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Poésie classique
Cristale : Une si longue absence
 Publié le 01/01/20  -  27 commentaires  -  797 caractères  -  616 lectures    Autres textes du même auteur


Une si longue absence



Je regarde la mer, l’horizon s’éternise.

La dernière tempête a couché l'olivier
Et le bois diminue au fond de la remise.

L’automne, puis l’hiver, les frimas de janvier
Brûlent jour après jour mon courage, et ma peine,
Et la peau de mes mains sous les eaux du vivier.

Les filets recousus, la cale humide est pleine ;
Rudes labeurs auxquels je ne saurais surseoir.
Le vent porte l’écho de quelque cantilène
Sous la lune témoin de nos promis d’un soir.

Le curé nous attend pour nos vœux à l’église...
J’ai mis, avec François, les pommes au pressoir,
La rumeur se méprend ; qu’au diable elle médise !
Près du berceau, ton chien, résigné, vient s’asseoir.
Je regarde la mer, l’horizon s’éternise.


 
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   Eclaircie   
29/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un poème intimiste, que je ne suis pas sûre d'avoir vraiment saisi.
J'ai lu les mots d'une promise à un marin qui s'est absenté longtemps et ne serait pas revenu, laissant derrière lui, un enfant né durant l'absence.
"nos vœux à l'église" m'ont d'abord évoqué un mariage entre cette jeune mère et le marin qui ne serait donc pas le père. Est-ce l'hommage du marin péri en mer ?

Le style est essentiellement descriptif et bien décrit.
La forme est classique (je ne suis guère spécialiste en ce domaine), sonnet inversé.
Les rimes ne me semblent pas toujours riches mais suffisantes.
Un bon ensemble.

Merci du partage,
Éclaircie

   papipoete   
3/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
classique
je regarde sur la mer l'horizon, d'où la silhouette de ton bateau ne se profile pas ; j'imagine sa cale pleine, et le pourquoi tu ne veux pas rentrer au port... c'est ce dont je persuade mon esprit, alors que court une rumeur... mais moi, François et ton chien, nous t'attendons !
NB une histoire de femme de marin, toujours le même scénario tant qu'en mer par tous les temps, le patron-pêcheur sortira jeter ses filets !
Chaque moment d'attente est ici écrit, la plume tremblante comme le feu qui chancelle dans l'âtre, et le bois s'amenuise comme l'espoir de cette famille qui tient bon.
la strophe " l'automne, puis l'hiver... " est la plus belle pour moi !
vos alexandrins sont d'une forme parfaitement " classique "
papipoète

   Davide   
3/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La première lecture m'a tout de suite rappelé un autre poème, lu sur le site il y a quelques temps : "L'attente", auquel ce poème semble répondre. Une gérardine inversée, une vie qui se remet en marche après la si longue attente, mais la douleur de la séparation reste intacte, comme enclavée dans un temps éternel, dans la mémoire de l'héroïne. C'est très habile.

En effet, le temps psychologique s'est figé ("l'horizon s'éternise"), tandis que le temps réel, lui, se poursuit et, dans un magnifique zeugma brûle "jour après jour [s]on courage, et [s]a peine, / Et la peau de [s]es mains...". La narratrice vit désormais dans le passé.

C'est à se demander si les "filets recousus" ne sont pas, en réalité, les filets du temps qui désespérément tissent une nouvelle toile. Très bel emploi de "surseoir" (rimant avec "soir"), appuyé par une formule antithétique ("promis d'un soir"), suggérant deux univers qui s'entrelacent : celui de la narratrice, restée dans le passé, et celui de la vie qui continue, pour elle et malgré elle.

Dans le quintil, pour la première fois est suggéré le destinataire du poème : "ton chien". Non, pas le chien, mais son maître, l'homme tant aimé. Hélas, les "vœux à l’église", le "berceau" et le vieux "François" scellent à jamais le triste sort de notre héroïne, résignée (belle personnification) à prendre pour époux un homme qu'elle n'aime pas... Mais peut-elle seulement aimer quelqu'un d'autre ?

Et ce premier vers qui revient, comme un leitmotiv, une fatalité, refermant le poème sur lui-même, racornissant la peine infrangible.

Dommage ce titre sans relief qui n'augure pas de la qualité du poème ; seul point noir !

