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Poésie néo-classique
Curwwod : Tiffauges [Sélection GL]
 Publié le 19/07/20  -  16 commentaires  -  835 caractères  -  272 lectures    Autres textes du même auteur

Terribilis est locus iste.


Tiffauges [Sélection GL]



Farouche forteresse où le croc du merlon
Depuis des siècles mord un horizon qui saigne,
Dont l'ombre glace au cœur le pays qu'elle baigne,
Tiffauges est un vautour planant sur le vallon.

Là, se mêlaient aux chants aériens des psallettes,
Aux célestes échos de voix d’adolescents,
Les hymnes convoquant les démons rugissants
Aux sabbats criminels de monstrueux esthètes.

Chaque moellon s'est teint de rougeâtres couleurs,
Et reflète à jamais comme une litanie,
L'insoutenable horreur des râles d'agonie,
Et l'écho lancinant d'indicibles douleurs.

Qui oserait hanter ces murailles qu'habitent
Des spectres éplorés, verrait, dit-on, le soir,
Ouvrant son aile ainsi qu'un funeste oiseau noir,
Du maréchal de Rais, l'âme à jamais maudite.


 
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   poldutor   
2/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Triste sire que Gilles de Rais si on en croit la légende, il eut une vie très mouvementée et finit sur le bucher.
Ce poème décrit bien les horreurs qui se seraient perpétrées au château de Tiffauges.
Quelques beaux vers :
"Tiffauges est un vautour planant sur le vallon"
les troisième et quatrième quatrains sont très bien écrits et rappellent les drames vécus.
On apprend des mots rares comme "merlon", "psallettes".
Les vers 4 et 5 comportent 13 syllabes.
Quelques césures mal placées, mais on est en "néo"
J'ai aimé dans l'ensemble.
Cordialement.
poldutor en E.L

   socque   
6/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Aaah, le château de Gilles de Rais ! J'apprécie ce qui me fut une révélation, je ne connaissais pas le nom de ce domaine.

Je trouve l'évocation dans l'ensemble réussie, le premier quatrain étant à mes yeux le plus abouti avec la forteresse croquée en vautour planant. Direct, efficace. Une réserve sur l'écho lancinant d'indicibles douleurs, trop facile à mes yeux par des associations de mots plutôt attendues.

   Miguel   
6/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il faut connaître l'histoire de Gilles de Rais pour comprendre. D'ailleurs je crois qu'il ne s'agissait pas d'adolescents mais de petits enfants. Mais cette approximation ne nuit en rien la qualité du texte ; ce n'est pas de l'Histoire mais de la poésie. L'atmosphère mystérieuse et l'évocation funèbre du passé donnent un peu le frisson. L'effet est réussi.

   Ioledane   
6/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Voilà qui m'a donné envie d'en savoir plus sur ce château de Tiffauges, moi qui aime les vieilles pierres ... J'ignorais qu'il avait été la demeure du célèbre Barbe-Bleue. Je découvre également ce qu'est une psallette.

Ce poème joue de manière intéressante avec les couleurs rouge et noire, ainsi que les chants célestes et les râles d'agonie. Les images ne sont pas particulièrement originales, mais fonctionnent bien, je trouve. Un "plus" tout de même pour les "monstrueux esthètes".

Quatre quatrains, quatre phrases. Le dernier quatrain me paraît un peu alambiqué dans sa formulation, avec un second vers 'haché' et la tournure peu naturelle du dernier.

Une bien belle lecture tout de même !

   Anonyme   
7/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Le "récit" est bien mené de bout en bout et les crimes de Gilles de Montmorency-Laval exposés avec talent et réalisme.
J'aime tout particulièrement que dans cette poésie l'auteur ait pris la peine de respecter la pente du récit au fil des vers sans "forcer" la rime ce qui est remarquable parce que si rare !

—Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?
—Sous le soleil qui poudroie je verrais bien quelques plumes accrochées là !

Bravo !

   Myo   
7/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un lieu terrible assurément qui porte cette histoire lourde de sang et de souffrance.

J'aime beaucoup le 2 premiers quatrains aux métaphores parlantes.
Moins les premiers vers du dernier quatrain, la construction me parait plus bancale.

Mais l'atmosphère pesante est bien rendue et le lieu bien ressenti.
Bravo

En EL Myo

   papipoete   
19/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Curwwod
Qui ose pénétrer dans la forteresse de Tiffauges, où que son pied se pose, le pose sur la trace effacée du sang d'un innocent, d'un enfant ! Il faut avoir le coeur de plomb, pour ne pas trembler à l'évocation du maître de céans, qui voulait trouver la formule de l'or magique, qui selon lui demandait du sang, encore du sang... d'innocents suppliciés, massacrés.
NB l'auteur nous entraîne dans l'ombre des sabbats, où Gilles jouissait en martyrisant ; on entend les " célestes échos de voix d'adolescents " qui viennent hanter ces murs, Brrrrrrrr !
je n'ai pas très peur de nature, mais chez Barbe Bleue, une visite par nuit noire, que pourfendent hululements et bois grinçant, me marquerait au fer rouge... éternellement !
la 3e strophe semble la voix du guide qui dirait " je vous aurai prévenu ! "
techniquement, le 4e vers me semble mesurer 13 pieds ?

   Stephane   
19/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une évocation très réussie d'un épisode très sombre dont je ne connais pas réellement les détails mais simplement l'histoire dans ses grandes lignes...

Le poème sert admirablement le récit funeste de la forteresse de Tiffauges et de l'horreur des "sabbats criminels" (sic dans le récit).

Belle performance poétique, autant dans la forme que sur le fond.

Stéphane

   Corto   
19/7/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Curwwod,

Ce poème pourra séduire les amateurs de plongée historique.
Le style s'accorde au thème dans un parfum suranné.

