Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
dream : La vieille église
 Publié le 05/11/19  -  18 commentaires  -  1841 caractères  -  279 lectures    Autres textes du même auteur

Vestige du passé.


La vieille église



Par le sentier qui mène à l’échine des monts,
Est une vieille église en apparence austère,
Dont le triste appentis jouxtant le presbytère,
L’hiver venu, regroupe un troupeau de moutons.

Sur une odeur d’encens, d’immortelle séchée,
S’ouvre l’humble portail fermé de deux battants,
D’âcres parfums de cire aux cierges tremblotants,
Et le grand Christ en croix de sa tête penchée.

Près d’un confessionnal du noble monument,
Non loin du maître-autel, se trouve là, dans l’ombre,
Un modeste retable à la peinture sombre,
Qu’une chandelle rouge éclaire faiblement.

Une toile naïve au visage de vierge,
Le front blanc couronné d’un diadème serti,
Et dont l’enfant joufflu, contre son sein blotti,
Caresse le rugueux de sa robe de serge.

Telle une procession cultivant la piété
Du fervent pèlerin, qui de la Vierge acclame,
Les chandeliers de suif à l’incessante flamme
Parsèment de points d’or toute l’obscurité.

Derrière le granit surgi du fond des âges,
Sur le dallage froid, les pas silencieux
De l’ascète dévot qui hante encor ces lieux,
Pour du lutrin sculpté, tourner les saintes pages.

À n’importe quelle heure on s’en venait prier,
Se sentant pénétré par la foi médiévale,
Le seuil sitôt franchi, devant la vasque ovale,
Trempant deux doigts d’albâtre, avant de se signer.

Quand vient le crépuscule, on peut parfois surprendre,
Au beffroi du clocher, quelques notes d’airain ;
Se clôt la sombre porte, aux gonds lourds à vérin,
Sur la colline sainte où pousse une herbe tendre.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Corto   
13/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette description est très vivante.
On trouve de ces vieilles églises dans les recoins les plus improbables aujourd'hui, véritable vestige du passé, assez souvent millénaire.

"À n’importe quelle heure on s’en venait prier,
Se sentant pénétré par la foi médiévale" nous rappelle cette émotion venue du fond des âges.

Le lien entre présent et temps anciens est particulièrement bien imagé par:
"Dont le triste appentis jouxtant le presbytère,
L’hiver venu regroupe un troupeau de moutons"
complété plus loin par :"les pas silencieux,
De l’ascète dévot qui hante encor ces lieux".

Bravo pour cette belle évocation.

   Anje   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Classique.

Je crains que confessionnal, diadème, procession, piété ne se disent en diérèse. Comme silencieux qui est bien compté. Les vers correspondants mesurent donc plus de douze syllabes.

Cette bien jolie et vieille église presque classique se découvre malgré tout avec plaisir. J'ai bien aimé parcourir "le sentier qui mène à l'échine des monts" et pousser "la sombre porte aux lourds gonds à vérin". J'ai même cru entendre L'enfant des cathédrales de Julien Clerc (ou Gérard Lenormand plutôt…).

Merci pour cette agréable visite dans ces vieilles pierres qu'une âme semble encore habiter.
Anje en EL.

   Gemini   
21/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Dommage que les diérèses ne soient pas suivies. Une seule aurait pu se voir corriger, mais il y en a trop : confessionnal, diadème, procession, piété, silencieux, médiévale.

Le tableau de l’église-vestige (encore hantée par un mystérieux ascète au rôle obscur –huissier, bougies chandelles - ) est dépeint avec force détails sobres (rien de bien étonnant dans le descriptif), mais à mon sens un peu trop doucereux. Le champ lexical déborde de mots et qualificatifs à l’humilité abusive : vieille, austère, triste, humble, modeste, sombre, faiblement, piété, ascète, froid, silencieux, etc.
Ce n’est pas que c’est mal dit, bien au contraire, je trouve l’écrit bien ficelé (hormis la strophe 5 dont j’ai mal compris la tournure "acclamer de", ni trouvé son sujet, et strophe 6 où je n’ai pas trouvé le verbe qui se relie aux "pas silencieux").
Je pense, disais-je, que cet excès de zèle sur le caractère simple du lieu fausse sa description. Du lyrisme soit, mais gardons la mesure. Alors que ce dépouillement pourrait être touchant, son excès devient désolant. Enfin, pour moi.

