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Poésie classique
Cristale : Le miroir
 Publié le 28/05/16  -  23 commentaires  -  1019 caractères  -  652 lectures    Autres textes du même auteur



Le miroir



Un rai de lune oblique, à l’ajour des volets,
Réchauffe le vieux bois du parquet de la chambre
Où la fine lueur de l’aube qui se cambre
Agite la poussière en petits feux follets.

Muette jusqu’alors, sa porte enfin déclose,
L’armoire en gémissant dénonce tous ces yeux,
Ces regards indiscrets sur la dot des plus vieux.
Face au miroir témoin d’une dernière pose,
Personne ne vient plus ; même le soleil n’ose
Entrer pour adoucir le tain de ses reflets.
L’automate, inlassable, accorde ses ballets
Aux quatre temps boiteux du carrousel morose
D’un carillon scandant encore un peu sa prose.
L’oraison inaudible emporte dans les cieux
Les souvenirs lointains, les cris d’enfants joyeux ;
Des mots brefs murmurés comme une étrange glose.

Sur les draps de lin blanc brodés d’anges replets,
Tel un nuage flou sa chevelure d’ambre
Auréole son front, aussi froid que décembre,
Et coule de la taie en de fins ruisselets.


 
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   papipoete   
13/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
classique
Une vie s'est éteinte dans cette chambre, où la lune ose un rai à travers l'ajour des volets .
L'armoire, comme outrée par des yeux cupides, gémit de ses portes, devant la dot que déjà des envies emportent . Seul l'automate en son horloge, semble impassible face aux affligés qui passent, et son carillon sonne pour personne ...
Aux draps de lin blanc, git le défunt prêt à libérer l'espace ; sa chevelure d'ambre auréole son front ...
Que l'alexandrin est précieux pour conter cette scène figée sur " pause ", où l'on lit en murmure de fort belles lignes !
Je suis ébloui par ce texte, et sa dernière strophe en particulier ; non, le " classique " n'est pas dépassé !

   Anonyme   
28/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale... Ce n'est pas très gai mais très réaliste et de plus très bien écrit, ce qui ne gâte rien.

La chambre au décor d'antan, le vieux bois du parquet, cette armoire qui attise les convoitises et le (la) défunt(e) au front aussi froid que décembre...
Tout y est sans oublier... Ces regards indiscrets sur la dot des plus vieux.

Excellent poème auquel je n'ai trouvé aucune imperfection, que ça soit pour la forme ou le fond, et qui reflète parfaitement le côté vénal de la nature humaine.
Bravo !

   Vincendix   
28/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,
Le décor est planté dans sa triste réalité, alors que la défunte est à peine refroidie, les descendants lorgnent sur la vieille armoire en chêne massif qu’un antiquaire paiera au tiers de sa valeur mais qui permettra de s’offrir un bon resto et quelques cadeaux. Miroir, mon bon miroir, toi qui tu sais décrypter les pensées à travers les regards, rappelle à ces individus qu’ils ont vieilli depuis la dernière fois qu’ils se sont mirés et qu’un jour, ils seront eux aussi allongés à jamais, et ils n’auront même plus une armoire ancienne à léguer.
Des vers étincelants, des rimes qui se répètent avec bonheur et ce n’est pas toujours le cas, tout pour me plaire.

   Hananke   
28/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour.

C'est un joli poème classique qui commence bien par
un beau quatrain.
Mis à part le premier vers de la seconde strophe, j'ai eu beaucoup de mal à comprendre le : dénonce tous ces yeux. Il est vrai que le vers 3 nous ouvre des portes mais quand même je trouve ce deuxième vers bien mal énoncé.

Le reste coule de source et le poème finit par nous montrer
son apothéose.

Le jeu des rimes est difficile à réaliser et personnellement
je pense que l'ensemble du texte souffre quelque peu
de cet assemblage sauf pour le premier et le dernier quatrain.

