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Poésie contemporaine
Eccar : Décroissance
 Publié le 14/07/19  -  12 commentaires  -  1542 caractères  -  150 lectures    Autres textes du même auteur

Ballon sans nacelle…


Décroissance



Voilà, j’ai pris mon temps et me suis poussé plus avant,
franchi les barbelés qui délimitaient des prés,
terrains abandonnés sans murs ni cheminée,
de vieilles propriétés oubliées par le vent.

Il y a dans mon sac quelques bouts de ficelles,
une hachette, un couteau, comme unique outillage,
et un coup de collier qui tient lieu de courage.
J’ai pris ma vie de cours, un ballon sans nacelle…

J’ai souvent l’impression qu’on me vent,
sans que l’on veuille vraiment de moi, de l’inutile,
sans raccord avec ce que je suis, des trucs futiles
qui manipulent mes battements de temps.

Alors, je suis parti creuser mon nid ailleurs,
j’ai fui la décennie, même le millénaire,
mais c’est vers l’avant que je vais, pas en arrière,
une utopie réelle, belle autant que l’espoir meurt…

Le sol me reçoit sans mousse, sans douceur,
sans dureté aussi car de l’herbe est revenue,
lentement brisé l’asphalte gris n’a pas tenu
sous l’humide, le gel, le rêve et la candeur.

Rien des villes, de leurs édifices aux mornes effrois,
n’a pu me suivre sur ce sentier de ma décroissance,
mes seuls besoins reliés au vrai de l’existence
sont revenus naturellement de la faim et du froid.

Et quand ont cessé mes fièvres du toujours plus,
devant ces mièvres artifices où se perdait la vie,
j’ai lâché mes mots maquillés de peurs enfouies,
et mes pensées, vernis craquelé de poupées russes…


 
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   poldutor   
19/6/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Poésie très obscure.
"qu’on me vent" ou qu'on me venD ?

" ...l’asphalte gris n’a pas tenu
sous l’humide, le gel, le rêve et la candeur." (?)

"... ce sentier de ma décroissance"

Je suppose qu'il s'agit d'un citadin qui fuit la ville et va vivre en hermite.

Une belle image : "...un ballon sans nacelle"

Poésie pas assez explicite, difficile à commenter.

   Gabrielle   
14/7/2019
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.

   Donaldo75   
16/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai bien aimé ce poème. Il a du rythme, de l'allant et surtout du fond.

"Voilà, j’ai pris mon temps et me suis poussé plus avant,
franchi les barbelés qui délimitaient des prés,
terrains abandonnés sans murs ni cheminée,
de vieilles propriétés oubliées par le vent."

Ce quatrain introduit le sujet, en donne la tonalité, le pourquoi du comment.


"Il y a dans mon sac quelques bouts de ficelles,
une hachette, un couteau, comme unique outillage,
et un coup de collier qui tient lieu de courage.
J’ai pris ma vie de cours, un ballon sans nacelle…"

C'est le quatrain que je préfère, de loin. Il est très poétique, facile à visualiser de surcroit, un peu comme si le cinéma prenait des allures de tableau avec les mots en guise de couleurs.

La suite est moins forte, plus bavarde, puis le poème reprend de l'ampleur dans son dernier quatrain, même si la magie des deux premiers n'est jamais réellement réapparue.

Bravo !

   Davide   
14/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Eccar,

Le titre est explicite - peut-être trop même - pour peu que l'on s'intéresse au sujet ou que celui-ci nous touche personnellement...

La belle réussite de cette poésie tient, à mon sens, du traitement habile du sujet : derrière cette "décroissance" se révèle une croissance humaine et spirituelle éminemment belle :
"J’ai pris ma vie de cours, un ballon sans nacelle…"
"c’est vers l’avant que je vais, pas en arrière".

Les deux premières strophes nous promettent un voyage au bout du monde (monde intérieur ?), épique et troublant, mais le décollage s'avère bien ardu. Alors que l'on aurait aimé construire avec lui ce nouveau monde, main dans la main, le narrateur nous ramène dans l'ancien, et cet aller-retour entre grisailles et espoirs nous fait mal plus qu'il ne nous porte à rêver.

Le dernier quatrain est superbe, mais je l'aurais préféré en début de poème. Comprenez, ces "fièvres du toujours plus" l'ont quitté bien avant qu'il n'ait franchi "les barbelés qui délimitaient des prés". N'est-ce pas ?

