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Poésie contemporaine
Cristale : La villa des trois rivières
 Publié le 04/03/20  -  26 commentaires  -  1037 caractères  -  500 lectures    Autres textes du même auteur

« De temps en temps j'aurais voulu être un murmure
interrompant le long silence du silex
et le forçant enfin de m'expliquer pourquoi
il a l'air malheureux comme un astre qui tombe. »

Alain Bosquet
(extrait de « Murmure » sonnet en vers blancs)


La villa des trois rivières



Sous sa cape de brume un petit matin mauve
embrassait la bruyère éclose à fleur de nuit
sur le front de l’aurore offrant sa traîne d’aube
en longue chevelure aux doux reflets auburn

La rivière impassible emportait le silence
des soupirs de jadis venus du vieux chenal
quand les ponts inondés d’une crue indécente
mouillaient tes murs de lierre assoiffés du ressac

Ton jardin séduisait les peintres d’aquarelles
penchés sur ta fontaine au tain d’ambre profond
recueillant l’or béni de vœux et de prières
que la source intranquille entraînait dans ses flots

La lande te coiffait de diamants de pluie
et ton toit ruisselant pleurait un arc-en-ciel
entre les bras du saule épris d’une glycine
que l'ombrière en fleur tressait jusqu'à ton seuil

Abandonnée hier pour mille éclats de lune
noble dame ton nom reçoit tous les honneurs
aujourd’hui sur ta berge où tu vis vierge et nue
rajeunie à jamais de mes vieux souvenirs


 
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   Donaldo75   
24/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Et que voilà un poème réussi avec une belle tonalité ! Cette lecture apaise le lecteur – en tout cas, ça a fonctionné pour moi à un tel point que je vais le recommander à la Sécurité Sociale qui devrait investir dans la poésie de qualité plutôt que dans les pilules gélatineuses fabriquées dans des zones de guerre – et lui procure une agréable expérience où se propagent tour à tour voire simultanément tous les effluves de notre belle langue française. Parce que la langue maniée ici est riche, puissante, ne montre pas ses petits bras musclé comme c’est parfois le cas avec des poètes pas assez inspirés pour dépasser le cadre des mots et la frontière du dictionnaire Larousse – c’est toujours mieux que Larusso, certes, me glisse un neurone polisson, entre deux battements de synapse – mais s’écoule comme un fleuve tranquille le long des berges folles (Oooaaa, cette poésie m’a inoculé un virus qui prend possession de ma plume, transforme mon style et m’amène vers des contrées inconnues).

Bref, inutile d’appeler Hercule Poirot, Miss Marple, l’inspecteur Barnaby ou même Joséphine l’ange gardien – cherchez l’intrus, voici le thème du nouveau jeu sur Oniris - pour deviner que j’ai beaucoup aimé ce poème et que je m’incline devant son auteur(e).

Bravo, bravo, bravissimo.

   bipol   
4/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale

Ja suis incapable de décrire pourquoi

votre poème m'a enchanté

pet-être surtout la musicalité

mais il me semble aussi beau que certains de Rimbaud

son tempo aussi est superbe

c'est du Cristale voilà

   Hananke   
4/3/2020
Bonjour

Cristale a franchi le pas mais je me sens trahi !

Évidemment, l'ensemble est bien joli mais reste trop au niveau
descriptif pour que j'adhère entièrement à cette forme de poésie.

De plus, libérée des contraintes prosodiques, l'auteure semble en faire des tonnes dans les images et la métaphore.
Et l'absence de ponctuation que l'on peut approuver avec les vers
courts de la poésie libérée, me gêne énormément ici.

Bien sûr, ce genre de texte ravira une grande partie des lecteurs,
mais, perso, je préfère nettement la poésie complètement libérée,
beaucoup plus légère à mon goût.

   Lebarde   
4/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale

Je vous aime tellement mieux en classique où vous excellez et enchantez le lecteur.
Il vous est difficile d’oublier les alexandrins, je n’ai pas vérifié mais je sens bien que tous les vers en sont et de jolis, bien rythmés!
Vous vous êtes contrainte à « rater » quelques rimes mais on sent bien que vous vous êtes forcée à le faire et que vous aviez dans votre plume, tout prêts, tous les bons mots qu’il fallait pour faire les bonnes rimes!
Vous auriez pu glisser ici ou là quelques hiatus ou E non élidés, même pas où je ne les ai pas vus, vous ne savez même pas le faire. Bien décevant tout cela en effet. Vous étiez en contemporain, vous auriez pu . Eh non!!

