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Poésie classique
Cristale : Le zadjal des eaux vives
 Publié le 06/06/19  -  27 commentaires  -  951 caractères  -  786 lectures    Autres textes du même auteur


Le zadjal des eaux vives



Un ruisseau chuchotait des ballades étranges ;
De son profond miroir, l’écho bleu des mésanges.

Nèpes et papillons brodaient les mortes-eaux
Où le zéphyr, joueur de grands intermezzos,
Inclinait les iris vers le front des roseaux
Comme des yeux cachés sous d’élégantes franges.

L'on eût dit ce jour-là qu'une fleur de lotus,
Éclose dès l’aurore au son de l’angélus,
De la psyché vêtait la beauté de Vénus,
Sa couronne embaumant l’arôme des oranges.

Dans les flots argentés du joyeux serpentin,
Je cueillais de mes doigts l’Éther adamantin ;
Des éclats de soleil sur un lit de satin
Que parfumait la brise en savoureux mélanges.

Sa robe de moiré, son ramage enchanteur,
Onde vive au berceau d’un vallon de fraîcheur,
La rivière, limpide à m’en remplir le cœur,
D’un babil émouvant mimait la voix des anges.


 
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   Mokhtar   
7/6/2019
Edit :

Commentaire retiré parce que concernant un texte différent de celui publié.

   INGOA   
14/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne connaissais pas la définition du mot zadjal avant de plonger mon nez dans Wikipédia. Son intégration dans le titre lui va comme un gant. Les vers ont une belle musicalité poétique qui ressemble aux différents échos sonores des eaux vives.

Une agréable lecture.

   Anje   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
L'auteur nous expliquera sans doute cette forme particulière qu'est le zadjal.
La parfaite maîtrise de la prosodie est ici démontrée. Néanmoins, une toute petite question me chatouille, un petit r me grattouille. "Limpide à m'en remplir" ou "limpide à m'en emplir" ?
Je connais cet endroit où j'aime à m'asseoir de temps en temps mais des grenouilles y coassent. Elles discutent votre zadjal pendant que je tape des mains pour l'applaudir. Et merci pour ce babil émouvant mimant la voix des anges qu'aucun tapage ne couvre jamais.
Anje en EL

   Hananke   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour

Très jolie forme poétique qui, je crois, nous vient de l'arabe.
Avec 3 rimes commençant un quatrain + une quatrième qui se
répétant tout au long du poème.
Ceci pour le contenant.
Le contenu est de toute beauté comme si l'on regardait un tableau
de Monet et ses fameux nénuphars.

Oui, un poème tout en finesse et beauté d'une nature que seul
un auteur du site peut nous dépeindre avec autant de délicatesse.

Bravo.

   hersen   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Voilà pourquoi je t'aime Cristale, tu renouvelles sans cesse ton art en nous faisant découvrir d'autres formes.

Ici, c'est magnifique, vraiment. une lecture qui t'épluche le coeur et le débarrasse du superflu pour se laisser envahir par cette beauté.

"La rivière, limpide à m'en remplir le coeur,"

oui, c'est exactement ça !

merci Cristale

   Davide   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,

Débarrassons nous vite des quelques morceaux de bois morts qui flottent nonchalamment sur cette source rafraîchissante :
Au vers 2, on comprend un zeugma syntaxique, évitant la répétition de "chuchotait", mais je trouve l'effet quelque peu forcé.
Au vers 9, cette "psyché" désigne sans doute habilement le miroir de l'eau (cf. vers 2).
L'image peut paraître alambiquée de prime abord, mais elle ne manque pas de délicatesse : la fleur de lotus habille l'eau de sa beauté, pareille à celle de Vénus.
Au vers 17, je trouve dommage le rapprochement "m’en remplir", avec ce double [en] séparé par le son [r]. J'aurais mieux apprécie "à m'en emplir", plus limpide je trouve... enfin, je veux dire : ça coule de source...

