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Poésie classique
Donaldo75 : La nuit tombe sur Paris
 Publié le 21/08/20  -  16 commentaires  -  1217 caractères  -  297 lectures    Autres textes du même auteur

« Nous sommes les acteurs
témoins d'un nouvel idéalisme
Dans le théâtre extrémiste. »

(Dirk Polak – 1982)


La nuit tombe sur Paris



Rose bat le pavé, Rouge lance des clous,
Bleu prépare ses poings, Gris décompte les coups,
Avec le vieux Paris en décor un peu triste,
Un goût de déjà-vu, le théâtre extrémiste.

S'allument lentement les lettres de papier.
Le feu passe à l’orange, il brûle le quartier,
Et laisse la rumeur carboniser les foules
D’une fureur masquée à l’ombre des cagoules.

Sur le fleuve pavé, le sang et la fureur,
Un verbe injurieux habillé de rumeur,
Gris dégoupille Bleu, Rouge pilonne Rose,
Le droit de protester dévisse pour la cause.

Le soir au sein du clan, dans le froid et le chaud,
Rose écoute parler Rouge le fier héraut
Devant des fantassins enivrés par la poudre,
Haineux de Gris et Bleu par désir d’en découdre.

Fini de consommer, maquillés de bonheur
Les slogans et les mots, l’argument du vendeur,
Il est temps de bouter les rois de l’inutile,
Les fournisseurs de strass, de rêve et de futile.

Paris connaît la nuit, une nouvelle fois,
Des têtes vont tomber, pour les fous et les rois,
Dans le noir absolu, loin de toute écriture,
Une histoire grimée en simple sépulture.


 
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   socque   
1/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime bien la vigueur qui se dégage de ces quatrains ; les premiers vers m'ont paru expressifs, leur rythme martèle comme il faut et bonne idée, cette médiation par les couleurs : cela ajoute à l'expressivité à mon avis.

J'ai le sentiment que les deux derniers quatrains sont superflus. Sans tellement m'éclaircir le propos, ils me font sortir du descriptif - coup de poing pour passer à un niveau plus abstrait dont je ne perçois pas l'utilité... Et ils ne parlent plus de couleurs.

   hersen   
11/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le Paris violent, le Paris des manif confronté au Paris du luxe et de la culture.
Le choc des images est très bien rendu, il y a une ambiance de Révolution et Paris connaîtra d'autres de ces nuits, même si ça fait de la peine, elle est Capitale.

Un sujet bien porté, je salue ici la difficulté de mettre en poésie un tel sujet.
Tout est poésie, surtout les sujets les plus inattendus.

merci pour cette lecture qui a de la force.

   papipoete   
21/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Donaldo
Un Paris en colère, des rues chamboulées de pavés et autres projectiles... La plèbe se révolte masculin, féminin et ça hurle " à mort les riches ! "
La scène put se dérouler en 1789, comme en octobre 2018 où moi aussi je me suis révolté contre le tabac...en arrêtant de fumer et contrairement aux dives promesses, ai tenu mon engagement !
NB un habile récit où le passé se mélange au présent, avec des allusions comme " le feu passe à l'orange, il brûle le quartier "
Et le soir, autour d'un godet, on refait le monde en promettant qu'il verra enfin le jour, avec plus un seul méchant, rien que des gentils!!!
Des vers plus haut en couleur, tel " sur le fleuve pavé, le sang et la fureur... " mais une écriture entière de très bonne facture !
au 6e vers, une sonorité désagréable ( brûle/le )
mais des alexandrins sans faute !

   Hananke   
21/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Un bon texte classique où se joue le théâtre de la politique et donc
de la vie.
Tout n'est que bagarre mais finalement les problèmes demeurent.
Quelques beaux vers :
D’une fureur masquée à l’ombre des cagoules.
Le droit de protester dévisse pour la cause.
Il est temps de bouter les rois de l’inutile,

Dommage qu'après avoir bouter ces rois, ils en viennent d'autres
d'un identique moule.

   Stephane   
21/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai bien aimé les couleurs à la place des noms. Ca m'a fait penser à un roman que j'ai lu il y a longtemps, "L'agenda Icare" de Robert Ludlum, dans lequel une unité des Forces Spéciales composée de 7 hommes - si mes souvenirs sont bons - s'appelaient par des codes couleurs (rouge, bleu, vert, jaune, etc.). Bref, ce poème est vraiment original et je l'ai bien apprécié.