Vous avez effacé la ponctuation, mais là encore il n’est guère compliqué aux lecteurs de remettre les points et les virgules où vous vous êtes retenue de les poser!

Restent bien sûr l'écriture, superbe, les images, magnifiques, la poésie délicate et élégante. Oui tout cela vous n’avez pas pu l’enlever complètement.
Les expériences, c’est votre truc je sais bien mais ne recommencez plus celle-là au risque de me voir obligé d’être plus sévère dans mon appréciation la prochaine fois.
Vous m’avez déçu Cristale, sachez le!!!
Vous avez de l’humour et vous avez compris que je plaisante moi l’envieux jaloux ( pléonasme) qui « rame »pour produire un tout petit sonnet classique après des journées d’effort!!

Merci quand même! Votre poème est magnifique

Lebarde

   Annick   
4/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce poème contemporain dont l'auteure s'est libérée des rimes, est très beau. On retrouve comme dans ses poèmes classiques le gracieux déroulé des vers aux images délicates.
Le fait qu'il n'y ait pas de rimes en fin de vers peut dérouter et pourtant, j'ai trouvé la même musicalité, la même harmonie qui bercent la poésie classique de Cristale.
L'initiative est audacieuse, innovante. Cristale sait nous étonner à chaque fois.

Quand on lit le poème tout haut, on peut percevoir en fin de vers, des presque rimes, des sons proches qui ravissent l'oreille, (voyelles et consonnes).

Ce décor idéalisé, cette maison personnifiée semblent sortir d'un conte.

Bravo ! Merci Cristale de m'avoir fait rêver !

   PIZZICATO   
4/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Toujours de belles images et les alexandrins qui coulent comme des accords de harpe. Cristale, une musicienne de la poésie.

" Abandonnée ", certes, mais la " Dame " a préservé toute sa " noblesse ".

Ma préférence va à la première strophe.

Une lecture fort agréable.

   leni   
4/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour Cristale
Je suis ravi J'ai répété tout haut tes plus belles images elles sont belles
et portent une ombelle à rendre jalouse la dame de onze heures Tu es la fleuriste qui vit entre la rose et le lilas Dieu quel soin à monter ton bouquet Ton art est l'ikebana de la poésie
Je cite pour le plaisir
Sous sa cape de brume un petit matin mauve

La rivière impassible emportait le silence

penchés sur ta fontaine au tain d’ambre profond

Et là je craque la fleuriste offre un joli bouquet

La lande te coiffait de diamants de pluie
et ton toit ruisselant pleurait un arc-en-ciel

Et puis le saule épris d'une glycine
Et les mille éclats de lune
je perçois tes propos depuis toujours
ils me touchent au plus sensible

Je t'embrasse LENI

   Corto   
4/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,

Aucun doute vous maîtrisez de façon inouïe la conception d'images poétiques toutes plus belles les unes que les autres.
Mais...car il y a un mai. Chaque vers devient ici une entité à observer, à savourer, au point que la texture d'ensemble devient comme un carcan.

Comme de plus il n'y a pas de véritable événement si ce n'est d'aboutir tout ému aux retrouvailles avec la "noble dame", l'ensemble parait un peu figé dans la contemplation.

J'ai aimé notamment "Abandonnée hier pour mille éclats de lune" où "mes vieux souvenirs" semblent venir se faire pardonner.

Encore bravo pour ces images raffinées et foisonnantes.

   sympa   
4/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonsoir Cristale,

Votre poésie est apaisante et vos alexandrins magnifiques.
La forme est agréable et le manque de rimes ne me pose aucun problème tant vos vers "coulent de source" .
De bien belles images et une jolie musicalité accompagnent votre poème.

Mais dites moi, pourquoi cette absence de ponctuation que j'imagine volontaire ?
En libre j'ignore si elle est indispensable, mais en contemporain?

