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Poésie en prose
Donaldo75 : Le lac primordial
 Publié le 25/09/20  -  12 commentaires  -  1049 caractères  -  187 lectures    Autres textes du même auteur

C'est la fin
Sublime amie
C'est la fin
Ma seule amie la fin

(Jim Morrison - 1967)


Le lac primordial



Les enfants scandent des mots biscornus dans une langue inconnue. Ils chantent le dieu de la forêt. Je perçois leur espoir et me sens oppressé. La lumière du jour force mes pupilles désormais trop étroites. Ma peau se couvre d’une gangue chaude et mousseuse. Je transpire une glaise visqueuse. Les enfants me regardent. Leurs yeux sont gris cendrés.

Je vois le lac primordial dont les Anciens parlaient.
Suis-je le fils de l’eau, de l’air, de la terre et du feu ?
Je crie ma question alentour mais nulle voix ne répond.

Les enfants tapent lentement des pieds sur le sol couvert de fleurs grises et fanées. La terre tremble un peu. L’air se refroidit lentement. L’eau se met à frémir. Je ne transpire plus et vois ma peau brûler d’un feu doux et aimant. J’enlève mes vêtements. Je sens l’air m’envelopper, le feu me consumer, la terre me porter et l’eau me caresser. Je n’entends plus les enfants chanter. Leurs bouches sont cousues et leurs bras se tendent vers moi, le dieu de la forêt. Je suis enfin arrivé.


 
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   Gabrielle   
16/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un cri dans la nuit, un témoignage, un appel...

Un texte qui arrive à point nommé pour dire une époque troublée.


Merci à l'auteur(e) pour son talent qui renvoie sur des drames marquant notre monde contemporain.


Gabrielle

   papipoete   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Donaldo
Je voudrais m'assurer que je ne vois pas " double "
( nouvelle : Donaldo )
( poésie : Donaldo )
alors je commente...
des enfants parlent une voix pour moi inconnue ; je me sens disparaître de mon corps ; bientôt un feu me brûle sans la moindre douleur... je m'évapore...
NB un spécialiste du genre en poésie sous quelque forme qui soit ; en nouvelle pour " grands " que le fantastique n'effraie pas ; et là en prose on entre dans ce décor où l'humain se dissout en souriant...
Le lac primordial dira sûrement quelque chose aux " avertis ", mais je ne connais pas cette légende onirique... normal, sur ONIRIS !
Je ne puis rester de marbre devant ce texte, qui donne envie de réserver sa place ( sans fixer de date ) pour le jour du " grand départ "
Il règne une atmosphère mélangée de stupeur, et de douceur en même temps !
Connaissant l'attrait de l'auteur pour des musiques que j'aime, je verrais bien planer du Pink Floyd là-dessus.

   LenineBosquet   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ayahuasca ? Peyotl ? Plutôt ce dernier pour la référence de l'incipit.
Un gros trip psychédélique, dans une tradition chamanique, attention ! le mec finit par se prendre pour un dieu tout de même !
Les enfants me font un peu flipper ( les yeux gris cendrés, les bouches cousues...) mais c'est bien normal dans le psychédélisme, il y a toujours de l'appréhension, du doute et enfin de la révélation.
Je pense au film "Blueberry" de Jan Kounen, et bien sûr "The doors" de Oliver Stone (au nom fort à propos !)

   Vincente   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je retiens une bonne écriture, incisive, précise, il n'y a rien de perturbant dans sa forme ; bien, et même un peu plus car il y a une percussion affirmé dans les mots et ce qu'ils enveloppent.

Je dis "enveloppent" car après le beau titre et l'exergue signifiante, ciblée et désespérée, je n'arrive pas à raccrocher quoique que ce soit aux phrases qui s'affichent là. L'exercice évoque des événements que je vois apparaître, donc ils ne sont pas sans consistance, puisqu'ils correspondent à des "éléments" de notre monde connu : des "enfants", une "forêt", "la lumière du jour", "des pupilles", etc… oui je constate que le narrateur est bien un humain, mais pour le reste, je sens le geste un peu facile de lancer des notions, des invectives, des sens insensés, dans des directions ébouriffées. La chose est gratuite.
Pour prendre part à la "désordonnance" accomplie de ce conte fantastique, j'aurais apprécié que l'auteur nous fournisse quelques bribes de réalisme dans le narratif comme dans la raison de ce fond dérivant. Mais peut-être suis-je passé à côté d'une saisie essentielle ? Si ce devait être le cas, il me semblerait que l'auteur ne m'aura pas tendu la main.

   Ascendante   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le monde d'aujourd'hui n'a plus l'habitude, j'ai l'impression...de ce genre d'écriture qu'on pourrait qualifier de, quoi, au juste?

Symboliste, surréaliste, visionnaire, psychédélique, fantasmagorique?

