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Poésie classique
Cristale : Le banc
 Publié le 17/11/13  -  19 commentaires  -  763 caractères  -  498 lectures    Autres textes du même auteur

"Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan…
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend."

Jacques Brel – Les vieux


Le banc



De son or incliné sur l’ombre des grands ifs,
Un rayon de soleil se faufile à l’aurore
Et novembre en sanglots fait frissonner la flore
Des sous-bois mordorés aux feuillus possessifs.

Tout au fond du grand parc, sous les aulnes plaintifs,
Il lui prend sa main fine et sa voix semble clore
Les yeux bleu d’outremer que sa bouche picore.
Ils sont deux tourtereaux l’un à l’autre attentifs.

Tout comme les jours gris avalés par la brume,
Les matins de l’automne ont ce goût d’amertume
Des arrière-saisons, et des derniers adieux.

Ils sont venus s’asseoir où rien ne les dérange,
Sur un banc, enlacés, le regard vers les cieux,
Leurs cheveux blancs pareils aux blanches plumes d’ange.


 
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   Ioledane   
6/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Quel dommage que l’incipit trahisse déjà le dernier vers ! Avant « leurs cheveux blancs », rien ne pouvait laisser deviner l’âge de ces « deux tourtereaux » ; du coup l’effet de surprise ne joue pas, et l’impact de la chute est bien moindre que ce qu’il aurait dû être avec cette précision inattendue.

Hormis ce détail, voilà un sonnet plutôt bien ficelé ; j’aime assez le rayon de soleil qui se faufile à l’aurore, « les jours gris avalés par la brume » ainsi que le « goût d’amertume des arrière-saisons et des derniers adieux ». D’autres passages sont plus convenus, mais le tableau dégagé, doux et paisible, est plutôt réussi à mes yeux.

Deux bémols cependant : « Novembre en sanglots » me paraît cadrer assez mal avec le rayon de soleil, et surtout « Il lui prend sa main fine » est très maladroit, il vaudrait mieux à mon
avis remplacer (par exemple) par « Il saisit sa main fine ».

   Arielle   
8/11/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
Quel dommage d'avoir, d'emblée, révélé dans l'exergue le sujet de votre texte !
Vous gâchez la surprise de la révélation finale dans laquelle réside l'intérêt majeur de ce poème.
Sans elle vous nous offrez un beau sonnet classique et de saison qui manque un peu d'originalité à mon goût. Cette promenade d'amoureux dans un parc automnal et mélancolique, il me semble la refaire pour la Nieme fois.
Dans le premier quatrain j'aurais évité la proximité de l'or et des sous-bois mordorés qui sonnent un peu répétitifs.
"sa voix semble clore
Les yeux bleu d’outre-mer" me parait un peu en opposition avec " le regard vers les cieux" de l'avant dernier vers.

Je ne suis pas spécialiste en la matière mais la prosodie très précise du sonnet me parait respectée scrupuleusement ... peut-être au détriment de l'inventivité ?

   Anonyme   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale. Je vais faire comme si je n'avais pas lu l'incipit, lequel enlève malheureusement tout suspense à ce très beau sonnet... Un poème de plus sur l'amour éternel que partagent jusqu'au bout certains couples fidèles. Je ne vous jette pas la pierre, ce thème est heureusement encore d'actualité et de plus vous l'avez ici très bien traité. J'aime beaucoup le tercet final qui conclue très bien ces amours de l'automne... de la vie.
Merci pour cette agréable lecture dominicale.

   PIZZICATO   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est un peu mon avis aussi : l'incipit ampute l'intérêt du dernier vers.
Mais ceci n'enlève rien à ce beau tableau où l'hiver de la vie vient admirer la beauté de l'automne.
" Sur un banc, enlacés, le regard vers les cieux, " Deux amoureux sur un banc n'ont que faire de leur âge...

   Hananke   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Que voilà un beau sonnet d'automne dans tous ses sens.

Permettez-moi ces quelques vers écrits sur un sujet
presque semblable :

Le banc, hôte de tant d’idylles anonymes
Et complice muet des serments éternels,
Nous réservait ses soirs : les murmures intimes
Se mêlant à nos corps dans leurs élans charnels.

Une nostalgie profonde émane de vos vers.

Juste la répétition de l'adjectif blanc à le médaille me gêne
quelque peu :
J'aurais mis pale ou blême à la place de blanche.
Mais ne gâchons pas la fête, c'est un bel écrit.

Bien à vous.