C'est dommage quand même.

   papipoete   
4/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonsoir Cristale
C'est une maison bleue...accrochée au bord de la rivière...et tout ce qui l'entoure, pour la séduire lui fait sa cour. Du matin qui s'éveille en s'étirant heureux de retrouver la villa ; la rivière qui coule de joie et semble chanter en tapotant des galets ; et les peintres s'en usent les yeux à vouloir la poser, encore et encore sur une toile nouvelle ; maintenant la belle demeure vit seule mais resplendit !
NB encore un coup de maître ( de maîtresse ) sous cette plume inhabituelle, où notre poétesse dût faire moult efforts pour retenir ses alexandrins, leur criant " non, point de rimes ! nulle ponctuation ! pour une fois je ne vous tiens pas la bride ! mais de grâce, soyez pourtant élégants ! "
Et dans cet exercice peu banal, je vois pourtant étinceler le cristal, sous la plume de Cristale !
La première strophe ouvre si bien le bal, que je ne puis pas ne pas vous faire ma révérence !

   Anje   
4/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'absence de ponctuation, de majuscules, de rimes me perturbe toujours... Ces quatrains m'ont sorti queque peu de ma zone habituelle de lecture. Sortir de sa zone de confort, tiens !, est un véritable défi. Ecrire autrement, aborder d'autres sujets, faire du différent, c'est un travail d'humilité, c'est ne jamais être complètement arrivé, c'est se remettre en cause. Pour tout cela au moins, je salue bien bas le travail énorme qu'a dû s'imposer notre reine du classique pour réussir si joliment cette musique autour d'une villa. Si on notait sur dix, je lui aurais mis douze à ce contemporain....

   Lulu   
5/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale,

Je suis absolument enchantée de lire ce poème que j'ai beaucoup de plaisir à relire.

J'ai d'abord aimé les mots d'Alain Bosquet mis en exergue. Ces derniers annonçaient un esprit, peut-être un ton aussi...

Puis, je n'ai pas pu m'empêcher, dès la première lecture, de m'arrêter à la fin du second vers pour en savourer la teneur et relire déjà pour mieux apprécier encore cette entame et ce que j'allais découvrir ensuite. Idem à l'issue du premier quatrain, finalement. Il y a à la fois les mots, leur évocation douce et belle et le hasard qui fait que le jour se lève au moment où je vous lis, ce matin...

Ce poème est tout entier superbe. Je trouve ce poème contemporain si musical dans son rythme doux et ses couleurs fraiches et dynamiques. Pourtant, pas de ponctuation... Rien que les mots pour nous faire entendre les "soupirs de jadis venus du chenal / quand les ponts inondés d'une crue indécente / mouillaent [les] murs de lierre assoiffés du ressac".

Des couleurs fraîches aussi au travers des aquarellistes fascinés et inspirés par le spectacle, "penchés sur [la] fontaine au tain d'ambre profond"... Quelles belles teintes que celles qui s'ajoutent à "l'ambre profond".

Pas de rimes, mais des assonances fort sympathiques qui murmurent gentiment à nos oreilles, comme une rumeur matinale à grande échelle "Sous sa cape de brume un petit matin mauve / embrassait la bruyère éclose à fleur de nuit".

On sent un vrai plaisir d'écriture dans les évocations, le temps des verbes - l'imparfait - et les images où se mêlent parfois des éléments d'une nature personnifiée "et ton toit ruisselant pleurait un arc-en-ciel / entre les bras du saule épris d'une glycine". Vraiment très beau.

J'ai déjà été touchée par nombre de vos poèmes, mais celui-ci me donne envie de l'apprendre par coeur.

Le titre est aussi à lui seul un magnifique poème.

Merci de ce partage, Cristale.

   dream   
5/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Dans une émotion vraie et par un travail MAJESTUEUX, la Reine Cristale a, une fois encore, laissé éclater sa créativité. Ici, de rimes, que nenni ! puisque tout est sublime musique.

Ah ! ce premier quatrain, avec « sa cape de brume », comme il est doux à mon oreille...

