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Poésie classique
Cristale : L'écran bleu
 Publié le 11/01/21  -  33 commentaires  -  935 caractères  -  612 lectures    Autres textes du même auteur


L'écran bleu



La nuit frappe aux carreaux, sans briser le silence.
Mon esprit s’engourdit, le bruit sec du clavier
Imite un peu la grêle et le geste s’élance
Au-delà du plasma, glacé comme janvier.

À travers l’écran bleu, j’éparpille ma vie ;
Espace imaginaire où les mots s’envolant
Façonnent le futur jusqu’à mourir d’envie,
Ou de peur, d’affronter ce réel désolant.

Le temps semble éternel, seconde après seconde,
Et le sommeil s’enfuit vers un néant pervers ;
Les sens enchevêtrés, ma raison vagabonde
Emprunte un labyrinthe au fond de l’univers.

Les volets battent l’air… cliquetis d’une averse
Assourdis par le bois… Le vent pousse un profond
Soupir de désespoir. Le ciel me bouleverse.
Inerte et le teint blanc, la lune se morfond.

Le jour osera-t-il la moindre turbulence ?
La nuit frappe aux carreaux, sans briser le silence.


 
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   Miguel   
23/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le premier vers nous emporte tout de suite très haut dans le ciel poétique. On est heureux de le retrouver à la fin par le procédé de l'anadiplose. La modernité du clavier, de l'écran, se fond dans une atmosphère intemporelle et mélancolique. L'alexandrin interne créé par le rejet dans le dernier quatrain relève de l'harmonie imitative. On croit entendre ce soupir du vent. La question de l'avant dernier vers présente ce calme comme installé à jamais, solide, invincible. Et notre poète médite au milieu de cela comme dans un monde clos où ses chagrins sont à l'abri.

   socque   
28/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je trouve ce poème expressif, il parvient selon moi à dépasser la pauvreté d'un réel trivial pour faire ressentir l'universalité de la solitude. Les vers sont d'abord ancrés dans notre époque, avec l'évocation du clavier, du plasma, de l'écran bleu, puis le propos s'élargit à partir du troisième quatrain : de tous temps le sommeil a fui l'isolé ou l'isolée dont la raison vagabonde. La « boucle » du poème, où le dernier vers reprend le premier, illustre bien à mes yeux cette idée que, sous les oripeaux de la modernité, rien ne change.

J'ai apprécié aussi le vocabulaire concret, le lyrisme des plus discrets. Comme quoi nul besoin d'en faire des tonnes pour transmettre avec force des idées et des émotions ! Le néant pervers, bien vu pour moi.

   sympa   
31/12/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Magnifique poésie certes bien triste mais qui colle parfaitement à l'actualité que nous subissons depuis plusieurs mois : Le confinement et ses conséquences :

La solitude, le silence où l'on se contente d'un ordinateur pour combler cet isolement en communiquant virtuellement.
C'est l'unique moyen pour rêver et s'imaginer un semblant de "vie sociale", tuer le temps comme on peut , attendre, espérer des jours meilleurs et la fin de cet enfermement.

La forme proposée en classique est parfaite et maîtrisée, les alexandrins magnifiques et les images habilement choisies pour renforcer ce sentiment réel de solitude en s'appuyant essentiellement sur le silence, pesant, qui mine le moral de tout un chacun.

Une très belle lecture.

SYMPA EN EL.

   Donaldo75   
1/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce poème dont la douceur va bien avec l'écran bleu, celui de nos nuits magnétiques. Les images distillées dans ce format classique indubitablement maitrisé amplifient cette impression de lecture. La rime est présente de manière subtile, ne prenant pas trop de place dans un ensemble cohérent et éminemment poétique. C'est une belle réussite.

Bravo !

Merci pour le partage, l'année commence vraiment bien.

   Robot   
1/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Solitaire devant son clavier le narrateur ou la narratrice s'évade et franchi l'écran bleu en éparpillant sa vie dans un temps éternel au fond du labyrinthe de son univers.

Pardonnez moi d'avoir repris dans les vers ce qui m'a paru résumer un beau texte classique dont j'ai admiré de plus la richesse de la plupart des rimes.

