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Poésie classique
Cristale : Les yeux ouverts sous les paupières closes
 Publié le 19/01/14  -  17 commentaires  -  801 caractères  -  435 lectures    Autres textes du même auteur

« L'horizon souligne l'infini. »

– Victor Hugo –


Les yeux ouverts sous les paupières closes



Le ciel s’est déchiré d’un paraphe émouvant

Sur l’horizon de feu, d’écume et de tonnerre ;

Alors les pleurs d’un ange ont versé sa colère

Sur les nuages fous d’un orage au levant.


Je ne veux plus entendre un seul appel du vent

Par mes volets fermés où vogue la galère

Dans les flots interdits des mots tus. Oh ! Misère !

L’océan vient gîter mon radeau dérivant.


Froidure et tourbillons sur mes lèvres de givre

Déposent leurs baisers que mes rêves vont vivre,

Enfermés au tombeau glacé de mes yeux clos.


Par l’écume abreuvée à la houle de l’onde,

La bouche ivre de sel, sur de lointains îlots,

Dans un dernier sursaut, j’ai reconnu le Monde.


 
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   socque   
1/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce mouvement de va-et-vient entre l'orage extérieur et les tourments intérieurs, et les instants où les deux se rejoignent, dans ces deux vers notamment :
"Froidure et tourbillons sur mes lèvres de givre
Déposent leurs baisers que mes rêves vont vivre,"
(je trouve d'ailleurs tout le tercet très beau).

D'une manière générale, pour moi ce poème est à la fois très maîtrisé et expressif. Si le sujet, à la base, ne me passionne pas, à mon sens il est bellement décliné, avec intensité et recherche. Le dernier vers élargit à l'extrême le propos et résonne ! Bref, voilà ce que j'attends de la poésie classique : de la classe et de l'ampleur. Du très beau boulot à mon avis. Les rimes sont solides mais pas très inventives selon moi.

Une mention pour le titre qui rappelle avec subtilité ce lien entre "dedans" et "dehors" !

   Anonyme   
19/1/2014
Bonjour Cristale

Merci pour ce sonnet classique de fort belle facture.

L'image du paraphe est bien trouvée pour évoquer l'éclair. Même si "émouvant" peut surprendre. Tout comme "radeau dérivant"

Mais les tercets (notamment le premier) sont magnifiques et on quitte ce poème sur une bonne impression.

Bravo et encore merci

   Hananke   
19/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un très joli sonnet classique avec toutefois des rimes féminines
pas très riches mais bon ...

L'écrit me parle bien jusqu'au premier tercet avec de belles
métaphores entre les éléments extérieurs et l'intimité
de l'auteur.
Par contre le vers ultime du dernier tercet m'est complétement
hermétique.
Dommage, je trouve qu'il finit mal le poème mais peut-être
que l'auteur en a l'explication.

Un bon moment de lecture.

Bien à vous.

Hananké

   Robot   
19/1/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un très beau poème. J'ai surtout apprécié les détournements qui donnent à ce texte une profondeur propre à insuffler des images. Ainsi, ce n'est pas le radeau qui gîte, mais tout l'océan ! On a l'impression de ce bouleversement, de cette agitation qui règne à l'intérieur de ces volets fermés. Et cette opposition superbe des pleurs d'un ange (la douceur) qui déverse la colère.
Je suis admiratif de ce texte que j'ai lu, relu et prononcé tant il m'a touché à vif.
J'ajouterai que la simplicité des rimes apporte à la sensibilité, par opposition à l'expressivité des images.

   Anonyme   
19/1/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Cristale. Rien à dire sur la forme de ce sonnet classique de bonne facture si ce n'est la répétition d'"écume" vers 2 et 12... mais je vous en fais grâce d'autant que si ça n'est pas conseillé ce n'est pas non plus rédhibitoire du fait que ni l'un ni l'autre n'est utilisé comme rime. De jolies trouvailles comme le paraphe sur l'horizon que dessinent les éclairs. J'ai une préférence pour les tercets sans toutefois bien comprendre le dernier vers.
J'ai un peu buté, dès ma première lecture matinale, sur ce vers :

L’océan vient gîter mon radeau dérivant.

J'aurais préféré... fait gîter car "vient gîter" me laisse sceptique !
On peut faire gîter mais venir gîter je ne crois pas...

