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Poésie libre
Doute : L'attente
 Publié le 07/12/21  -  8 commentaires  -  976 caractères  -  160 lectures    Autres textes du même auteur

Et lorsque je tomberai…
est-ce que ce sera de gré ou de force ?


L'attente



Perdue.
Les yeux dans le vide,
l'âme en gouffre d'horreur.
Tout est noir autour d'elle.
Même les étoiles ne sont plus
que des ecchymoses blanchâtres
sur la peau, brûlée par les rages du monde,
du ciel qui l'enlace.

Debout.
Poings serrés sur
ce qu'il lui reste de stabilité, de force.
Si elle ouvre les mains,
tombera-t-elle ? Sombrera-t-elle
dans cet abîme de cris ébréchés
et de pleurs trop longtemps retenus ?
Se noiera-t-elle ?

Fermer.
Ses yeux pour ne plus voir
que des monceaux de ténèbres
s'entrechoquant en silence.
Juste se taire, oublier le spectre
en lambeaux de tristesse
qui danse dans sa tête.

Attendre.
Encore, debout, toujours.
Attendre quelqu'un,
qui entendrait ses appels à l'aide
emportés par l'haleine du spectre.
Elle ne peut pas faire mieux.
Attendre,
quelqu'un qui ne viendra pas.


 
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   EtienneNorvins   
21/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Si les chants désespérés sont les chants les plus beaux - nul doute : c'est totalement désespéré... Pas le moindre morceau d'espoir, puisque même l'attente doit être finalement déçue (Attendre / quelqu'un qui ne viendra pas).
Tout tombe (vide / gouffre / abîme / ténèbres), déchire (cris ébréchés / lambeaux de tristesse...) et blesse (peau brûlée) , jusqu'aux étoiles qui ne sont plus qu' "e[c]chymoses blanchâtres"...
Le néant seul semble l'issue (tombera-t-elle ? / Sombrera-t-elle / Se noiera-t-elle ?), ou l'écriture ?
Cela semble une course contre la montre. Et c'est dit avec un netteté qui emporte l'adhésion.
Même si on ne peut pas aimer le désespoir - je vais aimer 'Beaucoup', pour que votre texte ait une occasion de tomber vers le haut. Il faut suivre sa pente, c'est vrai - mais c'est mieux en montant.

[En EL]

   papipoete   
7/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Doute
Les yeux dans le vide ; debout les poings serrés ; fermer les yeux pour ne pas pleurer ; attendre de pied ferme sur des sables mouvants... autant de signes qui parlent du néant, des horreurs que l'on ne dut jamais voir, et attendre rien ni personne quand on est seul avec son désespoir, au bord du précipice qui nous tend les bras...
NB Sharbat Gula personnifiée, à travers ce récit qui glace le corps et le coeur ! petite fille afghane connue du monde entier, qui put avoir les yeux dans le vide ; les poings serrés ; fermer les yeux sur ses parents assassinés et attendre... un miracle ?
Je m'égare, mais votre poème me fait penser à la " petite fille aux yeux verts " qui put être la triste héroïne de vos vers...
L'avant-dernière strophe a ma préférence.
la répétition de " spectre " en peu d'écart, est-elle volontaire ?

   Vincente   
8/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La tension qu'inflige "l'attente" est bien rendue par le cadencement retenu ; débuts de strophes en un vers d'un mot, comme une interjection qui inter-jette son cri, puis la noirceur parle à mots chaotiques, à la fois sûr d'eux-mêmes et incertains, interrogatifs. J'ai bien aimé cette volonté structurelle très "en phase" avec son propos, d'autant que l'écriture "fonctionne" bien, lisible, liant l'emprise des ressentis, du narrateur qui regarde et de l'hébétée femme "emportée par l'haleine du spectre" (très expressive image).

La chute affirme que "l'attente" semble vaine, mais pourtant laisse à penser en creux que c'est aussi par celle-là même qu'elle crée comme faisant vivre en elle ce "quelqu'un, / qui entendrait ses appels à l'aide". "L'attente" comme seule échappatoire ! Bien sûr pour qui serait sans tourment, ce serait insupportable. Par contre pour celui(celle) dans une telle affliction, peut-être que la posture sans mouvement, attentiste, donc portée vers l'avenir improbable plutôt que dans le présent insupportable serait préférable. Le poème nous laisse par défaut dans cette "préférence", dans cette in-certitude presque "acceptable"…

J'ai beaucoup apprécié ce passage :
" Tout est noir autour d'elle.
Même les étoiles ne sont plus
que des ecchymoses blanchâtres
sur la peau, brûlée par les rages du monde,
du ciel qui l'enlace.
"

Je trouve à l'écriture une percussion efficace, "propre" dans la forme, et dans le fond, très empathique avec son sujet.

