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Poésie néo-classique
dream : Fureur aveugle
 Publié le 28/12/20  -  17 commentaires  -  807 caractères  -  402 lectures    Autres textes du même auteur

"Le nombre des soldats victimes de la Grande Guerre est connu. Celui des idées et des croyances détruites par elle reste encore ignoré." Gustave Le Bon


Fureur aveugle



Dans un dernier sursaut de sa bouche livide
Et le regard errant d’une prunelle vide,
Le soldat dont la joue a perdu sa couleur,
Sous un horrible cri, s’effondre de douleur.

Par le tir meurtrier venu de la colline,
Un pourpre médaillon fleurit sur sa poitrine,
Perforant l’uniforme au bleu de l’horizon ;
Un long râle palpite, il murmure : Lizon.

Puis cet humble apprenti dans l’art de la boulange,
Le corps à la mitraille et les pieds dans la fange,
Comme en songe revoit, l’âtre rougi, l’odeur
De la blonde vision dont s’enivrait son cœur.

L’aumônier courageux referme sa paupière :
S’égrène au chapelet la funèbre prière ;
Dans le ciel balafré, sur la terre en lambeaux,
Gronde le fol écho de sinistres corbeaux.


 
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   Corto   
17/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ce poème aborde un sujet déjà mille fois traité ce dont on ne peut pas faire grief à l'auteur qui vient à son heure.

Pourtant on peut regretter des images peu originales, des scènes trop "ordinaires": l'horreur de la guerre, la pensée vers la bien-aimée, la mort, l'aumônier.

Merci pour ce partage.

   cherbiacuespe   
18/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des maux qui ne sont malheureusement pas l'exclusivité de cette guerre en particulier.

Très belle homélie contre l'inutilité de la barbarie guerrière. Une bonne contemporaine, rimes agréables, de belles ( et tristes ) images poétiques, magistralement composée, cohérente dans sa construction. Très agréable à lire malgré un sujet pour le moins sérieux.

Cherbi Acuéspè
En EL

   Donaldo75   
19/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce sujet est souvent traité et c'est tant mieux car il reste d'actualité et il semble que répéter que la guerre c'est barbare me parait l'attitude à adopter. Oui, la poésie est à mon avis un des véhicules du message, celui qui permet à la société d'avancer, aux humains de se débarrasser petit à petit de leurs oripeaux de bêtes sauvages. Pour cette raison, les adeptes de la barbarie, que ce soit en Allemagne nazie ou dans les plaines tenues par les islamistes radicaux, brûlent les livres, lapident les intellectuels et les auteurs, cantonnent les enfants à un rôle d'outil de leur propre folie. Pour en revenir à ce poème, il ne dénonce pas la guerre de manière ostensible, pamphlétaire ou enflammée. Non, il montre ce que c'est pour la femme et l'homme de la rue, ceux qui jugent par les faits quand ils en voient les conséquences. Ce poème a une vertu presque cinématographique au début, du noir et blanc dans un monde si rouge de sang. C'est fort car tout le monde peut comprendre le message sans avoir à ouvrir un dictionnaire des synonymes, à lire un traité de poésie classique pour vérifier si les règles incontournables de la prosodie sont bien respectées. C'est appréciable à ce titre également.

Bravo, bravo et bravo. Je ne suis pas venu en espace lecture pour rien et encore moins pour m'ennuyer.

   Davide   
28/12/2020
Bonjour dream,

Quelle belle attention que voici : un hommage poétique aux soldats de la Grande Guerre ! Si l'auteur a choisi de montrer l'horreur au premier plan - un soldat mortellement blessé -, il n'en oublie pas pour autant d'évoquer sa vie d'avant, celle qui fleurissait à l'arrière-plan : sa bien-aimée et l'apprentissage de son métier. La citation en exergue, comme le titre, offre une bien belle introduction au poème.