Sinon, que dire ? Je suis admiratif - encore une fois - devant la musicalité de ce poème, où les vers coulent aussi harmonieusement que l'onde vive enchanteresse. Tout est si délicat, si léger...
Cette source est magnifiée, personnifiée, presque déifiée, avec un vocabulaire flirtant sans cesse avec le ciel et les dieux : "mésanges", "papillons", "Vénus", "Ether", "soleil", "la voix des anges"...

Où est-elle, cette rivière enchantée, Cristale ?
De la tonnelle fleurie, sous le dais de l'aurore, il me semble l'apercevoir, au loin. Puis-je vous y retrouver ?

C'est magnifique ! Merci !

Davide

   Robot   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voilà un classique dont le bout du nez dépasse de beaucoup et qu'on ne peut que remarquer tant dans la structure originale du zadjal que je découvre et qui a demandé je crois sous son apparente simplicité un travail très affiné.
A remarquer aussi une prosodie fluide qui accompagne parfaitement le thème des eaux vives, et des métaphores qui ne font pas que de la décoration mais s'intègrent admirablement à l'ensemble.
Je ne choisirai pas entre les quatrains, simplement je soulignerai un final de toute beauté.

   sympa   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,

Je ne connaissais pas cette forme poétique originale, et merci de nous la faire découvrir .
Bravo pour la beauté de vos vers, leur fluidité, les belles images et le rêve que l'ensemble de votre magnifique poésie m'a apporté.
J'irais bien y flâner un peu dans ce petit coin de paradis....
M'y autorisez-vous ?

   leni   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour Cristale
Tu passes d'une forme poétique à l'autre avec l'aisance du talent

Ton poème flirte avec la délicatesse IL est sonore même à voix basse
ET il évoque une peinture Monet ou un autre si pn veut
Des vers entiers sonores répercutent un écho Il y a de la manigance dans ton poème Je cite

De son profond miroir, l’écho bleu des mésanges. L'écho bleu

le zéphyr, joueur de grands intermezzos,

Des éclats de soleil sur un lit de satin


ET ces deux perles musicales


La rivière, limpide à m’en remplir le cœur,
D’un babil émouvant mimait la voix des anges.

Merci Merci Cristale Mes amitiés LENI

   papipoete   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour Cristale
D'un endroit de Bretagne où le ruisseau coule sous nos yeux, accompagné d'une musique constantinoise, la poétesse nous conte ce que bien des yeux ne sauraient voir !
Le vent y est zéphyr et sur l'eau, la fleur de lotus " de la psyché vêtait la beauté de Vénus "... et si l'on tend l'oreille, on croit entendre " un babil émouvant mimer la voix des anges "...
NB toutes les formes poétiques passent à travers la plume de notre maîtresse, et ce " zadjal " est un ravissement, et chanté sur un " oud " il ferait fondre les amoureux de poésie.
Je ne peux dire que je vois des mots savants, mais le prosaïsme n'habille pas ces alexandrins, et leur belle livrée me fait cligner tel Râ mes yeux intimidés !
Je voudrais un jour, ( pendant la nuit ) rêver que je suis Cristale !
Comme c'est beau !

   Zorino   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale,

Une vraie symphonie pastorale où chaque mot marque la cadence et où chaque émotion est un accord parfait. Un genre de poème dont j'ignorais l'existence et que je trouve très charmant. Finalement, il vous sied comme un gant de soie.

Je le déclare publiquement : en matière de poésie, vous êtes un modèle pour moi.

Bravo et merci pour ce magnifique partage

   Vincente   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quand le classique se fait léger, tendre, plus de cadre plus de contrainte ne s'affichent, l'on peut alors comme ici apprécier la belle histoire d'un ruisseau, suivre avec beaucoup de plaisir son cours irrépressible qui, en toute humilité, déclare sa grande force.

Et découvrir que la poésie peut emprunter des chemins qui, bien que venu d'autres langues, sauront nous parler dans les mots de nos humanités.
Je ne rentrerai dans aucun détail, car en première lecture aucune aspérité ne m'a gêné, donc celles qui y seraient sourdement dissimulées peuvent bien rester là où elles sont, dans l'indifférence, à l'écart du plaisir premier.

