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Poésie contemporaine
Eccar : La maîtresse intime
 Publié le 24/04/18  -  5 commentaires  -  2055 caractères  -  108 lectures    Autres textes du même auteur

Fille de la nuit.


La maîtresse intime




Nul ne sait en notre âme quand elle apparaît,
Personne ne l’aperçoit ou ne la devine,
Elle se crée au cœur, au vide d’un souhait,
Puis reste tapie près de la pensée chagrine.

Si vaste est le monde du tout premier instant,
Si petit le pouvoir sur nos jeunes empires,
Elle se love en nous comme l’être rampant
Et un émoi suffit à gonfler ses délires.

L’enfant l’apprivoise, l’invitant à ses jeux,
Nous sommes si savants à trouver la parade,
Elle enfouit davantage un nectar nauséeux,
En l’esprit à jamais se tient en embuscade.

Et puis le temps est au défi adolescent,
Course folle où l’imprudence serait de mise,
De nouveaux jeux tentant le sort et l’indécent
Frisson d’amour de celle qui nous hypnotise.

Elle est bien là quand notre corps construit des murs
Qui le protègent du dehors, de ses offenses,
Elle approche même les gestes les plus purs,
Ce que nous voulons léguer à nos descendances.

Elle se fond dans nos regards vers l’Univers,
Ou rejaillit de la putréfaction des tombes,
Elle se rit de nos souvenirs les plus chers,
Jette devant nous ses futures hécatombes.

Elle a tenté le monde incitant à bâtir
Les pyramides, les temples, les cathédrales,
À sa gloire, au besoin incessant de grandir,
Forgeant de nos misères ses armes royales.

Dessinant sur la pâleur la douce expression
D’un sourire, espoirs de clarté moribonde,
Elle offre à tous croyance et rêve, illusion,
Pour d’autres lieux, d’autres vies que la joie inonde.

Elle est née de notre savoir, de cette idée
Que tous nous allons disparaître, tant infime
Que géant, nul n’échappant à la destinée,
À l’horrible dictée de la maîtresse intime.

Avez-vous accompli avec moi le chemin
Qui décrit le malaise de notre existence ?
La peur de mourir est bien l’unique venin
Qui vient empoisonner notre claire conscience.


 
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   David   
14/4/2018
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bonjour,

Un poème existentiel évoquant la peur de mourir tout au long de la vie. Parler d'une émotion parcourant l'enfance, l'adolescence, puis l'age adulte allonge le poème, surtout que la chronologie qui est suivie au début devient plus flou par la suite. Il y a une alternance de sons vocaliques et consonantiques en fin de vers qui s'interrompra pour les 5, 6 et 7ème strophes avant de reprendre, tout en suivant l'alternance orthographique du classique, avec un petit écart pour l'alternance interstrophique, bref, il y a manifestement du travail mais malheureusement un manque d'harmonie à mon goût. Je ne trouve pas de petite musique, et le thème est assez répandu, ce n'est pas sans originalité mais rien qui me reste particulièrement en mémoire non plus.

   hersen   
24/4/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Eccar,

Un poème sur la mort n'est pas chose aisée, d'autant plus que tu t'y attaques tout au long de la vie.
Sur le sujet, je n'ai pas le même cheminement de pensée; je ne dirais pas, par exemple, que c'est tout ce que nous laissons à notre descendance puisque le principe de la reproduction est ce qui fait perdurer les espèces; Donc, mort relative, si on la remet à l'échelle de l'univers;
La mort qui nous taraude, d'un côté (dernière strophe) et par exemple la strophe sur la naissance ou l'enfant. Je ne me sens pas dans ces différents cas le même spectateur; l'enfant qui naît n'en a pas cette conscience, ce sont ses parents, qui l'ont, de même pour l'enfant, qui va la découvrir par une souris morte, par exemple, et qui va poser des questions;
J ne suis pas d'accord que la mort empêche de vivre et qu'elle soit le malaise de l'existence; je crois que bien d'autres choses pourrissent la vie; Elle est inéluctable et, comme le dit le poème, elle nous atteint tous; c'est peut-être une des plus grandes justices sur terre, non, d'être égal en quelque chose ? (même si ça arrive un peu tard :))
C'est un très vaste sujet, et c'est déjà pas mal de l'aborder; il montre aussi que chacun sans doute en a sa vision.
Sur la forme, peut-être que trop de linéarité empêche un crescendo qui aurait renforcé l'idée que plus on avance en âge, plus on y est confronté. Tu suis un fil, mais peut-être le suis-tu trop et que la lecture manque de surprise, de relief;

Mais en tout cas, merci de cette lecture qui ouvre à mille sujets de débats !