Sinon, j'ai tout aimé, tout y est juste, pudique et subtilement exprimé, jusqu'aux saisons qui s'égrènent, la musicalité de l'écriture et des rimes magnifie le propos.

   Michel64   
6/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une gérardine inversée ? Voilà un poème qui m'en rappelle une autre (pas inversée celle là), comme une suite, du même auteur je pense.

Ici peu de métaphores, des faits :
"La dernière tempête a couché l’olivier
Et le bois diminue au fond de la remise."

"Les filets recousus, la cale humide est pleine ;
Rudes labeurs auxquels je ne saurais surseoir."

Les rimes sont impeccables et rien n'accroche à la diction. Du classique c'est sûr.

Le sentiment dominant, la résignation, gagne, et le chien et surtout la narratrice.
C'est très bien rendu et l'on se prend à regretter un autre destin à cette femme (même si sa peine s'atténue aux frimas de janvier). C'est là que se pointe l'émotion pour moi.

Merci pour ce beau texte.

Michel64 (en EL)

   Anje   
9/12/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Classique.
Une gérardine inversée, une mayonnaise à l'envers, sur leur assiette renversée ont pris de magnifiques vers.
J'irais presque jusqu'à regretter quelques consonnes d'appui pour faire croire que je n'ai pas complètement savouré cette sauce délicate. J'aime particulièrement le rythme du troisième vers dont la découpe (3/3//3/3) illustre si bien la longueur du temps.
Je déguste ces vers, les sens s'immobilisent.

   Corto   
10/12/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce poème réussit à plonger d'un coup le lecteur dans une ambiance mélancolique mais décidée. On sent d'emblée la qualité de l'écriture (je laisse aux spécialistes le jugement prosodique).

Par touches successives le tableau est composé avec des expressions où le lecteur peut s'identifier.

Ce beau vers du début repris en final situe l'espace et le temps. Puis les détails se précisent un à un, d'abord le factuel " le bois diminue au fond de la remise" puis le ressenti "les frimas de janvier Brûlent jour après jour mon courage, et ma peine".

On passe ensuite du particulier au général avec "Le vent porte l’écho de quelque cantilène" avant un glissement vers le plus profond "Le curé nous attend pour nos vœux à l’église..."

Une touche d'intimité essentielle vient poser l'émotion "Près du berceau, ton chien, résigné, vient s’asseoir".

Précis, vivant, juste, ce texte a convoqué mon admiration.

Merci à l'auteur.

   hersen   
1/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Allez zou, nous voilà partis pour les coms millésimés 2020.
Et c'est Cristale qui ouvre la danse :)))

Un poème qui a eu deux échos en moi : le premier, c'est un pur sujet de fado, alors il a pour moi une impression familière.

Le deuxième : j'ai "reconnu" François, déjà présent dans le premier poème que j'ai lu de toi, il y a de cela quelques années, à mon arrivée sur Oniris. Un poème qui m'avait tellement séduit !
Je retrouve ici, au-delà de la forme inventive, la même ambiance. Dirais-je de saudade ? Ce serait trop, mais il y a de ça.
Je ne vais pas m'étendre plus, mais tu sais que j'apprécie beaucoup chez toi ta créativité, tu essaies tout ce que le monde poétique t'offre. Le talent c'est ça, se remettre en question tout le temps, avancer.
Et tu le fais si bien dans le classique, ta catégorie de prédilection, que je n'ai plus qu'à me taire et relire le poème !

Merci pour cette lecture !

   pieralun   
1/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’aime énormément !!

Une douce musique sur une partition triste, ce pourrait être un sonate de Chopin....
J’aime le simple constat de faits tel que la chute de l’Olivier, le bois qui diminue, l’enchaînement triste des saisons: la vie avec un peu moins tous les jours, comme une fatalité, sans effusion de larmes.
La souffrance physique vient après, il faut la supporter comme le reste, avec résignation.
Ce vers anodin: j’ai mis, avec François, les pommes au pressoir: magnifique de simplicité.

Quel beau poème ! Qui nous dit que les sentiments, même les plus forts, trouvent leur poésie dans la simplicité et la retenue de leur propre expression.

Bravo Cristale

   Luz   
1/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
C’est vraiment un très beau, très fort poème, dans son apparente simplicité ; et c’est bien cela qui lui donne tout son pouvoir évocateur. Tout à l’air facile, le rythme des vers déroulés, les rimes qui sonnent au bon tempo ; alors, c’est aussi simple que cela la poésie ? Évidemment non, il y a ici beaucoup de travail, de finesse et de sensibilité.
Bravo !