Il est dommage que ce poème "tourne en rond" (FANTIN, si vous me lisez ;) ) et ne propose pas quelque chose de plus substantiel.
La critique prend vite le pas sur l'utopie, qualifiée de "réelle", mais à peine esquissée dans "un coup de collier qui tient lieu de courage" ou ce magnifique "ballon sans nacelle"...
Les mondes de la "croissance" et de la "décroissance" semblent se chevaucher, s'entrelacer sans cesse... Il aurait été peut-être plus judicieux de suivre le cheminement du narrateur, de sa prise de conscience au cœur de la société consumériste que l'on connaît jusqu'à la construction de son "utopie" (à la manière du film "Into the wild")...

Ce texte m'a touché, mais je reste sur ma faim !

Merci Eccar,

Davide

   Eclaircie   
15/7/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Eccar,

Je suis assez partagée face à ce poème.

J'aime :
le titre,
le sujet
"j’ai fui la décennie, même le millénaire,"
le dernier paragraphe

Beaucoup moins :
Le rythme irrégulier des vers oscillants de 10 à 14 syllabes.
Certaines tournures bien lourdes :
Le premier vers,
"mais c’est vers l’avant que je vais, pas en arrière,"
"sans dureté aussi car de l’herbe est revenue,"
"mes seuls besoins reliés au vrai de l’existence
sont revenus naturellement de la faim et du froid."

Ce poème à mon avis mériterait d'être revu et repris, pigmenté de verbes d'action un peu plus originaux, dépouillé de toutes ces "chevilles".

Bonne continuation,
Éclaircie

   Provencao   
15/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Alors, je suis parti creuser mon nid ailleurs,
j’ai fui la décennie, même le millénaire,
mais c’est vers l’avant que je vais, pas en arrière,
une utopie réelle, belle autant que l’espoir meurt"

J'ai beaucoup aimé cette utopie, qui me semble être le vecteur principal de votre poésie. Quoi qu'il en soit, je me suis demandée si ne se trouve pas présupposés dans cet écrit presque en miroir, des écrits comme un ensemble de signes non connus, non révélés...dans un ballon sans nacelle, manifeste et presque accessible aux regards aiguisés, d'une utopie totale.

C'est ainsi que j'ai perçu votre poésie, après plusieurs lectures.

Au plaisir de vous lire

Cordialement

   Vincente   
15/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
L'écriture est agréable, on sent un rythme volontaire, porteur et porté par la "belle utopie", celle-là même qui devient au fil de la lecture une réalité par la magie de la plume et par la détermination de l'esprit. J'ai beaucoup aimé cet emportement vers le modeste et l'essentiel, une décroissance au paradoxe emblématique : décroître pour grandir !

Sur la forme, de séduisantes images viennent nourrir le propos, dont cet excellent "ballon sans nacelle" très approprié au sujet. D'autres utilisent leur double sens pour nous séduire ("franchi les barbelés qui délimitaient des prés," ou "J’ai souvent l’impression qu’on me vent," avec ce verbe "vendre" qui se lit ici pour sous-entendre "qu'on me néglige" "qu'on m'agite". Et puis avec cette jolie trouvaille dans "mais c’est vers l’avant que je vais, pas en arrière," où le "pas en arrière" se lit de deux façons, le pas qui revient d'où l'on vient et le refus de reculer malgré tout.

Ce qui m'a gêné, ce sont deux petits contre-pieds/contresens (d'où le moins du beaucoup de l'appréciation). Dans le vers "de vieilles propriétés oubliées par le vent.", pour moi les "vieilles propriétés" sont oubliées de tout sauf du vent ; il aurait été plus cohérent d'écrire "dans le vent" avec le double sens du vent de l'époque et de celui du climat. Et puis dans le vers :"une utopie réelle, belle autant que l’espoir meurt…", ce "belle autant que l'espoir me meurt" me paraît un peu bizarre ; en quoi l'espoir qui me meurt peut être beau...?!
Quand au vers terminal, il s'achève donc pour ouvrir trois points de suspension ; oui on peut imaginer qu'il y a bien d'autres découvertes à venir dans la vie nouvelle qui est choisie, laissons donc l'imagination à l'oeuvre. Ceci dit "mes pensées, vernis craquelé de poupées russes" dévoile une belle métaphore mais elle m'est apparue un peu bancale. Ainsi je vois "mes pensées" comme un "vernis craquelé", or j'ai l'impression que l'auteur veut dire plutôt "mes pensées" étaient "des poupées russes", et alors ça ce serait/c'est vraiment intéressant.

