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Poésie classique
Cristale : Regarde
 Publié le 16/07/16  -  24 commentaires  -  859 caractères  -  539 lectures    Autres textes du même auteur

« Regarde ! J’ai cueilli des p’tites fleurs pour toi. »


Regarde



Combien je donnerais mon cœur
Pour ces grands moments de bonheur
Quand ta petite main tendue
M’offrait quelques coquelicots
Que je recevais confondue
En t’inondant de mes bécots.

Et combien j’aimerais entendre
Encore le poème tendre
De ton réveil et ton « coucou ! »
Quand tu t’abandonnais, mon Ange,
Enroulant tes bras à mon cou
Comme des ailes de mésange.

Ô combien j’aimerais revoir,
Dans mon immense désespoir,
Tes paupières enfin décloses
Sur l’océan bleu de tes yeux
Que mes larmes, telles des roses,
Ont bénis de cruels adieux

Mais ils n’ont pas fané, regarde,
Pour l’éternité je les garde
En les abreuvant de mes pleurs ;
Là, personne ne les dérange
Ces bouquets de petites fleurs
Que tu cueillais, pour moi, mon Ange.


 
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   Anonyme   
23/6/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Que dire, je vous ai lu, relu, chaque fois je suis sous le coup de la même sensation, je n'arrive pas à me départir de ce désarroi maladroit qui m'envahit, la lecture est à la fois belle, triste et puis prenante. Des images se mêlent faites de douceur et de douleur.

Ce "Regarde" vient vous emporter et vous fait chavirer le cœur, le trouble saisissant de l'émotion est de plus en plus présent. J'aime aussi la répétition de ces "combien", qui donne le ton étant agrémenté de ce "Ô" et de ce "Et". Ils soulignent très justement ce déchirement, appuyant sur le fait qu'il est impossible de revenir sur hier.

Des mots simples embellissent la tendre affection qui dépeint avec délicatesse, l'affliction profonde.

   papipoete   
27/6/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce thème si dramatique est souvent versifié, et certains grincheux ne manqueront pas de râler à sa lecture !
Je ne me fatigue pas de ce sujet, qu'on ne voudrait jamais lire, et cette pauvre maman en parle avec des mots si simples, mais si forts, et beaux dans leurs images !
Je la vois penchée sur cette petite tombe, ce bouquet de fleurs à la main, celui que son ange lui offrait, avant ...Jamais il ne fanera, tant le flot des pleurs de sa mère, l'arrose, l'abreuve au soleil du cimetière ...
Comme c'est beau, la 3e strophe en particulier !
NB au 22e vers " personne/ne " pourrait trouver une autre formule ( quiconque ne ) par exemple ?
papipoète

   Anonyme   
16/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour... Un poème qui d'une part respecte le "classique", si rien ne m'a échappé, mais aussi et surtout m'a profondément ému car on comprend très vite à la lecture qu'il s'agit de la mort d'un enfant, le pire drame qui puisse nous arriver...
Je n'entrerai pas dans le détail tant ce texte m'a bouleversé...
Fiction ou réalité, j'aimerais malgré tout que ça ne soit que fiction même si ce drame crucifie régulièrement quelques familles dévastées.

Edit... Hasard de la parution, ce poème prend aujourd'hui une dimension encore plus tragique après la mort, à Nice, de trop nombreux enfants...

   MissNeko   
29/6/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une belle poésie touchante et bouleversante sur le décès d'un enfant et le manque cruel qui en ressort.
De beaux mots, des vers nostalgiques et élégants.
Beaucoup de sobriété.
Le sujet me touche étant maman. Un peu triste pour moi mais ce n est que mon point de vue.

   Hananke   
16/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Sujet triste s'il en est mais c'est tellement bien écrit
qu'on en oublie le réel message du poème.

"Enroulant tes bras à mon cou
Comme des ailes de mésanges"

Je sais bien que la rime facilite l'image mais c'est beau, simplement.

Douceur et pudeur sont les maîtres mots de ce joli texte.

   leni   
16/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Cristale
Sujet souvent traité qui demande de la maitrise pour ne pas tomber dans le pathos Le poème est presque écrit en langage parlé avec des mots de tous les jours C'est à la réflexion ce qui m'a touché le plus Comme souvent dans vos textes Je ne vais pas cette fois choisir des citations Sauf vos derniers vers

Mais ils n’ont pas fané, regarde,
Pour l’éternité je les garde
En les abreuvant de mes pleurs ;
Là, personne ne les dérange
Ces bouquets de petites fleurs
Que tu cueillais, pour moi, mon Ange.


