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Poésie contemporaine
domi : Prise de sang
 Publié le 20/01/19  -  16 commentaires  -  883 caractères  -  271 lectures    Autres textes du même auteur

Je vous raconte cette histoire
Parce que je sais maintenant
Qu’on peut traiter « humainement »
Les gens dans un laboratoire.


Prise de sang



Je connus la délicatesse
Entre ses doigts d’aïeul, expert
Et doux vampire, encore vert,
Qui m’a saignée avec adresse.

Il prit tout le temps nécessaire,
Comme un important rituel,
Rendant suave et non cruel
L’étau qui, fatal, nous enserre…

Il me traita comme une reine !
Ou mieux, comme un amant galant…
Lors, toutes mes peurs s’envolant,
À son assaut j’offris ma veine :

Il l’effleura, plein de tendresse,
Cherchant longuement le chemin,
La douce chaleur de sa main
Devenant troublante caresse…

Je ne sentis nulle piqûre,
Aucune gêne ni douleur ;
Au contraire, telle une fleur,
Je fis, je crois, belle figure !

Je n’en gardai pas une trace,
Sur ma peau ni bleu ni suçon,
Mais le souvenir d’un frisson :
Un improbable état de grâce…


 
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   Corto   
5/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Une prise de sang au top niveau... Comme quoi la relation humaine attentive peut faire dépasser bien des peurs et des mini douleurs.
De là à arriver à la "troublante caresse", voilà une expérience que je n'ai pas connue, mais pourquoi pas ?
Un thème original et une belle écriture.
Merci

   Anje   
6/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Contemporain
Léger comme une caresse. Pas de veine qui roule fuyant l'aiguille barbare, pas de chair meurtrie mais un frisson, un contact sensuel. Une lecture à laquelle j'ai pris plaisir.
Je vous souhaite un résultat aussi doux que la plume.

   myndie   
9/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Ce poème est un paradoxe à lui tout seul car le choix du sujet en poésie est aussi inattendu qu’étonnant. Sa contradiction s’exprime dès la première strophe et tout est à l’avenant.
« L’état de grâce » était donc effectivement bien improbable avec le prosaïque récit d’une prise de sang.
Et pourtant.
Tout est là. Douceur, chaleur, sensualité, tout passe et chaque vers surprend.
Vous avez réussi à faire délicatement partager le ressenti d’une victime troublée…
Votre écriture est fluide et vos vers agréables à l’oreille.
C’est une poésie tout en retenue et suggestive comme un doux frôlement, dans laquelle on se plonge d’abord surpris, puis avec délices. Une poésie qui éveille le frisson inattendu et le suave alanguissement que vous évoquez si bien.

Merci pour le partage ;

   Eki   
9/1/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Vous allez vite en raccourci tout de même....en comparant un technicien de laboratoire à un amant galant...?

J'ai toujours eu peur des piqûres, déjà petite, il fallait de m'attacher...Alors, pour moi, c'est un ressenti inadéquat
avec ce curieux sujet, comparaison douteuse...

L'étau...? mais où avez-vous donc été faire votre prise de sang ?
Dans les Carpates...
Cet aïeul expert, doux vampire n'était-ce pas Dracula en
personne ?

encore vert...mouais !

"Cherchant longuement le chemin"...là, moi je me sauve en courant car c'est un type qui ne sait pas "piquer"...

"Mais le souvenir d’un frisson :
Un improbable état de grâce…"

Les deux derniers vers, le coup fatal...comme "état de grâce", je pense que l'on peut trouver mieux...

Je n'ai pas ressenti de poésie, désolée.

Eki retarde sa prise de sang

   PIZZICATO   
20/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Assimiler un prélèvement sanguin à une caresse, plus, un "état de grâce ", c'est pour le moins original.

Fallut-il que l'intervenant fût délicat pour engendrer un tel moment d'extase !

" Je connus la délicatesse
Entre ses doigts d’aïeul, expert
Et doux vampire, encore vert " Comme quoi...

Une lecture plaisante.

