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Poésie libre
Donaldo75 : Procession
 Publié le 22/12/17  -  10 commentaires  -  903 caractères  -  160 lectures    Autres textes du même auteur

L'Espagne millénaire


Procession



Le cortège avance lentement en silence
dans la nuit madrilène
étouffante
lumineuse
rouge.

Cercueil de bois. Croix métallique.
Silhouettes sombres drapées de tissu mauve.

La Lune s’affiche enfin nue espagnole
andalouse basque catalane
Granada
Guernica
Barcelona.

Procession millénaire. Marche sans prières.
Christ ressuscité dans ses enfants anonymes.

Les façades muettes contemplent le spectacle
des milliers de fenêtres
jaunes
béantes
fardées.

Pénitents sans mots. Mains chapelets.
Troupeau de coupables venus se pardonner.

Dieu a quitté l’Espagne et le Roi
depuis très longtemps
Barcelona
Guernica
Granada.

Bouches décousues. Regards emplis de larmes.
Rue surpeuplée soir sans espoir
aux allures de fin du monde.


 
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   Fowltus   
7/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Description d'une procession que l'auteur à sans doute lui-même suivie et dont il écrit un poème.
Un poème assurément pour partager l'émotion qu'il a ressentie.
Seulement, je ne ressens pas grand chose, ne parviens pas à capter les intentions du poète.
'Troupeau de coupables venus se pardonner.', qui est un jugement de l'auteur, vient de plus gêner le déroulé de cette narration, à mon sens.
Bref, je suis très mitigé et reste après plusieurs lectures, en dehors du 'spectacle'.
Bonne poursuite d'écriture.
Fowltus en EL.

   Queribus   
10/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Je dois tout d'abord dire que j'ai énormément apprécié la forme très originale, moderne avec une régularité qui lui donne, quelque part, un côté classique. Peut-être aurait-il fallu supprimer les points pour avoir une tournure tout à fait contemporaine.

Le fonds est aussi remarquablement traité et assène des vérités qu'on oublie trop souvent; j'y ai trouvé une certaine retenue qui renforce le propos et le rend encore plus efficace en évitant habilement l'emphase qui aurait pu surcharger le texte inutilement.

Vous l'aurez compris: vous avez affaire à un admirateur et j'espère que le prochain poème sera de cette tenue.

Bien à vous.

   BeL13ver   
11/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Référence à la parade militaire franquiste qui fait son entrée dans Madrid. Ou à l'enterrement de Franco ? L'Espagne millénaire s'éteint avec la dictature, ce que semble dire ce texte. Ou a-t-elle vraiment existé ?
En tous cas, tout cela est mêlé aux processions du Vendredi Saint, que l'Espagne franquiste a remises au goût du jour. Bref, l'Espagne, un pays aux multiples contradictions, et aux questions sans réponses.
Pour ce qui est du texte, je le trouve un poil trop long, même si le style reste assez épuré. J'ai de la peine à tout apprécier, mais il y a de bonnes choses. À une strophe, sous forme de plainte, répond à chaque fois un refrain. L'idée est bonne, mais on dirait parfois (pas toujours) que l'auteur n'en a pas d'autres...

BeL13ver, en Espace Lecture

   Vincendix   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Donaldo,
Je pense que ce texte a été écrit en tenant compte de l’actualité, ce bouillonnement des séparatistes Catalans qui ne sont d’accord que sur un seul point !
Comme la France, l’Espagne est un puzzle de plusieurs pièces et, à mon humble avis, l’absence d’une pièce n’est pas souhaitable.
On retrouve le climat de l’Espagne dans ton poème, avec son tempérament latin, ses profonds rapports avec la religion, avec la mort, c’est le pays des conquistadors, des matadors et des hidalgos.
Vincent

   kreivi   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Vous avez mis les souliers de Garcia Lorca pour écrire ce poème.

Coïncidence ou pas, ce poème vient à point, avec le vote hier en Catalogne et l'énorme baffe que vient de prendre L'Espagne et l'Europe prêchi-prêcha.
L'implosion de l'Espagne est en marche.
Nous savons tous qu'une nation est née par la guerre et le génocide, et si on la vante " Une et Unie" ce n'est que de la rhétorique.

Poème engagé. Bravo

   PIZZICATO   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Le titre, bien sûr m'a rappelé les processions traditionnelles de la Semaine Sainte en Espagne.
Toutefois, le " Cercueil de bois " et " Croix métallique " incite à penser à un enterrement.

Les images sont intéressantes mais je n'ai pas réussi à cerner l'idée de l'auteur.

   sourdes   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Donaldo75
l'Espagne millénaire est-elle une réalité douloureuse ou un rêve effondré? Vous semblez relier les deux. Quel est le fil conducteur de la procession historique, la chrétienté mais alors l'Espagne n'était pas millénaire puisque morcelée en royaumes rivaux, ou alors l'Espagne d'Isabelle la catholique et Ferdinand d'Aragon, chrétienne certes mais unifiée seulement depuis 1492. L'Espagne de l'Opus dei, des dominicains et jésuites semble défiler devant nous avec le point d'ancrage de Saint-Jacques et ses marcheurs, mais aussi celle de la retirada de 1939, longue procession à la frontière française, à l'issue de la guerre civile révolutionnaire, à l'aube d'une deuxième guerre mondiale en germe dans ce pays.
J'ai apprécié la structure de votre poème. Quatre strophes de cinq vers qui donnent le sens de la procession, le sens de l'histoire en quelque sorte, avec trois vers réduits chacun à un mot qui sonnent comme des roulements de tambours, présents dans les anciennes processions religieuses. Trois strophes de deux vers et une de trois vers, le troisième étant la chute finale que vous auriez pu peut-être détacher. Ces trois strophes recèlent toute la dramaturgie de votre propos:
"pénitents sans mots. Mains chapelets.
Troupeau de coupables venus se pardonner."
"...soir sans espoir
aux allures de fin du monde".

La messe est dite.

Merci pour ce souvenir d'une Espagne d'un autre temps, encore en filigrane!

A titre personnel je me rattache à une toute autre Espagne, toute actuelle, celle des écrivains Antonio Garrido, Carlos Ruiz Zafon et Javier Cercas...et aux cinéastes, Pedro Almodovar, Alberto Rodriguez et Rodrigo Sorogoyen, qui chacun à leur manière se sont extirpés de cette Espagne millénaire.

Bonne continuation.

   Palrider   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sans préjuger du fond, où plusieurs pistes sont distillées en filigrane, j'ai ressentis les couleurs, la complexité, un peu de l'âme espagnole.
Pour ma part, il y a une part de nostalgie, une sensation amère de voir un mondialisme galopant adepte d'une Europe fédérale, où de belles couleurs vont certainement se ternir puis disparaître.

   papipoete   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Donaldo
ça remue en Catalogne ces derniers temps, et la rue se drape de rouge, de mauve derrières des gens en colère .
NB on pleure, on prie , derrière un cercueil en bois, qu'escorte un porteur de croix métallique ...
La procession nous prend par la main et nous entraine dans son sillage .

   Marie-Ange   
30/12/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Je vous ai lu et relu, attentivement, je ne suis pas parvenu
à un ressenti.

Les mots défilent, multiples, mais ils n'arrivent pas à provoquer
une émotion, cette "Procession", me semble trop théâtrale.
J'ai l'impression que l'on me relate un événement épuré de sentiments, cela donne l'impression d'un reportage aseptisé.

Je reconnais ne pas comprendre trop à vous voulez en venir,
c'est sans doute cela qui me tient à distance d'un discernement.


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