fixes qui n'on pas de secrets pour toi.
Je ne relèverai ici que la magnificence de l'écriture, la délicatesse de perle rare dont le propos , sensible et toujours d'actualité, est paré.
Oui tes vers sont magnifiques, ourlés de douceur et de tristesse; ils ont cette douceur qui te caractérise Cristale et pourtant, ils ont la force d'un uppercut.
Ils nous feraient pleurer. N'est-ce pas là le signe que la poésie tient toutes ses promesses?

Bravo et merci Cristale.

myndie

PS : je pense aussi à ce roman d'Edouard Louis qui fut son premier "Pour en finir avec Eddie Bellegueule"

   dream   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Cristale, bonjour

« J’ai brisé le miroir et coupé mes cheveux ;
Je voulais simplement que de moi l’on dise « elle »

Rude et sans afféterie « L » traduit le malaise d’être «différent (e) », de l’impuissance à être « soi-même ». Aucun pathos dans cet écrit, juste le banal souvent tragique de la bêtise et de la cruauté humaines dans cette descente en enfer. Bravissimo !

   Marite   
18/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Dans ces vers je retrouve ce qui, à mon sens, exprime une souffrance intime provoquée par la non acceptation d'une situation inhabituelle. Si au début je n'ai pas compris le thème, la troisième strophe m'a éclairée de manière crue et peu poétique. Mais aussi, comment le dire avec d'autres mots ? Peut-être est-ce possible ? C'est le seul bémol que j'apporterais à ce poème qui a le mérite de mettre au grand jour un sujet souvent décrié et mal accepté dans notre société en dépit de la tolérance affichée.

   papipoete   
18/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour Cristale
On pourrait, parlant de cette fille, dire " l'autre " tu sais celle qui est toujours " chaude ! " Combien de filles furent ainsi cataloguées, par des " experts " es saloperie ?
NB un poème coup de poing dans la gueu.. de bonne heure, pour le lecteur mais pour cette demoiselle, dont on a collé sur le front " vas-y elle n'attend que ça ", quel martyr que se rendre à l'école, où on la coincera dans un coin des toilettes, et ça défilera à la " queue-leu-leu "
Il ne reste qu'une planche de salut, se rendre laide face au miroir, pour qu'enfin on laisse tranquille cette " vilaine ! "
Aïe, aïe ça fait mal et l'on sait que c'est monnaie courante, quand on a le grand tort d'être jolie...
La strophe où s'exprime l'image du père, est une brassée d'orties, qu'il put avec, fouetter " son fils... "
Techniquement, je suis une fois de plus ébahi, devant ce classique qui coule comme une onde sans retenue, si limpide !
Les spécialistes auront examiné cette forme qui n'est autre que... ??
Y-a-t-il une morale à cette histoire ? du genre très délicat " toi, t'es moche tu risques rien !... "
édit le 18 janvier ; par curiosité, je me suis laissé allé à lire d'autres commentaires et....comprends que je suis tombé ( une fois encore ) à côté de la plaque ; je n'ose modifier mon analyse, et resterai donc sur " mon " scénario espérant que l'auteure songe " je n'ai rien vu "

   Donaldo75   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Cristale,

Le thème est presque dramatique dans cette ère d’intolérance qui s’ouvre en ce moment ; je trouve intéressant de le traiter en poésie. Ici, le résultat est conforme à ce que tu nous livres d’ordinaire, c’est-à-dire de la poésie très bien calibrée, de la forme réussie, un modèle pour celles et ceux qui veulent progresser dans le registre classique. Pour ce qui est de la tonalité, elle est indissociable du fond dirais-je et pourtant elle reste mesurée. La mesure, c’est rester dans le toucher, ne pas frapper les esprits mais préférer leur imprimer une marque – ou plusieurs dans le cas présent – pour provoquer la réflexion. C’est un choix. Personnellement, j’aurais préféré plus d’impact, du lourd, frapper mon esprit parce que je pense que le fils qui ne veut pas être un homme mais se sait fille ne vit pas cette situation avec mesure, ne voit pas de quoi réfléchir tout le temps sur le sujet et quand il réfléchit, alors elle se dit que le monde est injuste. Oui, les deux genres – ma phrase précédente est tournée dans ce sens, s’entrechoquent parce que c’est un combat entre la réalité physique, celle du corps, la perception sociale, celle du genre, et la réalité psychique, celle de l’être humain. Il, elle, eux, nous, tout est lié et l’harmonie n’est pas évidente. J’espérais un opéra de Mozart avec la violence de la reine de la nuit et j’ai entendu un menuet de Haendel. C’est beau, Haendel (https://www.youtube.com/watch?v=NFv901vCo6M) , je sais.

   Annick   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
On a l'impression d'un ange auquel on a coupé les ailes. Ici, le rejet social est fait de harcèlement,  d'exclusion, même de la famille.