Deux points à soulever dans le texte : "Se sentant pénétré par la foi médiévale". Le croyant peut-il transposer sa foi dans d’autres époques ? Et : "la colline sainte". D’abord, une modeste église n’est-elle pas qu’un lieu sacré ? Sinon, jusqu’où un lieu saint étend-il son périmètre de sainteté ?

Le choix des rimes en ABBA donne un rythme moins monotone pour un texte long. C’est bien vu. Certaines de ces rimes sont excellentes, parfois parce qu’elles rentrent dans le sens : "austère/presbytère", parfois parce qu’elles sont tout simplement bonnes : "battants/tremblotants".
Seule la rime "prier/signer" est pauvre.

PS. Après une courte recherche, il semble qu’il s’agit plutôt de chandelles de suif que de chandeliers. À voir…

   Provencao   
21/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime cette quiétude et cette sérénité qui mènent par ce sentier à cette église accolée au presbytère.

Cette poésie que vous avez composé, repose essentiellement à mon sens sur une harmonie, qui pourrait s'accompagner d'une essence musicale.

Des vers atteignant des formes les plus fines, avec des propriétés propres à une communion affective: " Derrière le granit surgi du fond des âges,
Sur le dallage froid, les pas silencieux,
De l’ascète dévot qui hante encor ces lieux,
Pour du lutrin sculpté, tourner les saintes pages."

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Donaldo75   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Dream,

J'ai trouvé ce poème très propre, bien composé et agréable à la lecture. Les rimes s'enchaînent sans artifice, la description n'empêche pas l'ensemble et permet à la poésie de se développer tranquillement, au fur et à mesure de la marche, ai-je envie de dire.

"Une toile naïve au visage de vierge,
Le front blanc couronné d’un diadème serti,
Et dont l’enfant joufflu, contre son sein blotti,
Caresse le rugueux de sa robe de serge."

Ce quatrain aurait pu ressembler à un cliché mais il est tellement bien composé qu'il passe haut la main l'épreuve de l'inconscient collectif; j'ai même eu l'impression de me retrouver en face de ce tableau avec une voix-off tournant dans ma tête.

Bravo !

Donaldo

   troupi   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il se dégage de cette belle poésie une quiétude qui invite à la méditation.
De ces sobres églises on en trouve dans tous les coins du pays, c'est chaque fois un plaisir de les voir et l'auteur nous raconte avec un réel talent d'écriture simple mais vivante et imagée une de ces rencontres.
La taille pourrait rebuter mais l'écriture fluide coule comme une eau douce et nous emmène au dernier vers sans aucune longueur.
Belle lecture matinale.

   Hananke   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

C'est un très beau poème et qui possède une grande sérénité.
Cette belle église est formidablement décrite aussi bien dans le présent
que le passé.
Dommage que quelques diérèses non faites empêchent le classique
qui lui était dû du fait de sa qualité.
J'aime bien la 2ème strophe qui nous plonge de suite au coeur
du monument.
Tout comme ces points d'or qui parsèment l'obscurité.

Oui, un très bon premier texte qui vaudrait mon passionnément
s'il était en classique.

   Michel64   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Dream,

Nul besoin d'être croyant pour apprécier votre chapelle.

Vous avez très bien décrit l'ambiance de ces lieux que tous nous avons visité.

En vous lisant on y est, et l'on se prend à chuchoter.

Quelques beaux vers parmi d'autres :
"D’âcres parfums de cire aux cierges tremblotants, "
...
"Qu’une chandelle rouge éclaire faiblement. "
...
"Parsèment de points d’or toute l’obscurité".

L'odeur, la vue... pour l'oreille vous auriez aussi pu parler de cette résonance typique de ces lieux.

J'ai moins aimé "...aux gonds lourds à vérin" qui semble n'être là que pour la rime.

