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Poésie classique
Cristale : Le bateau de cristal
 Publié le 23/03/15  -  18 commentaires  -  1156 caractères  -  508 lectures    Autres textes du même auteur

Rondeau redoublé.

"Une Absence pareille, qu’est-ce autre chose en vérité que la preuve de la Présence ?"

Le mystère du vent - extrait du recueil "La rose et les épines du chemin" par Saint-Pol-Roux - poète symboliste (1861-1940)


Le bateau de cristal



Mais, le sais-tu ? Sais-tu quand à l’aurore,
Les yeux ouverts sur ton vide abyssal,
Combien le vent, ce vent m’est indolore ?
De mille échos, ton courroux magistral,

Comme le cri d’un séisme infernal,
Résonne au loin. Ton chant, vif et sonore,
À l’horizon se meurt en récital,
Mais, le sais-tu ? Sais-tu, quand à l’aurore

Le ciel s’allume aux feux du sémaphore,
Mon rêve fou ? D’un bateau de cristal,
S’éveille un ange au son d’une mandore,
Les yeux ouverts sur ton vide abyssal.

Dans l’indigo de ce flot glacial,
Mon âme fond, ta lame me déflore !
Oh ! Comprends-tu, quand me ronge le mal,
Combien le vent, ce vent m’est indolore ?

Mon bleu ressac, ton ire est l’anaphore
De mon chagrin, mon torrent lacrymal.
Mon seul regret est de n’entendre encore,
De mille échos, ton courroux magistral.

Je jetterai mon encre en point final
Pour revenir vers toi, toi que j’adore,
Et m’enivrer de ton grand madrigal ;
Mon Océan, ma belle métaphore.
Mais, le sais-tu ?


 
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   Hananke   
8/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Moi qui n'aime pas trop le déca, je trouve qu'il sied bien
à cette forme de poésie : et pour une fois, les quatre syllabes
de début de vers ne sont pas rébarbatives.
Belle description, je vois bien l'auteur fixer d'un oeil brumeux
l'océan tel Hugo sur son rocher des proscrits même si la forme
est éloignée de ses vers.

Je jetterai mon encre en point final est peut-être le vers que je préfère.

   Anonyme   
23/3/2015
Bonjour Cristale
Qui n'aimerait embarquer sur les bateaux de Cristale ?
Celui-ci est un monotype très ancien et j'ai dû consulter mon moteur de recherche pour vérifier s'il respectait les normes de la série.
Dans le jargon des voileux, on appelle cette opération "la jauge".

C'est une gageure que de composer vingt-quatre vers sur deux rimes et vous vous en sortez avec brio en choisissant des sons agréables à l'oreille (ore, al)
C'est d'ailleurs l'ensemble du poème qui sonne comme un bateau de cristal.
Il est, pour vous citer, "vif et sonore" et, pour vous citer encore, "magistral"

Merci Cristale. Vous survolez la flotte des poètes oniriens.

   RebeccaVogel   
23/3/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale,

J'ai été complètement saisie par la beauté et l'intensité de vos vers " À l’horizon se meurt en récital," ," Et m’enivrer de ton grand madrigal ;" , "Combien le vent, ce vent m’est indolore ?" ... Le dernier vers en particulier m'a beaucoup plu : "Mon Océan, ma belle métaphore." Le jeu des deux rimes tout le long de vos vers est très réussi , j'aime beaucoup .
Vous avez su peindre l'émotion d'une façon magistrale ! Bravo !
Je pourrais dire bien plus encore mais ce ne serait que "futilités" devant un tel poème .
Merci pour cette lecture , j'en garderai un souvenir particulier.

   papipoete   
23/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Cristale; ce pourrait être une sirène qui parle ainsi de l'océan? Le vent, le ressac sont pour elle des caresses dont elle s'abreuve, ne peut se passer. Les colères "houleuses" sont l'oxygène, le sang qui l'animent, la rendent éperdument amoureuse du "grand bleu".
Cristale rime avec magistrale, comme l'est votre écriture aux tournures riches et raffinées.
Vous évoquez l'océan telle la toile suggérée par un peintre impressionniste, et votre plume virevolte très haut, si haut! Ne pourriez-vous m'en céder quelque rémige pour tenter d'approcher votre talent?
Je me sens face à vos vers, comme un écolier maladroit avec ma poésie naïve, presque enfantine.
Félicitations!