La composition classique s'est saisie avec bonheur d'un objet on ne peut plus moderne pour nous emmener dans une profonde rêverie.

   Mokhtar   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’aime beaucoup les quatrains 3 et 4 qui expriment la magie de cette évasion totale qu’est l’écriture solitaire dans le quasi-silence, quand rien ne bride l’imaginaire et la liberté, et que tout est propice à l’introspection (« ma vie », «CE réel désolant »). À noter que le « CE » montre ici la volonté de l’auteure de personnaliser sa réflexion, de la centrer sur elle-même, alors que le choix alternatif de «LE » aurait généralisé le propos. Changez une lettre…magie de notre belle langue.

Encadrant ces quatrains, le 1 et le 4 , avec beaucoup de poésie, montrent la nature faisant valoir ses droits à troubler le calme. Avec quel résultat ? rompre ou renforcer le silence où est plongée l’auteure ? La réponse est dans le superbe dernier vers.

Quittons la table pour passer à la cuisine.

Le « ou de peur » en incise casse un peu l’alexandrin 8 qui est déchiqueté en 4x3 pieds. La suppression des virgules lui restituerait sa césure. Et le « e » d’envie se fonderait avec le « ou » qui suit, de manière fluide. Je pense que ces virgules, qui veulent faire ressentir l’antinomie envie-peur, s’imposeraient plus en prose qu’en poésie, où la « musique » est à préserver. Il y a débat ici sur la priorité à accorder : sens ou style ?

Il me semble que le « pervers » qui qualifie le néant n’est pas très signifiant dans le contexte. Le sens de ce (joli) quatrain se serait bien accommodé (humble suggestion) d’une recherche autour du mot « divers » pour aller chercher la rime. Mais il nous sera peut-être donné l’explication qui m’échappe pour ce pervers pervers.
« Glacé comme janvier ». Comme « un » janvier aurait évité l’élision. Je reconnais que cela se discute.

Mais ce ne sont que peccadilles dans cette superbe écriture où l’on peut signaler, entre autres, la générosité des rimes.

Bravo et merci pour ce poème dont le thème est plus que séduisant.

   papipoete   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Cristale
bonjour toi, mon écran bleu à qui je confie le train de ma vie ; et mon clavier qui ne fait qu'obéir aux ordres de mes doigts, s'active sans se poser de questions. Bien loin d'une Japy ou Underwood, ma machine moderne à écrire, tente de se faire remarquer au milieu du silence de la nuit... quand aux carreaux le cliquetis d'une averse, vient taper comme mes doigts au clavier de mes nuits blanches...
NB on est tenté de regarder par-dessus l'épaule de l'héroïne, ce qu'elle confie à son bleu miroir, qui se rebelle parfois par un espace en trop, une faute... " fautinette, bémolito ", et insensiblement des pages de vie s'alignent, sans que la Lune l'air triste n'éclaire ce chemin de frappe.
Si l'écran pouvait parler, répondre à une question sans code, il pourrait en narrer des pans de vie, de toutes les couleurs, de toutes humeurs...
Mais on n'entre pas ici comme dans un moulin, " même la nuit qui frappe aux carreaux sans briser le silence " est priée d'attendre dehors ; la poétesse écrit...
Morne plaine où il fait froid aux voyelles, et transit les consonnes... on a le coeur en peine ; doit être en 2020 ; mais chut ! ne faisons pas de bruit !
L'écran bleu est " matériel ", mais quand le " physique " nous échappe, sommes contents d'être avec lui !
je ne vois pas de faute de métrique... ( je plaisante ! )
Mais un détail simplement dans l'avant-dernière strophe ( un profond/soupir de désespoir ) je n'aime pas les enjambements ; mais ce n'est là que remarque

   Vincendix   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,
Le vent qui soupire, la lune qui se morfond et cet écran glacé, ce clavier grelottant... Brrr...
Et surtout cette nuit qui frappe aux carreaux sans briser le silence, du début à la fin...
Mais le printemps reviendra, l'écran reprendra des couleurs, le vent sera caressant, la lune va sourire, le clavier chantera... Et la nuit éclairera la vie par la fenêtre ouverte!
Vincent

   Hananke   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour

Un bon texte classique comme souvent chez l'auteur même si...
je n'ai pas totalement retrouvé la simplicité des vers qui m'avait
tant plus dans Le jardin d'asphodèles.
Toujours cette recherche de rimes ultra-riches qui nuit tant
à la poésie classique : silence/s'élance - s'envolant/désolant et surtout l'enjambement profond soupir de désespoir que je ne trouve pas des plus heureux.
Bon, ceci dit, il reste un poème agréable à lire et qui me plait bien
même s'il ne me transporte pas.

