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Récit poétique
ericboxfrog : La Nature supplie
 Publié le 30/01/22  -  3 commentaires  -  2426 caractères  -  81 lectures    Autres textes du même auteur

Description d'un scène sauvage en hiver.


La Nature supplie



Un trop-plein de brouillard s’estompait peu à peu.
La brume matinale semblait ne pas vouloir se volatiliser.
La rosée congelée recouvrait tous les prés de petites glaces pillées : fine membrane fragile qui recouvrait la terre comme un tapis de verre.

Les pattes d’un chevreuil avaient laissé des traces en lisière de chênaie.

Il faisait encore nuit ; seul le vent commandait ; il était sec, glacial et secouait les branches en les fouettant de face.
La Nature souffrait, elle suppliait l’aurore d’apparaître au plus vite. Le soleil pointa ses faibles rayons clairs qui ne suffirent pas à réchauffer l’endroit.
Le vent n’avait pas l’air de s’inquiéter du reste, il continuait toujours à glacer la prairie.

À vol d’oiseau, l’on vit le chevreuil abattu ; il s’était effondré, faisant juste un peu fondre le tapis de rosée sous son corps à peine tiède.
Il était terrassé, avait perdu ses forces ; bientôt, il succombera, il tourne déjà de l’œil, son souffle est espacé…

L’astre, au fond, dans le ciel, continuait de monter ;
il s’élevait comme hier, telle une grosse bulle à l’abri des rafales, une grosse orange mûre, qui délicatement réchauffe, un court instant, les brins d’herbe des champs.

Voilà, il fait bien jour, un couple de corneilles s’est déjà haut perché sur la cime d’un vieux chêne ; il casse le silence en croassant grassement.
Une source frissonne, sous la plaque de gel, on voit l’eau qui circule. Un loup suivait les traces, il hume, museau en l’air, l’odeur du chevreuil…

Une chouette effraie répond aux deux corneilles qui s’envolent de concert.

Le soleil dans le ciel n’est pas resté longtemps pour éclairer la terre, de gros nuages obscurs l’ont déjà recouvert ; on pourrait même croire qu’il fait encore nuit…

Les deux crocs bien pointus se plantent dans le cou du chevreuil mourant – il n’a même pas bougé – c’est un loup du Caucase, égaré, solitaire, qui se remplit le ventre.
Parfois, ses deux yeux brillent, ils sont verts, presque bleus.
Il est taché de sang et son pelage gris clair par endroits est violet.

Cette fois-ci, la couleur de la journée s’installe ; le soleil s’est défait de ces méchants nuages ; les cristaux de rosée ont maintenant fondu.

Le loup s’est échappé, et la Nature sourit : ses vœux sont exaucés…


 
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   socque   
17/1/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'entends dans ces phrases une succession rythmique d'hexasyllabes et d'alexandrins trop présente à mon goût ; j'ai le sentiment qu'elle ne convient pas au sujet, que c'est trop systématique et martelant pour décrire un coin de pure nature.
Un gros bémol aussi (pour moi, hein), sur des tournures triviales qui me freinent dans mon appréhension de la délicatesse paradoxale de ce tableau cruel. Par exemple :
seul le vent commandait ; il était sec, glacial (la présence de "était", verbe passe-partout, m'apparaît superflue)
ils sont verts, presque bleus.
Il est taché de sang (encore le verbe "être", en deux occurrences rapprochées)
Voilà, il fait bien jour, (…)
Les deux crocs bien pointus (expression "faire jour" ordinaire, et renforcement banal de l'expression par "bien")

Je salue en revanche le caractère visuel de l'écriture, je me suis facilement représenté la scène.

En ce qui me concerne, vous pourriez nettement renforcer l'expressivité de votre texte en lui évitant ce rythme pair systématique, fausse bonne idée qui vous mène justement à recourir, me dis-je, à des mots bouche-trous (un exemple typique qui me frappe à la relecture :
c’est un loup du Caucase, égaré, solitaire, qui se remplit le ventre.
Parfois, ses deux yeux brillent, ils sont verts, presque bleus.
) et en adoptant des structures plus ramassées, moins passe-partout, qui correspondraient mieux selon moi au dépouillement hivernal.

   Cyrill   
23/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J’ai bien aimé la première partie où les éléments sont personnifiés.

L’avancement progressif du jour est bien rendu. L’accent est mis sur les changements de luminosité, les détails s’apprécient à cette aune.

J’ai l’impression qu’il faudrait conclure de ce récit une morale en faveur de la nature contre la culture – de la chasse, je suppose.
Je suis un peu déçu par ça, comme par les « vœux » de cette nature : là pour le coup je trouve que c’est trop de personnification.

   Anonyme   
31/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour ericboxfrog,

J'aime assez votre façon de nous donner à visualiser la scène. L'effet est réussi. Il s'agit bien de la nature qui frissonne sous mes yeux, le halo de buée autour de ma récitation à haute voix comme gage.

Pourtant, le côté sauvage de cette nature m'échappe un peu...

Cela tient, peut-être, au phrasé trop appliqué, trop explicite, trop ''Verbe-sujet-cod''. Il mériterait d'être recentré autour d'images plus percutantes. Ce qui impliquerait de tailler et de remanier certaines expressions pour amasser davantage la poésie autour des couleurs de cette aube froide et naissante. Dans son commentaire, Socque l'explique mieux que moi.

Je relève aussi, sans comprendre toutefois cette volonté, une rosée omniprésente, trois fois citée (au moins)... Cette redondance gomme un peu, à mon goût, le joli effet provoqué par sa première apparition : « La rosée congelée recouvrait tous les prés de petites glaces pillées : fine membrane fragile qui recouvrait la terre comme un tapis de verre. », avec ses petites glaces pillées, et non pilées, qui m'interpellent en m'offrant une vision joliment inattendue, malgré son deux fois ''recouvrait''...

Un récit d'où se dégage comme une impression de précipitation, comme s'il avait fallu écrire vite...

Merci pour le partage


Cat


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