   Francis   
23/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une vision féérique et musicale de l'océan. Une relation émotionnelle, amoureuse que la plume fait partager avec subtilité.
C'est un coquillage qui offre le bruit du ressac, l'indigo des flots, les gouttelettes cristallines de l'écume, les senteurs du vent salin.

   Anonyme   
23/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale... J'admire la performance qui consiste à loger dans cette forme classique, sans doute peu usitée de nos jours compte tenu de la difficulté, un poème si finement ciselé...
Une ode à l'Océan dont Neptune lui-même doit se réjouir...

Parmi ces quatrains de grande qualité, j'ai quand même une préférence pour ces quatre vers :

Mon bleu ressac, ton ire est l’anaphore
De mon chagrin, mon torrent lacrymal.
Mon seul regret est de n’entendre encore,
De mille échos, ton courroux magistral.

Du pur cristal qui chante sous une plume où la touche féminine est présente du premier au dernier vers...

Un petit chef d'œuvre classique du meilleur tonneau !

Bravo et merci

   Disciple   
23/3/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour, Cristale

Encore une fois, je n’ai pas compris. Enfin, je n’en suis pas absolument certain. L’Océan, à qui il semble que vous vous adressiez tout long du poème est une « métaphore ». Mais une métaphore de quoi ? J’ai pensé de la vie, sans avoir pu trouver cela finalement convaincant. Idem pour l’amour. Au fond, c’est la mort qui m’a semblé être la meilleure interprétation… tout ce poème ne serait donc que l’expression d’un désir de mort… et d’un voyage (encore !) dans l’au-delà de la mort. Là, tout colle : le bateau, du point de vue des correspondances symboliques, pourrait être assimilé à celui qui emportait les pharaons égyptiens après leur mort, ou même la barque de Charon, le « vide abyssal » serait une sorte de « première étape », la mort commune, le néant, qui ne vous chaud guère, puisque la mort, semblez vous dire, vous apparaît bien comme un monde vivant (là j’interprète un peu), capable de « courroux » - et quel courroux plus « magistral », plus légitime et plus puissant, peut-on se figurer que celui de la mort ?
Maintenant, il se peut que je délire complètement… j’attends que vous m’éclairiez sur le sens de poème pour y mettre une appréciation. Outre cela, sur la forme, rien à dire, ou si peu, c’est impeccable.

edit: merci pour les explications dont vous m'avez fait part; celles-ci n'étant pas publiques, je ne peux y faire référence textuellement pour justifier précisément ce qui vaut l'appréciation que je mets au poème ici. Je dirais seulement qu'à ce titre elles me semblent déborder un peu trop largement le cadre de ce que l'on peut réellement lire dans le poème, elles dénotent trop d'"intentionnalité"; peut-être fait-il partie d'un ensemble de poèmes qui le rendrait plus clair? C'est fort possible, mais ce n'est pas l'ensemble que je juge ici, c'est ce poème, précisément, pris à part, en tant qu'oeuvre achevée et autonome, et par rapport au projet qu'elle se proposait d'accomplir.

   Anonyme   
23/3/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale,

Ce bateau de cristal me fait penser à un bateau fabuleux ; un peu comme si l'on voulait traverser le Styx.

"Les yeux ouverts sur ton vide abyssal", évoquent la mort, d'où le passeur en rapport avec le fameux Styx cité plus haut.

C'est ce que j'y vois, mais ça n'appartient qu'à moi.

Un moment de pur bonheur !

