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Poésie classique
Cristale : Les sentiers perdus
 Publié le 30/04/21  -  29 commentaires  -  743 caractères  -  775 lectures    Autres textes du même auteur


Les sentiers perdus



Sur la lande endormie à l’à-pic des montagnes,
Bruyères et genêts, dans un écrin de fleurs,
S’offrent le nacarat des premières couleurs
De l’aube où l’angélus réveille les campagnes.

Mon petit fugitif, de loin tu m’accompagnes
Sur les sentiers perdus des rêves enjôleurs ;
Lorsque renaît le jour, le ciel, pareil aux pleurs
Cristallins des sommets, bleuit les hautes fagnes.

Et, quand gronde l’orage à travers les grands bois,
Les sapins semblent rire ; ils imitent ta voix,
Inversant la tempête en minuscule brise.

La caresse du vent, telle que tu l'aimais,
Pousse la balançoire ; un souffle au goût cerise,
Un frisson sur ma joue… un silence, à jamais.


 
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   inconnu1   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Sur la technique rien à redire a priori. Les règles du classique semblent respectées. On notera plusieurs enjambements (couleurs ... de l'aube ; pleurs... cristallins) qui ne sont peut être pas du meilleur effet.

Sur le style, il est élégant avec plusieurs mots rares (nacarat, fagnes), une personnification de la nature... plutôt agréable

Sur le message, j'avoue que je n'ai réussi à percer tous les mystères. Qui est le petit fugitif? Peut être un enfant trop tôt disparu?

Nous aurons sans doute des explications plus tard, mais en attendant, un joli poème agréable à lire et réussi

Bien à vous

NB : j'aurais dû vous reconnaître, mais tant mieux, c'est que le site est bien objectif et qu'en EL l'auteur s'efface devant le poème... Voici que je critique les enjambements, papipoète m'a contaminé. Et je comprends le thème

   Hananke   
12/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Très beau sonnet classique pour un disparu, je pense, et qui a
des fragrances du "Demain dès l'aube".
Quelques bricoles, quand même : je n'aime pas trop l'enjôleurs,
et l'inversion minuscule brise passe mal à mon oreille.
J'aurais préféré une brise minuscule et une rime identique
au dernier tercet, autre que ce goût cerise.
Mais bon, reste une très bonne lecture où j'aime bien le nacarat,
les fagnes, le rire des sapins et la caresse du vent sur la balançoire.

Un beau texte.

   Miguel   
12/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Évocation sobre et poignante d'un être cher disparu à travers ce tableau bucolique; le "petit fugitif" mystérieux y est aussi présent dans le souvenir qu'il le fut dans la réalité. La douceur de ces vers, la grande paix qui émane des images, ces espaces faits pour le bonheur et qui sont le lieu du recueillement, tout cela a quelque chose de lamartinien dans le sens le plus noble du terme, mais avec des accents plus familiers qui nous rendent cette douleur plus proche.

   Myo   
13/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une balade bucolique mais triste de l' absence ( celle d'un enfant ? ) qui se dessine petit à petit.

Un sonnet bien mené même si certaines phrases pêchent parfois par une structure qui alourdit un peu l'ensemble.
( les vers 3 et 4 du 2e quatrain)

J'aime beaucoup l'émotion du dernier tercet.

En El Myo

   Cat   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Pour les raisons qui font que... ce poème me touche infiniment.

Il en émane une douceur-douleur poignante, de celle que l'on aimerait câliner tant et plus, frustré cependant devant la consolation impossible.

La nature prise à témoin, de ses ''sentiers perdus'' devient "l'écrin de fleurs'', tendre et flamboyant, d'une mémoire aimante.

Tout, dans les images, respire une profondeur sans fard et une incroyable douceur.

Me touche particulièrement celle de '' la caresse du vent qui pousse la balançoire'', tant elle donne l'immensité du vide laissé.

Un genre de poésie meurtrie qu'on ne devrait jamais avoir à écrire, et à laquelle, pourtant, tu as su offrir toute la sensibilité et la douceur de ton âme avec ton habituel talent.