Cela dit, malgré sa volonté évidente de saisir et d'émouvoir le lecteur, j'ai trouvé l'ensemble du poème très sage - trop sage -, une narration trop polie et des alexandrins bien lisses, presque caressants, aux rimes plates. Il m'y a manqué du piquant, de l'audace, quelque chose qui m'aurait fait ressentir plus entièrement l'horreur ici portraiturée.

Au vers 7, l'expression "au bleu de l'horizon" m'a induit sur une fausse piste en première lecture, puisque ce n'est pas le "bleu de l'horizon" qui est perforé (quoique l'image, autrement amenée, aurait été magnifique de sens !) mais le bleu de l'uniforme. L'uniforme est donc "bleu horizon", ou de couleur "bleu horizon".

Aux vers 11 et 12, le passage "comme en songe revoit (...) l’odeur / De la blonde vision" me semble contenir une erreur, ou du moins, une lourdeur sémantique et syntaxique : "revoir une vision" ?

Mais bon, il me reste l'image d'un poème joliment composé, empli de sincérité et d'empathie envers son sujet, ainsi que de quelques jolis moments de poésie, dont ce "pourpre médaillon [qui] fleurit sur sa poitrine". Et c'est déjà beaucoup.

   Hananke   
28/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Un hommage sur la Grande guerre et l'un de ses soldats inconnus.
C'est d'une triste réalité, malheureusement et presque trop bien décrit.
Dommage pour le vers 12 et la diérèse à vision qui ôte le classique
si, toutefois, l'auteur l'avait choisi ainsi.
J'aime bien le dernier vers et ses sinistres corbeaux.

Un texte, au final, d'une grande réalité.

   jfmoods   
28/12/2020
Le lecteur est d'abord déconcerté par le vers 11 ("Comme en songe revoit [...] l'odeur / De la blonde vision") avant de prendre conscience qu'il s'agit d'une synesthésie. Le moment de la mort est celui de la cristallisation des sens de l'homme amoureux. Le contre-rejet met efficacement en relief la vision enchantée de la femme désirée.

Je retiendrai deux autres passages dans ce poème. Le premier est la périphrase du vers 9 où l'on perçoit l'essentiel : le jeune âge ("apprenti"), l'extraction modeste ("humble"), et aussi (Ô cruelle ironie !), l'exercice d'une profession qui illustre, symboliquement, la perpétuation de la vie ("l'art de la boulange").

L'autre passage, assorti d'une coupe à l'hémistiche particulièrement explicite, est le parallélisme du vers 15 : dans ce monde de la dévastation, terre et ciel sont renvoyés dos à dos. Comme le signale judicieusement plus bas Wencreeft, les qualificatifs associés ("balafré", "en lambeaux") semblent inversés... ce qui accentue encore l'image de la déroute. Nul point de fuite à cette "boucherie héroïque" qui a vu toute une génération d'hommes sacrifiée.

Merci pour ce partage !

   papipoete   
28/12/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour dream
comme ces pauvres soldats, embourbés dans leur tranchée, ou agonisant au fond du cratère d'un éclat d'obus, diraient dans un dernier soupir " merci pour ce récit cher auteur ! "
un sujet dur comme le granit, que seul le long temps usera, mais en attendant n'oublions pas ! souvenons-nous ! racontons ces pages de notre histoire de France !
Ils étaient " poilu " , mais avant tout ouvrier, instituteur, boulanger marié ou fiancé.
C'est si bellement écrit que l'on croirait lire Dupontel metteur en scène, disant " au revoir là-haut ! "
NB il y a tous les ingrédients pour faire de ce récit, une " horreur " qu'il faut regarder dans les yeux ; tendre l'oreille à ces cris, à ce dernier soupir et comme susurrer à l'oreille du supplicié " je lui dirai combien il t'aimait et quel courage il eut pour mourir...
le second quatrain qui fait songer au célèbre " dormeur ", il y en eut tant, la poitrine médaillée de pourpre, se couchant au vert d'un pré ou plus souvent à la boue infecte... est ma préférée ! mais les autres sont hélas si belles !
dodécasyllabes sans faute pour un récit semblant écrit par celui qui assista ce malheureux boulanger...