   Lebarde   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale

A la lecture de ce poème magnifique par
-le froid intense,
("La nuit frappe aux carreaux.... Mon esprit s’engourdit....Imite un peu la grêle ........ glacé comme janvier.")
- le silence glacial ("sans briser le silence"),
qu'il véhicule et l'atmosphère glaçante et désespérante:
("Les volets battent l’air… cliquetis d’une averse
Assourdis par le bois… Le vent pousse un profond
Soupir de désespoir. Le ciel me bouleverse.
Inerte et le teint blanc, la lune se morfond.")

qu'il évoque,
un frisson me parcourt l'échine.
Mais pour tout dire je préfère de vous les frissons sensuels et "chauds" que d'habitude, vous savez si bien susciter chez vos lecteurs.

Bien évidemment il n'y a rien à dire sur la forme de ce superbe poème classique sauf que -mais j'ose à peine le dire- je n'ai pas trop aimé, ce rejet ou ce contre-rejet ou même cet enjambement ( au quel cas il serait fautif ?)
"..... Le vent pousse un profond/
Soupir de désespoir."

Je sens que vous allez me fusiller maitresse, pour cette remarque d'ignorant. Mais tant mieux pour moi j'aurai droit à votre leçon argumentée sur le sujet.

Merci Cristale bravo

Lebarde

   emilia   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Si « la nuit (qui) frappe aux carreaux », si « le bruit sec du clavier » ne parviennent pas à « briser le silence » où la narratrice « éparpille sa vie » entre un « réel désolant » et « l’espace imaginaire d’un écran », dans une ambiance « glacée » … d’un sommeil enfui vers « un néant pervers » … où la raison erre…, c’est sans doute que ce silence est davantage lié à un état d’âme qu’à une absence de sons…
Quand le réel s’invite à nouveau à l’écoute des « volets qui battent sous l’averse », les éléments « le vent/le ciel/la lune » traduisent les sentiments négatifs ressentis : « désespoir/bouleverse/se morfond » … ; le jour pourra-t-il apporter une espérance, une « turbulence » à ce temps maussade qui semble s’éterniser ? Mais la boucle se referme sur cette nuit trop « silencieuse » évoquant l’absence et le manque avec une morosité accentuée par l’enjambement qui insiste sur la profondeur du soupir exhalé et l’abîme de tristesse engendré… Espérons vite un rayon de soleil pour réchauffer cette atmosphère affligeante si bien rendue…

   hersen   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"La nuit frappe au carreau, sans briser le silence."

Rhaaa, comment tu sais hameçonner ! Un vers, et hop, ça mord !
Le plasma glacé comme janvier : exprimé comme ça, oui, c'est glaçant. Oui, nous le ressentons tous ainsi, je pense pas forcément toujours, mais parfois. , une relation qui se glace ou se réchauffe, un sursaut, d'un seul mot d'un seul, linceul sur l'oubli ou l'indifférence.
La frustration.

Bon, ton truc, là, c'est ça, c'est exactement ça. Peut-être un pis-aller pour échanger, mais pas forcément le plus facile. Mais il a le mérite d'exister.

Un petit point noir, c'est pas pour faire ma prétentieuse ni ma ch...se (un mot qui finit comme prétentieuse, cherche un peu), mais le "un peu", dans cette super idée du clavier et de la grêle, je me suis dit, ah, Cristale peut trouver mieux que ce mal coincé de "un peu".
Tu crois que je fais ma ch...se, là ?