C'est touchant de simplicité
Merci pour ce moment choisi Salut cordial LENI

   JulieM   
16/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Délicatement ouvragée, la douleur est balancée par de doux et puissants souvenirs de tendresse, indifférents au temps qui s'est écoulé.
Bouleversant de retenue, de simplicité, j'aime chaque strophe. Emue jusqu'aux larmes "telles des roses".
Merci pour cette intimité (très difficile) que vous avez osé partager avec nous.

   Luz   
16/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,
Poème qui m'a beaucoup touché, simple (en apparence), sensible, qui vaut celui de Victor Hugo : "Demain, dès l'aube". Rien de plus à ajouter aux autres commentaires que je partage.
Merci.
Luz

   Anonyme   
16/7/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale.

J'avais raté le dernier à cause d'un problème d'ordi, et comme je ne trouvais pas l'intérêt de commenter une semaine après, je me suis donc abstenu.
Bon bah, même si je suis dans timing, je ne vais pas être très original, car je suis un de vos fans inconditionnel. Vos poèmes provoquent en moi le tintement d'un matériau noble.
Vous écrivez ? Vous composez ?
Je lis une mélodie, sans anicroche qui ferait buter la pensée, c'est fluide comme de l'eau, je dirai que ça coule de source, tellement vous savez accorder les mots, afin qu'ils chantent.
Merci pour ce moment très agréable.

   PIZZICATO   
16/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale.
Que dire qui ne l'ait pas été déjà...
Un poème émouvant, sans larmoiement, avec cette délicatesse d'écriture qui vous caractérise.

"Que mes larmes, telles des roses,
Ont bénis de cruels adieux "
" Mais ils n’ont pas fané, regarde,
Pour l’éternité je les garde
En les abreuvant de mes pleurs " triste mais joli.

   emilia   
16/7/2016
Comment ne pas être bouleversée par votre poésie si sensible d’une mère ayant perdu son plus précieux trésor et qui nous confie « combien » son cœur en est déchiré, « l’immense désespoir » éprouvé pour l’enfant disparu qu’elle « inondait » de ses baisers et dont les petits bras s’enroulaient autour de son cou, en témoignant de son affection dévorante et de son bonheur irremplaçable… Quelle maman n’a jamais entendu cette petite phrase : « Regarde ! J’ai cueilli des p’tites fleurs pour toi… », avec cette tendresse qui autorise, en quête de cette approbation bienveillante qui aide l’enfant à se construire, un regard vigilant et rempli d’amour et dont le rappel dans ce triste poème suscite une très forte émotion…

   Sofi   
16/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Emue par le sujet. Les mots choisis sont simples et votre poème si beau.

   Vincente   
17/7/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Cristale,

J'ai ressenti la grâce que vous touchez, qui vous touche, dans votre sentiment et dans son expression.

Avant d'imaginer votre détresse qui va faire basculer votre poème en son milieu, la charge émotionnelle que vous aviez emmagasinée avec votre lecteur était déjà à son comble, littéralement, là-haut, pleine. De ce point de déséquilibre, vous avez su retranscrire sans pathos, dans une délicatesse totale en l'honneur de votre "Ange", une charge affective compensatrice, vivifiant votre souvenir. Ainsi de l'avant à l'après, de sa vie sur terre à sa vie dans votre esprit, s'est équilibrée l'existence éternelle de votre enfant.

Je reste stupéfait de la puissance créative que vous avez pu engendrer, accomplissant cette renaissance singulière, en toute humilité...