Bien à vous,

Wall-E

   leni   
23/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce bateau de cristal je crois l'avoir vu à Murano Oeuvre des souffleurs
de verre de la lagune Comme votre poème il était d' une pureté exemplaire Je n'ai pas tout compris dans votre poème peu importe je suis parti en mer sur vos sonorités

e ciel s’allume aux feux du sémaphore,
Mon rêve fou ? D’un bateau de cristal,
S’éveille un ange au son d’une mandore,
Les yeux ouverts sur ton vide abyssal.

JE suisparti ET ET J'arrive


Je jetterai mon encre en point final
Pour revenir vers toi, toi que j’adore,
Et m’enivrer de ton grand madrigal ;
Mon Océan, ma belle métaphore.
Mais, le sais-tu ?

et je jette l'encre!!!

Sous le charme MERCI Leni

   Damy   
23/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une très belle mise en musique d'une attraction morbide vers je ne sais quel destin puisque vous le gardez secret. L'océan métaphorique est un si vaste espace que le lecteur reste libre d'y rencontrer son hydre de choix.

J'ai particulièrement aimé:
ton ire est l’anaphore
De mon chagrin

Merci, Cristale.

   Anonyme   
23/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des points sensibles sont mis en évidence, ce poème introduit des effets qui sont hyperbolisés comme pour mieux suggérer ce qu'il tend à exprimer, je vois l'effet le plus accentué au deuxième vers : « vide abyssal, » ; abyssal étant l'adjectif qui épouse le mieux le désir d'évocation, la représentation du vide est grossie, peut-être et surement, aussi, représentative de tout le poème. « courroux magistral, » en comparaison à « séisme infernal, » vient confirmer ce désir d'expression mis en parallèle avec l'utilisation d'hyperboles, point d'appui pour faire jaillir et procurer au lecteur la profondeur et toute la tristesse de ces vers avec grande maitrise. L'océan, la belle métaphore, mais aussi, surement, la seule mouvance pour vous imager vos souvenirs, en tout cas la plus haute intensité à laquelle vous pouvez parvenir à les faire vivre. « grand madrigal », sublime, toute la puissance évocatoire est plus que présente.

L'océan est une hyperbole à lui tout-seul, les souvenirs aussi.

Bravo !

   pieralun   
24/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau poème.
Des rimes identiques tous au long des quatrains, je ne connaissais pas.
Je suis touché par les répétitions des interpellations interrogatives: mais le sais-tu, et oh! Comprends tu, avec en échos : combien le vent m'est indolore.
Celà amène une sorte de plainte assez douce car interrogative.
Cette plainte semble concerner un être eloigné de celui qu'il ou qu'elle aime, dont la colère lui parvient, touche son oreille lointaine sans pouvoir le faire revenir du monde irréel et bleu dans lequel il souffre, mais dont il ne peut s'arracher.
C'est ce que je crois avoir compris.
Il ou elle reviendra se réchauffer auprès de cet être lointain.
J'ai aimé ce poème Cristale, son champ lexical est moins axé sur la douleur que ton précédent.
Il gagne en douceur, l'émotion qu'il provoque n'en est que plus forte.
Ce n'est que mon avis bien sur.

   Michel64   
24/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je me suis laissé emporté, dans ces décasyllabes, par la musique des mots et des rimes.
...ore, ...al, ...ore, …al, cela fait une respiration, une alternance très agréable à l'oreille. Voilà pour la forme.
Pour le fond, c'est parfois difficile à suivre avec ces phrases commencées dans un quatrain, finies dans l'autre et ce style très… onirique.
L'ensemble m'a laissé une bonne impression. Il y a là de la maîtrise et, mieux, de la belle poésie.

Au plaisir de vous relire.

   Cristale   
25/3/2015

   MARIAJO   
25/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cristale bonsoir.