   PIZZICATO   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Eh ben voilà ! Peut-être manquait-il un genre poétique à la panoplie de Cristale ; qu'à cela ne tienne. Voici le Zadjal et sa construction assez originale - merci Wikipédia - .

Toujours cette écriture raffinée aux image superbes. Oui je sais, je me répète ; et alors ?.
" le zéphyr ....
Inclinait les iris vers le front des roseaux
Comme des yeux cachés sous d’élégantes franges."

" Je cueillais de mes doigts l’Éther adamantin ".

" Éclose dès l’aurore au son de l’angélus " le premier Angelus sonne un peu plus tard qu'à l'aurore , mais l'image est si belle.

Une poésie qui chante.

   Annick   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale

Le lexique est souvent emprunté au grec ancien : "le zéphyr", "la psyché", "l'Ether" mais aussi au latin : "Vénus", et même à l'Italien "intermezzos"...
Le titre, "Le zadjal", est d'origine arabe.

Un tour du monde lexical en somme et un voyage formel dans le temps...

Quant à l'écriture, elle me fait penser au style précieux du poète baroque Théophile de Viau, dans "La maison de Sylvie":

Sa robe de moiré, son ramage enchanteur,
Onde vive au berceau d’un vallon de fraîcheur,
La rivière, limpide à m’en remplir le cœur,
D’un babil émouvant mimait la voix des anges.

Tout ceci est charmant, éthéré; des vers au déroulé majestueux et bien solidement construits.
Je ne parlerai pas de prosodie au maître... Mais j'ai bien remarqué la particularité des rimes.

Merci !

   emilia   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
J’adore écouter la chanson de ce ruisseau jasant et gazouillant dans un décor de rêve que Cristale brode avec tant de charme, à l’égal des « nèpes et des papillons » en démontrant une rare élégance et cette fine sensualité rappelant les correspondances baudelairiennes car, ici, « La nature est un temple… où les parfums, les couleurs et les sons se répondent… » ; émotions, couleurs, odeurs, saveurs, sonorités transportent la musique à son enchantement, telle la voix des anges… ; un grand merci à vous pour ce régal poétique !

   Cat   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Dieu qu'il me tarde d'avoir ta version du Zadjal, Cristale ! ^^

Ici, dans ''… l'arôme des oranges'', c'est le dialecte des anges, et l'eau qui chante avec une douceur infinie la beauté de la Nature et de l'amour qui la porte.

Pour moi, un de tes plus beaux poèmes. Et l'on sait combien tu places à chaque fois la barre haute.

Il est empreint d'une incroyable douceur. Tes mots font flamber des myriades d'images, plus belles les unes que les autres, et je n'ai qu'une envie en te lisant, me laisser porter par l' ''onde vive au berceau d'un vallon de fraîcheur'' jusqu'à ''m'en remplir le cœur''

Je n'ai qu'un mot : encore !!!

Merci pour ce beau poème que je vais lire et relire, et relire encore...


Cat

   Lebarde   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Outre la forme, (un peu précieuse peut être), le zadjal , que je ne connaissais bien sûr pas plus que beaucoup d'autres, qui lui donne une élégante originalité, ce poème est superbe et révèle une parfaite maîtrise de la prosodie qui de votre part Christale n'étonnera personne.

Vous avez su créer une atmosphère sensible, avec des mots délicats et des vers fluides dont certains sont magnifiques, qui apaise et va droit au coeur.

J'ai lu ce poème avec beaucoup de plaisir et d'émotion.
Merci.

   poldutor   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,
Il est difficile de passer après tous les collègues, et d'être original...

Vos vers sont magnifiques, on entend le babil du ruisseau, on respire le parfum du lotus, on cligne des yeux sous l'éclat du soleil.
Un vrai moment de sérénité.

Comme la plupart de vos lecteurs (admirateurs), j'ai découvert le zadjal.

