Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Donaldo75 : Exercice 2001
 Publié le 28/02/20  -  12 commentaires  -  711 caractères  -  252 lectures    Autres textes du même auteur

« Nous ne sommes plus des enfants
Les poings que vous avez faits viennent frapper à votre porte
Votre héritage attend dans les coulisses
Et il y a quelque chose de si familier dans la faim que nous apportons
Nous ne voulons pas être comme vous. »

(Justin Sullivan – 1985)


Exercice 2001



Je suis un exercice, un essai d'écolier,
Fait de glaise et de terre, avec un goût de poudre.
Pourtant je suis vivant, un peu grâce à la foudre,
Juste un coup du hasard ou celui d'un sorcier.

Ma vengeance a sonné, ce pour le monde entier.
La horde de soldats, venue pour en découdre,
De petits grains de foi que je vais bientôt moudre
Pour une place au Ciel, attitré justicier.

Le grand frère étoilé, fanfaron ridicule,
Un cow-boy fatigué sur son âne à bascule,
Tente de raisonner mes poupons énervés.

Il invoque le feu, le tonnerre atomique,
Croyant juste au canon, en face du mystique,
Cent raisons de lutter en bons fanatisés.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   hersen   
28/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'histoire d'une escalade, car après tout, qu'est-ce qui peut arrêter la folie ?
"des petits grains de foi que je vais bientôt moudre"
Un vers cynique, un vers juste, un vers glaçant.

"je suis un écolier, un essai vivant
fait de glaise et de terre, avec un goût de poudre"
C'est un début qui reste en tête tout au long du poème, et qui ne rassure pas au fil de la lecture.

Un poème qui, par l'angle choisi, réussit tout à fait bien son objectif : démontrer que la violence engendre la violence.
des raisons de se battre, de tuer, il y en a cent millions; auxquelles il faut ajouter celles que nous ne connaissons pas encore.

L'auteur, comme tous les grands artistes, a ses périodes. nous sommes ici dans la période poupon; j'avoue que cette strophe me plaît beaucoup : c'est un jeu. Entre "eux";

Un poème pas si facile, au bout du compte, mais qui porte. Beaucoup.

   papipoete   
28/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Donaldo
" tu viens , on joue ! - à quoi ? - au cow-boy !- super ! "
Et voici 2 enfants à l'age des poupons et du colt à la ceinture qui vont s'affronter dans un terrible duel...toute la chambre tremble, ça va barder !
NB même l'Abbé Pierre joua sûrement à ce jeu d'armes, où l'on est un moment le " gentil " et l'instant suivant le " méchant "... et notre homme ne devint pas pour autant un dangereux renégat ! Si cela se trouve, Hitler jouait à la poupée ou gardait des moutons dans une mini-ferme ?
Que n'a-t-on tiré du colt, et voulu pendre " haut et court " le frangin, la frangine...( en l'occurrence, je crois deviner que le justicier qui parle, est plutôt une cow-women...)
Un sonnet pour évoquer ces joutes, n'est pas banal ?
au 6e vers, " ve/nu/e " put en classique compter 13 pieds ( c'est le seul bémol que je trouve à ces parfaits alexandrins, parfaitement césurés ) si non, ce poème put être répertorié " néo-classique " ?
le 2e quatrain a ma préférence

   Lirian   
28/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Donaldo75,

La haine se transmet et s'apprend aussi dès le plus jeune age jusqu'aux exercices grandeur nature auxquels l'auteur fait référence dans le titre . Le regard porté est sans concession, l'écriture est habile et saisissante d'autant plus que les propos glaçants comme parfois presque naïfs émanent de la bouche d'un enfant. Le poème pour moi est réussi parce qu'aussi son spectre peut éclairer bien d'autres ombres, ombres qui nous suivent et nous poursuivent.
Merci.

   Lariviere   
28/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Don,

J'ai trouvé intéressant et bien mené ce parallèle entre les attentats de 2001 et la vie de ces écoliers de l'horreur ; je trouve que c'est audacieux sur le ton et sur le coté écriture caustique, tout ce que j'aime lire, en fait...

