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Poésie classique
Cristale : Le jardin d'asphodèles
 Publié le 17/11/20  -  15 commentaires  -  1173 caractères  -  298 lectures    Autres textes du même auteur

« L'absence ni le temps ne sont rien quand on aime. »
Alfred de Musset


Le jardin d'asphodèles



Le sentier se réchauffe au soleil
Du printemps parsemé de fleurs blanches :
Souvenirs merveilleux des dimanches,
Seuls témoins de nos sens en éveil.

Élevant vers les cieux ses deux ailes,
Tel un aigle à l’envol, le portail,
Peint d’un bleu d’azurite et d’émail,
S’ouvre grand sur un lit d’asphodèles.

La tonnelle essaime ses senteurs
De muguet, de jasmin et de rose ;
Comme hier, un chat roux se repose
Dans le parc aux parfums enchanteurs.

La maison sent le bois des charmilles
Rappelant nos projets d’avenir
Devant l’âtre où nos vœux de s’unir
Furent vains, bannis par nos familles.

Il m’invite, un peu timidement,
À m’asseoir près de la cheminée,
Tel jadis, l’école terminée,
Où chacun livrait son sentiment.

Nos parents ont quitté cette Terre,
Le futur s’écourte désormais ;
La jeunesse interdite à jamais,
Aujourd’hui, nul ne nous fera taire.

Il m’embrasse, en retenant ma main,
Son sourire a gardé tout son charme ;
Tendrement, son souhait me désarme :
« Voudrais-tu rester… jusqu’à demain ? »


 
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   Miguel   
5/11/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Il y a d'abord ce rythme monotone du 3/3/3, mais il y a aussi des vers qui en sortent soudain et qui déconcertent en rompant cette unité ; je ne sais pas si c'est très classique. Cette liberté si tardive a quelque chose d'un peu irréaliste . Il a fallu attendre la mort des parents et les cheveux blancs pour oser ? C'est bien triste.

   socque   
8/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sur un rythme presque parfait de valse (et j'aime bien que la première violation en soit le vers
Il m’invite, un peu timidement,
comme pour illustrer une amorce de bégaiement du vieil amoureux ému), le récit esquissé d'un amour contrarié, inabouti pendant peut-être des décennies, qui pourra s'accomplir enfin dans l'âge mûr,
Un vieil amour ranci, charmant et sépulcral
comme disait l'autre.

Je me plais à penser, puisque rien grammaticalement ne me l'interdit, que c'est un narrateur qui parle.
L'ambiance surannée, délicate, me semble bien aquarellée, les vers fluides, la trajectoire narrative nette. De la belle ouvrage, pour moi, un peu attendue à mon goût. Des parfums enchanteurs, faut oser de nos jours. Décidément je préfère qu'on parle d'un couple gay, ça pimente !

   Lebarde   
9/11/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Des amours de jeunesse contrariés parce que bannis, qui finissent par se reconnaîtrent et se retrouver maintenant que " (Les) Nos parents ont quitté cette Terre."

Des souvenirs vifs dans une atmosphère bucolique du plus bel effet poétique, des retrouvailles qui timidement annoncent un futur prometteur mais nécessairement écourté qui reste à confirmer:
"«Voudrais-tu rester...jusqu’à demain ?»"

Voilà bien un beau thème, joliment traité dans ce poème classique aux vers ennéasyllabiques, rares, d'une grande élégance et belle délicatesse d'écriture.

A coup sûr le travail d'un(e) auteur(e) possédant une parfaite maîtrise du sujet.
Bravo, un poème classique superbe, que j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir et lire.
Une petite remarque qui ressemble à du pinaillage: est on sûr de trouver souvent du muguet dans une tonnelle?
Je l'ai dit je chipote!!

Merci et encore bravo, vous m'avez charmé.

En EL

Lebarde

   poldutor   
9/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour
Beau poème empreint de nostalgie et d'un certain regret du temps passé, du temps perdu...
"Devant l’âtre où nos vœux de s’unir
Furent vains, bannis par nos familles."

Mais il semble que l'histoire va enfin connaitre une fin heureuse, ils se retrouvent après une longue séparation...
"Il m’embrasse, en retenant ma main,
Son sourire a gardé tout son charme ;
Tendrement, son souhait me désarme :
«Voudrais-tu rester...jusqu’à demain ?»"
J'aime particulièrement ce dernier quatrain où l'on devine toute la délicatesse et tout l'amour que des années d'attente n'ont pas affaibli.
Merci pour cette douceur.
Cordialement.
poldutor en E.L

   Robot   
11/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
La composition classique ne souffre d'aucun défaut.
Mais que dire du fond tout de même trés daté.