Merci, Cristale, pour cette lecture finalement très réaliste. Trop ?

   myndie   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale,

Cette vision lucide et froide que tu nous fais partager ici pourrait se résumer à ça : une vision froidement lucide d'un espace temps différent, une réalité qui se décline derrière un écran bleu, et point final.
Sauf que... c'est toi Cristale, la magicienne des mots qui en parles. Et alors, ça change tout et ça frise le sublime.
Déjà, une chose me parle parce que j'aime à l'utiliser, c'est la répétition du premier vers en vers final. Le must, ce qui parachève la plainte et la rend convaincante, pour ne pas dire criante.
Et puis, ce qui fait la marque de fabrique de Cristale : pas un écart, pas une fausse note.
La musique des vers, les alexandrins ces rois de l'harmonie, nous fait passer sans effort de l'engourdissement, celui-là même qui emprisonne l'esprit, telle une toile d'araignée, dans l'ennui et la peur et le désespoir... à la "turbulence" des éléments, virtuels ou réels, qui enchevêtrent les sens en même temps qu'ils font battre les volets.
Franchement c'est du grand art. Et c'est si beau.

"Mon esprit s’engourdit, le bruit sec du clavier
Imite un peu la grêle et le geste s’élance"
Ces deux vers par exemple sont terriblement suggestifs. Pas de zeugma là-dedans et pourtant c'est à ça que je pense...

"Inerte et le teint blanc, la lune se morfond." Merveilleuse image. peut-on mieux parler de la lune?


"Le jour osera-t-il la moindre turbulence ?
La nuit frappe aux carreaux, sans briser le silence."
Et avec ces deux derniers vers, ta poésie atteint les sommets.

Faut-il que je devienne alpiniste pour te suivre? Tu es diabolique Cristale.

Merci de nous offrir une poésie aussi belle.

myndie

   Angieblue   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Hello,

J'aime beaucoup le parallèle entre l'état d'esprit du narrateur et cette nuit froide de janvier qui reflète la désespérance et la solitude.

Le bruit du clavier comme la grêle...
Le plasma glacé comme janvier...
"Les volets battent l'air"
"Le vent pousse un profond soupir de désespoir"
"Inerte et le teint blanc, la lune se morfond" un peu comme le personnage de l'histoire...qui cherche dans "l'écran bleu" un peu de réconfort car la vraie vie fait peur. Elle fait peur, désole, mais il y a une envie: "mourir d'envie ou de peur d'affronter ce réel désolant".
Il y a une ambiguïté dans cette phrase qui traduit toute la complexité et la fragilité de l'être humain.

Mais toujours cette solitude, cette vacuité un peu malsaine:
"néant pervers"
"sens enchevêtrés"
"labyrinthe au fond de l'univers"

Le personnage est paumé. Derrière l'écran bleu, il n'y a que du néant et du vent comme dans cette nuit glacée.
Ce sentiment de solitude et de désespoir est marqué par cette phrase qui encadre et martèle le texte comme un cœur qui bat silencieusement dans l'attente d'une "turbulence" qui viendrait animer sa vie:
"La nuit frappe aux carreaux, sans briser le silence."

Un texte poignant!

   Myo   
11/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"..ou de peur, d'affronter ce réel désolant. "

Un moment d'évasion au travers des mots, loin de la grisaille et des soucis quotidiens.

Un thème qui me parle et que je trouve parfaitement maîtrisé par votre belle plume.

Que la lune se morfonde si c'est pour vous inspirer de la sorte.

Merci du partage

Myo

   ferrandeix   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce poème me paraît d'un niveau très élevé dans l'expression, la syntaxe et la versification. Le sujet a priori (le monde vu au travers de l'informatique) ne se prête pas à l'évocation poétique, mais là il adhère pleinement au sentiment poétique. Le télescopage entre le monde lointain, entrevu par l'informatique et le réel matériel (le clavier, les volets...) est très bien exploité. J'ai aimé particulièrement le sentiment de tristesse très subtilement exprimé, notamment l'image de la lune. Pas de cacophonies graves. En revanche, et c'est le seul reproche que je ferais à ce poème, c'est l'enjambement "profond soupir" dont je ne vois pas la justification.

   Lulu   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,

J'ai beaucoup aimé le thème de ce poème. Belle mélancolie.

Le premier vers repris à la fin m'a beaucoup plu. C'est celui qui m'a le plus touchée. Sa petite musique douce et tranquille berce l'ensemble.

J'ai bien aimé la première strophe, mais j'ai eu du mal avec le mot "plasma" que je n'ai pas compris dans le contexte.

