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Poésie classique
Cristale : La colère de Neptune
 Publié le 23/05/15  -  12 commentaires  -  1001 caractères  -  446 lectures    Autres textes du même auteur

...


La colère de Neptune



Il s’éveille, à l’étal vierge et blanc,
D’un sursaut se redresse et s’engorge,
Tambourine et frappe de son flanc
Le récif comme un fer à la forge !

Sans un bruit, lointain mais grandissant,
Un mur d’eau surgit telle une trombe,
Colossal comme un torse puissant
Qui rugit, et se gonfle, et se bombe !

Il avance et s’enroule en râlant
Au ressac furibond de la houle
Dans les bris dispersés d’un chaland
Et d’esquifs éventrés, puis les coule !

Mascaret plus cinglant que l’éclair,
L’ogre râle à rompre tout silence,
De son fouet pourfend l’eau, cingle l’air,
Le Dieu fou vomit son insolence !

Soulevant jupes de goémon,
Et cheveux de varech dans la brume,
Il avale en baisers de démon
Le ressac et ses lèvres d’écume,

Puis s’échoue en rampant, moribond,
Au berceau maternel de la plage
Et s’endort, comme un vieux vagabond.
Je souris. C’était beau, du rivage.


 
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   bipol   
28/4/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Sans un bruit, lointain mais grandissant,
Un mur d’eau surgit telle une trombe,
Colossal comme un torse puissant
Qui rugit, et se gonfle, et se bombe !

et puis

Soulevant jupes de goëmon,
Et cheveux de varech dans la brume,
Il avale en baisers de démon
Le ressac et ses lèvres d’écume,

Puis s'échoue en rampant, moribond,
Au berceau maternel de la plage
Et s'endort, comme un vieux vagabond.
Je souris. C’était beau, du rivage.

entre autre

car tout est grandiose

démesuré

cette mise en scène du déferlement de la mer est à couper le souffle

pas un instant de répit pour notre plaisir

j'ai trouvé votre texte extraordinaire

   Francis   
23/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Les mots deviennent des images, des tableaux. La plume se meut en pinceau avec le talent du poète qui personnifie cette déferlante. L'homme qui aime la mer hume les embruns sous chaque vers. Lu avec un réel plaisir !

   Hananke   
23/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Le choix de l'énnéasyllabe est déjà bien original et bien peu usité.
Il me semble que Verlaine fut d'un des rares
à l'avoir employé avec succès (avant Cristal).

La colère de la mer est bien rendue et les images
ne font pas défaut.

J'aime bien le clap de fin avec ce vieux vagabond
qui s'endort sur la plage.

   PIZZICATO   
23/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
" Je souris. C’était beau, du rivage."
On vous rejoint près du rivage et on admire ce flot impétueux qui
" tambourine et frappe de son flanc
Le récif comme un fer à la forge !"
Les images s'enchaînent pour peindre un tableau grandiose.
" Puis s’échoue en rampant, moribond,
Au berceau maternel de la plage
Et s’endort, comme un vieux vagabond. " Une chute superbe comme l'est ce poème.

   cervantes   
23/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très belle description de tempête dont le caractère haletant et discontinu est très bien rendu par ce choix de vers de neuf pieds. Nul message, nulle émotion, le pur plaisir de la lecture et du travail bien fait. La musique est votre royaume et sa traduction en mots votre don.
En vous lisant je pensais plutôt à Victor Hugo et à la légende des siècles. Nous connaissions votre talent pour faire naitre l'émotion, il trouverait sans doute aussi à s'exprimer dans l'épopée!

Merci pour ce Neptune qu'il est bien doux de contempler depuis sa couette.

   Anonyme   
23/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale... Belle écriture, respect de la prosodie, rimes riches le plus souvent au service de ce mascaret que vous avez très bien décrit.... Beaucoup de poésie dans cette suite de quatrains énnéasyllabiques (difficulté supplémentaire) bâtis de très belle manière. Bravo et merci pour cette ode à la mer...