   Miguel   
17/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
On ne peut qu'admirer le lyrisme frémissant et la tonalité élégiaque de ce poème ; il y a des réussites que les autres lecteurs ont louées. Je vais faire cependant le grincheux dont parle l'ami Paipoète, non pour reprocher le thème ni le choix du classique, mais seulement pour dire que "Combien je donnerais mon coeur" ne me semble pas heureux sous le rapport du sens, car la notion d'intensité portée par "combien" fonctionne plutôt avec le non-nombrable (c'est parfait pour "combien j'aimerais entendre") et s'accommode mal de l'idée de nombre (ici donner un coeur). De même, le caractère familier du terme "bécots" me gêne, dans le registre élevé du poème, ou encore j'aurais préféré "moments de grand bonheur " à "grands moments de bonheur". Mais on se laisse gagner par l'émotion de ce chant funèbre et l'on oublie ces petites faiblesses.

   archibald   
17/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Les relations particulières qui nous lient (disons-le tout net : c'est le début d'une idylle) pourraient laisser croire que mon jugement manquât d'objectivité. Il n'en est rien. Par une force morale qui m'est propre, je parviens à faire abstraction de mes sentiments pour te dire ceci : c'est très bien.
J'apprécie la forme de ces sizains en A/A/B/C/B/C qui alternent rigoureusement les rimes masculines et féminines. L'écriture est comme toujours très habile, et les ailes de mésanges constituent une bien jolie image.
J'ai pensé au poème d'Hégésippe Moreau : "Sur la mort d'une cousine de sept ans". Mais ce texte, écrit par un jeune poète mort à vingt-huit ans, est empreint d'un pathos que l'on ne retrouve pas dans ton poème. Si Brassens, qui a mis le texte de Moreau en musique, ne l'a jamais enregistré, je pense que c'est en grande partie pour cela. Ton poème est sans doute plus délicat. D'ailleurs, s'agit-il de la mort d'un enfant ? Rien ne le mentionne explicitement, peut-être évoque-t-il une séparation d'un autre ordre, quelque douloureuse fût-elle ?
Il y a là, à mon sens, comme un espace d'incertitude qui confère à ton poème une certaine légèreté. Mais une légèreté maîtrisée. Ce pourquoi je pense aussi à Paul Valéry : "Il ne faut pas être léger comme la plume, il faut être léger comme l'oiseau".

archibald

   Vincendix   
17/7/2016
On ne peut qu’être ému en lisant une telle complainte, de surcroit très bien écrite.
Seulement, si c’est la réalité, je me demande comment il est possible d’exprimer une telle douleur en vers, à moins d’avoir un grand recul. Je connais des personnes touchées par la perte d’un enfant, il me semble que cette douleur est inexprimable.
Je m’abstiens de mettre une appréciation et je souhaite sincèrement que ce texte soit une fiction.

   jfmoods   
17/7/2016
Le poème est composé de quatre sizains en octosyllabes, à rimes suivies et croisées, suffisantes ou riches, égalitairement réparties entre masculines et féminines.

Associée au conditionnel ("donnerais", "aimerais" x 2), la forme exclamative, en gradation au fil des trois premières strophes ("Combien", "Et combien", "Ô combien"), marque l'intensité douloureuse de l'évocation de l'enfant disparu. L'imparfait revient sur les douces habitudes de l'avant ("offrait", "recevais", "abandonnais", "cueillais") tandis que le passé composé ("Ont bénis", "n'ont pas fané"), puis le présent d'énonciation ("garde", "dérange") marquent un violent changement de perspective ouvrant sur une résolution indéfectible. Cette ligne de fracture, qui se signale au centre du poème, se voit confirmée par le jeu antithétique des groupes nominaux ("grands moments de bonheur", "poème tendre" / "immense désespoir", "cruels adieux"). La présence forte du corps ("coeur", "petite main tendue", "bécots", "bras", "cou", "paupières", "yeux") et le verbe réduplicatif ("revoir") entérinent le manque indicible de l'Autre. Le champ lexical de la fleur se structure ("coquelicots", "roses", "bouquets", "fleurs"), portant haut le doux cérémonial de l'offrande. Le jeu filé des pronoms cataphoriques ("Ils... / les... / Ces bouquets") matérialise cette prégnance du don comme élément symbolique indissociable de l'Absent, lui-même présenté sous la forme métaphorique d'un oiseau (double interprétation de "coucou", "ailes", "mésange"). Une première anaphore ("Quand" x 2) appuie sur les circonstances précises d'une complicité ; une seconde ("mon Ange" x 2) marque l'attachement  prééminent, électif, à l'enfant. Les formes gérondives ("En t'inondant", "En les abreuvant") et la forme participe présent ("Enroulant") tendent à accentuer le mouvement, la vivacité que la poétesse entend imprimer au souvenir. Dans un magnifique écho mère-fils, l'impératif de la dernière strophe ("regarde") répond tendrement aux sollicitations enfantines de l'entête. Le champ lexical de l'eau traverse souterrainement le texte ("inondant", "Enroulant", "l'océan", "larmes", "abreuvant", "pleurs"). C'est comme si la poétesse faisait, de manière bouleversante, refluer le lecteur aux sources, à la plénitude comblante de la vie pré-natale. Mais peut-être cette dernière remarque n'est-elle due qu'à la propension du commentateur à se laisser emporter par son imagination, à battre parfois un peu la campagne...