Peu importe après tout, j'aime ces images qui laissent transparaître la force primale et instinctive des visions de l'Inconscient, un monde premier et tribal où les enfants chantent la divinité de la forêt, où celle-ci se constitue de tous les éléments réunis, autant menaçants que bénéfiques, prenant vie et âme dans ce bain de "soupe primordiale" (du moins est-ce comme ça que je l'ai compris) qui a vu naître toute forme de vie...

Une écriture fluide et travaillée, de belles images qui me parlent, un message qui me touche et que je comprends ainsi : la nature ne peut se transcender que si on la célèbre.

   Atom   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
Ce poème en prose me donne plus l'impression de lire un extrait de nouvelle ou de roman. Ceci étant, j'en apprécie quelque peu l'atmosphère de (plus ou moins) bad trip qui en ressort.
L'ambiance ramène un peu à Castaneda et sa petite fumée ainsi qu' aux lettres du Yage de Burroughs.
Je trouve en fait ce "trip" poétique assez cliché.
Un air de Déjà-vu.

   Angieblue   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut,

J'aime beaucoup ce style surréaliste et fantastique.
La métamorphose du narrateur qui se mêle aux 4 éléments pour devenir ce Dieu de la forêt, la nature elle-même ou un arbre...de vie.
C'est une vision psychédélique comme sous l'emprise d'une drogue.
C'est très bien décrit et symbolique. On peut y voir une sorte d'apocalypse: "les fleurs grises et fanées" et l'image de ces enfants aux yeux "gris cendrés" qui perdent la parole, l'essence des choses, "bouches cousues" comme manipulés par une force extérieure et néfaste.
Mais leurs "bras tendus" laissent entrevoir un espoir de renaissance, un retour à la source, peut-être ce "lac primordial" dont on les a détournés.
On peut voir aussi dans ce texte une vision à visée écologique qui de manière allégorique dénonce la fin du monde. Mais les enfants sont l'avenir et ils peuvent encore sauver la planète et l'humanité symbolisés par cet arbre-homme qui brûle, mais dont l'essence est divine et immortelle: "Le dieu de la forêt", une renaissance, un retour aux origines, à la nature...

   Arsinor   
27/9/2020
Décidément la tête de la poésie en prose ne me revient pas. Sans doute ai-je besoin de lire Baudelaire dans le même registre pour me convaincre que c'est bien de la poésie. Ici, il ne me semble pas avoir compris quelque chose de mystérieux qui fasse l'intérêt poétique du texte. Il semblerait que le narrateur soit la victime animale et expiatoire par les quatre éléments dont le feu d'enfants aux mots biscornus, et cette victime devient un dieu, évidemment, un peu comme le Christ. Mais la forme du texte me semble trop lâche, en dépit de quelques hémistiches.

Comme je suis passé à côté, il vaut mieux que je ne note pas !

   Lariviere   
28/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

C'est drôle je n'ai vu l'exergue qu'après lecture et j'ai eu cette impression de lire un texte des doors...

J'ai aimé ce libre qui vaguabonde vaporeusement dans une danse des origines, dans ce retour au lac primordial.

Sur la forme, l'écriture est convaincante ; les phrases bien ponctués assurent le rythme et la consistances de ces vers posés dans la prose.

J'ai aimé le ton, le contre temps et le rythme global que donne ce passage un peu plus versifié, aux teintes légèrement psychédélique :

Je vois le lac primordial dont les Anciens parlaient.
Suis-je le fils de l’eau, de l’air, de la terre et du feu ?
Je crie ma question alentour mais nulle voix ne répond.

Merci pour ce bon moment de lecture et bonne continuation

   Pouet   
28/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Slt,

j'ai bien aimé l'ambiance. Les enfants, inquiétants en diable, la peau qui se couvre d'une "gangue chaude et mousseuse" (j'ai beaucoup aimé l'image)

Y a pas à dire, on sait accueillir le Dieu de la forêt dans ce bled.

   Queribus   
3/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un texte curieux dont on a pas l'habitude dans notre bonne France conservatrice; en effet, j'ai eu l'impression de lire un texte psychédélique style Pink Floyd, Doors, Moody Blues, etc., des années 70, le tout dans une très belle écriture et des mots soignés et une ambiance que j'ai beaucoup appréciée.

En quelques mots, un texte déroutant et innovant, bien ancré dans notre époque et que j'ai eu plaisir à lire.

Bien à vous.

   hersen   
14/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
La première fois que j'ai lu ce poème (tu te doutes où :), je me suis dit, ça fait quand même pas mal trip, mais bon.

Et finalement, c'est ça qui m'empêche un peu de l'apprécier complètement, car j'aurais aimé avoir une surprise, même si c'est bien écrit, j'aurais aimé pouvoir l'aborder autrement.

Peut-être est-ce l'effet du "je" ? je ne sais pas trop, en fait, mais il me semble que ça manque de profondeur, peut-être justement parce qu'on part déjà d'une impression forte que ne dément pas l'exergue.

Merci de la lecture !


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