Merci Cristale


Cat

   Ligs   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale,

Ce poème est déchirant.
L'angélus réveille les campagnes mais aussi les souvenirs. Normalement annonciateur d'une bonne nouvelle, ici il rappelle seulement la présence de l'être perdu. Cette présence commence à prendre vie dans le décor naturel, qui devient le témoin des souvenirs passés (la balançoire), mais aussi la personnification de cet être qui manque tant, lorsque les sapins "imitent ta voix". Peut-être la poétesse trouve-t-elle aussi dans cette Nature belle et vivante ce qu'elle y met elle-même, les pleurs "cristallins"...
La présence est là, on la ressent par un frisson sur la joue. Mais à jamais silencieuse, malgré le rire des sapins.

Merci pour ce partage...

   Anonyme   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale,

Un sonnet émouvant et bien triste mais la douceur des alexandrins le rend tellement beau et touche la lectrice que je suis.

Rien à dire concernant la forme classique parfaite.

"Un frisson sur ma joue… un silence, à jamais." : Ce dernier vers est touchant.

On suit avec émotion et tristesse les pas de la narratrice sur les sentiers perdus des rêves.

   papipoete   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Cristale
Où que j'aille, en plaine ou en montagne comme ce jour, tu m'accompagnes ; tu me parles sans dire un mot et tes rires résonnent dans cette clairière... " écoute les sapins me répondre en écho. " Le vent qui se fait caresse, t'envole sur ta balançoire... qui depuis longtemps et pour toujours, se languit de toi " mon petit fugitif... "
NB comment évoquer cette âme que le Ciel a repris, sans faire couler un torrent de larmes, mais embuer les yeux et le coeur, et sentir cette présence invisible procurer un frisson ; une maman se souvient...
Dans le premier tercet, les sapins semblant rire, mimes parlant susurrent " je vais bien, ne t'en fais pas... ne pleure pas..."
Notre poétesse ce jour d'hui, de sa plume délicate, caresse certains visages de notre mémoire, et dehors le ciel sanglote à grosse pluie...
Je ne vérifie pas la prosodie... tant il doit y avoir des fautes à foison !

   Lebarde   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour Cristale

Comment ne pas déposer de commentaire ( j’en avais perdu l’habitude depuis quelques semaines, préoccupé que je suis par ailleurs) sur ce superbe sonnet classique qui associe avec une grande finesse le souvenir plein de tristesse d’un jeune être disparu, aux lieux bucoliques qu’il fréquentait où il a laissé son empreinte («  les sentiers perdus », « La caresse du vent...pousse la balançoire »).

Vos vers sont magnifiques de fluidité et d’élégance, dommage pour les enjambements qui cassent un peu le rythme: je sais que c’est votre marque de fabrique et vous savez que je ne suis pas fan!

Merci pour cette toujours belle écriture

Lebarde

   Anonyme   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème touchant, sur la perte d'un être cher.
C'est écrit avec beaucoup de sensibilité et de finesse.
Je préfère les tercets aux quatrains, qui me semblent d'une écriture moins naturelle.
Dans le premier quatrain, les rimes montagnes/campagnes et fleurs/couleurs ne sont pas très originales... à la différence de celles du second quatrain (et des tercets).
Le dernier tercet est simplement très beau.

   Castelmore   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Chère Cristale

Ce poème est magnifique.

Même si je suis choquant -je sais que vous me pardonnerez-
j’ai envie de vous dire qu’il est si touchant grâce à votre talent et votre cœur que parfois ... j’en remercierais la douleur d’exister pour permettre l’expression d’une telle beauté.

Bien sûr il a la maîtrise de votre art, la justesse et la délicatesse du rythme d’un chant d’amour ,
Bien sûr il a l’ampleur de la vie,
celles de la nature, des éléments, de l’enfance, des jeux, du rire , de l’amour, de l’absence.