Un bon poème, un peu obscur à mon goût mais je respecte vos choix. Merci

   Miguel   
19/1/2014
 a aimé ce texte 
Bien
De belles qualités d'expression, quoique le dernier tercet manque de clarté : on n'y retrouve pas, me semble-t-il, cette dualité qui caractérise le reste du poème. Mais le dernier vers a du souffle. J'aime moins "vogue la galère", un peu cliché, et "Oh ! misère", un peu pagnolesque ( j'aime beaucoup Pagnol mais le contexte ne s'y prête pas).

   wancyrs   
19/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Moment de tristesse bien rendu ; j'aime la progression du texte. d'abord les faits, ensuite la réaction(Je ne veux plus entendre un seul appel du vent), après, la tourmente, enfin la résignation ? (Dans un dernier sursaut, j’ai reconnu le Monde.) Une façon de dire : "C'est la vie !" "Ainsi va le monde !" etc. voilà pour le fond. Pour la forme, je ne m'y connais pas en alternance de rimes classiques, mais je retiens la belle musicalité.

Merci pour ce beau moment de lecture

Wan

   troupi   
19/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quand on maitrise le classique et que la muse est complice voila ce qu'il en résulte : un très beau poème où la violence de certaines images le dispute à l'émotion crée par d'autres et cette alternance ravit le lecteur.
Seul point noir de mon point de vue :"oh ! misère !
Le premier tercet est magnifique.
A bientôt j'espère.

   senglar   
19/1/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Cristale,


Il m'a semblé relever une contradiction entre "l'horizon de feu..." et "... [le] tombeau glacé..." des lèvres comme des yeux.

J'aime bien la métaphore des volets qui renvoie à celle des yeux clos pour l'intériorisation du Monde :)

De même qu'Alexandre j'ai tiqué sur "gîter".

Sans retravail je ne vois pas mieux qu'un Moyen (+) étant resté trop distant par rapport à ce monde emphatique mais sans palpitation en ce qui me concerne.

Désolé (lol)

Brabant

   stony   
20/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour, Cristalle,

Je ne suis pas certain d'avoir perçu tout ce qu'il y avait à percevoir du fond.
Quant à la forme, si j'apprécie énormément les figures de styles, métaphores ou autres, leur surabondance peut nuire à mon plaisir de lecture, voire le détruire complètement. De ce point de vue, votre poème pourrait me paraître "chargé". Pourtant, j'en ai apprécié la lecture. J'ai cherché à savoir pourquoi. Je pense que, malgré cet aspect chargé, j'ai apprécié que ma lecture ne soit pas contrariée par une torsion de la syntaxe requise uniquement par le respect des règles. Pour m'être essayé un peu à la poésie classique, j'ai évidemment constaté qu'il était tentant, par une sorte de mauvaise foi dont le but serait de s'en convaincre soi-même, de justifier des choses que l'on n'aurait jamais écrites de la même façon s'il n'y avait pas à satisfaire ces règles. Je ne perçois pas cela ici, je ne trouve pas les traces du travail et rien que cela est à saluer. Reste évidemment le problème du verbe "gîter", dont je cherche à justifier l'utilisation. Il pourrait s'agir d'une "néoverbalisation", dans le sens où vous rendriez transitif un verbe qui ne l'est pas. Ce serait audacieux et ce ne serait pas pour me déplaire. Il pourrait aussi s'agir du second sens de ce verbe (demeurer dans un gîte), mais le verbe reste intransitif, même dans ce cas. Reste encore l'hypothèse que ce soit l'océan qui gîte. Dans ce cas, une virgule après "gîte" aurait permis de lever facilement l'interrogation car, en son absence, "mon radeau dérivant" ne peut être que le COD du verbe "gîter". Ou peut-être y a-t-il une ellipse du verbe "faire" ("vient gîter" pour "vient faire gîter"), auquel cas l'objection du COD ne tiendrait plus, je crois. En tous cas, il m'intéresserait de savoir quelle était votre intention.

Je ne sais pas si cela présente un quelconque intérêt, mais en vous lisant, me sont revenus ces quelques vers d'une chanson de Michel Jonasz (Dites-moi) :
Un pinceau de poils de martre
Pour mettre des rideaux bleus
Aux fenêtres de ses yeux.

J'aime beaucoup le titre... un poème à lui tout seul.

   Folibri   
20/1/2014
Mention particulière pour le titre qui, hélas, reprend le vers "des yeux ouverts sous leurs paupières closes" publié en 1997 et donc formulé antérieurement, et que vous pouvez trouver quelque part là : http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/category/domaine-belge/wouters-liliane/ ; mais reprendre des formulations n'est en rien condamnable, surtout si l'on en fait quelque chose de plus beau ou d'également brillant — hélas ! ce ne me paraît pas ici être le cas.

Les vers 6, 7 et 8 me semblent malades et maladroitement enfoncés dans ce qui se voulait absolument sonnet.
Les tercets, quant à eux, lancent de nouvelles métaphores (n'y en avait-il pas déjà trop ?) desquelles je ne trouve nulle raison, et me voilà devant une entité trop complexe pour que j'y puisse pénétrer — le rêve du rêve enlève au rêve ce qu'il avait de plus profond.

