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Poésie libre
Eccar : Il est grand temps de nous reposer [Sélection GL]
 Publié le 11/08/17  -  10 commentaires  -  1207 caractères  -  176 lectures    Autres textes du même auteur

C’est par un sale matin de colère, de tristesse, ou simplement de fatigue… que se sont laissés aller en moi ces mots.


Il est grand temps de nous reposer [Sélection GL]




Quand tu auras tout acheté,
Pierre, fer, étoffe,
Dévoré toutes les herbes, les racines,
Sacrifié tant d’animaux,
Pour leur force, leurs dents, leur chair, leurs peaux,
Peut-être alors te reposeras-tu ?

Quand tu auras tout bu
L’eau des pluies, celle du fond des cavernes,
Souillé les mares, les rivières,
Les lacs, les mers et les océans,
Saupoudré de tes grisailles
Les plus beaux paysages,
Peut-être alors te reposeras-tu ?

Quand tu auras arraché
Tous les arbres, étendu tes déserts,
Creusé les sols, fouillé les terres,
Extirpé des plus profonds
Les feux des laves,
Émietté dans l’atmosphère
Tant de particules invisibles et amères,
Peut-être alors te reposeras-tu ?

Quand, dans tes fusées,
Tu auras conquis
Les rives de l’espace obscur,
Quand les étoiles lointaines
Scintilleront de plus belle,
Indifférentes à tes jours,
À ton infime suffisance,
Quand le trou noir de ton orgueil
S’enflera encore et toujours
Des ruines de tes exigences,
Dans tes grands cimetières
Alors peut-être te reposeras-tu ?


 
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   Anonyme   
27/7/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Commenté en EL

Un style un peu trop "enflé" pour que je puisse l'apprécier ; on est sans cesse sur les sommets sans jamais reprendre son souffle et pour cela je suis resté en dehors de ce texte (bien que le sujet ne soit pas inintéressant)

Je n'aime pas.

   Pouet   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bjr,

J'ai bien aimé ce poème, principalement pour son message.

Le texte demeure bien écrit, sans fioritures. Cela se lit bien et, encore une fois, le fond est bien exprimé.

Rien de particulier à ajouter sinon.

Cordialement,

Pouet.

   Brume   
29/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Des images puissantes, des vers qui nous envoient leur autorité corps et âme, les assonnances des R accentuent la violence des propos.
La colère est un souffle de vie destructeur.
Et le sentiment de fatigue de la narratrice (teur) se ressent aussi fortement.

S'imbriquent avec brio la nature à la nature profonde, laide de l'humain.
Et je trouve votre poème très nuancé au niveau de la tonalité, très percutant.

Que dire de plus. Superbe !

   socque   
11/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai vu passer ce poème en Espace Lecture et ne l'ai pas commenté alors, bien qu'il me parût sortir du lot, d'une part parce que j'ai tendance à peu goûter les textes aux intentions trop transparentes, d'autre part parce que j'ai du mal avec la disposition en centré, qui elle aussi me paraît ressortir de la catégorie "gros sabots", attention c'est de la poésie, non seulement je vais à la ligne avec la majuscule obligatoire en début de vers, mais en plus, pour bien annoncer la couleur, je colle tout en milieu de page. D'écran, bon, vous voyez l'idée.

Malgré ce qui représente à mes yeux des handicaps où risque de s'empêtrer et de s'engloutir la parole poétique, je trouve que quelque chose émane de ces vers, grâce au refrain obsédant qui, en quelque sorte, retourne le propos et fait passer l'humanité de fléau sans rédemption à être épuisé, malade, donc victime de sa nature. Sa dimension agissante, nuisible, n'est pas occultée, loin de là, mais il apparaît que c'est d'abord à elle qu'elle nuit dans cette éternelle et éreintante fuite en avant.

Alors, la dénonciation, oui, on l'a déjà bien lue, elle ne me paraît pas plus habile que d'autres et vaut surtout, me semble-t-il, par sa volonté d'épuisement (!) de tous les aspects : matérialisme mercantile, pollution des eaux, des terres, de l'air, expansion de la souillure jusqu'à l'espace vierge qui, semble-t-il, vaincra enfin le parasite de l'univers que nous sommes. Et alors, peut-être enfin le repos. C'est cette trajectoire qui m'intéresse, cette idée d'une rédemption impossible avant l'annihilation ; par son impossibilité même se manifeste la rédemption, car n'y a-t-il pas, à ce point d'acharnement à se détruire, atténuation de la responsabilité, comme on dit dans les tribunaux ?

Un texte, donc, qui m'entraîne sur des voies de réflexion, en tout cas ailleurs ; il me fait sortir un bref instant de moi, et c'est ce que je demande avant tout.

   Robot   
13/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ecologie, la science de l'homme dans son milieu. Ira-t-il jusqu'au bout de l'épuisement de ses ressources ? Et pour faire bonne mesure ayant épuisé sa planète, va-t-il poursuivre sa ruine en allant à la conquête de l'univers pour l'exploiter à outrance ?
J'ai bien apprécié ce texte agréable à lire et qui par des touches progressives pose une véritable question.