Stéphane

   Angieblue   
21/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Salut,

Un poème assez lourd et complexe sur la violence dans les rues de Paris sous fond de révolution.

Au départ, je n'ai pas bien compris pourquoi les protagonistes portaient des noms de couleurs. Mais pourquoi pas.

On sent que c'est travaillé. Les 3 premières strophes sont plutôt bonnes.
Ma préférence va à la deuxième qui est vraiment excellente:

"S'allument lentement les lettres de papier.
Le feu passe à l’orange, il brûle le quartier,
Et laisse la rumeur carboniser les foules
D’une fureur masquée à l’ombre des cagoules."

J'ai bien aimé aussi les deux derniers vers:

"Dans le noir absolu, loin de toute écriture,
Une histoire grimée en simple sépulture."

Après, en ce qui concerne la prosodie classique, je me demande s'il y a hiatus ou non dans les passages suivants:

"Sur le fleuve pavé, le sang et la fureur, "
sang/et ?

"Le soir au sein du clan, dans le froid et le chaud"
Froid/et ?

En tout cas, un poème très travaillé avec des vers excellents comme ceux susmentionnés et d'autres moins fluides ou plus convenus.
Après, j'avoue que le thème n'est pas ma tasse de thé donc ça ne m'a pas transcendée. Mais je salue le travail.

   Robot   
21/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Se servir des couleurs pour exprimer les oppositions, les heurts et les contradictions dans les rues parisiennes est une idée originale pour présenter cette situation.

J'aime beaucoup aussi le quatrième quatrain qui saisit le moment du soir où tout s'exacerbe, une fois le cortège des manifestants non violents parti, reste sur le terrain les forces opposées qui attendent l'affrontement.

Faut-il voir dans le cinquième le moment ou les casseurs s'en prennent aux piliers de la consommation ?

Et dans le dernier l'idée que tout ceci serait vain ? que les fous comme les rois sont perdants ?

Merci pour ce texte qui tout à la fois affirme et (selon moi) interroge.

   Anonyme   
22/8/2020
Modéré : Commentaire hors-charte (se référer au point 6 de la charte.)

   ours   
21/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonsoir Donaldo

J'ai trouvé beaucoup de force et de rythme dans votre poème, l'ambiance aussi est bien là et le thème pour le moins ambitieux (peu commun sur Oniris)

Le théâtre des extrêmes est bien rendu, par contre même après plusieurs lectures je n'ai pas réussi à trouver l'idéalisme évoqué dans l'exergue.

Enfin, j'ai le sentiment que le jeu sur les couleurs (en tant que pigment) aurait pu être exploité un peu plus d'un point de vue poétique, leur contraste, leur mélange, leur valeur, leur chaleur, leur opacité... Evidemment ceci n'est pas un conseil, mais plutôt un ressenti très personnel en fin de lecture.

Merci pour cette lecture et Bravo pour ce travail !

   dream   
22/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dans un Paris survolté où souffle un vent fellinien, les forbans de la nuit passent à la moulinette tous les signes extérieurs de richesses et de la bourgeoisie. Ce poème ouvre une réflexion sur l’Histoire, à la lumière d’événements passés (la Révolution française) et immédiatement contemporains. Curieusement, le rythme de ce poème me fait songer au « Carnaval de Venise » de Théophile Gautier qui faisait défiler tour à tour Arlequin, Cassandre, Pierrot... et dont les noms seraient remplacés, ici, par des couleurs. Du coup, je verrais bien Rose sous le masque de Colombine. Mais bien sûr, cette comparaison est peut-être saugrenue.

Des vers qui me plaisent bien :

« Il est temps de bouter les rois de l’inutile,
Les fournisseurs de strass, de rêve et de futile. »

MERCI à l’auteur pour cette production originale et d’un beau classique.
dream

   sympa   
22/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Donaldo,

Le déroulement d'une révolution où le tout Paris exprime sa colère est bien rendu danc ce poème classique pour ma part réussi.

Une belle idée originale d'utiliser les couleurs pour chaque camp d'opposition, il fallait y penser.
J'ai beaucup aimé ces vers en particulier :

"l est temps de bouter les rois de l’inutile,
Les fournisseurs de strass, de rêve et de futile."

L'essentiel y est dit...

   Vincente   
22/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Dès leur abord initial, il y a des poèmes qui m'accrochent, me plaisent absolument (au sens littéral), sans raisons bien apparentes ou me dérangent sans me déplaire, et puis il y a ceux qui me laissent sans pensées, confus et peu disert. Ce texte-ci appartient à la deuxième catégorie.