   Marite   
20/1/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Plusieurs images et formulations m'ont réellement séduite dans ce poème, en fait je devrais dire : la plupart ...

Seulement voilà, peut-être sont-elles trop nombreuses ? Car je n'ai pas été touchée par le second quatrain qui semble contenir l'inspiration de cet écrit :... je ne veux plus entendre ... le radeau dérivant sur les flots interdits des mots tus ...

   Arielle   
20/1/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bien qu'appréciant les règles du classique et leur vouant toute mon admiration je suis incapable de les respecter. Le foisonnement des images m'enchante généralement dans un poème lyrique. Je devrais donc être comblée par ce sonnet resplendissant mais comment dire ... Ah oui : "Trop de notes Monsieur Mozart !"
Sans doute ne suis-je pas plus à même d'apprécier votre talent, Cristale, que ne l'était l'empereur qui osa commenter ainsi le génie incontestable de Mozart !

J'ai la bête impression que tant de perfection tue l'émotion, que l'accumulation des métaphores me pèse un peu sur l'estomac. L'horizon de feu, les pleurs de l'ange, la galère des volets clos, l'océan qui gîte, les lèvres de givre, les baisers enfermés dans le tombeau glacé des yeux pour finir échouée sur de lointains îlots ... En quatorze vers c'est un peu beaucoup pour mon pauvre neurone pris de vertige !
Je vous le dis comme je le pense mais, ce n'est bien sûr, et heureusement, qu'un avis parmi tant d'autres !

   Ioledane   
21/1/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Voilà un sonnet élégamment imagé, j’ai particulièrement aimé « Le ciel s’est déchiré d’un paraphe émouvant » et « les flots interdits des mots tus ». Le dernier vers tombe très bien également.

Deux passages m’ont paru un peu curieux : les volets fermés où voguent la galère, et la reconnaissance du monde par l’écume et la bouche ivre de sel.

L’emploi du verbe gîter est ici inattendu, c’est en principe plutôt le radeau qui gîte (ou l’océan qui le fait gîter).

Triste tombeau en tout cas que celui de ces yeux clos, qui refusent désespérément de se rouvrir au monde – mais l’acceptent-ils finalement ?

   fugace   
24/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,
Vous avez une écriture que j'admire où tout est maîtrisé, mais dans laquelle les sentiments et les ressentis restent vrais.
"Dans un dernier sursaut j'ai reconnu le monde": Les yeux ouverts sous les paupières closes sont là porteurs d'espoir. Votre très beau poème n'est pas négatif, ni empreint de renoncement.
Il est des moments de souffrance où la vraie nécessité est de se retirer en soi. On repart mieux après.
Merci pour cet instant d'émotion.

   cervantes   
23/4/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Toutes ces images, tous ces déchirements intérieurs me sont allés droit au cœur, et si l'océan peut guérir le monde, il vous, il nous aide à vivre. Votre poème l'exprime avec brio et émotion.

   jfmoods   
29/10/2016
Ce sonnet en alexandrins est formé de rimes embrassées, suivies et croisées, majoritairement féminines.

La thématique de l'errance maritime structure le poème ("écume" x 2, "vogue la galère", "les flots", "L'océan", "gîter", "radeau dérivant", "tourbillons", "houle de l'onde", "sel", "îlots"). Les éléments déchaînés ("Le ciel s'est déchiré", périphrase désignant l'éclair : "paraphe", "tonnerre", "orage") portent le poids d'une perte, d'un événement particulièrement douloureux pour la locutrice (métaphore : "les pleurs d'un ange", forme exclamative extériorisant la détresse : "Oh ! Misère !"), événement sur lequel pèse une chape de plomb (groupe nominaux : "mes volets fermés", "les flots interdits des mots tus"). Au fil du premier tercet, un champ lexical de l'hibernation s'amorce ("Froidure", "givre", "tombeau glacé"), fermeture abyssale sur le territoire de l'intime. Le titre du poème, construit sur un paradoxe ("les yeux ouverts sous les paupières closes"), éclaire alors la prégnance du domaine intérieur, du souvenir cristallisé. Cependant, une soif vitale (complément d'agent : "Par l’écume abreuvée", groupe nominal : "la bouche ivre de sel") préserve la locutrice du naufrage affectif, la ramène dans l'univers des vivants (complément circonstanciel de manière : "Dans un dernier sursaut", passé composé avalisant une prise de conscience salutaire : "j'ai reconnu", majuscule : "Monde").
Comme semble le laisser entendre l'entête hugolien ("L'horizon souligne l'infini."), la vie est ici, mais il existe un ailleurs pour retrouver l'Autre.

Merci pour ce partage !


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