Finalement, j'aime bien ce poème même si je persiste
à penser que l'auteur a déjà mieux fait et peut mieux faire encore.

   Robot   
28/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Personne ne vient plus ; même le soleil n’ose
Entrer pour adoucir le tain de ses reflets."
Par ces deux vers et le quatrain final j'ai été pris par la douceur et l'expressivité de ce texte où tout est dit de belle manière. C'est un beau texte classique, avec des rimes appuyées et un déroulement d'une fluidité presque parfaite.

   leni   
28/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale
Nous sommes devant un miroir témoin La lune ose un rai L'armoire
gémit La dot fait des envieux L'horloge continue sa routine Et les
draps blancs tiennent leur rôle ET les vers d'un poète diamantaire
font de l'ombre à la tristesse SUPERBE
Je me fais plaisir en citant

Où la fine lueur de l’aube qui se cambre
Agite la poussière en petits feux follets.

L’automate, inlassable, accorde ses ballets
Aux quatre temps boiteux du carrousel morose


Et ces quatre vers finaux qui sont des perles MERCI

Mon salut très cordial Leni

   Anonyme   
28/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Cristale,

Vous signez-là, une fois encore, un poème magnifique. Il m'a fallu plusieurs lectures pour mieux m'imprégner de l'atmosphère avant d'oser poster un commentaire, et je viens tout juste de comprendre pourquoi. Je comprends mieux maintenant quand vous disiez qu'il fallait décrire non pas "la chose", mais "l'effet de la chose"... Je comprends même tout à fait de quoi il s'agit grâce à votre poème, et n'ai eu le déclic qu'en y réfléchissant tranquillement. Car vous ne décrivez pas la mort de celle qui est couchée dans son lit en décrivant la personne elle-même, mais l'atmosphère qui se dégage de cette chambre : "un rai de lune oblique, à l'ajour des volets, réchauffe le vieux bois du parquet de la chambre", "Muette jusqu'alors, sa porte enfin déclose, l'armoire en gémissant dénonce tous ces yeux", etc, etc.

Du coup la description devient subtile et plus belle encore que tout ce qu'on aurait pu imagniner pour décrire pareille scène... Et tout devient paisible, à l'image de la mort.

"Même le soleil n'ose entrer pour adoucir le tain de ses reflets"... "L'automate... aux quatre temps boiteux du carrousel morose d'un carillon scandant encore un peu sa prose"... Il s'agit donc de décrire les objets, le temps qui s'écoule, calmement, pour décrire cette mort, au lieu de la décrire directement... C'est fabuleux...

Je salue bien sûr le travail monumental qu'il a fallu pour en arriver là. Les rimes en "lets" et "ambre" dans le 1er et dernier quatrain, mais aussi au milieu de la 2ème strophe, de même que les rimes en "ose" et "yeux", ce qui fait seulement 4 rimes pour 20 vers, alternativement masculines et féminines, et toutes riches. Une oeuvre vraiment magistrale !

Bien amicalement,

Wall-E

   Anonyme   
28/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Que dire de plus, après tous ces commentaires, dont les éloges sont si bien mérités.
Techniquement je ne pourrai rien dire, mais au son, à la mélodie que votre poème dégage, quand je le lis, je me dis ; -Tiens, mais c'est du Cristale ça.
Encore une fois, un grand moment d'émotion.
Merci Cristale.

   PIZZICATO   
28/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L’armoire en gémissant dénonce tous ces yeux,
Ces regards indiscrets sur la dot des plus vieux. " Le vrai sens du poème réside, pour moi dans ces deux vers. La mort de cette vieille personne a -t-elle vraiment plus d'importance que ce qu'elle laisse ?
"Face au miroir témoin d’une dernière pose "
même le soleil n’ose
Entrer pour adoucir le tain de ses reflets."
Fort joli poème, à mon goût.

   Charivari   
28/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est très beau. Tout d'un coup la poésie classique, avec toutes ses contraintes semble si facile ! Et pourtant il y a un sacré boulot derrière tout ça.