   Eclaircie   
20/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Domi,

Un poème original, au sujet que je n'aurais pas même imaginé.
Ah ! Ce que l'imagination peut avoir comme pouvoir !
L'exergue me gêne un peu, car doux ou moins doux, un technicien de laboratoire est un Humain et ce n'est jamais sa volonté de faire souffrir, juste parfois une maladresse.
Votre présentation de l'infirmier n'est pourtant pas très rassurante
"aïeul" ? "aîné", plutôt mais la sonorité avec le mot suivant "expert" n'était pas si douce.
"étau" ? devez-vous être attaché pour subir un prélèvement ?
Mais je chipote, votre poème est agréable, merci.
Éclaircie

   leni   
20/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Domi salut
On perçoit les choses différemment selon que l'on soit d'un côté
ou l'autre de l'aiguille C'est un poème flash qui décrit un instant fugace Ca peut durer plus longtemps si la veine roule ou si fragile elle éclate
DOMY tu as eu de la chance SALUT AMICAL Leni

   FrenchKiss   
20/1/2019
Bonjour Domi,

Appréciant la fantaisie et la distance que vous prenez avec l’anecdote, j’espère que vous considérerez mon commentaire avec la même approche complice.

Voilà une prise de sang fantasmée. Moi aussi j’ai essayé de regarder mon infirmière acariâtre comme une bimbo de cinéma. Quand elle m’a dit « ça va ? » j’ai même cru qu’elle voulait me demander ma main. Elle n’avait rien d’une aïeule aux doigts arthritiques comme le vôtre, mais je ne pourrais pas affirmer non plus qu’elle était déclarée. Pour toute déclaration elle s’est contentée d’un « On vous les envoie ou vous passez les chercher ? » avec un sourire qui me demandait si j’étais vraiment pressé de connaître la date de ma mort. Je lui ai répondu que j’allais lui écrire un poème pour mieux me faire à cette idée sans regrets.

Moi aussi elle m’a caressé autour du point G, cherchant à inhiber tout un territoire érogène, comme si soudain elle semblait vouloir me prouver qu’elle avait pris possession de mon corps entier. Je lui ai demandé combien je lui devais, elle m’a répondu qu’elle ne prenait pas la carte bleue, l’aiguille à moitié seulement retirée du cratère. J’ai vidé mon porte-monnaie (2,63€) lui montrant ainsi que je me saignais pour elle.

Deux ou trois perles :

« Rendant suave et non cruel
L’étau qui, fatal, nous enserre… »

Il vous a pas limée, quand même ?

« Entre ses doigts d’aïeul, expert
Et doux vampire, encore vert,
Qui m’a saignée avec adresse. »

Un aïeul vampire encore vert ?? Du genre un seul chicot au milieu de la gencive ? C’est tout de suite moins glamour que Twilight.

« Il me traita comme une reine !
Ou mieux, comme un amant galant… »

Il y a là une confusion grammaticale où les deux comparaisons ne se rapportent pas à la même personne (reine/amant galant). Du coup j’ai cru que la reine/amant galant était transsexuelle.

L’ensemble reste un exercice de galanterie de boudoir, de marivaudage hypodermique où la transgression s’arrête au souvenir d’un frisson et d’un improbable état de grâce. Pareil pour le lecteur que je suis.

FrenchKiss
Triglycérides en hausse

   papipoete   
20/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour domi
je connus la délicatesse d'un être charmant, qui me prenant du sang, le fit avec tant de douceur, que son geste est gravé dans mon coeur comme une infinie caresse !
NB comme c'est joli, pour un sujet original ( bien que celui-ci arrive à tout le monde ! )
Vous pûtes être traumatisée dans l'esprit, marquée dans votre chair, et c'est tout le contraire dans le portrait de ce " gentil " vampire au tact d'amant appliqué !
le moment est si bien narré, qu'il a un petit côté érotique..;si gentillet !
Et pourtant, dans mes souvenirs d'enfant chétif, j'en revois des visages penchés sur moi ( comme cette affreuse religieuse qui me rasa sans mousse, depuis le nombril jusqu'aux pieds ) ! son Dieu du Ciel devait avoir les yeux du Diable, pour m'infliger de telles souffrances ; on aurait dit que j'avais traversé une ronce tout nu !
la 4e et dernière strophes sont d'une tendresse !
Un infime bémol au 3e vers, avec ce " encore VERT " qui pourrait prêter à confusion ?
Voici un poème à lire à tout aspirant à sa première prise de sang !
je vois de surcroît, de parfaites octosyllabes néo-classique ! ( le contemporain m'échappe )