Cordialement.
poldutor

   Anonyme   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir Cristale,

Pour être honnête, je ne suis pas fan des rimes plates, donc quand je dois en avaler trois d’un coup…
Je ne suis pas fan non plus de la poésie bucolique lorsqu’elle est circonscrite à une effervescence de la nature. J’aime y trouver de l’humain, sinon le sujet m’intéresse peu. Ici, l’avant-dernier vers « La rivière, limpide à m’en remplir le cœur, » est bien seul et arrive bien tard pour signaler cette présence humaine, à peine esquissée par « Je cueillais de mes doigts l’Ether adamantin ».

Mais ce sont des goûts personnels, et j’essaie de toujours commenter le travail de l’auteur à partir des contraintes de versification imposées, car en vérité seule la qualité de la forme m’intéresse en poésie. Le sujet n’est que la cerise sur le gâteau qui vient sublimer la forme, lorsque le hasard fait qu’on se sent concerné ou ému.

Donc ici, je ne me sens ni concerné ni ému par ces eaux-vives, ce qui me permet d’évacuer le sujet.
Reste le travail sur la forme, et là, en tant que critique assez sévère des formes pseudo-classiques lues ici ou là, je reconnais votre maîtrise et votre application. Vos textes sont tous des modèles de versification pour ceux qui veulent apprendre le rythme de l’alexandrin, celui que j’aime, ample et souple, tellement naturel et fluide, l’alexandrin des grands espaces et des grands sentiments, qui renouvelle sans cesse son expression malgré des siècles de profusion romantique.

Concernant les rimes plates, leur proximité me les fait préférer suffisantes plutôt que riches, appréciant davantage ces dernières lorsqu’elles sont éloignées, comme par exemple les rimes A dans un quatrain de sonnet ABBA.
Ici donc, ma préférence va aux rimes lotus/angelus/Vénus et enchanteur/fraîcheur/cœur, qui ne supportent aucune consonne d’appui et sont d’une légèreté providentielle.

Voilà, chère Cristale, il est grand temps que vous figuriez tout en haut du classement poésies. J’espère que ce poème vous le permettra.

Pour moi, vous restez unique dans la qualité de la forme classique.

FrenchKiss
fidélité comprise

   Stephane   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir Cristale,

J'avais failli commenter ce poème en espace lecture mais je ne l'ai pas fait, par crainte que celui-ci ne soit pas à la hauteur de ce sublime zadjal.

Je prends donc maintenant mon courage à deux mains en commentant avec mon coeur.

Lorsque j'ai lu ce poème pour la première fois j'en ai été littéralement transporté, et je le suis encore aujourd'hui. Tranquillité, délicatesse, plénitude, élégance, mystère, fraîcheur, sont autant de caresses dans ce paysage enchanteur.

La technique est parfaite, l'écriture aussi fluide que ce ruisseau chuchotant des ballades étranges (sic dans le texte).

L'on passe du ruisseau à la rivière avec une aisance sans faille toute cristalline, comme si quelque chose, dans ce merveilleux tableau, avait évolué sans que l'on y prête attention.

Ce poème est plus complexe qu'il n'y paraît et je ne me risquerais pas à une description détaillée que je ne serai d'ailleurs pas sûr de maîtriser, loin s'en faut.

La rime en "zo" avec "mortes-eaux" notamment, et "intermezzos" peu usitée, mérite d'être soulignée. Mortes-eaux, au sens littéral, pourrait d'ailleurs évoquer quelque chose de plus sombre cachée au fond des eaux, d'où peut-être la relation, étrange, avec "l'angélus" et, un peu plus loin, "l'éther"... Quoi qu'il en soit, il s'agit ici d'une oeuvre exceptionnelle aux multiples renvois que je m'empresse de classer au panthéon de la poésie classique.

Du coup je puis affirmer, Cristale, que vous êtes une très grande poétesse, au vu de l'ensemble de votre oeuvre et en particulier avec ce poème.