La victime qui revendique son identité le fait de manière douce, sans pathos. En réalité,  derrière cette plainte à peine audible se révèle une violence inouïe, celle des autres, de la société.

L'adolescent finit par couper ses cheveux pour se conformer aux lois du groupe, "à la norme" et renoncer à sa véritable identité.

Un vers à la fois direct, presque naïf, un propos que l'on pourrait entendre de la part d'un enfant : "Mon sexe était pareil que dans leurs caleçons."

Que de solitude exprimée, que de souffrance rentrée.

Un poème simple et émouvant.

   Vincente   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Alors que je salue l'intention, aborder en poésie le terrible porte-à-faux des transgenres, que j'ai trouvé la forme en miroir très astucieusement accordée au propos (le "il" et le "elle" en reflet – le miroir quotidien qui narre et rappelle la différenciation - la réflexivité positive/négative de la première et dernière strophe), alors que le titre "pudique" est très évocateur dans ses doubles sens et sonorité (L/elle et L/aile comme le désir de s'évader par les airs…), que la narration est intéressante, "nécessaire", j'ai été assez déçu par l'écriture assez prosaïque. J'ai eu l'impression d'un relatif simplisme des convocations ("Pour me rendre au lycée en élève modèle / Sans craindre les regards et leurs francs désaveux." – "Mais le fard sur mes yeux, malgré maintes leçons, / Dans la glace imitait les bleus d’une victime." – "Mon sexe était pareil que dans leurs caleçons."). Dommage…

   Lebarde   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale

J'image bien (ou peut être pas? ) la difficulté qu'il doit y avoir à vivre en marge des autres dans une enveloppe inacceptée, à ne pas se reconnaitre dans son corps et à souhaiter se retrouver dans celui de l'autre sexe, avec tous les reproches, toutes les brimades, tout le mal-être et surtout tous les sévices intolérables que cette situation de différence peut engendrer.

Un sujet compliqué qu'on ose aujourd'hui un peu plus facilement aborder mais sans pour autant faire évoluer les mentalités et les comportements de la société et même de l'entourage familial.

Comme à l'habitude vous l'avez évoqué simplement, mais clairement , sans artifices, avec pudeur, simplicité, délicatesse et tellement de poésie.

Sur l'écriture tout a été dit.
C'est du Cristal pur jus: finesse, musicalité, élégance malgré la gravité du propos, dans une forme classique sans doute très rare à en croire les spécialistes ,qu'une fois encore vous nous faites découvrir.

Du grand art bien sûr.
Lebarde

   Eskisse   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,

Un sujet qui, s'il commence à émerger au cinéma, reste peu traité en poésie... Vous l'abordez de belle manière en en soulignant toutes les facettes : difficultés d'affronter le regard d'autrui, souffrance infinie, violence des phrases parentales assassines, difficulté universelle à être soi.

C'est un beau sujet et votre plume, par sa justesse, le magnifie.

   Anonyme   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime plutôt le risque que vous prenez derrière les plessis de cette catégorie, les repoussant ou les ouvrant à mes yeux vers un thème très contemporain, tout en conservant les règles d'écriture auxquelles vous êtes attachée. Oui, c'est fluide, sans manière, direct et touchant. Merci.

   emilia   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’observe souvent ce phénomène récurrent de reprocher à un auteur de trop rester dans sa zone de confort, mais de lui reprocher également la moindre tentative d’en sortir… (une impression ? ...)
Dans ce poème très émouvant, la narratrice se fait porte-parole de ce terrible mal-être qui affecte certains adolescents et adolescentes ne se sentant pas en phase avec leur corps, afin de sensibiliser le lecteur au drame qu’ils vivent et qui les tourmente… Cela justifie, me semble-t-il, le ton employé et le parti-pris de l’auteure(autrice) de ne pas chercher de fioritures stylistiques, mais de cerner au plus juste le sujet avec simplicité dans sa réalité (comme dans « La vie s’éteint… » d’ailleurs…) ; démarche précisée dans le vers d’entame « Je voulais simplement… », qui clôt également le poème présenté dans une construction symétrique en miroir, fort à propos, puisque le « miroir » joue un rôle important pour renvoyer l’image de soi, de son identité, de ce corps de « garçon » qui se voudrait fille, en souffrant cruellement du regard des autres, des sévices des autres garçons qui en font une victime, de son propre père et de ses aspirations à voir son « fils » devenir « un homme » digne de ce nom… et qui ressent la transformation comme une trahison… ; merci à vous et bravo Cristale pour ce partage-plaidoyer rappelé dans le vers de clôture « Je voulais simplement que de moi l’on dise « elle »…, essence reproduite dans le titre elliptique « L »

   Stephane   
18/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale,

Un poème coup de poing, très touchant et dont le traitement est magistral.

