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Récit poétique
ericboxfrog : Tout était surprenant
 Publié le 19/09/21  -  5 commentaires  -  2693 caractères  -  72 lectures    Autres textes du même auteur

Narrative, étrange, exagérée et pessimiste, qui ne retrace pas forcément des événements actuels, mais qui tente de décrire et d'interpréter une vision plus large d'un état d'esprit.


Tout était surprenant



Tout était surprenant, mais nul n’avait senti la nécessité d’en parler.
Rien n’était similaire et la précarité des actions engagées s’appuyait sur du vent et de l’inconsistance.
À quoi bon en démordre ?

Cette subtilité s’engageait larmoyante dans une passion tangible, habile et extravagante.
L’intérêt dépassait toute commune mesure.
Certains apitoiements pourfendaient l’air de l’horizon et venaient refléter l’absence de salut.

On se remémorait désormais les erreurs commises, tous les malentendus et tous les quiproquos qui n’avaient jamais été résolus ni expliqués clairement.
C’était même une aubaine de pouvoir en parler après autant d’années.
Et d’y penser encore prouvait négligemment que l’on pouvait prétendre à une quelconque croyance et qu'un rétablissement était envisageable.

Il suffisait d’attendre le retour du néant pour pouvoir se douter que quelque chose clochait.
Sans trop se prononcer sur les malheurs d’autrui, on n’avait qu’une envie, celle de prendre du bon temps et d’envoyer paître le reste sans distinction.

Puis la perplexité alla perturber les esprits en s’insinuant tranquillement dans les méandres obscurs et l’on se transforma en étranges disciples, adeptes du soleil, de la joie des oiseaux et des vies végétales.

On s’éprenait bassement de notre ego bafoué tout en lui restituant ses lettres de noblesse.
Avec ces attributs, l’absence de méfiance et l’appel de l’amour, les exigences allaient et venaient tendrement sans que l’on s’en rende compte.

Cette métamorphose perdait en consistance.
Les aveux dévoilaient leurs ordres de grandeur.
Le repos mérité pour le sommeil du juste refusait d’opérer.
La fatigue s’attaquait aux jours de survie.
Il n’y aurait bientôt que peu de compagnie pensante, elle se délabrait trop.
Et l’on y prendrait part pour ne pas négliger l’affection supposée, la tendresse frelatée et l’art de bercer que l’on tenait de loin et que l’on pratiquait dans de parfaites postures.

C’était indispensable.
De cette continuité, naîtraient d’autres esquisses, peut-être, un peu plus franches, se voulant virulentes et proposant à peine une sortie de secours, d’une usure sans répit, dans l’agglomération qu’on avait engendrée.

À qui donc s’en remettre, étaient-ce des appels tellement vulnérables ?
Combien de temps encore nous restait-il à vivre ?
Et pouvions-nous confier, sans la moindre équivoque à ce qui paraissait être une grande mascarade, une tromperie de classe, une entourloupe maligne aux contours naïfs qui cachaient pour certains une raison majeure…


 
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   wancyrs   
20/9/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour ericboxfrog,

Votre texte cadre bien dans son style, la prose poétique ; malheureusement il ne m'a pas touché, car je suis visuel, et tout ce qui est cérébral et spatial me touchent moins. Je retiens la beauté de l'évocation, mais moi, pendant que les gens s'extasient devant un Rembrant abstrait, je les regarde avec des yeux tout ronds qui semblent dire : "mais qu'est-ce qu'ils trouvent de si beau à ce gribouillage ?" Salvador Dali me parle un peu plus.
Bonne continuation à vous !

   Cyrill   
20/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ericboxfrog,

Objet surprenant que cette prose, que j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir.
On reste dans le cérébral, j'aurais en effet du mal à rattacher votre réflexion à quelque chose de tangible, ou alors peut-être, vaguement, à la pandémie, mais sous toute réserve, et puis ça n'a peut-être pas tellement d'importance.
L'important pour moi est d'être embarqué dans cette étonnante pause qui semble survenir dans le cours habituel des choses, où l'on se pose pour y réfléchir.
J'ai trouvé de belles tournures et surtout une scansion très agréable à la lecture ou la diction. Et puis une atmosphère qui m'a semblé assez pessimiste, mais entourée d'un halo de mystère qui en fait le charme.
Bref, j'ai aimé.

   Pouet   
20/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Slt,

j'ai apprécié cette lecture, dès la première phrase, "Tout était surprenant, mais nul n’avait senti la nécessité d’en parler.", oui c'est une assez "juste" définition de "l'existence", je trouve.

Alors, bien sûr, la vacuité...

Nous avons aussi l'individualisme, la "bonté" érigée en concept, en Morale. De la futilité des Grands Sentiments.

Aussi beaucoup de miroirs effrités. Naissance de l'Humanité.

