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Poésie contemporaine
Eccar : Mes derniers jours
 Publié le 11/06/19  -  9 commentaires  -  1991 caractères  -  123 lectures    Autres textes du même auteur

Une colère encore...


Mes derniers jours



Ils sont mes jours qui s’additionnent aux fins des nuits,
Ils sont l’ennui qui poisse, salit l’aventure de ma vie,
Ils sont âge, cœur éteint, fugue déambulée à petits pas,
La peur, plus que la mort, renâclant aux derniers choix…

Mais là soudain, quand tout s’éloigne et se déteint,
Au creux d’un cri une révolte comme un regain,
Une colère encore, un dernier souffle, une embellie :
Le vivant meurt et montre en grand l'ignominie…

Alors je vois les jours comptés, les feux futurs de nos nuits ;
Déjà, l’effroi au fond des cages et les troupeaux juste étourdis
Avant que les crocs de fer ne les transpercent, les lames
Qui entrent dans leurs chairs offrant festin aux belles dames ;
Sang sur leurs dents, au travers des vitrines, des êtres humains
Mâchent et dévorent des frères de Terre sans aucun frein ;
Bitumé le sol, de mort recouvert, où vrombissent les bagnoles,
Infiniment défilant comme d’inaltérables idoles ;
Les forêts, arrachées, pour du blé qui ne nourrit personne,
Des palmes d’or sur des croisettes où le mépris résonne ;
Mers où se pavanent des voiliers à moteur, des immeubles flottant,
Des monceaux de plastique, des carcasses de baleines pourrissant ;
Cieux délavés, de particules viciés, où défilent des « chemtrails »,
Vrais jets, « falcons », et les derniers aigles dont se froissent les ailes.

Aurais-je si longtemps marché dans des campagnes vertes,
Près des mers, sur des sables dorés, me serais-je allongé aussi,
Aurais-je vraiment aimé tous mes jours auréolés de nuits
Pour apercevoir aujourd’hui les portes de l’enfer entrouvertes ?

Aurais-je grandi, ressenti tous ces bonheurs, et vieilli, vécu en somme,
Appris des milliers de choses, perdu tant d’autres à l’infini,
Pour que dans ce temps, ce monde que je n’ai pas choisi,
Au sage de ma vie je voie venir la fin du vivant et des hommes ?


 
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   Corto   
11/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Jean Ferrat en pleine lucidité chantait jadis:
"Faut-il pleurer, faut-il en rire
Fait-elle envie ou bien pitié
Je n'ai pas le cœur à le dire
On ne voit pas le temps passer".

Ici l'auteur nous met devant un réel qui s'est aggravé, jusqu'à l'irrémédiable (?) ou jusqu'au devoir urgent de reconstruire un espoir pour l'avenir de l'humanité.

Ce n'est pas gai mais l'heure n'est plus aux interrogations.

On comprend bien cependant ce poème dramatique qui se termine gravement par "Au sage de ma vie je vois venir la fin du vivant et des hommes ?"

Le point d'interrogation final est-il suffisant pour reconstruire l'espoir?

   PIZZICATO   
11/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'ultime coup de gueule à l'encontre de ce monde qui périclite, cette société décadente, cette inconscience que rien ne semble plus pouvoir freiner.

Une vision très noire ; mais peut-il en être autrement si l'on veut bien sortir la tête hors du sable...

Une superbe troisième strophe qui illustre bien toutes les exactions de l'époque actuelle.

J'ai beaucoup aimé.

   Vincente   
11/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une poésie qui bouillonne, emportée, pleine de matières à réfléchir, à se révolter, pleine d'envies et de déceptions, oui mais une poésie plutôt brouillonne. Si le lecteur se trouve bousculé dans sa compréhension, rebondissant au gré des vagues du flot tumultueux de l'auteur, il peut s'en trouver impressionné (ça a été plutôt mon cas) ou s'y sentir à demi noyé (je n'en étais pas loin non plus).