Luz

   Stephane   
1/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale,

Je crois que la gérardine est ma forme préférée, avant le sonnet. Je ne saurais dire pourquoi, à moins qu'il y ait une sorte de mélancolie qui l'a caractérise, et j'aime bien cet état pourvu qu'il ne dure pas trop... Un commentaire parle même de gérardine inversée et je me suis renseigné pour savoir de quoi il s'agissait. J'ai donc lu le poème en sens inverse (en partant de la fin jusqu'au début) et j'ai été frappé par l'incroyable magie opérée. Ce poème peut donc se lire dans les deux sens et je pense que cela est très difficile à obtenir, donc je salue vraiment le travail.

Quant au fond, c'est un pur bonheur. J'ai savouré le calme présent dans chaque vers, cette douce langueur qui se dégage du poème, et ce cantilène (dont je ne connaissais pas la signification avant de me renseigner) porté par l'écho du vent...

Une oeuvre somptueuse;

Merci Cristale

Stéphane

   PIZZICATO   
1/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
" Mon front contre la vitre, un jour dure cent ans.
L’automne est arrivé ( L'attente ).

" Je regarde la mer, l’horizon s’éternise."
" L’automne, puis l’hiver " semblent confirmer un retour improbable. Alors, l'enfant dans le berceau est-il est-il celui du fils du " vieux François " ?

Ces deux poèmes s'enchaînent admirablement.
Une profonde mélancolie, voire tristesse. L'espoir a-t-il disparu ?

   Absolue   
1/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'apprécie ce genre de poème, qui raconte une histoire et coule librement, avec des images fortes et une certaine mélancolie.
L'ensemble se lit facilement, c'est clair et en même temps, on ressent le travail de l'auteur.
De mon point de vue, il s'agit d'une femme de marin qui attend le retour de son amoureux pour se marier mais cela semble compromis. Pourquoi? On ne le sait pas. Une tempête qui a mal tourné? Autre chose? Quelle est cette rumeur évoquée à la fin du poème? Et qui est François? J'aime vraiment beaucoup, c'est mélodieux (comme un cantilène?) et prenant comme un ressac. Merci.

   Hiraeth   
1/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je ne connaissais pas cette forme, c'est une belle trouvaille. Comme souvent chez l'auteure, elle est méticuleusement choisie pour épouser (c'est le cas de le dire) le thème du texte, qui présente une locutrice passant progressivement d'une sobre contemplation de la Nature (en peu de vers) à l'affairement du monde humain, bien rendu par des strophes plus massives, qui l'en arrache (parce que la vie continue et doit continuer) sans pour autant l'empêcher de penser à l'être aimé -- car on se doute qu'un spectre hante le paysage, qu'une certaine absence se fait beaucoup plus présente que le présent.

Quel beau poème ! La simplicité n'y empêche pas le foisonnement du sens, rendu possible par une langue très subtile. L'essentiel a déjà bien été dit par les autres commentateurs. Le pronom "ton" et l'emploi d'un nom propre supposé connu du lecteur fait penser à une lettre intime, dans laquelle la locutrice raconterait son quotidien à l'être aimé, même disparu. Le texte garde suffisamment de mystère (quelle rumeur ? Quel type d'absence ?) pour laisser la porte ouverte aux différentes interprétations, ce qui est toujours bien.

J'aime particulièrement le fait que l'être aimé n'apparaît qu'une seule fois, à la fin, et pas directement, mais à travers son chien : j'ai trouvé cela subtil et touchant.

J'ai juste été un peu gêné par les deux pronoms "nos" aux vers 10 et 11, j'ai l'impression qu'ils n'ont pas les mêmes référents. "Nos promis d'un soir" (formule dont j'aime beaucoup l'ironie ; j'imagine la locutrice regarder d'un air à la fois amusé et désabusé les petits jeunes qui croient encore à l'amour éternel, ou bien au contraire qui enchaînent les coups d'un soir) ne peut pas inclure la locutrice, alors que c'est le cas à l'évidence de "nos vœux"...

Mais sinon, tout est nickel.

Et j'ai maintenant en tête ces vers de Robert Browning, que je vais m'efforcer de traduire au mieux (il y a plusieurs interprétations possibles) :

"Round the cape of a sudden came the sea,
And the sun looked over the mountain's rim:
And straight was a path of gold for him,
And the need of a world of men for me."