Bravo pour l'ensemble

   krish   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je pense que n'importe quel amateur de lieux de culte s'y retrouverait. Le poète semble touché par la grâce, porté par une inspiration qui lui permet d'enchaîner les tournures afin de respecter des rimes, parfois téméraires, sans que l'on ressente une expression forcée.
Par petites touches on découvre ce lieu saint, peut-être en Bretagne (granite) et on y déambule tous les sens en éveil guidé par un dévot capable de partager la magie d'une foi.
Un bon moment. Vraiment. Merci

   Robot   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
On peut être agnostique et apprécier de visiter chapelles et églises comme celle décrite dans ce poème empreint de sérénité. Là, il s'agit d'une vieille église, lieu propice à la méditation et à l'observation des richesses que des artistes souvent méconnus ont réalisés.
Le texte et la composition ont su recréer une atmosphère paisible et prégnante à la fois de beauté et d'une certaine majesté artistique. On se laisse aller à s'immerger dans les alexandrins expressifs. J'ai moins aimé l'avant dernier quatrain qui m'a semblé un peu en dessous du point de vue de la poétique. Mais j'ai apprécié l'ensemble de ce poème.

   sympa   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Pour un premier poème publié ici, je dois dire que vous avez " tapé dans le mille ", et c'est un régal de parcourir vos vers.

Vous décrivez avec un talent indéniable cette vieille église, "vestige du passé".

Vos alexandrins sont beaux, fluides, agréables et votre description magnifique, touchante, reposante.

Au plaisir de vous relire.

   emju   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Vraiment magnifique. Que dire de plus ? Je l'ai lu plusieurs fois. La description de cette église est à pleurer. Merci pour ce moment de quiétude en osmose avec le Christ en croix, un enfant joufflu, les parfums, la chandelle rouge, le retable.
Je connais une petite église en Bretagne qui ressemble à la vôtre.
Merci.

   papipoete   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour dream
J'aurais pu vous prêter ma plume ( on m'appelle Pierrot ) pour écrire ces mots ; en effet, depuis tout le temps, j'entre dans les églises dès qu'un clocher me montre le haut de sa coiffe.
Je rentrais en église enfant, pour prier avec les grands ; il m'arrive de le faire quand se présente un terrible tourment, et pour accompagner le départ d'un cher défunt ; mais je ne cesse de promener mon regard, de la nef à la voûte, du choeur aux vitraux, et me souviens des odeurs d'encens, des cierges brûlant, de Melle Pav... qui chantait si aigü !
Votre poème semble me prendre par la main, et dire " t'as vu là ? et là ? "
NB certes le côté " guide " nous promenant déplaira à certains, mais moi j'aime bien ! Rien ne manque à la toile !
Oh, quelques pieux souvenirs, comme le curé confessant le pécheur, ce dernier allant s'agenouiller pour dire sa pénitence... Dans une vieille église comme la vôtre, je ne peux m'empêcher de regarder le confessionnal, je crois toujours y voir les pieds du curé et les jambes du repentant !
Vous avez su animer " la vieille église " qui, sûrement dort souvent !
Techniquement, vous avez opté pour la lecture en synérèse, or le 22e vers de ce fait ne mesure que 11 pieds
je sais la difficulté de ne pouvoir autrement, mais les nombreuses inversions peuvent heurter...

   Lebarde   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Quel superbe poème classique.
Dommage pour ces diérèses avec leur conséquence sur la métrique qui le rejettent de la catégorie!
Vous auriez pu sans aucun doute les éviter facilement considérant la maîtrise d'écriture indéniable dont vous faites preuve.

Dommage, mais qu'importe, votre poème magnifique interpelle tous les sens et rappelle la sérénité et la quiétude que quiconque ( croyant ou non) ressent quand il pénètre dans un tel lieu chargé de spiritualité.
L'évocation de cette "vieille église", une pièce parmi tant d'autres de notre patrimoine, est servie par une description précise et juste utilisant des mots simples et bien choisis , des vers d'une lenteur équilibrée et fluide créant une atmosphère paisible parfaitement adaptée au sujet et propice à la méditation et la réflexion.

J'ai relevé quelques beaux vers parmi tant d'autres:

"Par le sentier qui mène à l'échine des monts
Est une vieille église en apparence austère"

"D'âcres parfums de cire au cierges tremblotants"

"Caresse le rugueux de sa robe de serge"

"Au beffroi du clocher quelques notes d'airain"

Malgré les huit quatrains, point de longueur; j'ai poursuivi avec un grand intérêt la visite de cet édifice hors du temps, à la recherche des merveilles cachées que vous faites si bien découvrir aux lecteurs.