Le tableau est tout de suite planté, terriblement évocateur et tellement juste que j'ai eu l'impression de me retrouver, dès les premiers vers, chez ma grand-mère, au grenier. J'aime particulièrement la manière dont est abordée, avec une certaine pudeur, en filigranne, la situation familiale: la dot des plus vieux, le souvenir des rires des enfants, le carillon, l'oraison, etc...
Ici la forme et le fond s'ajustent parfaitement, le classique dessert de très belle manière ce côté désuet, ancien, feutré, de cette description d'un temps révolu, qui se meurt peu à peu.

   Pimpette   
29/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
je reviens bien tard sur ce beau texte!

Juste un ajout:

.......................sa chevelure d’ambre
Auréole son front, aussi froid que décembre,
Et coule de la taie en de fins ruisselets."

est-ce la description d'une chambre autour d'une morte?

   Marite   
29/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La magie de l'écriture transforme cette scène où la vie s'en est allée et ce sont les objets inanimés qui prennent le relai dans la vision du poète. Magnifiquement relatée, la fin de cette nuit de veille d'où l'on revient sans profonde tristesse avec le "nuage flou" de la "chevelure d'ambre" qui s'écoule sur la taie ... des mots "vivants" pour décrire la dernière image qui restera dans les mémoires.

   Lulu   
29/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,

comme d'autres, j'ai trouvé ce texte vraiment magnifique. Il y a le rythme qui dévoile le tout en douceur, et les images superbement décrites.

Lors de mes premières lectures, j'ai juste eu un peu de mal avec la seconde strophe, la plus longue, que j'aurais peut-être découpée pour rendre la lecture plus fluide. J'aurais surtout détaché : "L’automate, inlassable, accorde ses ballets / Aux quatre temps boiteux du carrousel morose / D’un carillon scandant encore un peu sa prose." ; car je me suis demandé ce qu'était l'automate, ne voyant pas d'emblée le lien avec ce qui précédait... Peut-être aurais-je, de fait, détaché chaque phrase...

Cela dit, je chipote, car après plusieurs lectures, j'ai vraiment su apprécié votre fine composition.

   archibald   
29/5/2016
Je me joins à ce concert de louanges. Tout a été dit, je voulais seulement noter le dernier quatrain particulièrement réussi. C’est très esthétique, graphique. La chevelure ruisselant sur la taie d’oreiller m’a fait penser à Ophélie flottant parmi les nénuphars, et notamment au tableau du peintre anglais Millais.

   LenineBosquet   
30/5/2016
Quelle maîtrise ! Bon, pas grand chose à ajouter aux précédents commentaires, je vous dirais donc que votre écriture est très visuelle, j'ai eu l'impression de regarder une toile de maître.
Merci!

   Ramana   
1/6/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Dans ce miroir de Cristale, transparaissent des vérités trop humaines, comportements sans noblesse des vivants qui stagnent en chacun de nous, venant rôder comme des chacals pour dévorer le festin sacré d'une vie achevée.
On passe avec légèreté d'un vers à l'autre, et ce poème est à lui même un festin qu'on déguste sans arrières pensées morbides.

   Anonyme   
2/6/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

"Agite la poussière en petits feux follets."

Connaissez-vous "Les musardises", de Rostand ? Il y a dans ce recueil un poème admirable où l'auteur poétise sur les infimes particules volatiles. Je ne sais plus, hélas, le titre du poème en question.

"sa porte enfin déclose,"

Un peu de préciosité, ici.


"L’armoire en gémissant dénonce tous ces yeux,
Ces regards indiscrets sur la dot des plus vieux."

En deux vers simples et éloquents, la petitesse humaine se mêle à la gravité de la scène.

"Personne ne vient plus ; même le soleil n’ose
Entrer pour adoucir le tain de ses reflets."

Enjambement très inspiré !