"En faisant le tour du cap la mer m'apparut soudain,
Et le soleil regardait du haut de la montagne,
Et il y avait tout droit un chemin d'or pour lui,
Et pour moi, le besoin d'un monde d'hommes."

   jfmoods   
1/1/2020
Ce poème à rimes croisées, suffisantes et riches, majoritairement féminines et presque exclusivement consonantiques est le second pan d'un diptyque.

Plusieurs éléments rappellent en effet au lecteur L'attente (construction : 1, 2, 3, 4, 5 / 5, 4, 3, 2, 1, écho entame / chute, mêmes référents : "ton chien", "François", contexte villageois).

La poétesse a eu envie de décliner ici, sous un angle un peu différent (la mère / la future mère au lieu de la femme seule, l'hiver au lieu de l'automne, les tâches domestiques du dehors plutôt que celles du dedans), une même situation. Je remanie donc le plan proposé pour "L'attente" : je modifie la première partie et laisse en l'état la seconde.

I) Un temps enkysté

1) L'usure progressive

L'anaphore (vers 1 et 15), le constat (vers 3 : "le bois diminue au fond de la remise"), l'énumération (vers 4 : "L’automne, puis l’hiver, les frimas de janvier"), le marqueur temporel (vers 5 : "jour après jour") et le zeugma (vers 5-6 : "brûlent [...] mon courage, et ma peine, / Et la peau de mes mains") entérinent l'érosion.

2) Une infinie tristesse

Le cadre extérieur (vers 2 : "La dernière tempête a couché l'olivier"), la bande-son du poème (vers 9 : "Le vent porte l’écho de quelque cantilène") et l'attitude de l'animal de compagnie (vers 14 : "ton chien, résigné, vient s’asseoir") manifestent la profondeur abyssale d'une affliction, d'une désolation.

II) Le mythe de Pénélope

1) Un espace domestique préservé

Par la perpétuation des tâches du dehors (vers 7-8 : "Les filets recousus, la cale humide est pleine ; / Rudes labeurs auxquels je ne saurais surseoir", vers 12 : "J’ai mis, avec François les pommes au pressoir"), l'épouse et (future ?) mère (vers 14 : "Près du berceau") maintient l'espoir d'un retour de l'Aimé.

2) Une indéfectible fidélité

Faisant fi du qu'en dira-t-on (vers 12 : "avec François", vers 13 : "La rumeur se méprend ; qu’au diable elle médise !"), elle conserve en elle vivante, intacte, la mémoire de l'Absent (vers 10 : "Sous la lune témoin de nos promis d’un soir", vers 11 : "Le curé nous attend pour nos vœux à l’église...").

Merci pour ce partage !

   Lebarde   
1/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cristale
Je ne sais pourquoi votre superbe poème m’évoque »Le mur des disparus «  de Ploubazlanec, village breton proche de Paimpol , cher à Pierre Loti dans lequel j’ai fait un court séjour il y a peu de temps.
Ai-je tord?
En tous les cas quel magnifique cadeau vous nous faites en ce début d’année avec cette extraordinaire poésie classique, tout en simplicité et émotion évocatrice pour parler du temps qui passe inéluctablement et de l’attente qui dure, dure au point d’en devenir supportable malgré l’atmosphère pesante que les vers d’une rare fluidité savent produire.

Une fois encore vous m’avez touché, ému et comblé.
Je ne sais plus quoi dire . Bravo et je relis encore.

Merci
Lebarde sous l’émotion

   STEPHANIE90   
1/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Cristale,

un si beau classique qui n'a surement aucune coquille. Même si je m'interroge sur ce vers :"Et le bois diminu[e au] fond de la remise", n'y aurait-il pas un hiatus à la césure ?
Il faudra m'expliquer ceci chère amie.
Je suis admirative du fond, tellement sentimental, tragédie de marin et de femme restée au port dans l'attente d'un retour qui ne sera plus jamais.
J'ai particulièrement aimé ce vers :
"Près du berceau, ton chien, résigné, vient s’asseoir"
La vie continue, il faut se battre et écrire une autre page sans "lui" qui n'est plus, pour ce petit être dans ce berceau qui doit avoir un avenir malgré tout.
Merci pour cette si belle lecture,

Stéphanie90 qui aimerait être autant à l'aise avec le classique.