Il a aussi la grâce de dire toute la complexité et la profondeur de la relation entre soi et les êtres chers qui sont partis,

particulièrement dans trois expressions

« De loin tu m’accompagnes »
Dans l’oxymore positionnel qu’elle décrit, celle-ci dit presque tout de l’absence-présente ou de la présence -absente, des êtres chers qui nous ont quittés.
L’amour qui les a unis semble avoir créé un espace et un temps immobiles où ils sont toujours ensemble.

« Un frisson sur ma joue »
la caresse elle même n’est plus possible... ne reste que sa trace éternelle... ce frisson .

« Un souffle au goût cerise »
Encore une image ambivalente.
La cerise est un petit fruit rond, charnu, juteux, dans lequel on a envie de mordre de plaisir (et que les enfants adorent avec lequel ils jouent.) Mûre elle est sucrée douce rassurante comme une présence ... mais elle peut aussi avoir un goût légèrement acidulé,
aigrelet comme l’absence .

Ce n’est pas tout
Après la lecture de ce poème, par sa force, les minutes de silence qui le suivent lui appartiennent.

   Damy   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Merci, Cristale, pour ce moment d’émotion intense, écrit avec tant de délicatesse et d’élégance, passant de la quiétude des « hautes fagnes » à celle du « frisson sur ma joue » après avoir apprivoisé la tempête, tant de pudeur aussi pour dire la douleur qu’elle en devient presque acceptable.
Mais ce « silence, à jamais » me donne envie de me taire, de me recueillir… et de pleurer dans de discrets sanglots.

   Vincente   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce petit bijou de tercet final m'a ravi tendrement, fortement, complètement. Caresse balancée d'un "souffle au goût cerise" qui invite le "frisson" et place le "silence" en une révélation si concrète de l'enfant parti, que l'on ne peut que s'émouvoir du regard porté et de la belle inflexion émotionnelle.

À côté les vers précédents font presque pâle figure, nécessaire douce invitation à la révélation qui s'accomplit ensuite.
L'évocation de relances mémorielles activées par et dans certains lieux, images, plantes et objets marqueurs du passé, est ici très délicatement, discrètement, animé et ravivé. Un bien beau et touchant poème.

   bipol   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Crristale

Je resterai encore

sur le site Oniris

car je sens en mon corps

vibrer comme l'iris

en lisant vos doux vers

venus de l'univers

merci Cristale

   Angieblue   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un poème lyrique au romantisme classique.
L'écrin de la nature se fait le berceau qui porte le souvenir de ce petit enfant disparu.

Un magnifique premier quatrain qui pose le décor propre à éveiller le souvenir. C'est visuel et sonore avec les fleurs, la couleur nacarat de l'aube et l'angélus qui pose une ambiance mystique.

Le second quatrain nous présente le "petit fugitif", appellation tendre d'une mère qu'accompagne le souvenir de son enfant.
Le lever du jour sera désormais toujours "pareil aux pleurs cristallins".

Dans le premier tercet, le temps est à l'orage comme le cœur brisé de la narratrice qui croit entendre le rire de son enfant fugitif qu'elle recherche et entend dans chaque bruissement de nature.

Puis, le dernier tercet qui scelle la perte avec l'image de la balançoire vide, le tutoiement, l'odeur de cerise, peut-être celle d'une sucette, et la révélation tragique du "frisson sur la joue" du vide et du "silence, à jamais".

C'est brillamment écrit! une berceuse de sensations, d'émotions et de couleurs pour ce petit ange fugitif.

   dream   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cristale, bonjour

Comme il est beau ce tercet !

« La caresse du vent, telle que tu l’aimais,
Pousse la balançoire ; un souffle au goût cerise,
Un frisson sur ma joue…un silence, à jamais. »

La détresse face à une perte incommensurable est une solitude qui collera à la peau éternellement ; comme un ami bavard dont on aurait du mal à se débarrasser ; et même la bonne volonté ne suffira pas à chasser les ombres qu’elle laisse planer dans une existence.