À ma première lecture, le "jeu" de couleurs m'est apparu omniprésent et débordant ; son originale et sympathique incursion dans la narration poétique a pris tant de place qu'il en a phagocyté le propos ; alors qu'il devait en être une sorte de "révélateur coloré", il est devenu presque le poème, je veux dire sa première intention. Quid alors du fond intéressant, questionnant sur ce "théâtre extrémiste" qui n'a ce cesse d'enlacer le souci de l'auteur, qui, à chaque ligne, prend à parti les incongruités et les aberrations de ses oppositions toujours plus excessives, rendues vaines par leurs excès eux-mêmes vains ? Quid de l'écriture classique prise dans cette surréaliste interprétation ?

Pourtant le fond ne manque ici ni d'aplomb dans son traitement, ni de retenue dans sa tenue. Ce qui se dit parle clair, sans langue de bois, les choses s'avouent dans leur complexité et leur ambivalence ; enfin autant un poème, dans sa livrée resserrée, peut se le permettre.

Quand à la prosodie classique qui frayent au travers de ses pas raisonnés très mesurés, presque militaires, et milite pour un rapprochement entre les deux champs "politiques", celui du classicisme le plus réservé avec celui du surréalisme le plus achevé, elle est bien la principale réussite de ce poème, bien plus que celle de la très belle trouvaille des couleurs personnalisées.
Ceci dit, je ne vois pas comment un remodelage du texte pourrait facilement éviter au genre de lecteur que je suis cette entrée légèrement regrettable dans le poème ; je crains qu'il serait vite tout autre… à moins que, peut-être, en inversant dans la première strophe les deux premiers vers et les deux derniers, s'atténuerait la prédominance qui m'a emporté… sachant que ces deux premiers sont assez secs d'un point de vue poétique et plutôt rugueux dans leur énoncé, et puis si particuliers dans leur expression.

   Luz   
22/8/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Donaldo75,

On se laisse emporter par le rythme de ce poème, comme une course à travers Paris ; le Paris des barricades, des révolutions, des gilets jaunes et de toutes couleurs. Cris et mouvements en avalanche, fumées…
"S'allument lentement les lettres de papier.
Le feu passe à l’orange, il brûle le quartier..." : j'aime beaucoup.

Merci.

Luz

   Myo   
22/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Hélas, l'homme est ainsi fait qu'il apprend bien peu des leçons du passé
Plutôt que de chercher le juste équilibre, il balance d'une extrême à l'autre.

J'ai l'impression que l'auteur n'a pas choisi ces couleurs par hasard, si c'est le cas, j'espère qu'il nous en donnera la raison.

Je trouve cet écrit bien mené, au rythme martelé, à l'ambiance tendue. Dommage ces quelques répétitions de mots " pavé" rumeur"

Malheureusement, la violence ne résout rien, au contraire...

   Gouelan   
24/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La vie en couleurs est loin d'être rose.
Couleurs aveuglées par l'obscur, nuances de sang et de paillettes, de strass et de rumeurs.
Ça gronde, ça rugit imbécile, ça tombe comme la nuit.
Tombe et sépulture.

Vraiment bravo pour cet éclairage obscur. Scène de rue où tout ce qui bouge n'est pas que gris. C'est vivant comme la nuit ou mort comme le jour aussi. C'est la vie réelle avec des coups et ses couleurs.
Une écriture forte qui emporte.

   Miguel   
24/8/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Une grammaire un peu fluctuante, des verbes "oubliés", je comprends que l'auteur veut créer des effets de flash. Cette mise en scène de populace en fureur n'est pas, je l'avoue, ma tasse de thé. A part Rouge, qui est clair, je ne suis pas trop sûr de ce qu'il faut mettre derrière les autres couleurs ; si encore il y avait Jaune, mais ce serait trop facile ! Au reste je ne suis pas sûr que les fournisseurs de rêve soient les rois de l'inutile. et je voudrais bien savoir qui sont ces fantassins haineux qui ont le désir d'en découdre; j'ai tendance à les identifier comme les forces de l'ordre, et si tel était le cas je donnerais un autre nom à ces héros. Mais je suis peut-être en plein contresens. Allons, parmi le concert de louanges que ce poème a suscité, il était inévitable qu'un trouble-fête réactionnaire vienne verser un peu d'aigreur ; il faut de tout pour faire un monde.


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