Rien que le mot asphodèle dans un poème me renvoie à l'époque de Hugo:
"un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle"
(Booz endormi)

Pour faire bonne mesure cette histoire de familles qui bannissent une union entre des amoureux tenus d'attendre la mort des parents pour convoler, nous renvoie au XIXème siècle chez Balzac et Eugénie Grandet.

Il me semble que même en classique on peut sortir de l'imitation des "anciens" et s'attacher à mettre en valeur une actualité, des reflets de notre époque.

Bien sûr, il y a des sujets éternels comme la naissance et la mort ou la beauté (etc.) mais il serait bon de les adapter à notre temps.

Si je reconnais la valeur incontestable de l'écriture le sujet ne m'a pas emporté d'où mon appréciation mitigée entre la forme et le fond.

   Hananke   
17/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Un poème en énnéasyllabes est assez rare sur le site pour être
remarqué. Bien que guère fan de ce rythme, je dois reconnaître
qu'une lecture sous cette forme ne m'a pas rebuté.
Je préfère largement ce rythme en 3 temps comme la valse
aux décasyllabes que perso, je trouve, passablement boiteux.

J'aime bien les 2 ailes du portail s'élevant vers les cieux, l'image
est belle comme cette maison qui sent bon le bois de charmille.
Mais ce que je trouve de meilleur, connaissant maintenant l'écriture
de l'auteur, est une grande simplicité dans les vers, ce qui est
un atout majeur dans ce joli poème.

Non, je ne vois pas d'anicroches, le texte déroule régulièrement
ses vers dans une belle sérénité, sans surprise, mais où l'on sent
poindre une nostalgie qui me ravit.

Continuez de nous en écrire des comme cela, ça vaut largement
toutes les formes fixes d'antan.

   Dugenou   
17/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,

Un poème qui fleure bon le passé : souvenirs d'écoles (pas encore mixte... des garçons ? Je rejoint socque dans son analyse de l'amour de jeunesse homo contrarié), souvenirs de sentiments vrais n'ayant pu trouver l'approbation des famillles.

Il est étonnant que les protagonistes, narrateur et être aimé, n'aient pas eu la volonté de se cacher toute leur vie. Peut être l'ont ils fait, et que chacuns ont une famille plus 'actuelle' et bizarrement imprécisée dans le texte, non évoquée, comme subsidiaire par comparaison aux sentiments éprouvés l'un envers l'autre. Ce point ajoute de la subtilité au fond du poème.

Mais cet instant de retrouvailles, à l'hiver de leurs vies, est fort émouvant.

Dugenou.

   papipoete   
17/11/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour Cristale
L'histoire est si touchante, malgré le thème lu ou joué au cinéma maintes fois, que je me suis hâté de lire la fin, pour m'assurer que belle était la fin !
Oui, et comment ! après l'interdit de se voir et s'aimer en présence des parents, le Ciel enfin rappelant ces tyrans, nos deux amoureux purent enfin devant le monde entier, se tenir par la main, par le coeur...
NB notre Maîtresse nous montre une fois de plus, l'étendue de son talent comme d'autres grands auteurs oniriens ; le plus fort, c'est qu'on a l'impression que les vers sont d'un langage ordinaire... mais un si beau langage ordinaire !
On se retrouve devant cette maison, avec ce portail " élevant ses deux ailes aux cieux " ah oui, on le voit parfaitement !
Les 3 derniers quatrains semblent tissés sur soie, et la douceur s'empare du décor " voudrais-tu rester...jusqu'à demain ? " moi, je resterais même avec vous-deux, pour vous voir si heureux, tout simplement.
je ne vérifie pas la métrique ni le reste ; de toute façon même boiteux, vos vers aux neufs pieds ( tiens bizarre cette pointure ? ) coulent si langoureusement...

   BlaseSaintLuc   
17/11/2020
Vous fûtes plus inspirée jadis, quand je hantais ses lieux avec plus de constance, il m'arrivait d'être jaloux de votre virtuosité en classique.

Je rejoins Miguel dans son analyse et le genre classique ne sauve pas tout, hélas.

Je déteste me montrer si peu courtois devant vous madame, mais non, le charme ici ne me prend pas .

C'est daté, oui, pourquoi pas. J'adorerais sentir le parfum des asphodèles.

Je n'ai que des mots simples à offrir en pâture à nos voraces lecteurs.

Poème peu être trop "personnel", le lecteur se fait petit devant la scène.

   Corto   
17/11/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
Dans une ambiance passéiste on assiste ici à un exercice de style classique dont le thème est peu aventureux.
Rien ne manque au décor: les "fleurs blanches/asphodèles/De muguet, de jasmin et de rose..." On trouve aussi un "sentier/un portail/une tonnelle".
Il faut donc arriver à la cinquième strophe pour que l'action prenne vraiment corps.
Dans un registre légèrement suranné "Tel jadis, l’école terminée" deux êtres se rapprochent car "Tendrement, son souhait me désarme".