Il y a de tout dans les goûts poétiques.

On est ici très loin de textes à haute valeur émotionnelle comme l'auteur nous en a fait goûter. Je pense par exemple à Roz Ven.

Merci pour ce partage.

   Angieblue   
19/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un poème recherché avec du vocabulaire très technique.
J'aime beaucoup la métaphore de la première strophe où la ville est comparée à un vautour.

Cependant, je ne suis pas fan des phrases trop longues. Par exemple, dans la strophe 2, je trouve un peu lourd qu'il y ait 3 fois "aux". Dommage car j'aime les images convoquées avec "démons" et "sabbats".

J'aime beaucoup la strophe 3, c'est la plus fluide et la plus musicale. Un bémol, quand même, sur l'emploi de 2 fois "et".

En ce qui concerne la dernière strophe, je trouve que le dernier vers ne fonctionne pas en raison de l'inversion des deux propositions pour les besoins de la rime. ça n'est pas fluide à la lecture et ça casse le rythme de la phrase.
Je ne suis pas fan, non plus, de la comparaison avec un oiseau noir alors que l'on a déjà eu une comparaison avec un oiseau dans la 1ère strophe, ça fait un peu doublon.

En somme, une belle atmosphère, de belles images, mais des lourdeurs syntaxiques qui gâchent un peu la fluidité de l'ensemble.

   Mokhtar   
20/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pour qui a visité le château de Tiffauges, en l’abordant imprégné de sa lourde réputation historique, la première strophe est particulièrement parlante.
Haut juché comme toute forteresse, le château scie de ses créneaux le ciel et les rougeurs de l’aube ou du crépuscule incitent le spectateur conditionné à penser au sang des innocents martyrisés jadis. Et que le nid d’aigle dans ce contexte sinistre soit qualifié de nid de vautour corrobore à traduire l’ambiance oppressante du lieu.

Les quatrains suivants évoquent, avec une force suggestive, les sadiennes horreurs diaboliques perpétrées
par le sinistre barbe bleue et ses compagnons de débauche.

Le parti de l’auteur de ne pas, contrairement au Littré, retenir une double diérèse pour le mot « aérien » ne me choque pas le moins du monde, pas plus qu'il n’a choqué les membres d’Oniris qui ont maintenu le classement en néo-classique. Dans ce vers, c’est plus la césure entre le nom et l’adjectif qualificatif qui pourrait faire l’objet d’une observation.

Quant aux inversions du dernier quatrain, si elles peuvent forcer à une relecture, je trouve qu’elles apportent un supplément stylistique un peu « classieux » dont je suis personnellement très amateur. Au point de les apprécier même si elles ne sont pas imposées par des contingences prosodiques. Mais c’est un goût personnel.

Quatre quatrains quatre phrases pour ce poème bien"au carré". Ambiance funeste et diabolique particulièrement bien restituée. Richesse de vocabulaire, pertinence des rimes, et rythme harmonieux de l’alexandrin…Un joyau de plus au catalogue de cet auteur à qui je voue une admiration particulière.

   Hananke   
20/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour

Gil de Rais fut, certainement, le plus grand pédophile et barbare français. Ce n'était pas des ados mais bien de très jeunes enfants.
Il me semble que Bellemare dans ses récits d'histoires extraordinaires
a écrit un chapitre sur ce bourreau sanguinaire.
Le texte, malgré une prosodie aléatoire par endroits, plante bien
le décor dès son premier quatrain.
Mais j'en aime moins l'ultime (quatrain) avec sa prosodie quelque peu
torturée.

   Lebarde   
20/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Une histoire devenue légende (ou le contraire), d'horreurs et de sang qui fait peur aux enfants et frissonner les adultes, bien racontée avec en toile de fond le château-forteresse de Tiffauges qui en garde les traces et en entretient le souvenir lugubre.

C'est bien écrit avec ce qu'il faut de démons, de "sabbats criminels", de "funestes oiseaux", de spectres pour faire encore trembler le lecteur émotif.
Beau poème en tous cas.
Dommage pour les rimes de la dernière strophe qui éloignent d'un classique mérité.

Merci,

Lebarde

   Curwwod   
21/7/2020

   hersen   
21/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une image très forte que ce créneau, cette mâchoire gigantesque qui installe tellement bien les abominations perpétrées dans ce lieu (et dans d'autres, G de rais avait d'autres châteaux).

L'Histoire est ce qu'elle est. je fais partie de ceux qui pensent qu'il ne faut pas l'oublier, puisse-t-elle ainsi nous aider à ne pas faire perdurer ces cruau... Non, je m'égare, sans doute !

Poser ses deux pieds dans ce lieu, c'est déjà s'imprégner. De ce que l'homme peut faire, de ce qu'a fait ce fameux de Rais, et ce que font d'autres ailleurs aujourd'hui.

J'ai beaucoup aimé la tonalité du poème, entre architecture et âmes criant leur agonie.

merci de cette lecture !

   jfmoods   
26/7/2020
Ce poème en alexandrins est composé de 4 quatrains à rimes embrassées, suffisantes et riches, majoritairement consonantiques, également réparties entre féminines et masculines.

Le titre ne laisse guère de doute au lecteur sur le contenu.

La première strophe met en exergue, à travers un champ lexical suscitant l'effroi, la fonction prédatrice du lieu.

En un jeu antithétique, opposant pureté (vers 5-6) et atrocité (vers 7-8), la seconde strophe relate le chemin de croix de l'ignominie.

Charge est conférée aux deux derniers quatrains de souligner l'empreinte indélébile de l'abjection et de désigner son abominable ordonnateur.

Merci pour ce partage !


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