Un grand merci !

Très amicalement et très poétiquement vôtre,

Stéphane

   taha   
6/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir Cristale,
L’Andalousie fut le berceau d’une hybridation de cultures, sans doute la plus somptueuse jamais vue.
C’est là que l’on vit l’éclosion de l’ésotérisme, démarche mystique, qui sera le seul rempart cultuel et esthétique érigé contre le trivial et le dogmatique. Voie spirituelle qui viendra contrarier l’école exotérique de Bagdad.
Mais ce n’est pas tout, on y voit l’apparition de cadences en poésie arabe jamais pratiquées en prosodie classique, laquelle est figée depuis un temps immémorial ; ces formes sont admises d’emblée en CLASSIQUE, les Mouech haat ou Zadjal.
Cristale, vous ne trahissez le classique en aucune façon et à aucun temps décidément.
Votre poème est une rencontre des plus heureuses entre le classique en poésie française et le très classique Zadjal, preuve que par votre plume enchanteresse et le frémissement argentin des eaux vives, la magie de l’Andalousie opère encore.

   archibald   
7/6/2019
Une forme poétique orientale traitée sur un mode occidental . Les métaphores (« Un ruisseau chuchotait », « Nèpes et papillons brodaient ») ou les comparaisons (« Comme des yeux cachés », « L'on eu dit ce jour là ») évoquent habilement la culture littéraire arabe. La toile peinte par le poète sollicite bien sûr les couleurs (« écho bleu », « adamantin », « moiré ») mais également les évocations olfactives (« embaumant l'arôme des oranges », «  que parfumait la brise »). Ce sont pourtant les connotations auditives que l'on retrouve majoritairement dans ce poème : « chuchotait », « intermezzos »,  "ramage enchanteur », « babil », « voix des anges ».
Une poésie formellement maîtrisée qui sert brillamment la description d'un tableau à la fois sensuel et contemplatif.

Merci pour ce partage !

Edit : Mince, je voulais pasticher jfmoods et le voilà qui rapplique et fait mieux que moi. On s'en serait douté...

   myndie   
7/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Encore une fois, j’arrive après la cavalerie…
Comment te dire alors, après ce concert de louanges, ce qui n’a pas été écrit ou ce que tu ne saches déjà ?
Il me semble avoir lu quelque part, au hasard de mes pérégrinations sur Oniris, que tu as connu, au début, le rejet de tes textes. Ai-je rêvé ou si non, faut-il te croire ?

A chacun de tes poèmes c’est le ravissement que tu nous offres.
Nul besoin d’évoquer la perfection de tes vers et ta maîtrise de la prosodie classique – on sait tous quel minutieux travail d’écriture se cache derrière ce bel agencement et cette fluidité qui semble couler de source – Ici encore tu m’as soufflée en me faisant découvrir ce genre poétique d’une beauté et d’une sensualité infinies.
Je préfère te dire au risque de me répéter que c’est bien au-delà de la forme que je goûte avec un immense bonheur ce que tu m’apportes, cette dentelle fine et délicate, ces images qui amèneraient au bord des larmes, ces effluves de fleurs et de brise que ta plume lève sur son passage…
Quand je vois apparaître du Cristale en pré-publication, je sais que mes sens vont vibrer encore et encore, comme quand toute jeune, je lisais du Baudelaire.

C’est l’excellence sur Oniris, Cristale. Rien d’autre.

Myndie, tellement admirative

   jfmoods   
7/6/2019
Ce poème est composé d'un distique et de quatre quatrains en alexandrins, à rimes suivies, embrassées et croisées, suffisantes et riches, majoritairement masculines et consonantiques.