   Ombhre   
8/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Doute,

un poème très noir pour décrire la noirceur que tout un chacun peut traverser à certains moments de sa vie. J'ai bien aimé le rythme haché et syncopé de ce texte, les sons sombres qui en émanent, cette désespérance omniprésente que rien ne vient rompre.

Et le premiers vers (le premier mot en fait) de chaque strophe résume cette immobile descente dans nos enfers intérieurs:

Perdue, au cœur d'un néant sans frontières et sans substances
Debout, par refus de céder sans même savoir pourquoi, par peur de se noyer peut-être
Fermer, fermer tout, les yeux, le cœur et l'âme, pour ne plus ressentir ni voir, et pour oublier. S'oublier soi en premier lieu.
Attendre, espérer encore, même sans y croire, car la vie ne peut se résoudre à cette tristesse, cette absence.

Une remarque mineure sur "ce qu'il lui reste de stabilité, de force" que j'ai trouvé un peu lourd. Un manque d'harmonie et d'image selon ma sensibilité.

Merci pour ce beau partage.
Ombhre

   Cyrill   
9/12/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Doute,
Noir c'est noir.
La surabondance de ce champ lexical, gouffre, horreur, abîme, ténèbres... nuit un peu à ce désespoir lié à une attente vaine.

La tristesse, les pleurs, la noyade... c'est trop, il me semble que l'atmosphère sombre que vous décrivez pâtit de cette insistance et moi lecteur, je suis comme devant un mur, trop c'est trop.

Vôtre poème me reste opaque sans m'emporter, je demeure en surface à lire cette attente mystérieuse, sans la ressentir.

J'ai aimé l'intro qui questionne, ce que je ne retrouve hélas pas dans le poème.

   Virou64   
9/12/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Quand la vie ne tient qu'à un fil...
Un poème qui nous rend spectateurs impuissants d'une désespérance... Comme nous pourrions l'être devant quelqu'un monté sur une corniche, réduits à espérer qu'il trouvera au fond de lui la force de ne pas sauter.

La forme, le rythme, le vocabulaire, en adéquation avec le thème, font de ce poème un texte poignant.

   Marite   
9/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Si puissants et réalistes sont les mots de ce poème que j'y suis revenue, plusieurs fois, pour en percevoir toute la force désespérée qui en émanait. La forme convient parfaitement pour décrire la situation : un seul mot introduisant chaque strophe où s'expriment les ressentis profonds causés par cette "Attente" sans espoir.

   Lulu   
27/12/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Doute,

J'ai bien aimé lire ce texte parlant ; je veux dire clair dans son message et beau dans sa forme avec sa tonalité douce, et quelque part pleine d'espérance, ou d'envie d'espérance.

J'ai juste trouvé que la dernière strophe était perfectible, peut-être moins légère dans sa musicalité que les autres, alors que le message pourrait ou aurait pu être porté différemment, dans la lignée du poème. Avis tout personnel à prendre avec beaucoup de relativité, bien sûr.

Pour l'ensemble, j'ai trouvé ce texte très évocateur de beaucoup de situations possibles et donc efficace sur le plan expressif. Les mots m'ont semblé pertinents et choisis.

Le premier vers de chaque strophe les annonce de façon rigoureuse et forte. La ponctuation marque effectivement un ton qui nous laisse ailleurs que dans le spectacle d'une narratrice perdue. Je veux dire par là que je ne me suis pas seulement sentie spectatrice, mais surtout comme le témoin d'une expression poétique qui secoue, et aborde un sujet avec délicatesse. Bravo pour cela.

La première strophe est celle qui a ma préférence. Elle est un poème à elle-seule, mais aussi un témoignage de ce qui est exprimé.

J'ai beau relire la dernière strophe, je me dis encore que c'est dommage qu'elle rompe ainsi la poétique mise en place jusqu'à elle. Ce qui pêche, à mon sens, ce ne sont pas les propos, bien sûr, mais la forme, l'agencement des mots que je trouve plus lourd.

Enfin, le choix du thème m'intéresse aussi parce que moins fréquent qu'on ne pourrait le trouver, il me semble, en tout cas dans cette veine réussie.

Au plaisir de vous relire.


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