Sur la forme, le rythme est tranquille, peut être un peu trop à mon gout sur un tel sujet, mais ca permet aussi de ne pas perdre le fil des images, c'est certain... Sur le fond, je ne vais pas dire que je ne partage pas l'analyse ni le constat, mais j'avoue que je serais un peu plus sceptique sur le lien direct entre les attentats, le terrorisme islamiste et la politique extérieure américaine. Je dirais plutôt que là dessus, comme au judo, les politiques se servent de la force des événements de leur attaquants d’Afghanistan... pour envahir l'Irak !... et par la même occasion laper un peu de bon pétrole du moyen orient, à tous les puits et râtelier, de Bagdad ou émirats-arabes unis, qui finance grassement le dit terrorisme... (en ce moment par exemple, Trump et l'administration américaine sont en train de conclure un accord de paix avec les talibans en Afghanistan pour "pacifier" le pays...)... Je serais donc plus critique et moins formel sur le pourquoi du comment, sur la rigueur "morale" derrière la bannière (étoilée) mais c'est du pinaillage...)

Pour finir, mention spéciale à celles-ci (les images)... je trouve qu'elles possèdent la force et la fantaisie que j'aurais aimé avoir un peu sur le rythme. Au passage, j'aime beaucoup le portrait satirique de D. Trump que j'ai reconnu tout de suite !...

Merci pour cette lecture et bonne continuation.

   Robot   
28/2/2020
Rien à dire sur la composition car ce texte a de la force. Seulement, je l'aurais aimé un peu mois énigmatique dans son propos. Le lien entre les écoliers et le dirigeant américain ne m'a pas d'emblé sauté aux yeux et il m'a fallu plusieurs lectures pour établir une connexion.

Voilà la lecture que je fais: Trump (Le grand frère étoilé) serait le détonateur de la vengeances des enfants opprimés du monde islamique (les petits grains de foi). Mais le parallèle est un peu rapide car la situation existait avant son arrivée. Qu'il l'ait exacerbée je n'en doute pas, mais les causes sont beaucoup plus complexe. Ce serait comme désigner Macron comme cause des agitations de l'Afrique, en oubliant les interventions de ses prédécesseurs. Tout cela remonte beaucoup plus loin dans l'histoire des relations Occident /Moyen Orient ou Nord/Sud.

Je dirais beaucoup pour la rédaction et un peu pour le fond qui ne m'a pas totalement convaincu.

EDIT: Si j'ai traduit "Le grand frère étoilé" par Trump plutôt que par USA, c'est que le "fanfaron ridicule" ne me semblait pas s'appliquer à d'autres présidents comme Obama qui a cependant conduit qu'on le veuille ou non la même politique.

   Anje   
28/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte d'apparence gentille qui parle de jeux d'enfants mais 2001 et le cow-boy étoilé m'orientent vers l'Afghanistan et la "guerre contre le terrorisme" déclarée par l'administration Bush après les attentats du 11 septembre. Sans dire son nom, le narrateur semble être taliban, étudiant d'une école coranique.
C'est ce que j'ai cru lire dans ce sonnet contemporain très très proche du classique qui épouse avec adresse un thème d'actualité.
Bravo et merci.

   thierry   
28/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
N'ayant pas de compétence technique sur la construction d'un sonet, je me garderais de toute critique à ce propos.

Voilà, simplement, j'aime beaucoup : le rythme, la chute, l'harmonie. Cela me pousse au respect : quelle aptitude à faire dans le juste, l'élégant ! Bravo

Bravo aussi pour le thème, le paradoxe de l'enfance et de la guerre. Le beau n'est donc vraiment pas loin de l'affreux, ce que nous montre très élégament ce poème très fort.

Merci pour ce partage

   Corto   
28/2/2020
Je ne suis pas fan de ce style de poésie grinçante.
Comme dans un spectacle de mauvais goût on met face à face deux folies qui se concurrencent.

Le titre "2001" nous renvoie clairement aux attentats de septembre de cette année-là aux USA.

Faut-il à partir de là s'amuser de la folie gavée au capitalisme, à la vente libre des armes (vive les tueries dans les écoles), au machisme, au sexisme, au racisme, à la suprématie blanche "Le grand frère étoilé, fanfaron ridicule"
Puis mettre en face "la folie de dieu" qui enferme les filles hors de l'école, qui écrase toute forme de liberté et toute créativité, organise l'asservissement sinon l'esclavage au quotidien "De petits grains de foi que je vais bientôt moudre Pour une place au Ciel, attitré justicier."

Deux folies aussi graves peuvent-elles faire un poème ?

Je m'interroge.