La seconde strophe m'a paru belle, portée par le genre du poème. Le classique porte tout ici, comme dans tout le poème.


J'ai bien aimé ce vers : "Les volets battent l'air... cliquetis d'une averse", mais j'ai trouvé cette phrase trop courte : "Le ciel me bouleverse." Que je la lise lentement ou rapidement, rien n'y fait. Je n'ai pas su la lire convenablement pour l'entendre harmonieusement.

Mais cette dernière remarque est marginale, car l'ensemble du poème est vraiment chouette. Bravo !

   Malitorne   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dans ce concert de louanges bien mérité, je me contenterai de dire que c’est la première fois que je vous discerne à travers les lignes. J’ai lu quelques unes de vos œuvres, remarquables en général, mais où la technique semblait prendre le pas sur l’individu, sur ce que vous êtes réellement. Ici je vous ai vu tapoter sur le clavier, vous arrêter, regarder pensive par la fenêtre. Vous avez su rendre quelque chose de très humain qui nous autorise à accéder à votre intérieur.

   Wencreeft   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup. Mais quelque chose me dérange. Qu'est-ce ? Même après plusieurs relectures, je ne parviens pas à mettre le doigt dessus ? Sont-ce ces nombreux rejets (Ou de peur ; Assourdis par le bois ; Soupir de désespoir.) qui cassent régulièrement le rythme ? Est-ce le fond de ce poème, cette torpeur mise en scène, qui me met mal à l'aise ? Peut-être ?
Toujours est-il que cette gêne diffuse, impalpable, rend curieusement le poème assez puissant. Puisque la technique est impeccable, la plume acérée et les images fortes, cet embarras ne peut être que causé par le parfum de vos vers. Peut-être est-ce même voulu : créer un parallèle malaisant entre le fond et la forme. Décrire le marasme, la langueur, l'indolence, voire même une sorte d'anéantissement nocturne et tragique dans un style lourd, engluant, destructuré. Peut-être finalement est-ce brillant.

Un texte assez personnel qui se vit plus qu'il ne se lit, je pense.
Bravo encore une fois pour cette nouvelle tonalité insufflée à votre style d'ordinaire plus brillamment académique (je trouve).

   Pouet   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Slt,

très joli ce vers qui entame et clôt le poème.

Un texte que l'on ressent très personnel.

L'ensemble se lit fort agréablement, j'ai pour ma part une préférence pour le dernier quatrain, j'apprécie aussi le très expressif "j'éparpille ma vie".

Devant l'écran bleu - ou l'écrin des cieux - de ses nuits blanches...

PS: je ne suis pas certain d'avoir saisi la "perversité" du néant.

Au plaisir.

   Stephane   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale,

"La nuit frappe aux carreaux, sans briser le silence." est mon vers préféré. Cela tombe bien puisqu'il débute et termine brillamment - et subtilement - ce poème.

L'écran bleu m'a littéralement ébloui et je ne peux que souscrire à la réflexion sous-jacente de l'utilisation parfois effrénée de notre ordinateur. Pourtant il nous occupe, qui plus est les jours de pluie. C'est effectivement un "espace imaginaire" qui nous permet d'éviter à avoir "affronter le réel", le tout étant de bien définir les limites afin qu'il ne nous empoisonne pas trop la vie.

De belles images habillent les vers du début à la fin et font de ce poème une vraie réussite.

Alors bravo et merci !

Stéphane

   inconnu1   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Comme toujours rien a dire. La prosodie est parfaite et si facile, l'ambiance est lourde mais romantique (au vrai sens du terme, ceux du 19eme siècle), les descriptions sont originales. Donc il n'y a qu'à lire, imaginer et prendre des notes

   Bellini   
12/1/2021
Bonsoir Cristale,
On retrouve chez vous tout l’art d’une poésie qui veut être partagée. Pas d’enflure du style, pas d’esbroufe qui affecte la vérité des sentiments. L’élégance chez vous n’a rien de contraint et sait au contraire défaire savamment les nœuds des cordes classiques. Vous exprimez nos joies et nos douleurs d’une manière qu’on croit parfois avoir déjà entendue, mais l’association de vos mots en fait une manière unique qui utilise les clichés pour leur donner une seconde vie. La nuit, le silence, le temps, le vent, le ciel, la lune, l’amour, tous ces signaux élémentaires de vie et de mort trouvent avec vous un assemblage mouvant et multiforme.