   STEPHANIE90   
20/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir domi,

Un charmant poème pour un sujet original. Je n'ai pas connu tel extase en me faisant triturer les veines. Mais bon, admettons...
"Et doux vampire, encore vert
Qui m'a saigné avec adresse", D'accord, c'est une histoire sanguine, pas de doute. Mais à le comparer à un amant galant avec en apothéose un frisson pour un improbable moment de grâce.... Cela frôle l'inceste !!!
Il n'en reste pas moins que, ce poème contemporain est bien écrit, il aurait certainement été assez facile d'en faire un "vrai" classique. Il est bien joliment écrit cet hommage à votre tortionnaire délicat.

Merci pour la lecture,
StéphaNIe

   VictorO   
20/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le moment fatidique où l'on sait que l'aiguille approche (prise de sang, don du sang)… On ressent d'abord toute la bienveillance de l'infirmier, pour finir sur un "improbable état de grâce". Un petit poème aéré, agréable, surprenant et original.

   Vincente   
21/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voilà un regard, une sensation, un "positionnement" original et gracieusement retranscrit. La gageure m'a emporté. Ce n'est pas anodin d'avoir su apprécier la délicatesse d'un soignant dans ce geste si anodin, une prise de sang. Pourtant, c'est un acte qui, bien que banal dans sa pratique, n'en est pas moins souvent angoissant dans sa finalité. Alors quand le praticien a cette attention profonde à l'inquiétude globale du patient, il peut y avoir de ces belles rencontres comme celle racontée dans ce poème. Qu'il y ait la rencontre c'est une chose, qu'il y ait la belle plume qui la croise et la signe, c'en est une autre. Ici la magie a opéré.

   Licorne   
23/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je fais des prises de sang deux fois par an auprès d'un petit labo pas loin de chez moi. Il n'y a qu'une infirmière, toujours la même. 35 peut-être 40 ans, sympa. Pas une pin-up, une femme "normale". Pourtant, quand elle s'approche et me tâte gentiment le creux du coude puis dit : "Je pique!" alors que ses cuisses sont à quelques cm à peine de ma hanche, je suis troublé.
C'est pour ça que ce poème a résonné en moi.

   solo974   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour domi,
J'ai beaucoup aimé votre poème.
L'originalité même du thème m'a tout de suite conquise.
Ce que j'ai particulièrement apprécié, bien sûr, c'est le mélange des deux registres : l'un proprement médical ("saignée", "étau", enserre", "veine", "piqûre", "bleu") ; l'autre amoureux et érotique ("suave", "amant", "assaut", "effleura", "tendresse", "caresse", "suçon", "frisson").
L'humour est également présent dans les vers suivants :
"Au contraire, telle une fleur,
Je fis, je crois, belle figure !"
Une écriture ciselée et parfaitement maîtrisée : merci pour cette belle découverte et excellente continuation à vous !

   Ithaque   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voici la preuve que tout est dans l'entregent, l'art et la manière. Ce qui soigne d'abord c'est la façon dont le soignant vous approche, vous considère. Et je trouve qu'à votre tour vous avez rendre l'écrit aérien et léger, sur un sujet qui est parfois lourd d'angoisses et de conséquences pour le patient.Ô vertus lénifiantes et curatives de l'acte d'écrire !

   Robot   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Domi,
J'en ai connu des prise de sang et des injections. En général elles se sont passées sans problème et même un peu comme vous le décrivez celle qui s'achève presque sans se rendre compte. Et puis aussi des plus douloureuses. Je partage tout à fait le sens qu'il faut donner à votre texte. Tout est dans la relation qui s'installe entre le praticien ou la praticienne et le patient.


Votre poème est écrit avec beaucoup d'humour.


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