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Poésie néo-classique
dream : La mort du phoque
 Publié le 28/06/20  -  9 commentaires  -  1044 caractères  -  164 lectures    Autres textes du même auteur

De bien sombres agapes.


La mort du phoque



Il a surgi soudain de la profonde nuit,
Traquant le phoque noir sur la gangue de glace ;
Sur la banquise morne, à pas lents se déplace,
Près de l’humble habitat du vieux chasseur inuit.

L’ours a jeûné des mois dans sa sombre tanière,
Hurlant tel un damné l’insatiable faim ;
La saison des banquets va reparaître enfin :
Il repart à l’assaut de la nature altière.

De son large museau, flairant le malheureux,
Sur l’animal qui tremble, exhale un souffle fauve ;
Le sol immaculé se teinte alors de mauve :
Dans l’éternel silence un râle monte, affreux.

Grognant de volupté pour ce festin macabre,
Dans le corps tiède et gras de la bête aux flancs ronds,
Plante griffes d’acier comme des éperons,
Lui arrache le cœur avec ses dents de sabre.

Au-dessus du cadavre, à présent resté seul,
L’immense ciel témoin de l’horrible supplice
Détourne son regard, honteux d’être complice ;
Drapant les os rougis, de neige pour linceul.


 
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   poldutor   
8/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour
Belle poésie racontant la lutte pour la vie : manger ou être mangé.
C'est hélas le lot des proies : le poisson mange le plancton, le phoque mange le poisson, l'ours mange le phoque, et l'inuit mange éventuellement de l'ours...
Sortant d'hibernation l'ours amaigri est réellement affamé, et malheur au phoque qui se laisse surprendre...
De beaux vers :

"Il a surgi soudain de la profonde nuit,
Traquant le phoque noir sur la gangue de glace ;
Sur la banquise morne, à pas lents se déplace,
Près de l’humble habitat du vieux chasseur inuit."

"Grognant de volupté pour ce festin macabre,
Dans le corps tiède et gras de la bête aux flancs ronds,
Plante griffes d’acier comme des éperons,
Lui arrache le cœur avec ses dents de sabre."
Beau et effrayant.
Bravo pour ce poème.
Cordialement.
poldutor en E.L

   Eclaircie   
11/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un poème-récit très intéressant.

L'écriture est soignée, la ponctuation étudiée. Je ne suis pas spécialiste du classique, je me suis juste demandée si "nuit" et Inuit" rimaient au sens de la catégorie.
Dans cette description minutieuse, on reconnait la "patte de l'humain" et ses "jugements" : "humble", "damné", "horrible", "honteux".
Belle composition.

Merci du partage,
Éclaircie

   Lebarde   
11/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Beau poème classique magnifiquement écrit sur un sujet animalier présenté sous une forme triste alors qu’il ne s’agit que le reflet sanglant des dures lois de la nature: tuer pour manger et pour vivre.
Dommage que la dernière strophe prenne le parti de présenter l’ours comme un meurtrier sanguinaire duquel le ciel lui même, « Détourne le regard, honteux d’être complice ».

Bien raconté, d’une lecture fluide remarquable.
La rime « faim/enfin » qu’en pensent les spécialistes ?

J’ai bien aimé
Merci à l’auteur(e) qui fait preuve d’une bien belle maîtrise de la prosodie classique.

En EL

Lebarde

   Angieblue   
28/6/2020
Bonjour,

Le thème est intéressant car il dépeint la cruauté du monde animal. Même si c'est dans la nature, la chaîne alimentaire...ça reste horrible.

je salue la richesse des rimes. Bravo!

J'ai beaucoup aimé les deux dernières strophes: "les dents de sabre", le ciel qui "détourne son regard" et le "linceul" de neige.

Par contre, des choses m'ont gênée au niveau de la fluidité.
La suppression du pronom "il" pour le respect du mètre dans les vers 3 et vers 10. Dans les autres strophes, ça passe mieux...

"Dans l’éternel silence un râle monte, affreux."
Je n'aime pas le "affreux" détaché à la fin du vers. On sent trop qu'il est là pour les besoins de la rime.