Je trouve ici peu de vivacité, trop de détours pour un thème qui aurait pu se prêter à beaucoup d'imagination, d'ardeur, voire de flamme.

Alfred de Musset en exergue est bienvenu.

Merci pour ce partage.

   Myo   
17/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Il n'est jamais trop tard pour s'aimer.
Sans doute se sont-ils un peu égarés en route mais les sentiments vrais ne prennent pas de rides.

C'est un fait, tout est en place pour une scène au romantisme exacerbé qui peut en rebuter certains.
J'avoue que "l'eau de rose" l'est un peu trop à mon gout aussi.

Mais la plume reste souple et légère ce qui n'est pas simple avec ce défi des ennéasyllabes.
Quoiqu'il en soit, on ne regrette jamais de vous lire.

Merci du partage.
Myo

   sympa   
17/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Cristale,

Si la lecture m'a un shouïa perturbée, par manque d'habitude avec les énnéasyllabes, ou trop habituée aux Alexandrins, octos et hexasyllabes, comment ne pas m'émouvoir en découvrant cette jolie histoire d'un amour jadis banni pour diverses raisons.
Mais des circonstances particulières - après de trop longues années - le destin aussi (souvent même) ont permis à ces amoureux de se retrouver.
Ils pourront enfin vivre leur histoire au grand jour, sans interdits , du moins, j'ose imaginer .

C'est beau , tendre, romantique et je me représente très bien l'image de ce couple assis près de l'âtre, main dans la main...et le baiser...enfin !

À vous lire, cela paraît si simple d'écrire de si beaux vers, et pourtant...

Oui, le rêve et l'émotion ont opéré.

   Cat   
18/11/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'adore, vraiment, cette musique Cristalienne qui s'échappe de tes mots.

L'histoire aurait pu être simplement romantique, mais avec ton art consommé de faire appel aux ''mots justes'', elle en devient follement romantique.

Le tableau brossé, avec ses couleurs pastels nous laisse aisément imaginer à quoi doit ressembler la fragrance des asphodèles.

Au fil de tes poèmes, Cristale, je me surprends à aimer de plus en plus la douceur distillée par le charme des atmosphères surannées que tu rends à merveille. Ta face cachée de Lune, qui sait ?... ^^

Merci.


Cat

   emilia   
18/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Adorant les jardins et les fleurs, ce titre ne pouvait qu’attirer mon attention pour une poésie délicate qui laisse le temps au lecteur de s’imprégner de son atmosphère nostalgique et du temps passé sur de lointains souvenirs restituant l’écrin enchanteur d’amours printanières dans le cadre bucolique d’un pèlerinage romantique, plein de tendresse, conduisant les pas de la narratrice sur le sentier en direction d’un portail ailé s’ouvrant « grand sur un lit d’asphodèles » merveilleuses de blancheur et d’une beauté étoilée remarquable se découpant sur un fond d’azur propice à l’invitation… Les fragrances de la tonnelle viennent titiller nos narines d’un parfum entêtant et tout semble à sa place dans un temps perdu retrouvé, jusqu’au « chat roux qui se repose », ainsi que l’odeur des « charmilles ». Dans ce tableau, ressurgit aussi de la mémoire le douloureux secret des « vœux » d’union « bannis par les familles » : un amour impossible et inaccompli, demeuré à l’état latent, auréolé sans doute par ce phénomène de cristallisation défini par Stendhal, et qui renaît à nouveau lors de retrouvailles, d’abord « un peu timidement » pour permettre aux différents fils de se renouer, puis, le charme retrouvé aidant, un souhait plus hardi s’exprime plein d’espoir ! L’obstacle familial ayant disparu, les sentiments reprennent le dessus : « nul ne nous fera taire… » confessant la douleur de ce silence contraint et partagé qui va pouvoir enfin se libérer en respectant un temps de reconstruction pour ce duo et que la citation de Musset met en exergue ; une fluidité ternaire peu usitée qui remplit son rôle à merveille jusqu’à la chute traduisant par le changement de rythme son essence émotive… ; merci à vous pour ce charmant partage soulignant comme d’habitude votre talent d’auteur…

   Arsinor   
18/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Et pour cela préfère l'impair, plus léger et plus soluble dans l'air, dit Verlaine dans son art poétique. Soluble dans l'air, voilà comment je qualifierais le charme discret mais prégnant de votre texte. La présence humaine des deux dernières strophes s'intègrent à merveille dans ce tableau dont j'imagine la confection bien difficile.


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