"L’automate, inlassable, accorde ses ballets
Aux quatre temps boiteux du carrousel morose
D’un carillon scandant encore un peu sa prose."

Ici, en lisant, on est un peu surpris par ces deux enjambements successifs.

Un poème délicat et esthétique, j'ai presque envie de dire : un poème féminin ! que j'ai lu avec un réel plaisir.

A.

   TITINE   
4/6/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
superbement écrite et narrée, cette mort attriste et éblouit par sa beauté , le miroir de l'armoire ne reflète plus que la cupidité des vivants , la morte , elle , est tranquille et la strophe finale le démontre en pure poésie !

   jfmoods   
29/6/2016
Certains éléments de ponctuation me déroutent. J'aurais mis une virgule après "miroir", au vers 8 et après "brefs", au vers 16. Je ne comprends pas la virgule à l'hémistiche de l'avant-dernier vers. Je la transférerais plutôt à l'hémistiche du vers précédent.

I) Un cadre spatio-temporel étayant

1) Le lieu

L'intérieur d'une chambre se dessine ("armoire", "miroir", "carillon", "les draps de lin blanc", "la taie").

2) Le moment

La scène décrite se situe au point du jour (groupe nominaux : "Un rai de lune", "la fine fleur de l'aube").

II) La fin d'une veillée funèbre

1) Un décor débordant de vie

L'ouīe ("en gémissant", "scandant") et la vue ("témoin", "accorde ses ballets") sont transférées aux objets.

2) Une morte apaisée

Un halo de douceur et de clarté baigne la défunte ("nuage", "ambre", "Auréole", "coule", "fins ruisselets").

Merci pour ce partage !

   MissNeko   
21/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique dans la forme, touchant sur le fond.
Bravo

   antonio   
20/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Comment ajouter le moindre mot ? Tout a été dit avec talent.
Je suis encore sous le charme, je lis et je relis. MERCI

   Rain   
20/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Superbe.
Difficulté dans la similitude des rimes des premier et ultime quatrains, passée avec évidence, comme si malgré les carcans imposés, tout vous paraissait facile.
J'avoue ne pas connaître cette forme, mais ces rimes en "lets" qui surgissent en plein milieu du poème, si c'est volontaire, sont la réalisation d'un exploit.

L'appréciation ne veut plus rien dire à ce degré de maîtrise et de talent.
Les superlatifs proposés ne peuvent exprimer la qualité de votre travail.
Bravo !

   Beaufond   
21/9/2016
Je me serais sans doute tu si quelqu'un avait détesté ce poème, parce que je n'ai pas grand-chose d'intéressant à en dire, mais je me sens obligé d'exprimer ma déception de lecture. Je ne déteste même pas amèrement ce poème, et mon dégoût pour ces vers se fait en toute modestie.
Rien ne dépasse de ce poème à la forme bien tenue, et j'en hais vaguement tous les vers avec la même sincérité. La description est vieille d'un monde vieux, et le poème imite en cela assez bien le sujet qu'il traite. Mais faut-il tout imiter en littérature ? Faut-il imiter le feu pour parler du feu ? Cela est une possibilité, mais n'est en aucun cas nécessaire. Et là, ce n'est pas un feu qui brûle dans des vers qui nous réchaufferaient et nous éblouiraient d'un flamboiement tremblant, ce sont des vers poussiéreux, lents comme un chien malade, avec l'odeur caractéristique des maisons de retraite. Cela m'ennuie, cela m'endort, et je le dis sans aucune volonté d'être méchant, mais avec le désir de faire parvenir mon point de vue qui, je l'espère, pourra au moins donner à réfléchir ne serait-ce qu'un peu.
J'ai l'impression que ce poème est l'excellente exécution d'un mauvais choix, et qu'une idée médiocre n'aurait pu enfanter d'un bon résultat que par une écriture ratée.
Vous avez parfaitement réussi à m'ennuyer, mais ce n'est pas pour m'ennuyer que je lis de la poésie, malheureusement.


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