Et ces deux vers, que du bonheur ! :

« La lande te coiffait de diamants de pluie
Et ton toit ruisselant pleurait un arc-en-ciel »

Me croirez-vous ? Dame Cristale, si je vous dis que j’ai passé le plus clair de mon après-midi d’hier, à lire TOUS vos poèmes. Admirables ! Merveilleux ! Grandioses ! Éclatants... Les superlatifs me manquent. À la fin de leur lecture, le termite humain que je suis a fait surface et s’est frotté les yeux, tout ébloui….

Un immense BRAVO ! Pour toutes vos merveilles. Et à tout bientôt… per favore !
Dream

   emilia   
5/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Quel joli moment que cette découverte de votre « Villa des trois rivières », parée de douceur et d’élégance, qui nous happe et nous charme avec cette atmosphère si bien décrite en dodécasyllabes qui ont conservé toutes leurs grâce et musicalité prouvant, grâce à votre talent mis au défi, que les rimes ne sont pas essentielles…
Elle apparaît au « petit matin mauve » sous sa « cape de brume » et sa « traîne d’aube »…, comme au sein d’un tableau d’aquarelliste séduit par son jardin, sa fontaine, sa source, sa lande, son « saule épris d’une glycine », sublimée dans cette osmose végétale et aquatique par « les diamants de pluie sur son toit ruisselant (qui) pleure… », traduisant ainsi le sentiment « d’abandon » de cette « noble dame personnifiée, sauvée de l’oubli par le tendre regard de Cristale, à l’écoute du « silence de ses soupirs… », et dont les vieux souvenirs contribuent à la renaissance dans ce magnifique et romantique hommage !

   Davide   
5/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjours Cristale,

Un poème qui ressuscite la splendeur de cette villa des trois rivières, des souvenirs à fleur d’eau qui rejaillissent entre les "murs de lierre assoiffés" et les gouttes d’une glycine qui pleuvent de l’ombrière. L’eau, omniprésente, figure autant la fertilité que la fuite du temps.
J’ai beaucoup aimé la générosité des images, le lyrisme à peine contenu, l’imparfait de la contemplation, le rythme berçant des alexandrins, chantant la nostalgie comme l’émerveillement, les échos de sonorités en fin de vers… Sans doute les souvenirs d’une enfance/adolescence, tutoiement d’un lieu ami et personnifié qui a vu fleurir autrefois notre narratrice ? Narratrice aujourd’hui émue de revoir ce lieu.
Touchante dernière strophe, sertie de ses "mille éclats de lune" - le temps a coulé sous les ponts ! - où les "vieux souvenirs" rajeunissent à jamais cette villa toute nue.

Je dois avouer que l’exergue m’a longtemps interrogé ; et puis, j’ai fait le rapprochement entre l’histoire de cette villa silencieuse laissée à l’abandon (que l’on a "laissé tomber") et ce silex malheureux comme un "astre qui tombe", après les premières étincelles qui ont fait jaillir le feu, autrefois. Evocation de deux époques révolues, deux lumières qui s’éteignent, deux murmures qui se taisent dans leur silence de pierre. C’est joliment amené.

J’aurai juste quelques petites réserves : d’abord, cette "traîne d’aube", où, à chaque lecture, je n’ai pu m’empêcher d’entendre "daube" (!) ;)
Puis, m’ayant imaginé l’intimisme d’un lieu d’enfance, j’ai trouvé dommage de faire venir ces "peintres d’aquarelle" ; en fait, il m'a manqué - juste un peu ! - l'évocation pleine de la mémoire sensitive de la narratrice, la nudité des instants vécus, ces réminiscences qui font l'unicité d'un lieu dans le cœur de celui qui s'en remémore…
Enfin, je n’ai pas compris de quels honneurs il s’agissait dans l’antépénultième vers ("ton nom reçoit tous les honneurs") ?

Quoi qu'il en soit, un joli moment de lecture ! Merci Cristale !

   Vincente   
5/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une bien jolie évocation. Douceur et nostalgie forment la trame de cette visite paysagère des "vieux souvenirs" du narrateur. Le poème chante un lyrisme émouvant, et les passages s'enchaînent dans le lieu charmant.

