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Poésie libre
Donaldo75 : Poupée de mal
 Publié le 30/09/21  -  8 commentaires  -  1089 caractères  -  130 lectures    Autres textes du même auteur

If you want me to
I will be the one
That is always good
And you'll love me too
But you'll never know
What I feel inside
That I'm really bad
Little trouble girl

(Kim Gordon - 1995)


Poupée de mal



C’est un beau jour pour te défigurer ma poupée de chiffon
je te coupe les bras arrache tes yeux en bouton
tu es ma préférée incapable de crier
offerte à mon enfance
fragile et innocente.

Je le sais tu me vois
sale voisin curieux
tu n’oses pas cafter
personne ne te croit.

C’est un après-midi parfait pour te noyer ma sœurette adorée
je t’imagine déjà la tête renversée dans ce lavoir perdu
tu te crois dans un jeu interdit par les grands
je t’aime tant tu le sais
naïve et sans défense.

Je te vois tu le sais
gros docteur apeuré
tu ne veux pas le croire
et pourtant je l’ai fait.

C’est une soirée magique pour vous brûler mes parents chéris
je suis la petite fille aux allumettes en transe dans les flammes
vos corps calcinés vont bientôt illuminer mon théâtre de feu
le clou de mon spectacle longuement préparé
ma rage et mon amour.

Tu as peur je le sens
pauvre témoin du mal
je te laisse prier
avant de m’occuper de toi.


 
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   socque   
22/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Les enfants, des fois, ce n'est pas facile… J'ai vraiment aimé cette désinvolture dans l'horreur ; le renversement est facile, sans doute (la petite fille représentant en général le parangon de l'innocence, ce n'est pas trop se casser que d'en faire à l'inverse l'image du mal), mais enfin l'écriture allègre m'a paru sympathique et l'ensemble bien mené. Bien vus, pour moi, les témoins effarés et impuissants ! Une mention pour le "gros docteur apeuré", je le vois tout à fait.

   Robot   
24/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quelle horreur.
Mais c'est quand même fort bien écrit justement pour susciter cette répulsion.

Vengeance, folie ? On n'a pas le pourquoi laissé à l'imagination du lecteur.
Je ne vois rien d'autre à ajouter sinon que l'empreinte laissée au lecteur résulte de la force d'une écriture sans fioriture, quasiment brute.

   Cyrill   
24/9/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Don,

Ce poème, par l’horreur de ce qui est évoqué, devrait glacer le lecteur, donc moi.
Il me semble que tu passes à côté de l’effet recherché parce que la pensée de la narratrice y est trop explicative et un peu caricaturale.
L’écriture aurait mérité de la dentelle, peut-être un certain mystère aussi, de l’allusion, je pense, pour mieux faire se choquer candeur et perversion.
Tu as trop tôt défloré le sujet finalement. On pouvait avoir des doutes lorsqu’il ne s’agissait que d’une poupée, mais dès la « sœurette » tout est dit, les parents chéris deviennent inutiles.
Quant au final, même pas peur, je dirais :-D
Il y a une autre lecture qui consisterait à imaginer la fillette à portée de vue et d’ouïes d’un voisin, puis en séance psy, en train de mettre en scène tout cet imaginaire macabre, mais le déroulé de son monologue ne penche pas tout à fait de ce côté, lui faisant tenir des propos hors de son âge.
Bref, je ne suis pas vraiment convaincu.

   papipoete   
1/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Donaldo
Un poème que j'interprète comme cette terrible colère d'une fille, qui veut en finir avec tout ce qui reflète la fillette qu'elle fut ; détruire ce qu'elle avait de plus cher alors... sa poupée !
La fille a grandi et veut que tout le monde le sache ! Et comme des coups de couteau envers ses parents, ce voisin épieur, elle massacre cet être chéri " je ne veux plus ! "
NB un peu comme on déchire de rage des lettres d'amour, qui n'est plus, lacère ce chemisier symbole d'innocence, l'enfance éclate en lambeaux pour ne plus être que charpie !
Au final, je songe à l'horreur d'une enfant violée, qui n'a d'autre moyen de hurler sa douleur, qu'en infligeant la douleur... à son amie de chiffon...
L'avant-dernière strophe nous entraîne à un sabbat, où la " fille de l'exorciste " n'est pas loin...

   hersen   
1/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Si j'aime particulièrement la forme, avec les quatrains intercalés apostrophant ceux qui savent, qui savaient, je suis un peu moins séduite par le fond.
Je le trouve très ligne droite, de la poupée au témoin lambda, ce qui bien sûr amène une montée en puissance, mais ça me gêne un peu que parce que puisque j'ai sans doute parfois tabassé ma poupée, je suivrais inéluctablement ce chemin-là.
Si un des buts, ou le but, est de montrer que certaines attitudes sont assez prévisibles et qu'on pourrait les prévenir, je n'adhère pas.
Je pense plutôt que justement, le but est de dénoncer une caricature du serial killer.
Mais en quelque sorte, la cruauté qui accompagne ce poème ne rend pas clair ce point de vue.

Alors un peu entre deux chaises je suis.

merci de la lecture.

   inconnu1   
4/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je commente peu la poésie libre, n'étant pas un grand spécialiste, mais la vôtre m'a attiré car j'y vois surtout le comportement d'une fillette maltraitée qui reproduit ce qu'elle subit sur sa poupée, ce qui du coup, lui donne la profondeur du non dit.

Vous me direz si j'ai raison

Bien à vous

   Proseuse   
5/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Donaldo,
Bon, c'est dit, je suis lâche et bien mal à l'aise dans ce poème, alors, j'ai cherché à quel niveau de lecture je pouvais me mettre pour le lire et n'en être pas " affolée" ... dérangée ! et dès le début, j'ai revu " les malheurs de Sophie" et toutes ces horreurs que cette petite fille a pu faire subir à sa poupée de cire .. à ses poissons rouges etc ..
c'est en tout les cas un texte très expressif et bien écrit
merci pour le partage ... un peu flippant tout de même !

   Raoul   
14/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour ou bonsoir,
J'aime beaucoup ce poème qui tombe à pic et pourrait entrer dans mes lectures du moment [ Les Complaintes de Jules Laforgue ].
Ça chantonne en sardonique.
J'aime beaucoup le refrain dont la mécanique s'enraye au fur et à mesure, et qui s'intègre dans le texte automate grinçant et fou lui même qui instille le malaise.
C'est plein de détails qui sont si vrais qu'ils en deviennent perturbant.
Et surtout, c'est tellement bien de lire de la poésie qui ne soit pas que candide et émerveille devant de la bimbeloterie.
Merci beaucoup pour cette lecture.


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