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Poésie contemporaine
Eccar : Parti
 Publié le 14/01/17  -  8 commentaires  -  1759 caractères  -  147 lectures    Autres textes du même auteur

Enfin…


Parti




Le fantôme est parti.

Il semait ses cliquetis
Partout,
Derrière lui, entre nous,
Grains de sable et cailloux,
Écartelant tout de nous.

Le fantôme est parti,
Sans rien avoir appris de plus,
Pour lui bien trop de mépris,
À peine si nous y avions cru.

Il avait bien sûr ses dimanches,
Des songes noirs en des nuits blanches,
Redevenaient graciles
Quelques flammes fragiles…

Mais le reste des jours à faire pâlir,
Des jours entiers à vouloir mordre,
Mouillé de frayeurs et d’ennui,
Dans ses idées tout en désordre,
Trempé de sueur,
Le suaire à tordre…

Sur le sol le fer de ses chaînes rouillait
Sous la pluie de son âme qui s’égouttait,
S’égouttait, s’écoutait, se dégoûtait…

Le fantôme enfin s’est évanoui…

Mais quelle envie pour nos vies aurait-il eue encore
Et quels attraits déments vers nos mièvres décors ?
A-t-il dû comprendre
Que ses instants abolis
Égareraient la nuit ?
Que savait-il de ce que la mort délaisse,
Du temps moisi, des peurs enfouies,
Ces jours transis au goût de laisse,
Aux traits de suie qui les traversent,
Des mots en craie qui trop transpercent…

Quelques sourires l’auront fait fuir,
Des sons amers autour de lui,
Des paroles n’ayant pour lui
Plus aucun sens…

Peut-être ailleurs un autre cri
L’aura sans nous mieux défini,
Une parodie de paradis,
Un pan du voile qui se déplie…

Peut-être l’espoir de l’innocence,
Rêvant d’une nouvelle existence
Loin au-delà de là,
Bien au-delà de lui…

Le fantôme est parti.


 
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   MissNeko   
14/1/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour

Une belle surprise en ce matin !
J ai lu plusieurs fois votre poème pour en dégager toute sa substance.
Je le trouve très riche
- la répétition en début et à la fin de " le fantôme est parti" donne une impression de boucle bouclée
- le champ lexical du revenant parseme l'ensemble du texte ( fantôme, cliquetis, nuits blanches , chaîne, sueur, frayeur ...)
- le jeu avec les sonorités des mots : s'egouttait/s'écoutait/se dégouttait. Sueur/suaire
- les hémistiches qui rimes parfois avec les hémistiches suivants donnent un rythme lancinant
- le rythme global est parsemé d'une belle musicalité

J ai beaucoup aimé votre poème. Je pense que l on peut y voir plusieurs lecture
- lecture simple d'un revenant, un poeme du genre fantastique
- une lecture plus profonde : le fantôme représente peut être ce qui séparait un couple, une métaphore d un couple à la dérive
- il semait ses cliquetis entre nous
- écartelant tout de nous
- quelques flammes fragiles ( la flamme amoureuse ?)
- ennui/ mièvres décors
Il semble parti pour d'autres horizons : hanter un autre couple à la dérive.
Ce n est que mon humble interprétation.
Merci pour ce partage. Au plaisir de vous relire

   papipoete   
14/1/2017
 a aimé ce texte 
Pas
bonjour Eccar,
Voici votre première parution avec ce " fantôme qui s'en va " ; mais j'ai beau me concentrer sur vos vers, j'ai du mal à suivre votre spectre, m'empêtre dans ses chaînes !
Si " parti " figure ce jour dans les colonnes onirienes, c'est qu'à sa lecture des gens furent séduits par ce qu'il raconte, donc j'en suis content pour vous, et c'est un début ... vers la notoriété ?
Pardonnez-moi de me mettre à " l'écart " .

   plumette   
14/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Eccar,

Mon impression, à la lecture de ce poème assez musical, est que ce fantôme imprègne vos vers! car je crois attraper quelque chose ( le sens voulu par l'auteur) et finalement cette chose m'échappe.

j'ai bien aimé cette image du fantôme " entre nous" qui se dissout sans qu'on sache vraiment comment et pourquoi.

certains passages ont ma préférence, comme:

"Que savait-il de ce que la mort délaisse,
Du temps moisi, des peurs enfouies,
Ces jours transis au goût de laisse,
Aux traits de suie qui les traversent,
Des mots en craie qui trop transpercent…"

Dans la première strophe fluide j'ai été arrêtée par "écartelant tout de nous".

je suis curieuse de savoir "d'où" vient ce texte?

Bonne continuation

   PIZZICATO   
14/1/2017
J'ai eu beaucoup de difficulté à définir le sens de ce " fantôme parti " ; j'avoue même que je n'y suis pas parvenu. J'ai pensé à un amour révolu qui n'était plus que le spectre de ce qu'il fut. Mais je reste prudent quant à cette signification.

   vendularge   
14/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Jolie musique et belle cadence au sens propre à chaque lecteur.

La poésie n'est pas mon domaine donc, je revendique ce commentaire court, sans grand intérêt pour vous qui dit seulement le plaisir que j'ai eu à lire ce texte, un objet curieux et inattendu; de mon point vue, il parle de la manière la plus efficace de gérer nos peurs..les ignorer mais il le dit avec une certaine grâce.

merci

vendularge

   Lulu   
14/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Eccar,

j'ai bien aimé parcourir ce texte, qui pose une certaine ambiance. On est dans la réflexion. Le fantôme est parti, et sans savoir pourquoi, et sans chercher à comprendre, j'apprécie de savoir cet apaisement qui se lit d'un bout à l'autre.

Peut-être aurais-je évité de répéter "Le fantôme est parti", notamment à la troisième strophe. J'aurais bien vu ce vers uniquement au début, puis à la fin, car cela encadre le poème sans l'alourdir. La répétition au sein du texte ne m'a pas semblé pertinente.

Je n'ai pas perçu les rimes tout de suite. Pourtant, elles sont bien là, mais leur musicalité ne m'a pas touchée.

En fait, plus que la forme, j'ai été touchée par le fond, et la réflexion qu'il suscite, bien que ne sachant pas de quel fantôme il s'agit. On suppose avec nos ressentis, notre expérience et cela suffit, car, pour ma part, en tout cas, cela fonctionne.

Bonne continuation.

   lucilius   
15/1/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Pauvre fantôme en manque de reconnaissance ! Je le suis pas à pas, enfin dans son impalpabilité, puis dans sa lévitation, puis dans la traînée de ses chaînes, puis dans son évaporation. Et sa quête me semble si futile que je ne comprends pas tous ces efforts pour la dépeindre.
Et comme ce fantôme, je reste sur ma faim "sans rien avoir appris de plus". Désolé, Eccar, de ne pas partager cette vision fantasmagorique.

   Hareng   
31/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour
C'est beau et bien écrit.
Il faut m'excuser : je suis peu loquace en commentaires.
Merci pour le vôtre et votre temps sous le Crucifié. Cela donne de l'énergie.


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