   Miguel   
1/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un lyrisme contenu mais frémissant qui me rappelle une pensée de Gide que j'aime à citer : "Le classicisme est un romantisme maîtrisé." Quelle belle trouvaille que la notion de temporalité transposée à l'espace ! L'attente s'exprime à travers l'écoulement du temps et des activités quotidiennes. Le caractère dramatique de cette attente n'apparaît que progressivement en en est d'autant plus fort. La dimension implicite contribue aussi à ce registre tragique. Les vers, impeccables et sobres, rendent admirablement l'angoisse de cette âme s'adressant à un absent que l'on comprend peu à peu comme absent pour toujours. La résignation humaine exprimée à travers celle du chien fidèle est une autre belle idée. Ce poème me rappelle "Oceano nox" et "Les timbaliers" de Victor Hugo : pour le monde tragique de la mer, et pour le désespoir de l'amour perdu.

   leni   
2/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Cristale
Comme tous tes écrits ce poème me touche C'est un texte
qui parait très simple Tout en finesse La mélancolie ne pleurniche pas
Elle est en toile de fond Les faits sont explicités "le bois diminue"
Cela semble simple Mais quel travail en coulisse Pour me résumer
je diras sensible et touchant J'aime les expressions
L'hrison s'éternise L'cho des cantilènes
Bravvissimo AMITIES LENI

   ours   
2/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale

Je me hasarde peu à commenter en poésie encore moins en classique, mais comme je sais que vous ne m'en voudrez pas de mon manque de compétences en la matière, j'appose ici mon commentaire à la liste qui je suppose va s'allonger au fil des jours.

J'ai d'abord aimé ce choix de construction pour symboliser l'attente du retour, un vers de plus à chaque strophe et ce magnifique dernier vers qui renvoie au premier pour plier le poème sur lui même, l'absence est plus que longue, elle s'éternise comme l'horizon dans lequel nos regards se perdent. C'est bien ce que l'on ressent lorsqu'on attend le retour incertain de l'être aimé.

J'ai adoré la troisième strophe, l’enchaînement des saisons, de leurs effets qui se clôt par un magnifique zeugma d'un réalisme cru sans larmoiement. C'est juste beau.

J'ai été impressionné par la fluidité et le naturel de l'écriture malgré le nombre important de contraintes... chapeau bas

Ce poème m'évoque le courage et la force de la narratrice qui attend malgré tout, sans jamais se résigner, c'est un très bel hommage.

Il me reste quelques interrogations, est-ce l'absence d'un père ou d'un futur mari ? S'agit-il des vœux du baptême ou d'un mariage...

Merci pour ce beau début d'année en poésie !

   Hananke   
2/1/2020
Bonjour

Ce texte est très bien écrit ... mais je ne l'ai pas compris !

L'incompréhension surgit au vers 10 : de nos promis d'un soir
et la suite.
Je ne saisis aucuns liens avec ce qui précède.

On dirait une femme qui attend le retour de son marin de mari
mais crac d'un seul coup elle se retrouve avec ce François.

Ayant reconnu l'auteur en E.L., j'avais déjà longuement hésité
à commenter ce texte.
Pas d'appréciation car il y a sûrement quelque chose qui m'échappe.

   sympa   
2/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale,

"Les filets recousus, la cale humide est pleine "
Et
" Je regarde la mer, l’horizon s’éternise."

Ces vers me font penser à un marin parti en mer et dont l'épouse, probablement enceinte, attend le retour de son futur époux (" Le curé nous attend pour nos vœux à l’église...")

Une attente douloureuse mais contenue .
La narratrice, inquiète, vaque à ses ocupations avec l'aide de François, (ami ou voisin du couple ?)en attendant et espérant son retour.

Très belle poésie dont les alexandrins classiques sont maîtrisés, se lisent et se comprennent aisément.

   Cat   
2/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Cristale,

Je suis à chaque fois sous le charme de ton savoir-faire et de ta poésie. Pourtant adepte et grande fan du Libre, faut-il le répéter, toutes les images et le romantisme que je retrouve chez toi me ravissent l'âme. Rien de la contrainte que tu as dû assurément t'imposer ne transpire entre tes lignes ; mieux, tu sais créer une ambiance comme personne, mine de rien.

Bravo !