Edit… Commentaire modifié car je pense que la partie technique que j’avais cru bon d’ajouter concernant le mascaret n’a en définitive rien à faire en ces lieux… Oubliez la, peu importe le moment où ce mascaret prend naissance, ainsi que la programmation de ce phénomène par Dame Nature !
Nous sommes sur un site poétique et non pas dans un cours d'hydrographie marine...

   papipoete   
23/5/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Cristale; l'eau calme ou tumultueuse est une nouvelle fois l'inspiratrice de vos vers, comme l'est pour moi l'océan de verdure de nos forêts!
Vos lignes font frémir au fur et à mesure de la colère montante de l'ogre marin, le mascaret. Fermant les yeux, je l'imagine sortir de mon écran et submerger mon écritoire, et j'entends " son râle à rompre tout silence "!
Puis, le mur d'eau " s'échoue en rampant, moribond "...
Quel spectacle, visuel et sonore ! Le tout servi par un vocabulaire ne requérant point le dictionnaire; mais des mots évoquant avec brio des scènes comme celle du 5e quatrain " soulevant jupes de goémon... "
C'est fort bien imagé, c'est beau!
De surcroit, vous parez votre poème d'une " tenue classique " sans fausse note.
bravo

   leni   
23/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
a Cristale
Je souris c'est beau du rivage!
Les verbes ont la priorité tambourine..frappe...rugit.. se gonfle...
se bombe s"avance...s"enroule ET on suit le mouvement
Quel rythme!!!

Et ce quatrain superbe

Soulevant jupes de goémon,
Et cheveux de varech dans la brume,
Il avale en baisers de démon
Le ressac et ses lèvres d’écume,

Merci pour ce texte!
Mon salut cordial
Leni

   Anonyme   
23/5/2015
Bonjour Cristale
Vous n'avez pas choisi la facilité. Généralement la poésie paysagère ne nous propose que des instantanés. Dans cette "Colère de Neptune" vous avez opté pour la vidéo.
De "l'étal vierge et blanc" au "berceau maternel de la plage" (ces deux métaphores très visuelles évoquant l'une et l'autre le calme des flots) vous nous faites vivre la naissance, la montée en puissance, puis le trajet ravageur d'un mascaret.
Le mètre choisi, 9 syllabes, confère à vos quatrains une forte sensation d'instabilité, particulièrement adaptée au contexte.
Les phrases sont finement ponctuées comme dans ce quatrain particulièrement expressif :

"Sans un bruit, lointain mais grandissant,
Un mur d’eau surgit telle une trombe,
Colossal comme un torse puissant
Qui rugit, et se gonfle, et se bombe !"

On le voit, on l'entend, ce "mascaret plus cinglant que l'éclair" qui dévaste tout sur son passage.

Vous n'avez pas choisi la facilité. Vous ne cherchez pas à émouvoir le lecteur, seulement à lui faire vivre un spectacle hors norme. Ce qui est "une autre paire de manches" !

Pari tenu. Au dernier vers, la petite pointe d'humour lui permet de reprendre son souffle et de constater que malgré la grande qualité de votre travail, vous ne vous prenez pas au sérieux.

Merci Cristale et bravo

   Anonyme   
23/5/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir Cristale,

On sent la masse gigantesque de Neptune sortir des flots dans une colère grondante et furibonde. Le mur d'eau est vraiment impressionnant et j'ai frémi à son évocation.

La dernière strophe est plus sublime encore que les autres :

"Puis s’échoue en rampant, moribond,
Au berceau maternel de la plage
Et s’endort, comme un vieux vagabond.
Je souris. C’était beau, du rivage."

La force de ce poème est dans la représentation - très juste - que je me fais de ce Dieu de la mer dans la mythologie romaine : colossal et rugissant, comme les 40èmes...

Bravo à vous !

Wall-E

   Pussicat   
23/5/2015
Ce n'est pas un tableau mais un film que vous nous offrez là ! et en 3D en plus, j'ai bien cru que Neptune allait surgir de mon écran...
Bravo pour tout : la forme choisie, délicate, voire casse-gueule, réussie, et le fond sublime !
"C'était beau...", aussi lu d'ici...
à bientôt de vous lire,

   Cristale   
8/6/2015


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