Mais à la disparition du bedeau qu'adviendra-t'il de ce monument déjà plus ou moins déserté et abandonné?

Bravo.
Voila un très beau travail qui m'a séduit moi qui, au cours de mes randonnées ne peut jamais m'empêcher d'essayer ( oui parce que beaucoup sont fermées!) de rentrer dans les églises ou chapelles, mais aussi moulins, lavoirs ou autres, rencontrés sur mon chemin .
Pas pour y prier: il y a bien longtemps que je ne sais plus, mais pour y trouver le silence, la paix et la sérénité.

Lebarde

   Francois   
6/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voici une bien belle évocation, en vers (presque) classiques...
On imagine bien cette église oubliée et silencieuse, où ne rôdent que des ombres furtives...

J'aime beaucoup la dernière strophe :
"Quand vient le crépuscule, on peut parfois surprendre,
Au beffroi du clocher, quelques notes d’airain ;
Se clôt la sombre porte, aux gonds lourds à vérin,
Sur la colline sainte où pousse une herbe tendre."

On peut discuter sur les diérèses ou synérèses... Par exemple, "dia-dè-me" me semble excessif... (4 syllabes dans une prononciation usuelle)

La deuxième strophe ne devrait-elle pas s'écrire :
"Sur une odeur d’encens, d’immortelle séchée,
D’âcres parfums de cire aux cierges tremblotants,
S’ouvre l’humble portail fermé de deux battants,
Et le grand Christ en croix de sa tête penchée." ?

Les rimes sont de qualité, souvent originales : "battants/tremblotants", "médiévale/ovale".
Le vocabulaire est soigné.

Un beau travail !

   emilia   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai beaucoup aimé cette présentation qui fait découvrir au visiteur en communion l’âme d’une vieille église, son ambiance de foi recueillie et sacrée, malgré et peut-être à cause de son « austérité », son « humble portail », son « modeste retable », sa « toile naïve »… (loin des ors grandioses d’une cathédrale…), mais dont les « points d’or » luisant dans l’obscurité donnent au lieu cette sensation toujours de présence habitée et parfumée qui s’ouvre au pèlerin et l’accueille, faisant le lien entre passé et présent, avec cette envolée du son des cloches qui résonnent et maintiennent la tradition… ; merci à vous d’avoir, en poésie, servi de guide au lecteur et bravo pour cette première publication… (je me suis également demandée si le verbe "s'ouvre" ne devait pas s'écrire au pluriel ?)

   STEPHANIE90   
5/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Dream,

un magnifique poème que j'ai beaucoup apprécié même si je ne suis pas une adepte des églises. La vôtre a su me déclamer toutes ses failles et ses trésors, et moi qui aime la vieille pierre, j'y ai capté son âme et j'ai été touché en plein cœur.

Celle-ci n'est point un vestige, et votre parchemin a la prose d'un charmant classique.
"Quand vient le crépuscule, on peut parfois surprendre,
Au beffroi du clocher, quelques notes d’airain ;
Se clôt la sombre porte, aux gonds lourds à vérin,
Sur la colline sainte où pousse une herbe tendre"
Cette dernière strophe est ma préférée.

Je voie la prosodie du classique de part ses rimes embrassées avec alternance de rime féminine puis masculine comme sur l'ensemble me semble t'il de votre poème !?!?! Je n'ai pas vu de vers irrégulier, mais n'étant pas une pro du classique.
Un truc m'a surement échappé... Probablement les césures à l'hémistiche, dont je n'ai moi-même pas retenu pour l'instant toutes les subtilités.
Un(e) pro du genre décortiquera surement tout cela bien mieux que moi.

Mais peu importe... prions juste pour que l'on puisse pousser les gonds de cette église qui semble si belle, encore longtemps...

Merci pour cette lumineuse promenade dans votre vieille église,

Stéphanie

   BernardG   
6/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,

J'ai aimé tous les quatrains !
Bon, quelques problèmes de diérèse mais qui, au final, sont peu importants......

Le lecteur est dans l'église, il s'imprègne des couleurs et des odeurs, il voit cette vierge à l'enfant et ressent le froid caressant ces vieilles pierres.
J'ai dreamé ☺
Merci

Bernard G.


Oniris Copyright © 2007-2019