   Vincente   
28/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le poème d'introduction est percutant. Cette entrée en matière permet d'imaginer après ce titre qui avoue une tentative, un "essai" déclaratif, une proposition qui ne fera baisser ni la tension instillée, ni l'attention installée.

De fait, j'ai été séduit par le ton et la détermination à la hauteur de l'espérance qu'elle avait suscitée. L'écriture est solide, prête à la bataille, dont sa forme sait où elle va.

Par contre, ce qui me manque pour être franchement emballé, c'est que le côté "déclaratif" se bute à un manque d'identification de ce dont il s'agit. Cette forme combattante, convaincante par son phrasé, mériterait un fond qui ne se cacherait pas sous la "pudeur" de quelques images poétiques. Je ressens comme un contre-sens dans ce propos ; un combat feutré, en quelque sorte. L'on n'est pourtant pas dans un régime dictatorial, ou dans une confrontation guerrière qui justifierait de parler en langage codé ; en tous les cas rien ne nous le signale ici.

Ceci dit, voici tout de même ce que j'ai aperçu. Je devine l'homme, l'enfant du 21è siècle ("l'essai d'écolier / Fait de glaise et de terre…"). Partout sur la planète, la révolte gronde, les combattants débattent et se constituent, le moment devient infernal, les modestes ("de petits grains de foi") sont abusés et cherchent refuge dans la religiosité ou sous la bannière "étoilée" d'un "cowboy ridicule sur son âne-[âme] à bascule" (belle trouvaille… le bonhomme en trump-l'œil est bien mimé ainsi).
Le dernier vers achève le constat de ce monde qui se recroquevillerait dans le fanatisme, religieux ou politique…

   Donaldo75   
29/2/2020

   Castelmore   
1/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Don,

Exercice difficile que ce texte !

En voici ma lecture:

Nous sommes en 2001, avant le 11 septembre .

La première strophe retranscrit les paroles d’un taliban ( étudiant)
et m’a immédiatement remémoré un reportage diffusé sur Arte, à propos d’une école coranique au Pakistan...
Glaçant ... le reportage le plus violent que j’ai vu ... où des enfants depuis l’âge de quatre ans apprennent huit heures par jour uniquement le coran cloîtrés dans un pensionnat moyenâgeux sans aucune distraction, aucun jeu ... et ce pendant plusieurs années... il est permis de se demander ce qu’ils deviennent l’âge avancant...

Que dit ce Taliban?
Je suis un humain robotisé avec un goût de poudre...

La seconde annonce, de la voix d’un (du ?) chef, ( Ben Laden )
l’heure de la « vengeance »
clamée au nom de la justice ( coranique , c’est implicite),
Grâce à tous ces talibans instruits de grains de foi et auxquels est promise une place au Ciel, dès lors qu’ils se sacrifient en martyrs.

L’ennemi (majeur) est désigné dans la troisième strophe ... nous sommes en 2001,
le cow-boy est le Texan : Bush... aussi ridicule que l’âne qu’il monte, ( l’Amérique), ridicule car il essaye d’user de « raison ».

La quatrième strophe développe sommairement le raisonnement de l’Amérique:
craignez ma force, et celle de mes armes.

Ridicule et même puissamment contreproductif en face de croyants !


La profession de foi de ce croyant est claire, convaincante, l’attentat du 11 septembre va avoir lieu.


Alors l’auteur de nouvelles a-t-il nourri le poète ? y a-t-il poème ?
Personnellement je réponds oui. Ce texte n’est pas du tout déclaratif, il fait appel à de nombreuses images bien choisies, possède une forme de lyrisme incantatoire ...
et respecte parfaitement me semble-t-il les canons d’un sonnet !

Sur le fond, son message décrit une situation d’affrontement idéologique qui dépasse largement les traditionnelles querelles de frontières, d’accaparement de territoires et autres luttes « économiques »,

avec des ressources qui ne sont plus celles du moyen âge...

Bravo

   plumedeplomb   
7/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup votre texte, même si j'ai dû la lire plusieurs fois pour en comprendre les subtilités. J'étais partie sur la seconde guerre mondiale( ne me demandez pas pourquoi) jusqu'à la dernière strophe et le tonnerre atomique. L'improbable anachronisme et la seconde lecture m'ont dirigée vers les attentats de 2001 et de Bush. je salue la technicité du poème, les images fortes cachées sous la métaphore des jeux enfantins.


Bravo


Oniris Copyright © 2007-2020