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Poésie libre
Eccar : Sur la margelle
 Publié le 17/07/17  -  6 commentaires  -  1819 caractères  -  98 lectures    Autres textes du même auteur

« Parfois descendre au plus profond pour rejaillir… »


Sur la margelle




Le flou du verre,
Un brin d’amer,
En transparence
De mes silences,
Tant de journées
À regarder…

Et puis l’ennui,
La nuit où luit
Quelque étoile
Sur le grand voile,
Et las, je m’arrête…

Là, sur la margelle,
L’âme n’est plus rebelle,
À cette marge belle.

Le jour et ses films,
Ses sons en tête,
Cessons !
La nuit s’effile,
L’esprit défile,
En sa tempête
Se voient des fils…
Durant ce temps
Fut-il ?

Et puis la nuit
Revient l’ennui,
Sur la margelle.

Alors au noir du puits,
Sombre décor,
Entre mon corps,
Je dégouline
Sans que s’arrête
Sur quelque arête
Le poison gris
Qui, lent, s’étale,
Glisse sans mal,
Épais, létal…

Et là… je sombre
En âge d’ombre,
Tête première.
Je tourne et roule,
Me tourne, m’écoule
Et tourneboule…

Je plonge entier,
Je tombe et compte
Sur mes deux pieds
Pour asperger
De l’eau du fond
La nappe ronde,
La mappemonde,
Une belle claque
Dans un grand flac,
Ma bulle éclate
Le fond du monde…

Je rêve, je rêve,
Je sors, je flotte,
Loin du pesant
De mes pensées,

En girouette
Tourne et volette,
Un infini
Libre et lancé.
Curieux prodige,
Me balancer
Est un vertige
Qui me défie
Et me délie.

Dans le reflet
De l’eau paisible
J’ai embrouillé
L’éclat de Lune
Qu’il me donnait
À méditer,
Au fond de moi
Un homme ancien,
Un éveillé,
Cet être loin,
Et souriant
Durant l’instant,
Un Bouddha blanc.



 
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   Robot   
7/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte oralisé est bien ponctué pour donner le rythme de déclamation. Les petites strophes intermédiaires donnent une cadence différente, comme un temps de réflexion.
Images et métaphores se succèdent bouillonnantes pour emporter le lecteur.

   PIZZICATO   
17/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je ne me suis pas trop attardé sur le fond.
Ce sont les vers courts, la musicalité et l'impact des mots qui m'ont séduit.
Ce texte s'adapterait très bien à un slam ou rap
" Le jour et ses films,
Ses sons en tête,
Cessons !
La nuit s’effile,
L’esprit défile,
En sa tempête
Se voient des fils…
Durant ce temps
Fut-il ? "

   Cat   
18/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Eccar,

Du bord de la margelle, au fond, rebondir jusqu’à embrouiller l’éclat de lune qui donnait à méditer… et voilà "le Bouddha blanc"….

Les mots ricochent, plongent et renaissent, laissant l’homme ancien, sage et éveillé, sourire.

J’ai vécu ce poème comme une dégringolade, une chute en avant pour mieux faire rejaillir l’eau épurée, détroublée, pour se re-construire avec une belle sérénité. D’autant plus belle sérénité que son prix à été lourd à payer en pensées.

Une poésie faite d’instants lourds et graves agités dans les remous de la vie sans fioriture. A lire sur tous les tons, pour ne louper aucun passage.

Un poème qui agit et m'agite... "sur la marge belle", "l'âme n'est plus rebelle", ou presque... :))

Merci pour le partage

Cat

   Pouet   
18/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

Un poème dont les strophes me paraissent interchangeables, on peut assez facilement commencer par la fin et lire en remontant.

De bons jeux de sonorités, un joli travail sur les mots. C'est agréable.

La fin me laisse sur une impression de "réincarnation", pourquoi pas.

Un poème que je qualifierais de "sautillant".

Bonne continuation.

   Zoe-Pivers   
25/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Eccar,
Un petit côté Alice aux pays des merveilles dans cette chute.
Une lecture très visuelle et pétillante avec les sonorités, qui entraîne le lecteur dans les périples d'une introspection. L'image de fin est très jolie, enfin, la paix.
Merci pour ce joli moment de lecture
Zoé

   Marie-Ange   
26/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
C'est fort en émotion, tous ces mots qui défilent à bon rythme.

Ils s'entrechoquent pour faire vibrer ce besoin d'Etre en son
mouvement intérieur/extérieur.

Chaque strophe me semble comme le va et vient de la vague.
Il me ballotte sous le flot changeant, tantôt fort, tantôt calme.
J'affectionne cette impression qui me fait partager ce que les
mots me racontent.

" Le jour et ses films,
Ses sons en tête,
Cessons !
La nuit s’effile,
L’esprit défile,
En sa tempête
Se voient des fils…
Durant ce temps
Fut-il ? "

Et c'est plus que très subtile ...

Il faudrait vous citez en son entier, tant il y a de la profondeur dans ce phrasé, qui n'en finit pas à chaque lecture, de se livrer, richesse de l'expression sans ambages.

La simplicité rend le vécu, bien captivant et émouvant.


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