Un grand Merci pour cette lecture si belle et si émouvante.
dream

   domi   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La première strophe ne laisse aucun doute, le « décor » est planté : référence à Hugo et à son poème à sa fille (« montagne, bruyère, fleur, aube, campagne ») .

On comprend qu’il s’agit de la disparition d’un enfant ; et la balançoire se balance, solitaire…

Chute émouvante que cette « présence/absence », sous la forme d’un souffle sur la joue…

Présence/absence, comme dans : « rires dans les arbres/silence »

Poème à la douleur pudique, délicat et beau.

   GiL   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale, tout a été dit. Je veux simplement témoigner mon admiration, ce sonnet est un bijou.
Sur la forme, un seul adjectif me chagrine un peu : "minuscule", le reste est parfait.
Sur le fond, que dire sinon que l’ensemble m’a beaucoup touché ; le dernier tercet, ému.
"Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitare".

   pieralun   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Beaucoup d’émotions dans ce sonnet, nous sommes bien à la source de la poésie.

Un premier joli premier quatrain, un peu trop bucolique à mon goût:montagnes,bruyères, genêts, écrin de fleurs,.....c’est très joli mais un brin too much.

Un second quatrain splendide avec « mon petit fugitif » un trait de génie pour évoquer un enfant qui est parti; seule la douleur, peut-être, peut élever la poésie aussi haut: je suis admiratif !!

Deux très beaux tercets qui amplifient l’émotion.....

Bravo poétesse, bravo !

   emilia   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Dés « l’aube où l’angélus réveille les campagnes », se dessine « un écrin de fleurs/sur les sentiers perdus… », tandis que « gronde l’orage » du chagrin que la nature personnifie, à l’évocation de « mon petit fugitif » tragiquement disparu mais toujours « présent de loin » par ce lien si fort qui l’unit à jamais, au point qu’il semble à la narratrice bouleversée entendre son rire à travers les sapins et qu’il semble au lecteur entendre résonner les pleurs de Cristale jusqu’au sommet des montagnes, quand défilent les images du passé concrétisées par la balançoire vide, jusqu’à percevoir « un souffle, un frisson… » d’une présence tant désirée que réveille ce « goût cerise », à l’instar de la madeleine de Proust, dans un temps retrouvé et chéri pour toujours, dont l’onde de silence envahit l’espace d’une émotion bouleversante…

   widjet   
30/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
D'un belle pudeur où l'enfance sacrifié est partout (choix des mots : enjôleur, petit fugitif, rire, minuscule, balançoire, cerise) sous l'escorte d'une nature complice.
C'est triste sans être misérabiliste.
Cristale frappe fort.
Encore.

W

   Bellini   
30/4/2021
Bonsoir Cristale,

Pour commenter ce poème avec lucidité, j’ai besoin de mettre de côté la prégnance du thème…
Vous savez le respect que m’inspire votre registre classique. Et donc, ce qui pourrait m’apparaître acceptable chez d’autres peut chez vous m’apparaître à l’occasion comme une faiblesse inhabituelle :

- La rime montagnes/campagnes du premier quatrain est faible dans l’esprit. Fleurs/couleurs est aussi assez attendue.

- Paradoxalement, les rimes suivies campagnes/accompagnes me paraissent trop millionnaires pour leur proximité. Je les aurais mieux acceptées si par exemple accompagnes/fagnes avaient pu s’inverser.

- Il y a trois enjambements dans le poème : couleurs/de l’aube – tu m’accompagnes/sur les sentiers - pleurs/cristallins, dont les deux derniers dans le même quatrain. Mais autant ceux-là sont acceptables grâce aux pauses internes qui précèdent l’enjambement et permettent une reprise rythmique, autant le premier nous fait arriver à bout de souffle à la fin du vers, avant le virage du rejet (de l’aube) qui en fait n’en est pas vraiment un puisqu’il n’y a pas cet arrêt nécessaire et marqué après lui, de sorte que le rythme des deux vers en pâtit.