   papipoete   
15/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Eccar
J'ai pris mon baluchon, oh léger pour ne pas s'encombrer, et avancé résolument vers demain ! j'ai connu de nouveaux horizons, dont nul signe du modernisme ne me taraude, si ce n'est la faim et le froid, pareils ici qu'ailleurs, et je me suis adapté sans jamais me retourner sur " avant " ...
NB une réflexion sur l'utopie avec ses espoirs, ses déconvenues, et ses fièvres qui montent si haut !
la 4e strophe est celle que je préfère !
la métrique irrégulière impose la forme " contemporaine " !
" qu'on me vent " verbe venter ou verbe vendre ?

   senglar   
15/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Eccar,


Et... dites-moi, où êtes-vous arrivé, vous qui ne vouliez que fuir. Plus de besoins dites-vous, sinon ceux de la survie : manger, se protéger du froid donc se vêtir dans un premier temps. Et vous voilà à jouer avec les mots (Aurez-vous encore besoin de mots d'ailleurs quand vous aurez tout lâché ? c'est sans doute peut-être pour ça qu'il se déconstruisent déjà...) : "... cours (?)... vent (?)... battements de temps... candeur..." Pour vous qui ne seriez plus dans le "toujours plus" le bonheur serait donc où le moins est le plus.

Je crains dans ce cas que n'ayez même plus le souvenir des poupées russes car l'une engrange l'autre et caetera et qu'il ne reste qu'une coque vide au fond d'un terrier, car un nid s'édifie mais ne se creuse pas, que vous disputeront les vers et autres vermines.

Té ! Des protéines !

Le grand retour des hannetons.

Pas sûr que la nature vous fasse la partie belle. Demandez aux enfants-loups...

Le retour à la nature me semble l'illusion primordiale, elle ne donne pas, il faut lui prendre, mais je loue l'enthousiasme du narrateur s'autoCrusoéant, l'herbe n'en restant pas moins humide au séant si elle sied au regard sous le soleil couchant.

La thèse ne me convainc pas mais j'accorde à l'auteur d'avoir le droit de la soutenir. Chacun ses utopies :)


Senglar
Vrai Sceptique

   hersen   
16/7/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
"Courage, fuyons !" ?

Un texte qui peut-être montre toute la difficulté de vivre en accord avec soi-même, pas toujours facile si on met la barre un peu haute.

Tout le chemin que fait le narrateur est sans doute une métaphore, mais je ne pense pas quand à moi qu'il faille aller bien loin pour vivre autrement. Détail après détail.

Je reproche au texte de suggérer qu'il faut aller vivre dans les bois pour que tout s'améliore; je pense au contraire que vie rurale ou citadine, le combat n'est guère différent, adopter une attitude moins consumériste et dévoreuse d'énergie se fait partout...où il y a des hommes.

Et c'est un texte qui n'est pas convaincant, en ce sens que l'alternative proposée n'est guère alléchante. Donc on zappe, on se dit, ah, encore un décroissant ! on sourit et on finit son coca.

mais déjà, (se) poser la question, ce n'est pas négatif.

merci pour la lecture.

   cherbiacuespe   
22/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le thème de la décroissance est assez complexe entre ceux (nombreux) qui pensent que la décroissance est forcément un retour vers l'âge de pierre, ceux qui y distinguent la condamnation de tout progrès, les drogués de la consommation et j'en passe.

Or, pour bien cerner cette théorie économique, il faut faire l'effort d'en lire les théoriciens. Cette poésie met à mes yeux, justement, toute la lumière sur les fantasmes de ceux qui ne se sont pas assez penché sur ce concept pas si récent (car en creusant on y trouve du Thomas Malthus) : «mais c'est vers l'avant que je vais, pas en arrière», le vers qui dévoile tout.

Cette théorie économique n'est pas ma tasse de thé, mais ce poème est un vrai plaisir car l'exercice n'est pas si simple de parler d'économie en l'écrivant en vers.

Petit reproche: à la fin du premier vers du troisième quatrain, vent au lieu de vend, à moins qu'il ne s'agisse d'un jeu de mot.

   troupi   
17/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Pierre Rabhi vous aurait-il influencé avec sa sobriété heureuse ?
C'est un concept auquel j'adhère assez facilement mais qui n'est pas si facile à suivre dans notre monde du toujours plus.
D'ailleurs vous-même pour illustrer votre propos n'auriez-vous pas dû vous contenter d'un court, voire très court poème ?
Je l'aurais bien vu écrit en libre, avec juste l'essentiel de l'idée à faire passer.
Bon je taquine un peu là.

J'aime bien l'idée poétique que l'asphalte est autant détruit par le rêve et la candeur que par l'humide et le gel.

"mes seuls besoins reliés au vrai de l’existence
sont revenus naturellement de la faim et du froid." Au bout du compte c'est vrai mais faut-il jeter Oniris avec tout le reste ?


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