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Poésie classique
EricD : L'inexorable
 Publié le 06/02/18  -  11 commentaires  -  1038 caractères  -  202 lectures    Autres textes du même auteur

Écrit un jour de désespoir.


L'inexorable



De voraces rayons rongent la lune blette.
Rêve d'or qui s'attarde, un dernier astre luit,
Et la ville, occupée à faire sa toilette,
Frotte aux murs des maisons les ombres de la nuit.

Déjà le boulevard, généreux concertiste,
Rejoue avec brio d'un bus accordéon.
Chacun s'en va, quand point une aube d'améthyste,
Assaillir l'avenir, maigre Napoléon...

Chacun de nous reprend une marche obstinée
Vers le bien et le mal, bornes de nos chemins,
Mais quelles vérités, quels malheurs, Destinée,
Sortiront de ton sac, déesse aux pâles mains ?

Nulle place ne semble assez paisible et sûre
Pour y bâtir, beau rêve, un palais où t'asseoir.
Au fond de soi l'on sent cette intime blessure
S'ouvrir et se fermer du matin jusqu'au soir.

On paye chaque jour avec sa triste obole...
— "Demain" saura flétrir les mots que nous disions
Car l'existence, hélas, n'est que la nécropole
Où pourrissent les chairs de nos illusions.


 
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   Fowltus   
22/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Pour leurs trouvailles, j'aime particulièrement les deux premiers quatrains:
'Et la ville, occupée à faire sa toilette,
Frotte aux murs des maisons les ombres de la nuit'

'Déjà le boulevard, généreux concertiste,
Rejoue avec brio d'un bus accordéon'

Ces deux strophes très imagées autant qu'inattendues sont un ravissement à lire.

Le poème ensuite opère un tournant, devenant plus grave et plus classique dans l'écriture; il exprime les raisons du désespoir annoncé dans l'incipit.
Le dernier vers tombe comme un couperet.
Bref, un vrai coup de cœur au début, un peu moins sur la fin.
Fowltus en EL.
Bonne continuation.

   Ioledane   
24/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Effectivement, comme le laissait entendre l'incipit, que de tristesse et de désespoir dans ce poème, mais que de belles trouvailles aussi !
Je relève en particulier les voraces rayons qui rongent la lune blette, la ville qui frotte aux murs des maisons les ombres de la nuit, le boulevard qui joue du bus accordéon, la marche obstinée vers le bien et le mal bornes de nos chemins, les vérités qui sortent du sac de la Destinée ...

J'ai été légèrement moins convaincue par le "maigre Napoléon" (un peu trop tiré par les cheveux à mes yeux ici) et la "Destinée" que l'on tutoie en "déesse aux pâles mains", effet un peu trop désuet et lyrique à mon goût sans doute ... De même pour le rêve que l'on personnifie aussi en le tutoyant.

"Au fond de soi l'on sent cette intime blessure / S'ouvrir et se fermer du matin jusqu'au soir" : qui n'a jamais ressenti cela ? Pour le coup c'est dit avec des mots simples, mais bien dit.
"On paye chaque jour avec sa triste obole" : tellement vrai ...

La fin est sombre à souhait, j'aurais pourtant attendu une petite lueur peut-être - qui me semblait présente çà et là, dans le rêve d'or qui s'attarde, dans l'aube d'améthyste. Mais non, le poème s'achève sur ce couperet résolument morbide.

N.B. Il me semble pourtant que tout ne peut être complètement noir, même dans les moments les plus difficiles, lorsque l'on arrive à écrire un texte de cette qualité ... Enfin, c'est ce que je ressentais parfois, "avant". (Pardon pour ce petit aparté très personnel.)

EDIT : Plus je relis, plus j'aime. Et plus j'aimerais que la fin ne soit pas si noire. Mais bien sûr cela n'appartient qu'à l'auteur ...

   leni   
6/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
A EricD
j'ai aimé ce texte plein d'élan en lisant les deux premiers quatrains qui
sont superbes

Et la ville, occupée à faire sa toilette,
Frotte aux murs des maisons les ombres de la nuit.
ces deux vers sont pures merveilles

en suite la tristesse sans espoir me tombe dessus avec néanmoins
un espoir que j'attendais en vain

la fin est un coup dur

Car l'existence, hélas, n'est que la nécropole
Où pourrissent les chairs de nos illusions.

on pourrait se poser la question
L'existence n'est -elle que...
et laisser un peu d'espoir un peu

je note un texte et je respecte les sentiments exprimés

je reviendrai MERCI ERIC Mon salut très cordial LENI

   PIZZICATO   
6/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Deux premiers quatrains qui offrent un tableau intéressant de la ville qui s'éveille, avec de belles images - une restriction toutefois pour " maigre Napoléon "-

Bien sûr le cheminement de la vie n'est pas souvent celui que l'on aurait aimé suivre. Toutefois, j'ai trouvé l'analyse amère voire un peu manichéenne.
Les deux derniers vers sont très sombres ; mais l'exergue explique cet état d'âme.

En tout cas un texte bien écrit.

   papipoete   
6/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour EricD
votre dernier et brillant poème prêtait à sourire avec ce cimetière où les limaces ne manquaient pas d'un certain culot !
Ici, votre plume semble écrire d'outre-tombe, tant vos vers pleurent le désespoir ! Mais l'amorce d'un sourire me vient quand " le boulevard joue d'un bus accordéon ", et mes lèvres se referment quand le héros foule " place après place où nulle ne semble sûre ni paisible ", et la strophe finale écraserait à elle-seule une boite entière le Lexomyl !
au 2e vers, la virgule rend difficile l'élision du "e" muet à la césure de s'attarde
au 14e vers idem
et chaque virgule placée à un autre endroit, après un "e" muet gêne la lecture .
Mais ce ne sont là que peccadilles !