Toutefois, quelques points me posent question.
D’abord le titre, ce syntagme « écran bleu », qu’on retrouve aussi au deuxième quatrain. Cette association ne me gênerait pas si elle n’avait pas par ailleurs un sens technique lié à l’informatique et plus précisément au plantage du programme (Windows ou Apple) qui est tout sauf poétique, pour ceux qui l’ont connu… On dit même « écran bleu de la mort ». Je me demande si vous ne pensiez pas plutôt à la « lumière bleue » de tous nos écrans. Disons que je suis un peu dérouté par ce choc des images.

Côté prosodie, je sais que vous êtes sensible aux questions qu’elle peut soulever. Délaissant de plus en plus sur Oniris les remarques à propos de la versification d’un poème classique, je suis heureux de maintenir avec vous cette approche formelle.
Le poème comporte quelques enjambements, dont un qui aurait achevé Malherbe et Boileau mais sans doute réjoui Banville, deux siècles après ce dernier.

« Les volets battent l’air… cliquetis d’une averse
Assourdis par le bois… Le vent pousse un profond
Soupir
de désespoir. Le ciel me bouleverse.
Inerte et le teint blanc, la lune se morfond. »


Je veux parler de l’enjambement un profond/soupir. Il succède au vers précédent, qui lui-même était déjà un enjambement, mais surtout, le mot à la rime (profond) n’est pas accentué, il ne porte pas la tonique, de sorte que la rime est comme avalée par le mot soupir auquel elle est rattachée. Ce phénomène se produit toujours lorsqu’on place à la rime un épithète qui précède son substantif, lequel enjambe au tout début du vers suivant. Je ne suis pas habitué à trouver ce type de rupture prosodique chez vous. La rime étant la substance première du vers classique, je regrette un peu son effacement ici. Faisant suite à l’enjambement du vers précédent, qui courait déjà jusqu’à la césure, on finit par mieux entendre l’assonance des hémistiches bois/désespoir que la rime profond/morfond. J’apprécie davantage les rimes lorsqu’elles sont accentuées, et j’approuve les enjambements lorsqu’ils sont peu nombreux et accentués, comme c’est le cas pour celui du vers précédent : « cliquetis d’une averse/ Assourdis par le bois… » ou cet autre : « et le geste s’élance/Au-delà du plasma ».
Je ne suis habituellement pas fan non plus des coupes franches à l’intérieur d’un quatrain. Dans le dernier quatrain il y en a trois. Je veux bien arguer ici la rupture avec le monde réel, mais je ne suis pas plus convaincu que ça.

Ce poème m’apparaît comme une curiosité formelle dans votre production. Elle prouve au moins votre ouverture d’esprit et votre souhait de ne pas prendre parti dans la bataille Malherbe-Boileau/Banville :)

J’ai beaucoup d’admiration pour votre travail.
Bellini

   pieralun   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un rythme particulier au fil de tout ce poème.
J’aime cette idée où l’esprit emprunte la voie de l’oiseau au travers d’une vitre, j’aime cette idée de l’écran bleu et froid qui n’est pas sans rappeler les derniers vers d’un servante au grand cœur de Baudelaire.
Les quartets 2 et 3 tiennent la route, sans plus, je n’ai pas aimé « néant pervers »
Les 6 derniers vers sont une pure merveille de poésie.
Les vers y sont déstructurés et c’est infiniment beau; Inerte et le teint blanc, La Lune se morfond
Les 2 derniers......rien à ajouter.

   Quidonc   
13/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale,

L'écriture pour combler la solitude. Le thème est remis ici au goût du jour de façon certes magistrale (comme à l'accoutumée) mais aussi ce façon moderne et très actuelle.
Comment faire d'un ordinateur un outil de nostalgie, emplis de poésie? Maintenant je sais, grâce à vous!
Merci pour cette belle lecture
Quidonc

   Castelmore   
15/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Cristale,

Un mois d’hiver dans l’enfermement covidien ...
Libre au fond d’une prison

Enfermée et protégée à la fois.