À partir de l'emportement qui crie colère et révolte (dans les deux premières strophes, assez réussies d'ailleurs), il eût été bénéfique à mon sens d'affiner la formulation (principalement dans la longue troisième strophe) pour l'épurer, en allégeant par exemple ces trois vers " Déjà, l’effroi au fond des cages et les troupeaux juste étourdis / Avant que les crocs de fer ne les transpercent, les lames / Qui entrent dans leurs chairs offrant festin aux belles dames ;
ou en évitant les raccourcis pour argumenter les jeux de mots "blé/argent" comme dans " Les forêts, arrachées, pour du blé qui ne nourrit personne," car le blé cultivé nourrit bel et bien, il n'est pas huile de palme et autres cultures spéculatives.

Fond et formes s'associent assez judicieusement pour déclarer la révolte, mais dans ce premier, un axe me chiffonne.
Le regard du narrateur exprime son aversion envers ce qui apparaît du monde qui dérive, ce monde qui semble construire sa propre perte, cette vision est humaniste, ouverte à la vie, généreuse en quelque sorte, et pourtant ce qui semble troubler le plus l'auteur, c'est que ceci vienne polluer l'image, "l'aventure, de sa vie. Comme si le spectacle délétère allait venir lui gâcher ses "derniers jours, à lui en tant qu'individu. Comme si c'était ça l'important. Tout ramener à soi alors que l'époque est tragique (selon sa vision) me semble un contre-sens pour dénoncer un souci à l'égard de l'altérité et de notre civilisation.

   papipoete   
11/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Eccar
au crépuscule d'une vie bien remplie, à faire comme " tout le monde ", faire bombance de nos " frères " des mers et des pâturages ; avoir brûlé des citernes de gazoline ; avoir été le témoin de ces débauches de chrome au yacht rutilant, crachant ses stars aux rivières de diamant... je regarde le futur de demain, quand mes amarres auront rompu pour le grand voyage, si je me retourne sur mon ombre, que restera-t-il ? n'y-aura-t-il plus qu'une grande crevasse où l'homme aura sombré !
NB on pourrait dire comme certains " après moi, le déluge ! je n'étais qu'une pièce, une rondelle même pas un écrou de la machine à broyer notre Terre ! "
Mais non, nous fûmes parents et engendrâmes des humains, qui devront faire avec ; ils verront " l'effroi au fond des cages ", le taureau entrer dans l'arène pour que le sang coule pour de rire... ils verront qu'une île nouvelle vient de naître en plastique là-bas... les écoutera-t-on s'ils disent NON ?
Je vais bientôt fermer le livre de ma vie sur une page froissée...
Au travers de ces vers de révolte, l'auteur nous brosse un tableau noir, mais pas celui de notre école primaire ; il avait cette couleur mais nous apprenait la vie, les continents, la morale, ah la morale...

   poldutor   
11/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Eccar

Voila une poésie des plus noires et des plus pessimistes. Il est vrai que les temps que nous vivons n'inspirent pas à la gaité.
On aurait pu citer la fonte des calottes polaires avec le risque de passages ouverts sur les champs pétroliers encore non exploités, la désertification...

Un beau vers ; "Aurais-je grandi, ressenti tous ces bonheurs, et vieilli, vécu en somme"

Beau thème, traité par moment un peu maladroitement...quelques fautes d'orthographe.

"immeubles flottant"(s)
" carcasses de baleines pourrissant"(es)
" particules vicié(e)s"

"Infiniment défilant comme d’inaltérables idoles" un peu lourd ces deux sons "a/e/nt"
des voiliers à moteur (?)
"des immeubles flottant"(s) : peut être "des palaces".

Aurait mérité un peu plus de relectures.
Il est bon d'attirer l'attention sur le Terre que nous laisserons à nos descendants.
Merci de l'avoir fait.
Cordialement.
poldutor

   senglar   
11/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Eccar,


Ils sont longs vos vers, peut-être pour allonger vos derniers jours afin de bien crier votre message, le message, l'alerte que tout le monde sait mais sur laquelle tout le monde ferme les yeux.