Hananké

   Marite   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est curieux, l'incipit ne me dérange pas. Peut-être parce que j'affectionne ces mots chantés par Jacques Brel. Très beau sonnet qui nous laisse bien attendris en fin de lecture. Associer la saison d'automne au dernier tiers ou dernier quart du voyage terrestre n'est pas nouveau mais ici je n'ai pas ressenti de tristesse ou de regret, seulement de la sérénité.
Dans le dernier vers la sonorité "an" des mots : blancs - blanches et ange m'a gênée et diminué l'admiration que les précédents vers avaient éveillée en moi.

   troupi   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très agréable sonnet, empreint de douceur et de mélancolie.
Les deux premiers vers sont vraiment un régal, je n'en dirais pas autant des deux suivants. En fait je crois que ce qui me dérange c'est seulement "possessifs" qui me semble n'être là que par commodité.
Évidemment, vous aurez compris que l'incipit qui déflore le poème fut mal choisi.
Le dernier tercet nous démontre que peu importe l'âge...
Merci pour cette belle lecture.

   Robot   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Par bonheur et par habitude, je ne commence jamais par lire les incipits. (C'est comme les avant-propos, ils troubleraient ma lecture)
J'ai donc découvert sans a priori ce superbe sonnet et sa chute. C'est d'ailleurs l'une des conditions du sonnet, que le dernier vers soit de grande qualité ! Et c'est ici le cas.
Vos vieux se lèvent tôt puisque le soleil filtre à l'aurore sur ce banc et cela ajoute une note pudique et charmante, presque de naturelle pureté à leurs gestes.
Rien à ajouter, sinon que j'ai lu cette poésie plusieurs fois pour prolonger le plaisir et l'émotion.

   Anonyme   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,

Bien que de facture très classique (la flore qui frissonne, les aulnes plaintifs, les yeux bleus d’outremer, la brume, l’automne, l’amertume, les cieux, les blanches plumes…) ce texte est aussi léger que deux tourtereaux sur une branche. Bravo donc pour cette évocation bien rythmée, qui sans être d’une grande originalité fait preuve d’une certaine fantaisie (« Un rayon de soleil se faufile à l’aurore ») où le destin semble malgré tout peser (« Tout comme les jours gris avalés par la brume »). Jolis contrastes dont vous jouez tout au long du poème.
J’aime bien quand vous laissez filer vos mots sans les alourdir.

Vos tourtereaux à la tête chenue me plaisent bien. Concernant le terme « enlacés » j’aimerais autant que ce ne soit que leurs mains. Déjà qu’ils semblent s’embrasser les yeux (je vais ajouter ça à mon catalogue), il ne faudrait quand même pas que la brigade des mœurs rapplique.

Cordialement
Ludi

   pieralun   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Cristale,

Bizarre ce poème! Comme si les tercets avaient transcendé l'auteur.

Le premier quatrain me paraît être un poncif à lui seul. On a l'impression de l'avoir lu cent fois d'une forme approchante à une autre. "Mordoré" utilisé sans cesse, et quid des " feuillus possessifs"......sinon la rime.

Le second est maladroit, et le " il lui prend sa main fine" particulièrement.
Le 8eme vers est plus évocateur de l'intimité dans laquelle on est
censé entrer, il faut le mettre à part.

Et là, tout à coup, le poème prend son envol avec ce très beau premier tercet, très beau pour chaque vers dans les sonorités comme dans la comparaison.

Le second tercet évoque parfaitement la douceur, la lenteur, la prudence des gens âgés dans leurs gestes, leurs choix.
Le dernier vers est absolument magnifique!

   Lhirondelle   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonsoir Cristale

Sonnet attendrissant malgré, en effet, ce "possessifs" qui, même, s'il peut s'apparenter aux feuillus, qui de leur ombre, paraissent prendre possession du sous-bois, semble forcer la rime.
Et pas évident en effet cette rime en if... peut-être s'orienter vers "massifs" " méditatifs" mais encore faudrait il changer une partie du vers pour la métrique. Quel casse-tête l'emprisonnement dans cet écrin du sonnet... mais c'est pour ça qu'on aime le travailler, car une fois bien serti, il peut se révéler joyaux en poésie classique.
Le banc sied bien aux amoureux et aux personnes âgées... alors quand il offre son assise aux deux à la fois, cela nous procure le plaisir d'y lire votre tercet final qui est particulièrement exquis.

Merci pour cette lecture agréable

   senglar   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Cristale,


Scène qui vaut son pesant de bleu passé sur une assiette en porcelaine de Sèvres.

Sauf pour le rayon de soleil, les sous-bois et les yeux d'outremer, preuve que ces vieux en adoration sont encore vivants. C'est à la fois bucolique et très chrétien.

Qui a dit que l'amour ne durait que trois ans ?

Bon cet amour-là fait très économique, mais sa facture a résisté à la cuisson. Porcelaine oblige !

A picorer avec permission de se rengorger.