Très peu - je pense - oseraient s'aventurer sur ce terrain glissant, et je salue déjà le mérite d'avoir "osé" (désolé pour la redondance) franchir le pas.

Le texte est très émouvant, les scènes extrêmement visuelles, ce qui frappe vraiment à la lecture et sert admirablement le discours.

Une fois encore, tant sur le fond que sur la forme, le poème se lit avec fluidité et j'ai pris plaisir à m'y plonger.

Bravo Cristale !

Au plaisir,

Stéphane

   Cat   
18/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je rôde depuis hier sur ce poème, Cristale. Je lis et relis, et à chaque fois je retrouve cette transe des émotions où me mènent inexorablement tes mots, les images que tu soulèves, et tout ce qui se glisse dans le blanc des interlignes, pourtant je suis incapable de faire décoller les mots de mon ressenti touché par ta grâce...

J'espère que ce si peu de commentaire suffira à te dire combien j'ai aimé cette histoire - rendue encore plus émouvante par ta sensibilité - de L. qui est Lui aussi, lui se voulant, étant Elle...


Cat

   Pouet   
18/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Dame Cristale,

je ne sais si ce genre de sujets "sociétaux" correspond à vos habitudes d'écriture, en tout cas c'est réussi.

Fort simplement, mais subtilement décrit, comme ce septième vers nous prédisant la suite.

Non, typiquement le genre de texte "classique" que j'apprécie car justement je n'ai pas l'impression d'en lire... Et ce n'est pas tous les jours non plus que ça m'arrive.

C'est moderne dans l'expression, sans chichis, fluide, prenant et finalement très touchant. On ne peut nier le poignant de la chose.

(Et bien vu, le titre.)

Merci.

   Lariviere   
18/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,

Moi qui suit le premier à rechigner devant une poésie classique dont le thème me parait trop convenu, j'applaudis ici des deux mains le traitement du thème et le thème choisi...

Grace à votre écriture on se met à la place de ces personnes transgenre dans leurs difficulté d'être face aux regards de ceux pour qui la différence n'est pas un atout mais un handicap... merci pour elles d'être sorti de votre zone de confort !

Un bel ouvrage assurément

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

   Nemo   
22/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Autrefois ce sujet aurait fait un scandale
Et l’on eût attaché l’auteure au pilori !
« Comment a-t-elle osé poser une 'pédale'
En victime, en martyr ? » Ah ! quel charivari !

Parce qu’un quarteron de têtes bien pensantes
Etait persuadé qu’il fallait les punir
Et que de telles mœurs n’étaient pas innocentes,

Le troupeau de moutons suivait sans réfléchir,
Les accablant souvent de paroles blessantes,
Indifférents au fait qu’ils les faisaient souffrir.

Les foules à présent sont bien plus complaisantes,
Et les mêmes moutons vont encore applaudir
A la largeur d’esprit d’autres têtes pensantes.

Aujourd’hui, tu nous dis : « Oh ! le pauvre chéri ! »,
Je reconnais bien là, ton bon cœur, ma Cristale,
Ainsi les vieux censeurs sont mis au pilori…
Autrefois ton sujet pourtant eût fait scandale.

   Myo   
22/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,

Il faudra nous en dire plus sur cette forme particulière.
Avec ce dernier quatrain qui reprend à l'inverse le premier avec quelques modifications. Est-ce une exigence de cette forme ou une envie de l'auteure ?

Quoiqu'il en soit, une technique toujours impeccable au service d'un thème profond et complexe qui dévoile les dégâts occasionnés par le manque de tolérance et de respect de l'autre dans toutes ses différences.

Bravo

   Anonyme   
26/1/2022
Cristale,

Je m’étais résolu à ne plus rien commenter ni même lire. Je serai d’ailleurs très bref. C’est le hasard qui m’a mené ici et je franchis le Rubicon pour dire sur cette rive tout le bien que j’en ai pensé en lisant votre poème avec les yeux de l’autre rive. Votre poème raconte une histoire et je suis admiratif de la construction en miroir des première et dernière strophes.

   Polza   
8/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai trouvé que la force de ce poème résidait en sa simplicité, en son choix des mots qui sont tous à leur juste place, aucun n’est en trop ou là pour chercher à impressionner.
Et c’est du coup ce qui fait que selon moi, cette simplicité n’est que pure façade et l’ensemble bien plus difficile à réaliser qu’il n’y paraît au premier abord.
Je ne ressemble en rien au personnage de cette histoire et pourtant, aussi paradoxal que cela puisse sembler, par votre poésie, votre justesse, votre musicalité, votre sensibilité… j’ai réussi à m’identifier à L le temps de ce poème.

J’ai particulièrement apprécié l’effet « double miroir inversé » entre le premier et le dernier quatrain, chaque phrase du début étant reprise de façon contraire dans les derniers vers.

Comme quoi la force d’un poème ne réside pas forcément dans la complexité des mots que l’on choisit.


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