   Alexandre   
6/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour EricD... Dommage que ce vers... "Assaillir l'avenir, maigre Napoléon" vienne perturber cette suite de quatrains par ailleurs fort bien écrits. Outre Napoléon qui ne peut se trouver là que pour la rime, "assaillir l'avenir" ne me semble pas non plus du meilleur effet.
J'ai par contre beaucoup de respect pour votre premier quatrain et sa lune blette.
Le thème est sombre mais la poésie nous ramène inexorablement, un jour ou l'autre, à traiter de la mort et vous n'y avez pas échappé.
Un ultime bémol concernant l'ultime vers de votre poème... la diérèse de "illusions" que j'ai beaucoup de mal à supporter pour clore le texte.

Un joli travail ! Merci...

   Hananke   
6/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Un très beau poème comme d'habitude, serai-je tenté de dire.

Parcontre le message me semble un peu aléatoire puisque c'est le but
de la vie, justement, de ne pas savoir ce qui nous attend avant
la culbute ultime.
Il faut laisser de la place aux emmerdes comme aux bonheurs,
autrement on s'ennuirait ferme.

Mais bon, le texte reste d'un très haut niveau avec, entre autres :

Frotte aux murs des maisons les ombres de la nuit.
et le quatrain 4 dans son ensemble.

Oui, un beau poème, à ne pas mettre devant les yeux des dépressifs.

   LenineBosquet   
6/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour, un poème qui glisse tout seul, en voilà une belle maîtrise de la prosodie classique ! Vous nous épargnez de plus les mots savants et autres effets lyriques que l'on retrouve généralement dans ce genre d'exercice. Il y a bien juste la diérèse sur "illusions" que je trouve de trop, surtout que ça rime avec "disions" qui n'en a pas (de diérèse, suis-je clair ? Bof ?).
Bref, un exercice réussi pour moi.

   emilia   
7/2/2018
Malgré quelques broutilles déjà signalées, une belle envolée classique pour ce chant désespéré mais inspiré… ; l’espoir n’est peut-être pas perdu tout à fait pour qui rêve de bâtir un palais où asseoir son « beau rêve » quand une page blanche tend les bras à votre talent…

   jfmoods   
8/2/2018
Ce poème est composé de cinq quatrains en alexandrins, à rimes croisées, suffisantes et riches, alternativement féminines et masculines.

C'est à une expérience universelle ("Chacun", "nos chemins", "on" x 2, "nous", "nos") que nous convie le texte : celle de la traversée de l'existence. Émerveillements (métonymie : "rayons", métaphores : "Rêve d'or", "aube d'améthyste", personnifications : "le boulevard, généreux concertiste, / Rejoue", "la ville, occupée à faire sa toilette, / Frotte", allégorie : "beau rêve") et déceptions (allégorie : "l'avenir, maigre Napoléon", métaphores : "déesse aux pâles mains", "les chairs de nos illusions", démonstratif : "cette intime blessure", aspect catégorique de la négation : "Nulle place ne semble assez paisible et sûre", complément de manière : "avec sa triste obole...") nous conduisent vers cette désagrégation inéluctable qui mine, travaille le texte en profondeur (titre du poème : "L'inexorable", lexique : "voraces", "ronge", "blette", "flétrir", "nécropole", "pourrissent", "dernier astre", jeu antithétique : "S'ouvrir et se fermer", métaphore : "les ombres de la nuit", compléments de temps avalisant le passage : "du matin jusqu'au soir", "chaque jour", locution restrictive : "n'est que", allégorie : "quels malheurs, Destinée, / Sortiront de ton sac").

Merci pour ce partage !

   Marie-Ange   
15/2/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
En effet l'on peut d'"Inexorable", tant votre discours en est ponctué dans les trois dernières strophes, bien trop sombres à mon goût.

Par contre, j'ai vraiment beaucoup aimé le phrasé des premières strophes :

"De voraces rayons rongent la lune blette.
Rêve d'or qui s'attarde, un dernier astre luit,
Et la ville, occupée à faire sa toilette,
Frotte aux murs des maisons les ombres de la nuit.

Déjà le boulevard, généreux concertiste,
Rejoue avec brio d'un bus accordéon.
Chacun s'en va, quand point une aube d'améthyste,
Assaillir l'avenir, maigre Napoléon... "

Un petit bémol se glisse pour ce "maigre Napoléon".

C'est un poème qui dans son ensemble, ne m'a pas vraiment plu, il y a là comme un défaitisme pesant, sans nuance, sans espoir, sans issu possible, quelle bien grande tristesse, que je lis dans cette strophe :

" Chacun de nous reprend une marche obstinée
Vers le bien et le mal, bornes de nos chemins,
Mais quelles vérités, quels malheurs, Destinée,
Sortiront de ton sac, déesse aux pâles mains ? "

A chacun son ressenti, mais je n'adhère pas vraiment, même en des jours sombres, je m'accroche à une toute petite lueur ... parce que la vie est ainsi faite, de jours qui rient, d'autres qui pleurent.
Je ne garde que le meilleur en ces petits riens qui vous redonnent mille raisons d'avancer.


Oniris Copyright © 2007-2018