Il y a une grande place à la réflexion interprétative ici, j'aime, sans me targuer forcément de tout comprendre, ayant déjà tant de difficultés à me comprendre moi-même.

   Vincente   
21/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime beaucoup l'intention, si je voulais la résumer en quelques mots, au-delà du titre qui déjà plante bien "l'état d'esprit" flottant entre inquiétudes et inconscience, "perplexité" et laisser-aller, je proposerais : une tentative d'appréciation d'un glissement ontologique où les composantes vitales se désagrègent, s'abîment dans une survivance inédite.
Et à partir de là bien des choses deviennent possibles. L'on se regarde et que se passe-t-il ? Des constantes, des assurances, des normalités se délitent et se dispersent, l'aléatoire devient normatif… alors la vision se trouble et devient elle-même, en elle-même, sujet du trouble.
Comme dans les tentatives d'expression de ce poème, la parole oppose, affiche des antagonismes, certains syntaxiques, d'autres sémantiques ; l'instant est aux redéfinitions et pourtant chacune à peine créée invite un bouleversement nouveau. La sensation d'un flottement dépasse le simple mouvement d'esprit, il s'agit désormais d'un état dont la fluctuance et l'incertain deviennent destinatoires ; ce qui servait d'axe existentiel, déclinaisons raisonnables de vie, est dès lors remisé. Ainsi que peut-il advenir d'un monde sans rémanence ? Le passé n'est-il plus la source qui offre un socle de culture ? Comment imaginer et construire un avenir sans passé, ou du moins avec un passé dépassé, un passé hors de contrôle, un passé n'ayant plus droit au chapitre…?

La déclinaison de cette évocation, par le phrasé choisi, ne m'a pas vraiment conquis ; certes c'est bien écrit, il y a de l'ingéniosité dans la déconstruction de l'expression, dont la plus singulière, et même pertinente, est celle-ci :
"Il suffisait d'attendre le retour du néant pour pouvoir se douter que quelque chose clochait". "Le retour du néant" ! Tout est dit ici de cette perdition du/des sens.
Aussi dans cette autre phrase, la même incitation à s'éperdre dans une compréhension insoutenue : "On s'éprenait bassement de notre égo bafoué tout en lui restituant ses lettres de noblesses.", oh et puis dans celle-ci : "Les aveux dévoilaient leurs ordres de grandeur.". De fait d'un point de vue littéral ça ne veut pas dire grand chose, mais l'on sent une subtile incidence qui se prédestine au propos et le sert indirectement. De toute façon rien ici ne semble corrélatif, les causes ne sauront plus rien de leurs conséquences, l'évolution envisagée fait craindre le pire, "Combien de temps encore nous reste-il à vivre ?".

La fin en eau de boudin signe par ses pointillés une extrémité ouverte sur l'infini, comme une mort sans mort ; ce poème s'accomplira donc sur ce non-accomplissement !
Voici au moins une cohérence, une exception confirmant la règle scripturale que ce poème recherchait.

Ma principale réserve serait à l'égard du paragraphe final malgré tout, sorte de "sortie de secours" comme l'indique et le propose l'avant-dernier paragraphe. Je la trouve un peu décevante, peut-être un peu facile face à l'expérience pleine de questionnements que l'on vient de vivre (mais je n'ai pas de proposition à faire… d'ailleurs, je vois que ce n'est pas moi l'auteur !)

Et je noterais que cet ensemble, dans le principe d'une modélisation mathématique, offre à chacun une latitude d'interprétation non négligeable, mais qui somme toute trouvera bien des similitudes avec notre ère post-moderne bien inquiétante par certains côtés…le texte étant dans une tendance pré-apocalyptique, peut-être lui manque-t-il une dimension moins inéluctable en final ?

   Cat   
26/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai aimé me laisser embarquer par ces réflexions de l'esprit lorsqu'il se met dans tous ses états, et au final appuie sur les doutes et les contradictions qui nous habitent. D'autant plus, quand lesdites réflexions me servent à leur tour de piste d'envol vers une introspection plus intime mais faisant écho, encore et toujours, à ce néant qui nous habille de toutes parts.

« Puis la perplexité alla perturber les esprits en s'insinuant tranquillement dans les méandres obscurs et l'on se transforma en étranges disciples, adeptes du soleil, de la joie des oiseaux et des vies végétales. », est pour moi la phrase charnière, le pivot autour duquel se déploie « l'art de bercer, que l'on tenait de loin... » mais qui ne suffira pas là où « les aveux dévoilaient leurs ordres de grandeur. »

Une belle réflexion, donc, où les mots ont joué à fond la carte de la prise de tête au carré. ^^

Surprenant, n'est-ce-pas ?

Merci pour le partage, Ericboxfrog. Je suis curieuse de vous lire dans un registre moins ''sérieux'' et encore plus nimbé de poésie.


Cat


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