   Wencreeft   
28/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème impeccable, clair, net et précis. Le rythme est maitrisé, les vers sont efficaces. C'est du bel ouvrage.

J'ai beaucoup aimé l'image du médaillon pour la blessure. J'ai aimé également :
Le corps à la mitraille et les pieds dans la fange,
--
Dans le ciel balafré, sur la terre en lambeaux, (j'aurai presque mis l'inverse ici : une terre balafrée et un ciel en lambeaux)
Gronde le fol écho de sinistres corbeaux.

Je regrette toutefois le choix des rimes plates, je pense qu'un schéma croisées / embrassées aurait contribué à rendre le texte plus tragique, plus émotionnel, plus poétique en somme, là où les rimes plates n'offrent qu'un côté sobre et théâtral.

Dernière anicroche à mes yeux : cet humble apprenti [...] comme en songe revoit [...] l'odeur de la blonde vision [...] -> Je ne vois pas comment l'on peut revoir une odeur ? Qui plus est l'odeur d'une vision ? Il y a à mon avis quelque chose à retravailler ici, c'est dommage.

Pour le reste, c'est un chapeau bas, même s'il manque un grain de folie supplémentaire, un point de vue moins quelconque de la guerre pour m'emporter tout à fait.

   Dugenou   
28/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour dream,

Une mort vaine, inutile, de chair à canon. Que murmure le narrateur ? Appelle t'il sa mère, ou son aimée ?...

Le sujet n'est certes pas original en poésie, mais dénonce la connerie humaine, c'est ce que je demande au (bon) poète.

Dugenou.

   Provencao   
28/12/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
"Par le tir meurtrier venu de la colline,
Un pourpre médaillon fleurit sur sa poitrine,
Perforant l’uniforme au bleu de l’horizon ;
Un long râle palpite, il murmure : Lizon."

La fureur aveugle contribuera sans aucun doute à une culture de la paix. Cette culture de la paix à mon sens ne doit son apogée qu'aux réflexions et efforts cultivés par tout un chacun en développant sa forme de pensée, supposant une idée non empirique de l'humanité, qui pourra donc empêcher les hommes de découvrir pour unique paix celle des tombes dans les cimetières.


Au plaisir de vous lire
Cordialement
.

   Castelmore   
28/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Apprendrons nous ?
De tous les temps, de tous les pays, de toutes les guerres ...
Une « histoire » très bien conduite, et parfaitement mise en vers, au service d’une belle émotion... et d’une réflexion nécessaire.
Merci pour le partage.
Castelmore

   Lebarde   
28/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
on ne redira jamais assez ce que fut cette terrible guerre " la Der des Ders" comme on se plaisait vainement à le souhaiter. Et pourtant bien d'autres tout aussi horribles ont suivi.

Sujet banal mais bien traité avec des scènes et des mots peu originaux, forcément.
Les vies gâchées, la peur, la douleur, les amours détruites, les morts inutiles, on retrouve tout ce qu'il ne faut jamais oublier.
Ce poème bien ficelé est là pour le rappeler.
Bravo j'aime bien l'écriture.
Merci

Lebarde

   sympa   
28/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Dream,

Un rappel de l'histoire certes maintes fois traité mais nécessaire pour ne pas oublier l'horreur de cette guerre et toutes les autres qui ont suivi et qui perdurent encore de nos jours .

J'aime beaucoup les images perçues par ce très jeune soldat juste avant de s'éteindre ( Lizon, sa compagne je pense, les odeurs, l'âtre rougi) et avant que l'aumônier ne referme définitivement ses paupières.

Un récit réaliste , de très beaux vers fluides et agréables malgré le sujet douloureux, la souffrance des soldats, de leurs proches et des pays concernés par ces guerres horribles et stupides .

   Myo   
28/12/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Beaucoup d'émotion à la lecture de ce poème.
Un rappel toujours nécessaire de toutes ces horreurs dont l'humain est capable, de cette jeunesse sacrifiée pour l'avidité et le pouvoir de quelques dirigeants.