Senglar-Brabant

   fugace   
18/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,
Votre poème est un bijou de douceur, d'harmonie, de tendresse.
La mélancolie de l'automne, automne aussi de ce couple, n'a aucune tristesse.
Ils sont venus s'assoir sur un banc où rien ne les dérange...Il me semble que tout repose sur ce lieu de paix.
Merci pour cette lecture exempte de négatif; j'ai beaucoup aimé.

   Miguel   
18/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Préjugé de ma part sans doute, mais "que sa bouche picore" et "enlacés" relèvent d'une sensualité plus guère de saison pour ces "tourtereaux", et me gêne un peu. Ce sonnet rappelle les célèbres strophes de Rosemonde Gérard "Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille", il est plein de sonorités douces et d'images touchantes. C'est un poème triste sur un amour (encore) heureux.

   TheDreamer   
21/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Joli sonnet régulier à la musicalité agréable.

Le sujet est traité avec tendresse et mélancolie. Peut-être un peu dommage de ne voir ces personnes aux cheveux enneigés ne venir que très tardivement dans le poème (dans le dernier tercet).

J'aurai aimé faire un petit bout de chemin avec eux... juste quelques vers supplémentaires.

   hanternoz   
23/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un beau sonnet nostalgique servi par des vers très fluides et des mots simples, comme j'aime !

Dans le 3 ème vers, j'aurai préféré :

Et novembre en sanglots fait frissonner l'aurore

Mais ça oblige à repenser le 2ème...

Jolie lecture !

   David   
26/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Cristale,

C'est le 4ème "Le banc" d'Oniris, dont trois directement comme ici dans son thème "classique" du point de vue de l'inspiration, c'est un symbole de mémoire, je dirais. J'aime bien la rime en "ifs" même si les autres mots restent dans l'adjectif : "feuillus possessifs/aulnes plaintifs/l'un à l'autre attentifs", il y a de nombreux O dans le premier quatrain qui donnent une musique heureuse dans le contexte. Cette musicalité, je l'ai moins retrouvé par la suite, mais le poème suit son cours sans défaut ou lourdeurs. Pour le fond, je suis surpris aussi du passage entre :

"Il lui prend sa main fine et sa voix semble clore
Les yeux bleu d’outremer que sa bouche picore."

et

"Ils sont venus s’asseoir où rien ne les dérange,
Sur un banc, enlacés, le regard vers les cieux"

Je peux imaginer que le couple changent de pose durant le poème, mais cette fin semble imiter une "image d'Épinal" d'amoureux enlacés "regardant dans la même direction" comme le veut la coutume, alors que la précédente, où les amoureux se bécotent mains dans la mains et yeux clos, seraient presque rock n' roll en comparaison.

   Anonyme   
28/11/2013
Pour une fois, intrigué, je lis ce qui précède :

Il y a quelque chose qui me perturbe terriblement dans ces vers, c'est le choix de certains mots cruciaux :

"or incliné" : comment l'or - c'est à dire la lumière, diffuse, immatérielle, impalpable, inconsistante - d'un rayon de soleil peut-il s'incliner ? Je comprends bien l'intention de l'auteur, mais le choix de ce mot-là me paraît maladroit.

"feuillus possessifs" : possessifs à l'égard de quoi ? Que détiennent jalousement ces feuillus ? c'est trop vague, trop imprécis.

Dommage, au passage, pour le côtoiement or/mordoré dans le même quatrain.

"Tout au fond du grand parc" : ici on sent trop le besoin de combler l'hémistiche ; on cheville avec trop d'insistance. Je ne suis pas contre les chevilles qui sont quelquefois nécessaires, mais alors il faut qu'elles paraissent moins évidentes.

"sur un banc enlacé" : hiatus transitoire (an-an) disgracieux, qu'on peut éviter facilement par un "Enlacés sur un banc"

Le dernier vers : la surprise est gâtée par l'épigraphe ! (épigraphe et non incipit comme on l'a écrit et répété ci-dessus, messieurs-dames : l'incipit étant les premiers mots du texte lui-même))
Dommage, car il y a une réelle chute.

Tous ces aspects m'empêchent d'être emballé.
Au fond, en l’état, ce sonnet me paraît encore facilement perfectible. J'ai l'impression d'une sorte de premier jet quasi abouti (dans la mesure du talent d'une dilettante évidemment)

   luciole   
10/12/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Je trouve le premier quatrain étrange avec ce "possessifs" et puis "mordorés" un peu redondant.
J'aime bien le huitième vers. A signaler pour la puriste que vous êtes un hiatus au vers treize " banc - en"
Ce sonnet a quand même une qualité essentielle à mes yeux : il est bien construit et son dernier vers est excellent. Souci : vous nous avez dévoilé cette chute...


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