Ma strophe préférée est la première, et à peine derrière la quatrième. Vraiment superbes, phrasé et images merveilleuses ; j'ai failli regretter que la grâce soit un peu en deçà dans les trois autres (j'aurais du mal à expliquer pourquoi ce ressenti…), mais je crois que cela participe au rythme global, temps forts, temps faibles, de toute œuvre évidemment vivante, même si comme ici elle a les traits d'une "nature morte".

Les vers d'Alain Bosquet en ouverture sont plein d'une inspiration prédisposant avec force à la poétique du poème, ce murmure qui en émane.

La singularité du site aurait pu se perdre dans ce thème revisité de tant et tant de manière, eh bien non, j'ai trouvé dans celui-ci une inspiration originale ; et ce n'est pas la richesse de l'écriture qui en aura été le masque.

   Mokhtar   
5/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Où est-elle, cette merveille ? En Belle Province ou aux Antilles, en Bretagne ou au pays basque ? En tout cas surement près d’une côte, sous le vent du large qui emporte les points et les virgules. Et c’est bien affligeant.

Car si l’on est prêt à accompagner l’auteresse dans son sevrage (difficile, comme le remarque Lebarde) quand elle évolue vers d’iconoclastes classicocides, on ne saurait pour autant prendre le risque d’une plongée en apnée jusqu’au fond d’un quatrain. L’autière devrait avoir plus de considération pour l’âge de l’onirien moyen.

Saurais-je un jour si le ressac sert à mouiller, ou s’il est la convoitise des assoiffés ?
Me remettrais-je un jour de voir la « noble dame » mêlée au bas peuple par l’absence de ses deux encadrantes virgules aristocratiques ?
Ma libido aura-t-elle réponse à cette question : qui est « rajeunie » ? La noble dame, ou la vierge nue ?

Quand je lis un poème (ou que je m’offre à ma masseuse préférée), je n’aime pas me poser trop de question. Je préfère me laisser faire. La ponctuation zénifie le poème.

Cela dit, une fois débroussaillé, le trésor est fort intéressant.

Je suis prêt à enchérir le jour où vous mettrez en vente :
« la bruyère éclose à fleur de nuit » « rajeunie à jamais de mes vieux souvenirs », la saga des aquarellistes qui se mirent au « tain d’ambre profond » et surtout l’intégralité de la magnifique orgie du côté de l’ombrière.
Je serais sans doute moins empressé sur la crue indécente, et sur intranquille qui nous prive d’un joli « e » non muet en parfait état de marche, au profit d’une précision hydrographique subalterne.

Au diable le râleur, foin du plaisantin, le modeste amateur de poésie l'affirme et signe : Ce texte est superbe

Bravo et merci.

Nota : Chez Plazza, vous feriez un malheur.

   Zeste   
5/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,
La beauté est dans toute chose, surtout dans le regard ! Une écriture fluide rythmée, procession d’images plus belles les unes que les autres décrivant un cadre qui fut jadis empli de vie et aujourd'hui source de reviviscence de souvenirs impérissables.
Richesse !!!
De nous rendre cette beauté dans le regard, merci mille fois !

   emju   
5/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Comme c'est beau ! Très visuel, doux, reposant. J'ai envie de m'asseoir au bord de la rivière, me promener dans le jardin, courir sous la pluie sur la lande puis me blottir dans les bras du saule. Et, pourquoi pas faire un voeux, penchée sur la fontaine. Tout simplement, majestueux !
Merci.

   Stephane   
5/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir Cristale,

Tu signes-là un poème d'une grande beauté, digne des plus grands poèmes "classiques" si je puis m'exprimer ainsi. Je dis ça car personnellement la catégorie contemporaine dans lequel se classe "La villa des trois rivières" ne m'a absolument pas dérangé tant je considère que la forme et le fond, l'art de versifier les vers et la finesse de l'écriture tient plus du domaine classique que bien des classiques.

Bien sûr, la question que je me pose (secondaire) est de savoir pour quelle raison tu as abandonné la forme classique ET la ponctuation pour en arriver à ce merveilleux résultat. As-tu voulu t'essayer à autre chose en explorant quelque sentier vierge de toute contrainte ou bien y a-t-il une explication plus profonde trop difficile à sonder ?...