- Certaines expressions figurent dans la bibliothèque de dépannage : un écrin de fleurs, des rêves enjôleurs, lorsque renait le jour, et quand gronde l’orage, la caresse du vent, un frisson sur ma joue :)

- Une autre me parait contenir une redondance qui affaiblit l’idée plus qu’elle ne l’enrichit : en minuscule brise. Chaque syllabe valant de l’or dans un sonnet, il me semble qu’en utiliser quatre pour qualifier une brise de minuscule est un gaspillage d’espace, lequel pourrait sans doute être mieux utilisé pour donner plus de corps à ce vers.

Pour le reste, je suis sensible à tous les sujets humains mais ne me laisse jamais déborder par eux.
Toujours ce souffle lyrique inhérent à votre poésie, mais ici un peu chahuté par l’expression et le rythme.
Vous me pardonnerez, j’espère, ma sincérité. Quant à moi, je me souhaite de sortir vivant de ce petit couac, au milieu des éloges unanimes qui semblent s’être abattus sur votre poème (je ne les ai pas lus), et vous garde bien sûr toute mon admiration pour votre œuvre globale.
Au plaisir de vous croiser en forums.

Cordialement
Bellini

   Hiraeth   
4/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Tout comme mon VDD j'ai été un peu désarçonné à la lecture des v3-4, ne sachant pas trop où poser ma respiration.

Dans l'ensemble ceci dit, j'ai beaucoup aimé après avoir craint dans la première strophe une énième ode à la Nature, qui ne m'a jamais vraiment touché par elle-même. Mais si vous vous servez de sa description comme d'une amorce pour évoquer un sujet humain non-romantique, alors là vous avez ma pleine attention. Heureusement que le "petit fugitif" est là, accompagnant "de loin" la voix poétique. Peut-être fait-il référence à une personne réelle, mais c'est votre affaire, pas la mienne ; je ne peux de mon côté que palpiter à la lecture de ces mots tout simples mais riches de sens, et me laisser émouvoir par cette adresse quasi maternelle, pleine de tendresse et de tristesse.

J'aime beaucoup également le rire des sapins, et la simplicité très évocatrice du dernier tercet.

J'attends avec impatience votre prochain sonnet ;)

   Donaldo75   
5/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Cristale,

Je n’avais pas encore pris le temps de commenter ce poème alors je m’attelle à cette tâche sans pour autant promettre un commentaire composé digne des khâgneux d’antan. Il n’y a pas à tortiller, le classique n’a pas de secrets pour toi et ce sonnet démontre la profondeur de ton savoir, la force de ta maîtrise et ton talent de poétesse. Je sais, ça fait un peu renard dans la fable de La Fontaine mais c’est de bon cœur que j’emploie ces termes laudatifs parce que je ne viens pas souvent commenter tes poèmes alors que je les trouve réussis, très maitrisés – un peu trop, peut-être, quelques molécules de folie seraient une expérience intéressante, comme tu l’as démontré récemment dans le défi de nouvelles – et de bons exemples pour qui souhaite se perfectionner dans cet art qu’est la poésie classique.

Bravo !

Donaldo

   Louis   
6/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Dans ce beau sonnet, le premier quatrain est celui de la pure présence de la nature. Pas de « je », pas de « tu », dans cette première strophe. Tout est là, dans la beauté sereine d’un éclat de présence qui se donne dans la clarté naissante de l’aurore, se pare du « nacarat des premières couleurs », comme en un ravissement, en ce sens que tout sujet ne peut être qu’absorbé, ou ravi, comme dissous et absorbé par cette présence, sans se distinguer d’elle en un sujet qui lui fait face, dans cet instant de la nature qui émerge de la nuit noire.
À « l’aube », la présence s’offre tout entière, dans ses montagnes, ses landes, ses bruyères et ses genêts ; matin d’un monde où tout est là, éclatant de présence.

