Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
Eccar : Chemin [Sélection GL]
 Publié le 16/08/19  -  9 commentaires  -  1383 caractères  -  177 lectures    Autres textes du même auteur

Va, marche, erre, cours ou arrête-toi... Chemine...


Chemin [Sélection GL]



Vois-tu le chemin, les couloirs noirs,
lieux étrangers nés de l’ouverture de portes ?
Mille questions te hantaient,
mille réponses qu’on te faisait,
des prédicateurs, des prophètes,
des hommes aux couteaux égorgeurs,
ou dynamitant leur ventre, leur temps,
souillant sans gants les espaces voisins,
par eux devenus sanglants ;
milliards de mots sans sens
qui ne te disaient rien,
ou juste l’idée que ce lent gage,
cette soumission involontaire,
inconsciemment consentie,
ce lien cédé au monde depuis longtemps,
comme un contrat de survie
n’était pas tien,
vois-tu le cheminement ?


Reconnais-tu cet horizon qui se dessine,
ces morceaux de ta chair disséminée
que tu ne peux rassembler,
qui ne peut te ressembler,
ton esprit éparpillé devant ce feu des questions,
tes propres questions qui te hantaient,
que tu tentais, que tu tendais
au loin vers cet astre couchant que le vent
de l’espérance faisait levant ?
Que sais-tu de cette fuite incessante
qui te transperce, t’affine et te projette
vers un peu plus de vie, toujours plus de vie,
exaltation primitive métamorphosée
en conscience infinie ?

Comprends-tu que le chemin ne s’arrête jamais,
qu’il est le seul endroit où tu seras toujours ?


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Eclaircie   
19/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Le titre "Chemin", tout simple, sobre, évoque tant dans l'imaginaire du lecteur.
L'ensemble en première lecture laisse apparaître un "chemin" sinueux, un peu complexe et non dénué de charme, cependant.

Dans le détail, le premier paragraphe me semble mal équilibré :
Les deux premiers vers sont très beaux, j'aime beaucoup.
La suite me laisse plus perplexe par la construction.
"mille réponses qu’ont te faisait" : qui est ce "on" ? Tous les êtres énumérés dans les vers suivants ?
Ensuite à partir de :
"milliards de mots sans sens", le texte redevient équilibré (un bémol pour le "sans sens", un peu disgracieux).

Puis reviennent les questions :
"qui ne peut te ressembler," je lis "cet horizon, ces morceaux" et me demande pourquoi "qui ne peuvent te ressembler.

"...cet astre couchant que le vent
de l’espérance faisait levant ?", très très beau.

Les deux vers de fins viennent clore cette réflexion sur le sens de la vie de manière brillante.

Globalement, j'ai aimé et j'ai dû lire plusieurs fois pour cerner ce qui me gênait un peu.

Merci du partage,
Éclaircie

   Vincente   
20/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Après la première strophe qui questionne depuis le prisme de l'intégrisme (on le devine ici plutôt d'obédience islamiste, mais ce pourrait être une autre dévoilée en termes allégoriques), un chemin en impasse, la deuxième propose, dans une forme interrogative également, une autre façon de "s'emparer de notre destin", beaucoup plus positive.

Les deux visions sont déclamées avec force, mais la première déverse à charge son inanité, on pourrait le regretter, puisque le jugement se fait sans appel, est-ce la meilleure façon de plaider une cause ? La deuxième succédant à l'obscurité, à l'obscurantisme, nous invite dans la lumière où "l'exaltation primitive" offre la "conscience infinie". Comment refuser cet empire d'espérance prêt à s'accomplir en nous ? Le projet de vie apparaît passionnant sous les mots de cette deuxième partie aux images surréalistes. J'ai trouvé que l'emballement conceptuel trouvait dans son expression emportée un très approprié "chemin".

La strophe final nous invite de plus à l'emprunter, il serait le lieu de notre conscience et bien plus encore celui de notre existence. Très intéressante proposition.

Et puis, participe à l'adhésion l'écriture qui ne manque pas d'attraits, renforcés par des combinaisons stylistiques vivantes et assez originales.

   Provencao   
27/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
"Comprends-tu que le chemin ne s’arrête jamais,
qu’il est le seul endroit où tu seras toujours ?"

J'ai bien aimé cet appel du chemin qui résonne comme l'appel à un autre endroit. Ce chemin de la pensée est ce chemin du poème vers l'espérance.

Que demeure présente l'espérance au coeur des pensées, en votre joli écrit.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   cherbiacuespe   
28/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
La vie est un labyrinthe qui regorge d'inconnu, de surprises diverses. Mais c'est la vie.

J'ai notamment apprécié la jonglerie des mots, petit privilège de ceux qui aiment la langue. J'ai la mauvaise habitude de lire les poèmes à haute voix pour en apprécier ce que je nomme "la glisse" ou le "surf". Du coup, quelques remarques.

"Mille réponses qu'on te faisait" : faisait ne sonne pas très bien je trouve.

"Milliards de mots sans sens" : sans sens écorche un peu, même si j'en comprends l'utilisation avec la suite "qui ne te disaient rien, ou juste l'idée de ce lent gage", (lent gage, lui, est superbe).

"Souillant sans gants les espaces voisins" : sans gants m'a aussi égratigné, mais je suppose qu'il est à coupler avec le "sanglants" qui suit. Du coup je ne sais si on peut trouver une formulation différente tout en respectant l'idée d'origine.

A part ces trois remarques très personnelles, c'est un beau texte.

