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Poésie libre
Donaldo75 : Je ne me souviens plus de rien
 Publié le 22/11/21  -  7 commentaires  -  1009 caractères  -  123 lectures    Autres textes du même auteur

Get weak all the time, may just pass the time
Me in my own world, yeah, you there beside
The gaps are enormous, we stare from each side
We were strangers for way too long

Violent, more violent, his hand cracks the chair
Moves on reaction then slumps in despair
Trapped in a cage and surrendered too soon.

(Ian Curtis - 1980)


Je ne me souviens plus de rien



La pluie coule lentement le long de la fenêtre telles des larmes versées sur un mur de verre.
Le froid insidieux engourdit le radiateur de la chambre.

Je ne veux plus jamais bouger
voir encore le temps s’écouler
et le passé me dévorer.

Qu’avons-nous raté ?
Je me le demande à chaque instant.

Des frissons parcourent mon corps dans un tsunami d’épiderme sur une mer presque morte. L’air humide se charge de noyer ses derniers restes d’humanité.

J’essaie de ne pas respirer ces effluves d’avant
quand nous étions ensemble
unis envers et contre tout.

Pourquoi suis-je parti ?
Tu dois te poser la question.

Le gris remplace le bleu d’un ciel déjà fatigué et perclus de nuages. La nuit s’annonce froide une dernière fois loin de mon passé délavé.

Le monstre a eu raison de nous
par son sourire d’enfant
et ton aveuglement.

Le sais-tu au moins ?
Je ne me souviens plus de rien.


 
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   Arsinor   
14/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Changez de système de chauffage ! :-)
Plus sérieusement, le tragique de la situation, quoique banale, est décelable à travers la sincérité du poète. Vous vous arrêtez avant de donner les détails. Pourquoi pas ?

   papipoete   
22/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Donaldo
J'ai froid, au corps et au coeur ; n'ai plus tes yeux pour me rassurer, ton épaule au creux de laquelle me blottir...
C'est pourtant moi qui suis parti... pourquoi, le sais-tu ?
Je ne me souviens plus de rien...
NB aujourd'hui, on se sépare après " s'être essayés " quelques mois, ou à peine plus ! comme ça, parce que... on n'a rien à se dire ; il ne veut pas que j'achète la dernière console, et en plus il ronfle la nuit !
" par son sourire d'enfant... " serait-ce la non-venue ou son contraire, qui fit éclater cette union ?
Un texte " questionnaire " au milieu de cette galère, trop contente d'être devenue désormais la compagne du héros.
Du gris, beaucoup de gris dans cette toile...

   Myo   
23/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il y a dans ce texte une telle lassitude du corps de de l'esprit, un constat d'échec, sans soubresaut, sans révolte.

Et cette part d'humanité qui s'éteint en même temps que l'amour et laisse place à l'oubli volontaire comme dernier sursaut de vie.

Personnellement, vos mots me parlent et me touchent beaucoup.

Merci du partage

   Marite   
24/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le trop plein d'une âme blessée et désespérée déversé spontanément ... c'est ce que j'ai ressenti en lisant ces vers.
Les images évoquées, telles les larmes de pluie sur les vitres ... le tsunami ... le reste d'humanité noyé ... le passé délavé ...
La mémoire qui se cadenasse peut-être en réflexe de survie.

   Vincente   
24/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
C'est d'abord au travers de la construction qui se remémore l'immixtion d'un oubli comme à l'insu du plein gré du narrateur que ce poème a pris corps en moi. Ce parcours à l'envers s'interroge, interroge le glissement depuis cette "union envers et contre tout" et ce présent fini où plus rien n'apparaît et ne demeure. J'aime bien la sincérité de l'écriture qui avoue cependant en creux son propre aveuglement. Oui, il est reproché à l'autre, mais c'est bien celui du locuteur qui se révèle très fortement dans cette chute où lui s'aveugle dans la non-souvenance – qui n'est pas un oubli, sinon il n'y aurait pas de questionnement et pas de poème… ne pas se souvenir, ne pas voir, ne pas vouloir s'apercevoir du "ratage" du final amoureux…
Inversion des rôles, inversion des "reproches" aussi ; et puis ce choix, cette acceptation de se figer dans le passé pour ne plus souffrir du présent… insupportable.

   Robot   
24/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Un narrateur qui souffre d'une réminiscence d'autant plus douloureuse qu'il semble en avoir oublié l'origine.
A la recherche d'un pourquoi qui reste dans l'ombre de la mémoire dont il se pourrait que la personne questionnée à l'avant dernier vers posséderait la révélation.

Je suis peut-être à côté de la plaque mais c'est ainsi que je lis ce texte à la fois sombre et secret.

   Ombhre   
25/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Donaldo,

pluie et humidité, froid de la vitre de verre et du temps transi. Rester immobile, plus la force de bouger. Et penser.
Dès les premiers mots ton poème m'a embarqué, dans ces instants d'extrême silence et de bruit intérieur, de questions sans réponse, de regrets et de souhaits. De dialogue seul à seul. En peu de mots, tu évoques très bien ces moments où tout se délite, où plus rien ne compte, si ce n'est souvenirs et interrogations.

De forme très simple (je pense même qu'un poème en prose aurait mieux servi ton propos, mais ce n 'est que mon ressenti), ce poème chirurgical tranche pour aller à l'essentiel: le sais-tu au moins ? Je ne me souviens plus de rien.

Merci pour ce beau voyage en obscurité.

Ombhre


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