Cela me fait penser à cette superbe chanson de Florent Pagny "Le soldat"

J'aime beaucoup la pertinence du 3e quatrain qui rend cet homme beaucoup plus proche de nous.

Vous pourriez peut-être remplacer "revoit" par "perçoit"
"Comme en songe perçoit, l'âtre rougi, l'odeur" ce qui me semble plus judicieux.

Mais c'est un détail...
Merci pour cet écrit puissant et touchant

   ferrandeix   
30/12/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce poème me paraît très cohérent dans son langage, son vocabulaire, la continuité du sentiment exprimé, et surtout dans le déroulement de l'action. L'expression est remarquablement soutenue, dans un registre où il est difficile de ne pas verser dans le mélodrame facile, voire grotesque. C'est un poème de mort, mais aussi d'amour: Lizon profère le soldat mourant, propos laconique, mais un épanchement aurait détruit l'effet de brièveté. L'héroïsme apparaît d'autant plus grand qu'il s'exprime dans l'humilité "un humble apprenti". il y a la nostalgie "l'image de" l'âtre rougi". Tout y est sans qu'il y en ait trop. Une image aussi belle que cruelle: "Un pourpre médaillon fleurit sur sa poitrine". Et l'image finale élargie avec le corbeaux dans le ciel qui rappelle le cycle naturel de vie et de mort.

Évidemment, de ma part, quelques remarques sur l'euphonie sur lesquelles il ne faut pas se formaliser. C'est mon obsession.

dre de douleur. (dre de dou)
murmure : Lizon. (syllabe re)
âtre rougi (tre rou)

J'essaie de sensibiliser les auteurs à l'euphonie. Et malgré ces cacophonies, je concède la mention "passionnément"

   Bellini   
2/1/2021
Bonjour Dream,
Je suis en train de préparer une Anthologie de mes alexandrins préférés, et je comptais y faire figurer votre chef-d’œuvre :

« Perforant l’uniforme au bleu de l’horizon ; »

Vous occuperiez ainsi le même espace que Victor Hugo, ce qui tout de même n’est pas rien. Je cherchais un substitut au vers de Rimbaud : « Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit » qui m’a toujours semblé d’une naïveté d’écolier. Le vôtre, avec sa confusion des images, lui est bien supérieur.

Vous auriez pu choisir aussi la focalisation interne, et laisser parler le soldat qui attend la mort, un peu à la manière des lettres de poilus. Imaginez deux secondes le vers « L’aumônier courageux referme sa paupière » transformé en « L’aumônier courageux referme ma paupière » ! Quel vers poignant on aurait alors !! C’était la 5e plume assurée. Ou alors « Un pourpre médaillon fleurit sur sa poitrine », remplacé par « Un pourpre médaillon fleurit sur ma poitrine ». Vous imaginez le surplus d’empathie ? On est toujours trop modeste pour soi-même.

Bravo pour l’exil du néo-classique plutôt que la diérèse en ion (vision). Quelle classe !

Les rimes plates ont été peu utilisées par nos illustres aînés. Elles ont le défaut de boucler trop vite la déclamation, donnant à la longue un aspect routinier aux vers. Elles sont principalement utilisées au théâtre, pour des raisons évidentes de mise en scène. D’ailleurs, votre texte fonctionnerait bien à la manière d’un récit, comme la tirade de Rodrigue :
« Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port »


Le message et le style sont simples, à la manière de la poésie naturaliste, celle d’un Ramuz par exemple, s’il avait décidé d’écrire des alexandrins. Ce qui n’empêche pas une belle fluidité dans la versification et même un superbe contre-rejet : « l’odeur/ De la blonde vision dont s’enivrait son cœur. » qui s’accompagne d’une synesthésie chère à Baudelaire.

Une sorte de modèle initiatique à la poésie classique. Compliments.
Bellini

   inconnu1   
9/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
sur la forme, rien à dire, les rimes sont le plus souvent riches. La forme est néo classique sans doute à cause d'une diérèse non pris ne compte (vision)

Sur le thème, tout à déjà été dit dans les précédents commentaires

Merci de ce partage


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