Vos colères allongeront-elles votre fin de vie ? Il semble que vous vouliez rester pour crier encore, pour remettre de l'ordre dans tout cela, en constatant ? Constat amer. Il devrait en ce cas y en avoir plein comme vous, à vouloir rester pour dire et dire et dire encore, mais alors cela ferait aussi du monde en plus...

Et des colères !
Et des bouchers sanguinaires, des animaux sacrifiés
Et des bagnoles en plus
Des arbres arrachés
Du blé qui continuerait à ne pas faire de vrai pain mais du blé
Des palmes d'or et des voiliers pour frimer
Du plastique Des avions

Plus d'aigles
Alors que nous serions des moutons, ce qui aurait pu plaire aux aigles.

Vous avez marché dans l'herbe verte vous ?... Au moins vous partirez avec des souvenirs.

Et pourtant vous êtes en colère.

N'avons-nous pas tous participé à l'héritage ?

Avons-nous le droit aux saintes colères quand nous avons été mécréants ?

C'est bien beau de crier quand on n'a plus de souffle pour dire ces longs vers jetés dans le désert.

Vous dites aux quatre vents mauvais des vérités désordonnées de bric et broc en mélangeant un peu tout mais proposez-vous des solutions ?

Votre désespoir profond montre qu'il n'y a pas de solutions.

Bon... Alors va pour la colère. Après tout pourquoi pas ?

Pourvu qu'elle ne soit pas sainte. Ce qui n'est pas le cas ici et ça c'est bien :)


senglar

   Davide   
11/6/2019
Bonjour Eccar,

Je vois dans ce texte comme une confidence résignée, quelque chose que l'on partage à mi-voix mais qui crie à l'intérieur.

S'il a l'apparence d'un pudding, avec des vers trop longs, des couplets trop longs, c'est pour mieux nous essouffler à sa lecture, pour mieux nous toucher, nous alpaguer, nous étreindre, nous ensevelir.

Bien sûr, c'est touchant. L'écriture évite le pathos grâce aux images et à la poésie qu'elle véhicule. Des expressions souvent simples, mais fortes : "cœur éteint", "les crocs de fer" et ces "forêts, arrachées, pour du blé qui ne nourrit personne" etc.

J'ai tout de suite pensé à cette magnifique chanson peu connue de Ridan ("L'agriculteur") :
https://www.youtube.com/watch?v=o_g62RYIyNI
C'est l'histoire d'un homme désabusé par le monde et qui souhaite revenir à la simplicité d'une vie en harmonie avec la nature. Un texte fort.

Merci du partage, j'ai été ému,

Davide

   Mokhtar   
12/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Appel sans illusion au sauvetage écologique, nettement souhaité de gauche, comme si, tactiquement, ce devait être plus efficace.

J’ai bien aimé les deux premières et les deux dernières strophes, où l’homme lucide et impuissant, voyant ce que perd l’humanité, ne peut se résoudre à ce qui est inéluctable. C’était si bien. Cela aurait pu demeurer si bien.

Le corps central énumère des méfaits depuis longtemps identifiés. Mais le style est percutant, sardonique à souhait.

Les moutons vont au ravin. Malgré les chiens de bergers, mal organisés, qui aboient.

Gouvernance mondiale, pilule anticonceptionnelle ? Pas question pour le panier de crabes obtus qui grouille son suicide à coups « d’après moi le déluge ».

Texte intéressant. Désespéré. Désespérant.

   troupi   
12/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est bien noir comme vision d'un futur probable au point qu'il est difficile de suivre l'auteur dans ses méandres.
Des problèmes se font jour un peu partout sur Terre.
Les océans, les forêts, sont de plus en plus pollués,arrachés mais la Terre à connu d'autres désastres et sait s'en relever.
Les hommes risquent gros mais il en restera bien quelques-uns pour refaire l'histoire.
Donc si je ne crois pas une seconde à la prophétie du dernier vers de ce poème je suis en accord avec la plus grande part du texte.
Je suis moins convaincu par la rédaction un peu brouillonne.


Oniris Copyright © 2007-2019