"Drapant les os rougis, de neige pour linceul."
Pas fan du participe présent.

   papipoete   
28/6/2020
bonsoir dream
l'ours au ventre creux, marche ; marche depuis tant de lune, à la recherche d'un repas dont il rêve... à voir des phoques partout ! Enfin, il flaire son gibier ; avec de la chance, peut-être qu'enfin sa panse se remplira... Le phoque s'est laissé piégé, et sous les griffes, les crocs du grand blanc, bientôt son corps ne sera plus que dépouille, sur la banquise rougie...
NB certes, la chasse du grand ours est bien décrite...jusqu'au moment où l'auteur commet ce faux-pas, dans l'ultime strophe, de décrire la scène telle torture en Place de Grêve !
L'ursidé a frappé, tué, puis dévoré mais à aucun moment ne joua avec sa pauvre victime !
( le chat est plus cruel, lorsqu'il rapporte une souris vivante, s'amuse avec sa proie avant de porter l'estocade ! ) et je ne parle pas de certaines coutumes guerrières, qui voulaient que l'on arrachât le coeur de l'ennemi vif...
Autant cette strophe est on ne peut plus ouvragée, autant son contenu me choque... le ciel pourrait m'en être témoin !
Ce terrible documentaire ( un jour sur terre ) montrant l'ours polaire agonisant, affamé, éreinté fut " un horrible supplice " pour lequel, le ciel n'eut assez de larmes à pleurer de ne pouvoir intervenir !
je suis désolé, mais la morale de votre récit est si loin de la triste vérité !
dodécasyllabes parfaitement néo-classique ;
Je ne mettrai point de note, car l'écriture est de grande qualité, mais sa conclusion l'est moins...

   Hiraeth   
28/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème hypotypotique, très visuel et agréable à lire, malgré l'horreur du thème abordé qui fait froid dans le dos (surtout dans la troisième strophe je trouve, où l'acte de violence se produit presque sous forme d'ellipse). Je vais garder cette scène effroyable en tête pendant quelques heures encore je pense, signe que le poème est réussi.

La dernière strophe n'est pas loin d'atteindre le sublime.

L'absence de pronom pour désigner l'ours dans l'avant-dernière strophe fait un peu bizarre à la lecture, tout comme la virgule du dernier vers : ce sont les deux seuls bémols techniques que j'aurais à soulever.

Pendant que j'écris ce commentaire, d'autres créatures sont en train de se faire étriper sous un ciel blanc d'archanges. C'est là peut-être l'un des arguments les plus forts contre l'existence de Dieu. Mais gardons-nous de diaboliser les prédateurs, ce que ce texte a tendance à faire par moments : "banquets", "volupté", voici des mots qui font penser à un luxe cruel, alors qu'il s'agit de survie.

   Davide   
29/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour dream,

Si le destin tragique de ce phoque nous est connu dès le départ (le titre), c'est dans la narration, dans la lente reptation des vers, dans la succession irrémédiable des quatrains à rimes embrassées (ou enserrées ? ;)), que se dissimule la puissance du poème. Et déjà, le premier vers, cruel, donne le ton fataliste qui nous accompagnera :

"Il a surgi soudain de la profonde nuit"

Puissance à nu, à cru, dans les descriptions paysagères et animalières, emploi prédominant du présent, nombreuses assonances en [r], champ lexical de l'horreur ("damné", "affreux", "macabre"...), jusqu'à la très belle strophe finale, où le ciel personnifié "détourne [le] regard" et fait neiger un "linceul" pour faire son deuil...

Une lecture forte dont on ne ressort pas indemne. Un vrai drame d'une beauté noire et envoûtante. C'est réussi. Merci du partage !

   Miguel   
30/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien
La lutte pour la vie apparaît ici comme une guerre entre les espèces. Il y a une victime et un criminel; effectivement la scène décrite ici avec tant d'éloquence et d'art ne peut que nous donner cette impression. Mais le pauvre ours est-il coupable ? Il fait comme nous, il se nourrit ; et qui le phoque a-t-il mangé avant d'être mangé ? Cela me rappelle un texte de Victor Hugo, que j'ai lu dans mon enfance et dont je n'ai qu'un vague souvenir ; il s'agit, je crois, d'un hanneton de huit jours (il est centenaire, écrit Hugo) qui va aussi être victime d'un prédateur affamé. Et moi, j'avoue un faible pour les côtes d'agneau grillée au thym.
Il me semble que, grammaticalement, il aurait mieux valu que le sujet de "se déplace" soit exprimé, et plus encore pour "exhale" et "plante". Et l'absence de déterminant à "griffes" sonne bizarrement.

   Cristale   
3/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce n'est pas de la cruauté de la part d'un animal mais une technique de survie dans la manière de tuer et tuer pour survivre en se nourrissant.
Les Hommes ne peuvent en dire autant quand l'on sait leur cruauté gratuite...

Un bon poème dans l'ensemble sur de solides alexandrins, en néo je ne connais pas assez pour évoquer l'aspect technique.

"Le sol immaculé se teinte alors de mauve :
Dans l’éternel silence un râle monte, affreux."

Une scène digne des meilleurs auteurs de films animaliers !

Bravo et merci pour ces images fortes et ce rythme poétique qui m'ont laissée hors d'haleine.
Cristale


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