   PIZZICATO   
24/4/2018
Parce que nous ne savons rien d'elle (et ne saurons jamais) la Mort est toujours plus ou moins présente dans notre esprit. Mais traîner comme un fardeau, toute la vie sa présence, doit être intolérable et sensiblement gâcher l'existence.
Chacun a sa manière de l'appréhender ; je respecte votre façon de voir sans la partager dans sa globalité.

A vous lire pour un écrit moins sombre.

   papipoete   
24/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Eccar
je suis mal placé pour dire, que le sujet de votre texte est triste et désespérant, car moi-même tourne souvent autour de la mort, tout du moins narre une histoire qui finit " mal " en général !
Vous la décrivez sous toutes ses formes ; celle qui vous guette, celle qui vous tombe dessus sans crier gare, celle qu'on choisit par choix de ne plus vouloir vivre et celle avec laquelle jouent les kamikases de tout poil, jeunes et vieux !
NB ces derniers temps, dans mon Jura où il fait pourtant bon vivre, on s'est pendu, on a sauté d'un pont, on s'est empoisonné et pire on s'est tiré une balle qui ne tua pas !
Mort, on n'a pas fini de parler de toi ; Vie, j'aimerais que de toi l'on parlât davantage !
Vos dodécasyllabes semblent équilibrées ; sous quelle forme avez-vous présenté ce " noir " poème ?

   Annick   
24/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je vous donne une piste de réflexion qui a le défaut de n'être qu'un seul avis parmi tant d'autres... Vous avez présenté l'idée à développer un peu comme une devinette puisque vous révélez seulement à la fin qu'il s'agit de la peur de mourir. Mais ce sujet est tellement abstrait que j'ai réussi à comprendre de quoi il s'agissait seulement vers le milieu du poème quand les choses se précisent.
Car il y a tellement de sortes de peur qui jalonnent notre vie comme la maladie, pour nos proches, pour nous-même.

C'est à ce moment là que j'ai vraiment compris :

Elle se fond dans nos regards vers l’Univers,
Ou rejaillit de la putréfaction des tombes,
Elle se rit de nos souvenirs les plus chers,
Jette devant nous ses futures hécatombes.


J'aurais mis en premier le paragraphe que vous avez présenté en dernier afin de donner plus de force à votre poème. Toutes les strophes qui suivent sont là pour développer l'idée de la peur de la mort et le lecteur de ce fait peut rattacher chaque strophe à cette idée bien précise :


Avez-vous accompli avec moi le chemin
Qui décrit le malaise de notre existence ?
La peur de mourir est bien l’unique venin
Qui vient empoisonner notre claire conscience.

Nul ne sait en notre âme quand elle apparaît,
Personne ne l’aperçoit ou ne la devine,
Elle se crée au cœur, au vide d’un souhait,
Puis reste tapie près de la pensée chagrine.

Si vaste est le monde du tout premier instant,
Si petit le pouvoir sur nos jeunes empires,
Elle se love en nous comme l’être rampant
Et un émoi suffit à gonfler ses délires.

L’enfant l’apprivoise, l’invitant à ses jeux,
Nous sommes si savants à trouver la parade,
Elle enfouit davantage un nectar nauséeux,
En l’esprit à jamais se tient en embuscade.

etc...

De cette façon, j'aime beaucoup votre poème. De plus les derniers vers reprendraient le titre, lui donnant une puissance évocatrice décuplée :

...À l’horrible dictée de la maîtresse intime.

Vous employez le pronom "Nous" comme si nous devions adhérer à votre idée. Personnellement, j'ai intégré depuis longtemps le fait que je ne suis pas éternelle. Plus que la mort, c'est la souffrance qui me fait peur.

Vous avez abordé un sujet difficile et vous l'avez traité de manière sombre. C'est votre droit.
Mais vous l'avez traité avec talent et sensibilité.
Malgré quelques réserves sur la composition, je vous dis bravo.


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