Combien votre poème m'a ému! J'ai lis deux fois ce beau rêve pour tenter de comprendre mon émotion. Finalement c'était comme du lyrisme. Un aria dont je ne connais pas le sujet mais qui m'enveloppe dans un manteau d'émotion dégagée par la profondeur de la voix.
J'ai pu sentir un vent froid et haineux provocant l'océan. tandis que l'océan chante, le vent lui crie dessus en faisant mourir au loin cette musique qui vous apaise, vous attire dans ses profondeurs, tout quitté pour la joindre (cette musique, cette poésie) dans les fonds. Et un ange dans un bateau de cristal (la lumière qui perce l'obscurité) est la qui veille sur le passage pour le paradis. Quand le mal ronge, l'être est indifférent à la douleur physique ( indolore au vent qui déchire la peau) car la douleur de l'esprit est trop intense.
Merci pour cette belle mise en scène de la souffrance dans l beauté.

   deep   
29/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,
Un poème superbe, très mélodieux (sur deux rimes, vraiment bravo) et d'une grande intensité. Intensité que je trouve accentuée par la forme interrogative qui ouvre et ferme le poème "Le sais-tu ?".
"Les yeux ouverts sur ton vide abyssal
Combien le vent, ce vent m'est indolore ?"
J'avais cependant un doute sur le sens, mais puisque vous me confirmez que mon interprétation est juste alors que dire de plus...
Très belle écriture, très émouvant.
Merci encore pour nos échanges.
A bientôt de vous lire

   kamel   
24/4/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale

Un chef-d’œuvre sur le plan de la forme qui ressemble beaucoup plus à une peinture dont seul le peintre arrive à comprendre ses différentes couleurs, il en est de même pour cette poésie qui nous donne cette envie de mieux connaître « l’océan » de son auteur.
Des vers et des vers et combien de vers vont-ils réconforter son état d’âme ? Sinon se jeter en plein « océan » à découvrir ce mystère. Un rêve enfoui dans la mémoire de Cristale qui se projette dans cet univers douloureux. Une mer houleuse et mouvementée plus forte et plus puissante que la mère qui vient à chaque fois contempler son bleu pour « voir » ce bateau de « cristal ».
Entre Absence et Présence s’effectue le nœud de cette énigme. Cette poésie provient d’un cœur accablé de chagrins et de regrets qui laissent le lecteur ému quant aux choix de ces mots en vers comportant un dialogue entre « l’Homme et la mer » et du coup on ne peut que partager sa profonde douleur en jetant l’encre au point final.

   jfmoods   
23/5/2017
Ce poème en décassyllabes, s'achevant sur un tétrasyllabe non rimé, est composé de cinq quatrains et d'un quintil. Les rimes, croisées, sont suffisantes et riches, avec glissement, de strophe à strophe, de l'ordre de répartition (féminines, masculines, etc.).

Le paradoxe présent dans la citation de l'entête ("Une Absence pareille, qu’est-ce autre chose en vérité que la preuve de la Présence ?") traduit la profondeur incommensurable d'un manque. C'est sur ce même terreau douloureux ("ton vide abyssal", "me déflore", "me ronge le mal", "mon chagrin", "mon torrent lacrymal") que s'avance la poétesse.

Un jeu anaphorique (échos des vers 1, 8 et 25, 2 et 12, 3 et 16, 4 et 20) marque la ronde d'un thème rendu plus obsédant encore par le bal des questions fermées. La thématique de l'eau ("sémaphore", "bateau de cristal", "flot", "lame", "bleu ressac", homonymie du mot "encre", "Océan") structure le poème, construisant une passerelle avec le souvenir de la personne absente. La locutrice se trouve sur le rivage métaphorique du temps, observant les strates d'un passé (compléments de lieu : "au loin", "À l'horizon") qui reflue jusqu'à elle par une suite de notations auditives, la plupart particulièrement vigoureuses ("ton courroux" x 2, "le cri d'un séisme infernal", "Résonne", "Ton champ, vif et sonore", "en récital", "au son d'une mandore", "ton ire"). Par-delà la perte de l'être intensément aimé ("toi, toi que j'adore"), s'établit un jeu de correspondances profondes, intimes, viscérales ("ton ire est l’anaphore / De mon chagrin", "ton grand madrigal ; / Mon Océan, ma belle métaphore").

Merci pour ce partage !


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