Cerise sur le gâteau, j'ai relu ton poème en commençant par le dernier vers, remontant jusqu'au premier, et, ô, magie, le charme a opéré ! Même plus fort encore...

L'histoire tragique de ta narratrice me fait penser à celle de Marius et Fanny de Pagnol, dans laquelle François tienrait le rôle de Panisse.

Tu sauras nous dire ?...

Merci encore une fois pour ce si beau partage.


Cat

   emilia   
3/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L’absence d’un marin parti en mer « s’éternise » et les marques du temps qui passe alourdissent la peine éprouvée par la compagne qui l’attend, tout en remplissant avec courage ses « rudes labeurs » quotidiens qui assurent sa survie et auxquels elle ne peut « surseoir »… ; les saisons défilent et les réserves s’amenuisent : l’olivier est perdu « couché par la tempête », cristallisant le danger et l’inquiétude associée, et « le bois diminue… » soulignant le besoin urgent d’un retour… ; en quelques vers s’esquisse une destinée tragique si bien suggérée avec pudeur et sans appuyer sur le drame évoqué, sachant que « les vœux » n’ont pas encore été prononcés et que la rumeur villageoise enfle et se « méprend », quand l’enjeu de cette attente concerne aussi un petit être présent ou à venir dans le berceau déjà installé, avec cette annonce si émouvante de la veille du chien à ses pieds qui lui, semble « résigné » alors que sa maîtresse garde encore un espoir en portant son regard sur l’horizon… ; merci encore à vous pour votre partage toujours très sensible…

   Vincente   
3/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai été sous le charme adorable de la plume qui avoue la mélancolique quotidienneté de cette femme de marin. Jusqu'au vers 9, la magie opère et je me dis que la prosodie classique, quand elle atteint cette grâce, est un vrai délice. Sans cadence systémique, sans rigueur "rigidifiante", sans musique lancinante, les mots d'ici s'harmonisent et disent avec justesse la "si longue absence" et la "peine" qui surnage puis s'apaise un peu chaque jour…

À partir du vers 10, cette fluidité magicienne se trouble dans une formulation assez difficile, je ne dirais pas incompréhensible car elle semble provenir d'une volonté très déterminée. La "rumeur" ou le "diable" sont identifiés et écartés, la nouvelle histoire peut bien s'accomplir, il semble que ce soit une nouvelle histoire d'amour avec un enfant déjà au berceau… Et avant elle, des tentatives d'un soir, avortées aussi vite que passe une nuit…

Cette strophe finale m'est apparue d'autant plus confuse qu'elle venait après cette "fluidité magique" ; pour comparer peut-être brutalement, comme l'on parle souvent de rupture lexicale, j'ai trouvé qu'il y avait là une rupture dans l'expression. Alors oui, en remontant le fil de la lecture, comme si l'on rembobinait au ralenti, puis se repassait ce passage, et cela deux ou trois fois, l'on comprend, enfin je crois avoir compris… Je me dis que peut-être l'auteur a cherché cette rudesse narrative comme pour prendre en compte une pudeur et un malaise du narrateur, et son défi de reconstruire sa vie malgré l'inconfort moral que la société voudrait lui imposer.

   Vincendix   
4/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cristale,
Une année qui commence bien avec le plaisir de lire un tel poème évocateur.
Un tableau de maître avec la mer, l'olivier abattu par la tempête et la remise à bois presque vide...
Vincent

   Castelmore   
4/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Maîtrise est le premier mot qui me vient à l’esprit en quittant ma lecture.
À la façon d’un Racine ou d’un Malherbe...

Les mots cisèlent à la perfection le décor et les sentiments de l’héroïne, leur dialogue quotidien dans toute la simplicité et l’ampleur d’une attente vaine et aujourd’hui résignée - par opposition à l’espoir encore présent dans L’attente.-
Attente vaine qui l’a obligée à choisir contre son cœur la protection du mariage pour l’enfant sans père...

Un pur Classique, avec une touche de modernité bienvenue dans le quintil... et bien sûr la forme inversée...

Merci !

   Quidonc   
8/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Mais oui, mais oui, encore une fois tu nous régale de ton romantisme captivant.
Finalement, ils avaient raison ceux là qui conseillaient de marier le fils de François.
Une géraldine inversée qui s'oppose à la géraldine de "l'attente" précédemment publiée et avec autant de brio. Quelle excellente idée.
Encore Bravo.
Dans l'attente de vous lire encore
Quidonc


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