Le sujet fait irruption dans le deuxième quatrain. La conscience de soi, endormie dans la nuit des ténèbres et de l’oubli, s’éveille avec le jour.
Le sujet émerge, et avec lui, l’absence, un ''moins" dans le monde, une béance, une perte qui imprègne toute présence et la teinte de façon nouvelle. Le sujet, en effet, ne surgit pas seul de la nuit inconsciente, mais avec un "compagnon" : « Mon petit fugitif » ; un compagnon qui a fui la présence, être en exil du monde, à la fois absent et présent.
Le possessif « mon » indique qu’il s’agit d’un proche, d’un très proche, une part de soi manquante dérobée dans l’absence.
Qu’il soit qualifié de « petit » laisse penser qu’il s’agit d’un enfant.

Dans les rêves nocturnes, l’enfant est bien là, mais « de loin », dans un éloignement temporel, dans un lointain voilé d’illusion. Tous les chemins empruntés par le sujet, dans le rêve même, se poursuivent dans la voie d’une perte, d’un manque irrémédiable : « chemins perdus ». La compagnon absent-présent est un compagnon de la perte et de l’absence, où le sujet se perd de la perte de son enfant.

Avec le jour naissant, se perd aussi la plénitude de la présence qui s’offrait à l’aube.
La conscience de soi surgit avec la sensation du manque, devenue indissociable de son éveil. Et la présence de la nature, qui désormais lui fait face, se creuse, marquée par une absence qui lui ôte sa plénitude et sa sérénité.
Elle devient le miroir de l’âme du sujet hanté par l' absence, le reflet d’une douleur : et le ciel « pareil aux pleurs / cristallins des sommets, bleuit les hautes fagnes ».

Pleurs et joie se mêlent, et « quand gronde l’orage… / les sapins semblent rire : ils imitent ta voix »
Dans les deux tercets, en effet, la nature devient pour le sujet, non plus seulement un miroir, mais une expression et un langage. Un langage imitatif, mais avant tout un langage.
Dans un moment de béatitude extatique, le sujet hors de soi, en ex-stase, en communion avec ce qui est, croit retrouver la plénitude dans une nature qui devient la voix et l’expression même de l’absent, ainsi rendu à la présence, à l’heureuse présence des rires et non des pleurs. L’orage, en effet, n’est pas le signe d’une colère, ou d’une crise de larmes, mais celle de la joie souriante des moments heureux d'autrefois
La tempête menaçante « s’inverse » alors en « minuscule brise », presque en minuscule bise.
Ce n’est pas la nature qui parle dans le premier tercet, c’est l'absent qui s’exprime à travers elle ; en retrait, en "Moins du monde" (comme dit le titre d’une œuvre de Roger Munier), il s’y manifeste pourtant, joyeusement. Comme pour dire : « pas de pleurs, je suis là, partout présent avec toi », dans une présence, non pas transcendante, mais immanente à toutes choses de la nature.
Mais celle-ci conserve l’essentiel d’un langage, par lequel les voix et les mots re-présentent, mettent à nouveau en présence, dans un substitut, ce qui n’est pas, ce qui n’est plus, ce qui manque, une absence. Substitut douloureux pourtant de n’être jamais à la hauteur du représenté, dans un toujours en moins.

La nature continue à manifester de toutes les façons la présence de celui qui n’est plus là. Ainsi le vent pousse la balançoire vide, comme si l’enfant était là.
Une place vacante sur le siège de la balançoire ; sous la « caresse du vent » un balancement entre absence et présence.

Et puis se produit « un souffle » fruité « au goût cerise ». S’exhale dans un souffle tout ce qui est porté par le fruit rouge, et la cerise est un concentré d’enfance, de douceur, de forme : celle du cœur ; de couleur rouge sang, celui de la vie et de l’amour perdus ; d’un temps : celui d’un printemps trop éphémère.

Le dernier vers est une autre cerise sur le final du sonnet : le plus émouvant des vers de ce poème : « Un frisson sur ma joue… un silence à jamais »
Silence pour toujours de l’enfant, muette absence ; de l’enfant sans voix, que la nature « imite » mais ne remplace pas ; de l’enfant sans vie, parce que la vie se manifeste dans un éclat de voix.