Secondes et éternité se confondent, contraintes entre deux barreaux
-les premiers et derniers vers identiques... et somptueux -
Tout est triste froid mouillé, silencieux sans vie ...
le ciel bleu oui bleu ... n’est qu’un écran,
aucun piano n’apporte l’écho d’une mélodie, pourtant le peu de vie va naître d’un clavier. Celui qui relie le narrateur à ce qui reste du monde en lui même et ailleurs
Demain sera-t-il aussi mort ?

D’un classicisme élégant, pimenté de quelques libertés que seul un maître peut maîtriser, ce poème est d’un très grand cru, du très grand Cristale !

Bravo et merci.

   Cat   
15/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Poétesse,

Une tranche de vie/nuit banale, tout ce qu'il y a de plus banal, et voilà qu'avec ton immense talent et ton savoir-faire de fine brodeuse hors pair, tu lui accroches du romantisme en pagaille et du cœur qui exulte à chaque bout de ligne.

26 commentaires déjà (+ 1), et 4 plumes ! Un score que peu atteignent sur Oniris, si je ne m'abuse... Bravo, la Miss !!!

à te relire, ma Cristale


Cat

   Anje   
15/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Cristale,

Je me sens presque coupable d'ajouter un énième, et tardif, commentaire sous votre écran bleu. De surcroît, je n'ai rien à dire, tout a été dit. Peut-être pour briser le silence en jouant sur mon clavier quand la nuit frappe aux carreaux.

Je me serais bien débarrassé d'un profond... soupir mais vous avez le droit d'enjamber comme bon vous semble, peut-être pour souligner que la lune se morfond.

Merci et pardon de me réveiller tard.

   perthro   
16/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce dernier vers rappelant le premier nous fait tourner dans une boucle sans fin qu'est l'angoisse du soir, que l'écran soit bleu ou noir. N'écrivant que la nuit, je ne peux qu'être ouvert à votre texte. Il me parait que ce texte est un vaste enjambement comme l'est la nuit sur le jour.

Pour le reste, tout à été dit plus haut il me semble.

Bravo

   LeMat   
17/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Merci Cristale pour le partage.
La nuit s'installe en silence. Un sentiment de calme et de bien-être se dégage de cette narration qu'un poète développe devant son écran d'ordinateur. Peut-être dans un état de conscience entre la veille et l'endormissement. Il en sort, de cet endormissement, de temps en temps grâce au son d'un vent qui souffle, d'une pluie qui tombe.
Toujours aussi paisible, quand il fait le constat qu'il faut se battre contre un réel désolant ou battre en retraite. C'est selon l'humeur.
Un triptyque. J'aime la justaposition de ces différents " écran bleu ", que sont la nuit qui frappe à la fenêtre, l'écran bleu de l'ordinateur prêt à vivre sous l'impulsion d'un imaginaire et l'écran plus sombre, bleu sombre de l'état de sommeil dans lequel on risque de tomber, si l'on n'y prend garde.
La nuit est la matrice mère qui aide à la naissance de la poésie.
L'écran d'ordinateur est cette matrice qui récolte le travail intellectuel de l'auteur.
Le sommeil, la matrice d'où tout retourne. Et où tout peut nous échapper.
Naissance, travail et mort. Voilà le lot de l'existence du lien entre le créateur et sa créature/création.
Parfois, dans le sommeil on fait face au paradis, à l'enfer, où là l'auteur n'est plus maître de lui-même. Il passe dans les mains d'un néant pervers, manipulateur, où naissent les rêves et les cauchemars qui sont l'antithèse de l'acte créateur conscient, l'antithèse de l'imaginaire. Il n'y a pas d'acte créateur en dehors du " Moi ". Pourrait-il dire. Le sommeil est un néant.
De ces trois états qui se confondent par leur juxtaposition, en osmose, émerge une douce ambiance, poésie bien traduite dans ce poème.
Et j'aime aussi ce " soupir " placé où il faut, qui donne du corps, et une respiration à ce texte. Un souffle, une expiration. L'enjambement marque une pause plus longue et la reprise au mot " soupir " se fait plus percutant, parce que plus expiré. Et est juste approprié.

Parce que la lune se morfond, le ciel est boule versant.