Le thème de l'eau ("un ruisseau", "les mortes-eaux", "les flots argentés du joyeux serpentin", "Onde vive", "La rivière") structure un texte marqué par la présence forte de trois des cinq sens (ouïe : "chuchotait des ballades étranges", "le zéphyr, joueur de grands intermezzos", "au son de l’angélus", "D’un babil émouvant mimait la voix des anges", vue : "Nèpes et papillons brodaient", "Inclinait les iris vers le front des roseaux / Comme des yeux cachés sous d’élégantes franges", "vêtait la beauté de Vénus", "Sa robe de moiré, son ramage enchanteur", odorat : "Sa couronne embaumant l’arôme des oranges", "parfumait la brise en savoureux mélanges", synesthésie : "l’écho bleu des mésanges").

L'imaginaire de la locutrice est sollicité par le reflet ("son profond miroir", "la psyché", "Je cueillais de mes doigts l’Éther adamantin ; / Des éclats de soleil sur un lit de satin", "limpide à m’en remplir le cœur"), projection de ses questionnements, de ses désirs, de ses attentes.

Merci pour ce partage !

   Queribus   
8/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Je connaissais le ghazal mais pas le zadjal mais on est là pour en apprendre chaque jour et c'est très bien comme ça; d'ailleurs, j'ai l'impression que nos amis anglo-saxons, par exemple, sont bien plus en avance que nous dans la connaissance des formes étrangère. On ne peut que vous conseiller de vous lancer dans de nouvelles explorations dont vous avez le secret. (Si ça vous intéresse, je peux vous conseiller deux ouvrages en anglais où sont quasi recensées toutes les formes du monde)

Pour ce qui est de votre écrit, que dire, qu’écrire de plus: une fois de plus, la forme est parfaite; la rigueur de la poésie classique française s'harmonise avec une forme étrangère inconnue pour la plupart, le tout dans leur mise en valeur respective. Beaucoup me disent aussi que les formes étrangères sont inadaptables en français; vous nous prouvez le contraire. Ce serait bien que de nombreux poètes se lancent dans l'aventure des anciennes formes, la poésie moderne ayant tendance à s'uniformiser dans tous les pays.

J'espère enfin que, prochainement, vous nous sortirez de derrière les fagots une nouvelle forme à découvrir. Si vous aimez la difficulté, je vous conseille les formes celtiques (je pense qu'on n'a pas fait pire encore.)

en espérant avoir le plaisir de vous relire très bientôt.

Bien à vous.

   Raoul   
9/6/2019
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Bonjour,
Je vais tonitruer dans le vide et me faire des amis, je le sens...
Ce n'est pas d'la pouésie mais une amphigouri... Sauf que les visées de ne sont pas du tout burlesque, du tout.
Un collier pseudo baroque, une chinoiseries en plastique ou tout est toc et chiqué. Ça ne (me) dit rien avec beaucoups d'assemblages qui sonnent à l'oreille, et à l'œil parce que oui : ça brille, ça brille.
"mimer la voix des anges", ça veut dire quoi ?
"robe de moiré"?
Les mésanges sont bleues, les miroirs profonds... Très tradi. tout de même. L'onde est claire, pas une grenouille, c'est certain.
Tout les verbes sont à l'imparfait...
J'ai le sentiment que ce texte est un enchevêtrement de choses déjà lues partout, ailleurs, en d'autres temps à cause de l'inversion quasi systématique des adj.
Je cherche une licorne à paillettes, en vain et je m'ennuie atrocement.
Et la vie est trop courte.

   Miguel   
10/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Merci Cristale de nous faire découvrir cette forme que nous étions apparemment nombreux à ignorer et qui, pour ma part, me séduit. J'ai hâte de l'employer. Ces rimes sur trois vers et cette autre rime revenant à la fin de chaque quatrain, cela a une puissance d'incantation au charme de laquelle on ne peut résister. J'ai beaucoup aimé le contenu, loué par les autres commentateurs, mais j'avoue que je suis véritablement transporté, pour l'heure, par les perfections de la forme, comme un enfant découvrant un cadeau inattendu et merveilleux au pied du sapin de Noël. La poésie classique est donc bien vivante et nous réserve encore bien des surprises. Je cours écrire un zadjal. Il m'en faut un tout de suite. Bravo et merci.


Oniris Copyright © 2007-2019