   Annick   
16/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le pronom "tu" m'interpelle. A qui s'adresse le narrateur ? Et qui est le narrateur ?
Le narrateur n'est pas identifié. Il pourrait être non défini ou bien est-ce la conscience humaine...
Le "tu" pourrait correspondre à quelqu'un qui est mort, tué sur son chemin de vie, lui qui n'adhérait en rien aux idées et actes de ces prédicateurs égorgeurs et non plus à ce contrat de survie qui n'était pas le sien. Il semble subir ce qui lui est arrivé.
Les verbes sont à l'imparfait exceptés à la fin. Le présent semble convenir comme pour une vérité générale et éternelle :

Que sais-tu de cette fuite incessante
qui te transperce, t’affine et te projette
vers un peu plus de vie, toujours plus de vie,
exaltation primitive métamorphosée
en conscience infinie ?

Peut-être, est-ce une victime d'attentats en France, ou de la guerre en Syrie ou dans ces pays si instables et dangereux. Il semble avoir été fauché, le laissant éternellement devant ses propres interrogations. Le narrateur lui apporte cependant une réponse :

Comprends-tu que le chemin ne s’arrête jamais,
qu’il est le seul endroit où tu seras toujours ?

Le poème se teinte de philosophie, ne serait-ce que d'abord parce qu'il commence et se termine par des questionnements.

La vie est un cheminement. La mort l'est tout autant. C'est un cheminement au sens propre et au sens philosophique du terme.

Les assonances et les allitérations insufflent au poème son propre rythme et résonnent comme une scansion :

"...ou dynamitant leur ventre, leur temps,
souillant sans gants les espaces voisins,
par eux devenus sanglants ;
milliards de mots sans sens
qui ne te disaient rien,
ou juste l’idée que ce lent gage..."

Des jeux de mots également comme : "lent gage", "langage", qui peuvent être compris dans les deux sens.

C'est un vrai beau poème que j'ai aimé lire tout haut. Cependant, il est difficile d'accès car c'est un jeu constant entre l'implicite et l'explicite.

Sans doute l'ai-je mal interprété.... Mais je l'ai aimé.

   senglar   
16/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Eccar,


Toujours à cheminer en quelque sorte... Que l'on marche ou pas on est sur le chemin.

M'a tout l'air d'un tapis roulant ce chemin ! Qui nous expose.

Où l'on n'est jamais à l'abri de ceux qui l'explosent et l'inondent de sang... noir, sans qu'on y soit, nous, pour quelque chose dans tout ça.

S'agit de rentrer la tête dans les épaules car la chaîne avance aux destins enchaînés, englués.

On est sur un ruban tue-mouches, éparpillé. Oh que ce chemin ne me plaît pas, j'y laisse des morceaux de moi.

Je veux sortir de ce chemin moi ! Décollez-moi !

Des questions que je pose ? Mais je ne veux que me poser. Ce sont les autres qui posent des questions, comme des ultimatums.

Il n'y a pas d'espérance en ce monde. Le problème est qu'il n'y en a pas d'autre.

Ma solution pour vivre serait de rester au bord du chemin. Alors surtout ne venez pas me dire que je suis condamné au chemin.

Je veux être une vache qui regarde passer les trains...
ça existe ça non ?
MEUH !
Pas de diktat où mon lait va tourner.
Non mais !

Pessimiste cette poésie !


Senglar
Qui se révolte

   dom1   
16/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Autant dans la forme que dans le fond, ce poème transpire le talent et l'esprit clairvoyant de l'auteur.
Ce chemin d'esprit et de vie est présent dans chaque être qui pose quelques réflexion sur sa vie et qui donc, ne la subit que partiellement.
Les mots s'entrelacent avec plaisir et bonheur même si le thème est ponctué de mélancolie...

Domi...

   Castelmore   
17/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte est un message de « libération » adressé par le narrateur à un homme ou une femme né en terre d’islam:

Rejette la soumission dans laquelle tu es né , celle d’une religion dont la pratique n’est qu’un “contrat de survie”... et dont les dérives ensanglantent le monde.

Suis le chemin de ta propre pensée, celui qui s’ouvre devant toi, à chaque porte ouverte par tes questions,
sans ignorer les valeurs venues d’occident ( là où le soleil se couche)

La vie est conscience et ce sont TES réponses qui doivent guider ta route sans fin ...

Ce message de libre penseur, qui n’a rien de nouveau en Occident, est bien totalement « révolutionnaire » dans le monde musulman et possède même un caractère blasphématoire...



Voilà pour le fond, qui dispense, avec trois siècles de décalage, le même message que celui qui traversait l’Europe au « siècle de lumières ».

La forme choisie est quelquefois alambiquée mais il s’en dégage une harmonie autour de ses assonances

Au total un texte intéressant et plaisant.

   STEPHANIE90   
18/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Eccar,

une poésie philosophique peut-être trop implicite et lorsque l'on y cherche l'explicite, tout semble perdu puisque :
"Comprends-tu que le chemin ne s’arrête jamais,
qu’il est le seul endroit où tu seras toujours ?"
Dans le fond, la première strophe me semble être un repentir pour les pêcheurs et les prêcheurs. Juste un mauvais choix de chemin puisque ce n'étaient pas le leur. La deuxième strophe finissant par : "toujours plus de vie,
exaltation primitive métamorphosée
en conscience infinie ?"
Euh ! ???

Je ne suis pas emballé par la façon pessimiste dont vous amenez votre final avec lequel je suis pourtant d'accord.
Mais alors je salue votre audace, car forcément, ce texte fait réfléchir et j'aime bien que l'on me fasse réfléchir.

Merci pour la réflexion,
Stéphanie pas encore possédée, et qui suit son propre chemin (lol)


Oniris Copyright © 2007-2019