" Le jour osera-t-il la moindre turbulence ?
La nuit frappe aux carreaux sans briser le silence. "
Le jour est toujours lié au réel et à la vie. La nuit elle, au rêve et à la mort. Entre les deux il y a l'imaginaire. Pour le commun des mortels, le jour ne laisse pas place à l'imaginaire, très peu. C'est pour cela qu'il est réellement désolant. Seul l'artiste peut travailler avec son imaginaire, le jour. Il ne doit pas céder à la rêverie. Peut-être est-ce là une des turbulences redoutées ?
La reprise du premier vers à la fin clot ce poème pour lui donner une unité de sens. Comme le noeud en fin de tricot pour que l'ensemble ne perde pas de sa cohérence.
Le narrateur souhaite-il que cet état de paix perdure pendant le jour qui pourrait arriver à grand pas ? Une nuit blanche que l'on voudrait prolonger, tellement on est rempli de grâce parce que l'inspiration coule à flot ?
Voilà, Cristale, comment j'interprète ton histoire. Et encore merci.
A bientôt !

   bipol   
17/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale

Tous ces jours j'étais pris avec mon association :j'aimerais tant....

votre texte est merveilleux

de douceur infinie je suis vraiment jaloux

ce premier et dernier vers comme un petit oiseau dont je suis amoureux

et cette écriture merveilleuse de tendresse adouct nos angoisses

Merci

   Hiraeth   
19/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ne vous sentez pas obligée cette fois-ci Cristale de me retourner la politesse du commentaire sur mon dernier poème, que vous avez d'ailleurs éclipsé sans vergogne -- la malchance a voulu que je publie le même jour que vous. (Même si ledit poème n'était guère plus qu'un amuse-gueule proposé faute de mieux, il faut le dire ; un plat plus consistant devrait bientôt arriver.)

Je n'ai pas grand chose à ajouter à tous les commentaires élogieux. Tous les vers sont bien frappés, rien n'est de de trop ni ne semble laissé au hasard, tant au niveau des images qu'au niveau du langage. On vous suit avec plaisir dans le récit de cette nuit solitaire, mélancolique et frénétique. J'aime beaucoup la façon dont le poème utilise ses descriptions sensuelles (au sens littéral), matérielles, comme un tremplin vers des méditations plus abstraites sur notre rapport au temps et au réel, ainsi que sur la valeur de l'écriture dans la construction ou déconstruction de soi.

Le réel est changeant, souvent désolant en effet, chaotique et erratique ; la poésie peut d'ailleurs se concevoir comme une tentative de lui opposer un langage et donc un monde créés de toutes pièces avec leurs propres règles, leurs propres jeux de miroirs, donc leur propre perfection. Et Dieu sait que Cristale a le goût de la perfection, en témoigne ce travail minutieux sur les rimes qui se font discrètement écho d'une strophe à l'autre : "silence" / "s'envolant", "clavier" / "vie", "seconde" / "profond", "pervers" / "averse"...

Ce travail d'orfèvre sur un tel thème me fait penser à ces vers de Claude Esteban :
"J'existe plus quand le jardin s'impose. Il a son ordre à lui, ses lois lisibles. Ceux qui tombent toujours, ceux qui s'épuisent dans l'espace, n'auront pas de repos. Qu'ils l'apprennent. Tout est jardin. Tout est rempart contre l'abîme où dieu commence."

Mais le réel peut également se faire silence à qui veut bien faire l'effort (surhumain, parfois) de l'écouter. On touche alors à l'éternité, et celle-ci se fait effectivement plus sensible la nuit, qui toute oppressante qu'elle puisse être parfois ("frappe aux carreaux"), n'en reste pas moins profondément silencieuse, même quand elle s'accompagne de bruits. C'est qu'elle se suffit à elle-même, qu'elle n'a pas besoin de discours pour exister, contrairement au monde humain qu'elle encadre (cf le premier et dernier vers) et dépasse infiniment.

Ah, au fait, ce texte m'a également fait penser au sonnet suivant de Baudelaire, qui parle d'un Réel étouffant : https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/charles_baudelaire/sur_le_tasse_en_prison

Merci pour cette lecture.

   Cristale   
24/1/2021


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