Un petit bémol sur le titre qui dit "nous" (1ère personne du pluriel) qui englobe le narrateur, alors que le texte pose la question par un tutoiement (à la 2ème personne du singulier), comme si le rédacteur s'excluait du problème. Mais c'est juste une broutille en passant.

Je trouve que ce texte tombe tout à fait à propos en raison d'une décision qui n'a pas fait la une des médias. Par une large interprétation des traités internationaux sur la propriété des domaines sidéraux, le Luxembourg propose à des sociétés privées intéressées par l'exploitation des ressources de minerais rares dans l'espace de s'installer dans le duché. Avec bien sûr les arrangements fiscaux qui en découlent.

   Donaldo75   
11/8/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Eccar,

C'est un tantinet "too much", comme diraient mes nièces, des jeunes qui lisent la poésie sur smartphone.

Démarrer avec "Quand tu auras" atteint vite ses limites, et celles du lecteur que je suis, et le premier sizain suffisait largement pour passer directement à la conclusion. Est-ce la dernière strophe ? Eh bien, non, elle est tellement, longue, nous ressert du "Quand" avec la liste des fautes de l'être humain sur sa planète et tout et tout.

Bref, on est dans l'omelette boursouflée, avec beaucoup de crème mais pas tant de protéines. Les poules devaient être anémiques.

Une autre fois, j'espère.

Donaldo

   alma   
11/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Personnellement j'aime beaucoup ce poème pour le choix des mots, le ton et le sens du texte. La dénonciation est forte et écrite avec puissance, le poème en est très beau.

   Damy   
11/8/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je me serai fatigué avant et aurai pris un sage repos par la méditation, le yoga, la sophrologie, que sais-je ?
Bien sûr "l'homme" en veut toujours plus, mais il me semble que pour éviter l'anéantissement de la planète, des mouvements profonds, bien qu'encore discrets, se dressent. Votre alerte n'est certes pas inutile.
Un simple conseil pour vous reposer: recouchez-vous avec la pensée optimiste qu'une bonne méditation en pleine conscience vous rendormira dans les 10 minutes.

Je plaisante: vous êtes le lanceur d'alertes extrême. Il en faut (essayant d'éviter l’extrémisme risquant de conduire au suicide par défaut d'alternative).

J'ai trouvé votre texte bien écrit dans le registre de l'angoisse.
Merci

   jfmoods   
12/8/2017
Ce poème est composé de quatre strophes aux longueurs de vers variées. La gradation qui marque la progression du texte (6 vers, 7 vers, 8 vers, 12 vers) ainsi que le recours à la deuxième personne du singulier ("tu") en accentuent la visée polémique.

Sous l'égide du futur antérieur, les trois premières strophes et les trois premiers vers de la quatrième strophe anticipent une dévastation programmée de l'ensemble d'un écosystème (marqueur de quantité : "tout" "toutes", "tous", marqueur d'intensité : "tant" x 2, énumérations : "Pierre, fer, étoffe", "leur force, leurs dents, leur chair, leurs peaux", "L’eau des pluies, celle du fond des cavernes", "les mares, les rivières, / Les lacs, les mers et les océans", superlatifs : "les plus beaux paysages", "des plus profonds", champ lexical de la nature : "herbes", "racines", "animaux", "arbres", "déserts", "sols", "terres", "Les feux des laves", "l'atmosphère", "les rives de l'espace obscur", images prégnantes de la pollution : "grisailles", "particules invisibles et amères", participes passés avalisant l'exploitation sans limites de l'espace disponible : "acheté", "dévoré", "sacrifié", "bu", "Souillé", "Saupoudré", "arraché", "étendu", "creusé", "fouillé", "extirpé", "émiettées", "conquis").

Les neuf derniers vers du poème, au futur, se positionnent dans la perspective d'un après, à ce moment charnière où l'être humain, confronté à son impuissance à pousser plus loin une soif dévorante, pourra mesurer la petitesse indépassable de sa condition (marqueur d'intensité : "les étoiles lointaines / Scintilleront de plus belle", personnification : "Indifférentes à tes jours", oxymore : "ton infime suffisance", métaphores : "le trou noir de ton orgueil / S’enflera encore et toujours / Des ruines de tes exigences") et considérer que cette course infernale l'a conduit, au bout du compte, irrémédiablement, à sa propre perte (complément de lieu : "Dans tes grands cimetières").

Le titre du poème dressait un constat sans appel impliquant une prise de conscience collective ("Il est grand temps de nous reposer"). Sa reprise obsédante, à chaque fin de strophe, sous la forme d'une question fermée marquée par le doute, retentit comme une mise en garde vitale adressée à l'humanité tout entière.

Merci pour ce partage !

   papipoete   
12/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Eccar,
Quand tu auras épuisé toutes les ressources de la terre, te tournant vers les étoiles où tu pourrais à nouveau piller, massacrer, ne sera-t-il pas sage de te poser et pourquoi pas te reposer ?
NB un questionnement qu'il serait grand temps d'expliquer aux " grands " de la planète dont le cerveau ne voit pas, ne sent pas qu'on est mal, très mal ...
Je ne citerai pas de passage particulier, tant ils ont tous une portée lumineuse ! et j'aime bien les refrains " quand tu auras / peut-être alors ... "


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