Merci pour ce partage !

   Zoe-Pivers   
26/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Cristale,
Je suis venue plusieurs fois, en silence, lire ce poème, et repartie en emportant ce même silence.
Le titre, déjà nous interpelle, même s'il ne nous est pas adressé, et on regarde. Les yeux piquent...
Il n'y a pas de fioriture, il y a du tendre, du fragile, du sensible, c'est brut de cœur et c'est ce qui fait sa richesse à mes yeux.
Il est des blessures dont on ne guérit pas, on essaie juste, tant bien que mal de vivre avec...
Merci de l'avoir si bien dit.
Zoé touchée

   Anonyme   
29/7/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Regarde...

J'en ai les larmes aux yeux. Peut-être le poème le plus poignant qu'il m'ait été donné de lire... J'espère de tout coeur que cela ne soit qu'une fiction, car la réalité serait bien trop cruelle...

"Regarde" apparaît subtilement dans la dernière strophe, et je reste ébloui par tant de beauté funeste...

"Là, personne ne les dérange", sous-entendu au cimetière. Encore un tour de force ou ce terme - comme tant d'autres - n'est jamais cité (volontairement), ce qui rend l'écriture plus subtile encore. Ne jamais évoquer la chose, mais l'effet de la chose... Une leçon qu'il nous faut retenir pour ne pas passer à côté des choses...

Coïncidence car je viens de lire il y a peu "Partir", un roman de Tina Seskis... Lisez jusqu'au bout, vous comprendrez...

Merci Cristale,

Wall-E

   SaintEmoi   
10/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que de simplicité et de pudeur alors qu'il y a là l'essentiel, le coeur de nos vies, si lourd lorsqu'il ne bat plus.
C'est cette pudeur, nourri d'évocation, qui ouvre à notre imagination un boulevard nous permettant de nous approprier vos mots, avec complicité.
Merci

   Anonyme   
5/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale

Avec bien du retard, j’ai lu et relu cette atroce déchirure que j’avais découverte dans vos autres publications toutes aussi touchantes pour moi qui ai failli faire ainsi pleurer ma mère voici bien longtemps maintenant.
Je suis pris à la gorge par la délicatesse de vos vers. Contrairement à Miguel, « Combien je donnerais mon cœur » intensifie l’amour qui vous fait pleurer. Je ne crois pas qu’il faille s’arrêter à un simple problème d’arithmétique pour quantifier une peine non descriptible. « Les bécots » également sont charmants, ils marquent bien la simplicité de l’amour exprimé par un enfant.
Je trouve que vous exprimez votre douleur avec une sensibilité qui dépasse celle de la journaliste Anne-Marie Révol dans son livre « Nos étoiles ont filé » pour l’effroyable perte de ses deux fillettes dans un incendie.

Sincères compliments et merci pour votre courage.

   Rain   
6/9/2016
Si c'est du vécu, impossible de commenter. Dieu que j'espère que ce n'est qu'un roman, invention de votre esprit.

   Lulu   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cristale,

je découvre ce texte que je n'avais manifestement pas lu au moment de sa publication, et c'est avec plaisir tant je suis touchée par la forme et par le fond. C'est triste, bien entendu, mais vous avez le don de me bercer au travers de cette douce musique.

J'aime beaucoup l'impératif du titre qui appelle à dépasser les frontières avec le proche qui s'en est allé. Et si les larmes sont présentes, je suis surtout happée par la relation à l'autre qui demeure au travers du souvenir et des fleurs.

Le choix des octosyllabes sied bien à l'ensemble, je trouve. Les alexandrins auraient peut-être été trop démonstratifs. Ici, on a des sentiments forts qui s'expriment très bien, mais tout en pudeur.

   Proseuse   
17/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Cristale

Il y a dans votre poème tant d' émotions, d' amour, de tristesse, de pudeur et de délicatesse !! c' est vraiment très beau Merci beaucoup pour ce partage


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