Quoi qu'il en soit, je le répète, l'exercice est réussi et le résultat stupéfiant. Te voir sortir ainsi de ta "zone de confort" (entre guillemets) m'a plu et j'attends maintenant avec impatience le jour où tu t'affranchiras de TOUTES les contraintes pour nous livrer un poème totalement libre (juste un).

Il n'y a vraiment rien à redire sur ce poème, raison pour laquelle je te délivre la note maximale, sans aucune hésitation.

Merci et bravo Cristale,

Stéphane

   lucilius   
5/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Chère Cristale, s'il n'y avait pléthore de métaphores, j'aurais PASSIONNEMENT adoré ce texte. J'attends impatiemment votre prochaine publication avec, je l'espère de tout cœur, plus de spontanéité d'écriture et moins de recherche stylistique.

   Hiraeth   
6/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Si belles soient-elles, je n'ai jamais été très friand des descriptions poétiques où manque l'humain, exception faite des haïkus et autres formes courtes et légères qui seules ont une chance d'emporter mon adhésion sur de tels sujets. Si je veux être franc, je dirais que je n'ai pas accroché au thème, dont le traitement ici souffre peut-être d'une certaine surcharge d'images.

Et pourtant...

C'est fou comment un poème peut envoûter un lecteur par la simple magie de la musique. Cristale, vous êtes un véritable maître dans ce domaine : rien ne semble laissé au hasard, surtout pas ces non-rimes parfaitement imparfaites, obliques comme les trois rivières, résonnant si harmonieusement dans ces verres de blanc à l'arôme subtil. Un délice pour les oreilles, tout simplement : j'attends la version chuchotée ou chantée pour les nuits où Morphée me boude.

C'est tout bête, mais ça fait toute la différence. Ce ne sont pas les thèmes d'Orphée qui charmaient les bêtes sur son passage, mais la simple beauté de sa voix et de sa lyre : envoûtement par les sens plutôt que par le sens. C'est la marque des bons poètes : quand ils ne s’embarrassent pas de "messages" à délivrer, mais cherchent leur propre disparition élocutoire et cèdent l'initiative aux mots (la formule est de Mallarmé).

Le texte coule littéralement de source, on se laisse emporter par son flot reposant, sans avoir besoin d'ajouter du sens au réel décrit ici : bravo, donc, tout simplement.

   Cristale   
6/3/2020

   Michel64   
7/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,
De retour de vacances, je viens faire du rattrapage de commentaires et tombe sur ce poème de ton cru.
Je n'ai pas encore lu les autres commentaires ni tes retours.
J'avoue d'emblée que l'absence de rimes me gène beaucoup d'un côté et de l'autre j'ai adoré tous tes alexandrins. Seul la "crue indécente" me fait l'effet d'un hiatus mais venant de toi, je dois me tromper.
Je comprends ton désir de sortir un peu du "classicisme" en virant rimes et ponctuation mais du coup je suis moins conquis que d'habitude. Il me manque cette musique que j'aime tant et que tu sais si bien jouer.

Néanmoins merci pour ces magnifiques vers.

Michel (qui rentre de vacances passées dans le Haut Rhin !)

   Robot   
9/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une poésie toute en finesse d'images pour décrire cette villa comme une sorte de légende. On perçoit une sorte d'aura qui nimbe ce paysage, une sorte de peinture en mot d'un site à la fois enchanteur et évocateur du passé.
Il y a de la tendresse dans cette évocation, et même une sorte de déclaration d'amour teintée de nostalgie.
Notre poétesse classique s'aventure peu souvent en contemporain. Dommage car le présent texte montre qu'elle en connaît les nécessités rythmiques et les libertés syntaxiques que permet le genre afin de nous offrir un très joli récit libéré des contraintes formelles.

   Curwwod   
16/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème très "sensuel" au sens où on y retrouve un tourbillon de couleurs de parfums et aussi de sons, de belles métaphores et personnifications construites avec le talent qu'on connait à l'auteur.
Une tonalité mélancolique de bon aloi, sans tristesse excessive, mais qui touche par la douceur et l'harmonie de l'ensemble. Ecore une très jolie oeuvre très visuelle, d'une grande sérénité en dépit des regrets.


Oniris Copyright © 2007-2020