Un « frisson » sur la joue, une infime vibration ; sur la joue près des lèvres cerises nacarat, « ces lèvres qui lui saignent de langage », comme écrivait cet autre poète, Paul Celan, et un silence, celui poétique du sujet, qui se tait sur toutes choses, pour lui donner à lui, l’absent, une présence au cœur même de sa voix.

Le sonnet prend fin sur le « minuscule », l’infime, l’infinitésimal, ce presque-rien d’un frisson, d’un souffle à peine perceptible, mais cet infiniment petit se conjoint à l’infiniment grand d’un « à jamais », se joint à la démesure d’un "pour toujours’" et creuse l’insondable en profondeur de l’émotion et de la douleur.

   Dugenou   
8/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,

Quoi ?! Une poésie à laquelle je n'ai rien compris, commentée par autant de monde, auxquels ont été fait réponse ?

Ma nature égocentrique ne saurait le supporter. Il ne sera pas dit qu'un texte aura échappé à ma compréhension. Narcissique, un peu, aussi, voilà pourquoi j'ose improviser un commentaire. Vous n'en avez pas besoin, mais j'ai ce besoin viscéral que les autres dépendent de moi...

Je crois, en lisant ce texte, à un enfant perdu et à une mère qui, nostalgique, commémore sa disparition :
"pareil aux pleurs ", "petit fugitif", et cette allusion à la balançoire.

J'aurai cru trouver un sens caché à ce texte, qui aurait échappé à tout le monde, mais je dois reconnaître que j'en suis incapable. Le sens semble flagrant !

Bon, maintenant je peux retourner lire en entier vos réponses aux commentaires, ainsi que ceux ci, et pardon pour cette intervention inutile et inepte.

Dugenou.

Edit : miracle ! Un tout petit trou vient d'apparaître dans le sol. Je m'y glisse, et, tour de magie : je disparaîs.

   Stephane   
8/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir Cristale,

Un sonnet magnifique en tous points, mais on a l'habitude avec toi. Bon, celui-ci s'élève vers des sommets qu'on ne saurait gravir sans en payer le prix, tel l'Everest touchant le ciel, que peu de mortels ont su atteindre.

Voilà un poème qui, à n'en pas douter, figurera (figure déjà) au Panthéon très fermé de ma collection personnelle, alors merci.

Bon bein j'ai plus qu'à attendre le prochain maintenant...

Bises

Stéphane

   Cristale   
9/5/2021

   jfmoods   
9/5/2021
La première strophe présente un cadre grandiose ("Sur la lande endormie à l’à-pic des montagnes") dans lequel la flore elle-même ("Bruyères et genêts, dans un écrin de fleurs") contemple le spectacle du lever du jour ("S’offrent le nacarat des premières couleurs / De l’aube où l’angélus réveille les campagnes").

Ce moment charnière du temps (marqueur temporel : "Lorsque renaît le jour") revêt une signification particulière pour la poétesse. En un jeu de correspondances, un point d'accès se dessine entre l'au-delà et l'ici-bas ("le ciel [... ] / bleuit les hautes fagnes"), point d'accès générateur de bonheur et de malheur (comparaison : "pareil aux pleurs / Cristallins des sommets"). Les songes de la nuit ("rêves enjôleurs") ont réinvesti la mémoire de l'Absent (périphrase affectueuse : "Mon petit fugitif"), le souvenir erratique ("les sentiers perdus") de celui qui se trouve à présent sur l'autre rive ("de loin tu m’accompagnes").

Un réseau de correspondances s'établit alors, associant la nature et la mémoire de l'enfant disparu (personnifications : "quand gronde l’orage à travers les grands bois, / Les sapins semblent rire", "ils imitent ta voix, / Inversant la minuscule brise", "La caresse du vent, telle que tu l'aimais, / Pousse la balançoire"). Les sensations fugaces d'une présence aimée ("un souffle au goût cerise", "Un frisson sur ma joue") ne font cependant qu'affirmer plus durement le poids de l'irrémissible perte ("un silence, à jamais").

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