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Poésie néo-classique
EricD : Renouveau
 Publié le 09/12/17  -  14 commentaires  -  1295 caractères  -  448 lectures    Autres textes du même auteur

Pour Elle.


Renouveau



L'arbre martyrisé pardonne au vent bourreau
Le goût des étreintes brutales
Et la jonquille fait jaillir d'un long fourreau
Le flamboiement de ses pétales.

Un cerisier disperse, au bout du boulevard,
La brume avec son plumeau rose ;
Le merle redevient de l'aube au soir bavard ;
La rime fleurit sur la prose.

La laideur se soumet ; les torts sont oubliés ;
La corolle ombrage l'épine.
On voit s'ouvrir enfin, fleur rouge des halliers,
Ta belle bouche, Proserpine.

— Viens prendre l'air ! Le mal n'a plus droit de cité.
Regarde, écoute : tout conseille
D'épandre un peu les flots paisibles du Léthé
Dans les flots troublés de la Seille.

Même si cette nuit l'hiver, en expirant,
Nous a soufflé ce froid posthume,
Jetons ensemble au feu du soleil conquérant
Les haillons de notre amertume.

Vois ! Le mont Saint-Quentin prend les airs d'un bouquet
D'arbres vivants que mars assemble,
Et moi je sens mon cœur, vieillard qui claudiquait,
Près de ton cœur trotter à l'amble.

Tes beaux yeux sont l'azur, un moment déserté
Par ses habitants infidèles,
Où reviendront voler l'espoir et la gaieté,
Ces deux distraites hirondelles…


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   luciole   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les images délicates qui ornent ce poème, la belle musique des vers, en font, à mon avis, une réussite.

   Gemini   
8/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bien ficelé. Des rimes comme j'aime avec de la recherche et donc, de l'originalité (bouquet /claudiquait est pour moi un régal, je me la relis pour le plaisir). Il y a des références à Baudelaire (Léthé, Proserpine) sans que je sache si la Seille et le mont Saint-Quentin en soient aussi.
Il y a aussi beaucoup de belles images et de beaux vers (la rime fleurit sur la prose).
C'est manifestement un poème de printemps qui s'adresse à quelqu'un, (viens, vois) mais je n'ai pas deviné qui (perséphone ?)
Mais elle a de la chance car votre cour est belle.

   Hananke   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour

C'est un très joli texte où l'enchaînement des vers 12/8
permet de belles envolées. Je devrais m'y soumettre plus souvent.
Je ne peux m'empêcher de citer quelques belles perles
de ce magnifique collier :

La brume avec son plumeau rose
La rime fleurit sur la prose
La corolle ombrage l'épine , etc...etc...

Oui, vraiment, un très joli texte. On sent poindre un peu de Hugo
dans ces vers où la ponctuation joue un rôle prépondérant.

   socque   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Eh bien ! Je ne goûte guère d'ordinaire les poèmes "de saison", mais je dois admettre que formellement celui-ci, à mon sens, est très beau. Le rythme alterné d'alexandrins et d'octosyllabes convient à merveille au sujet, cette flânerie douce-amère où le souvenir des frimas se dessine en filigrane derrière ces superbes images du renouveau, il lui apporte une forme de désinvolture, presque d'ironie à mon sens, comme un recul vis-à-vis de ce déploiement de romantisme.
Bon, avec mon mauvais esprit j'ai tendance à vouloir railler le choix pour l'héroïne d'un nom rimant avec "pine", mais c'est moi. Et puis si c'est pour aller avec ce vers superbe :
La corolle ombrage l'épine.
le prix n'est pas cher payé...

J'ai aussi beaucoup aimé la rime "bouquet"/"claudiquait", recherchée et qui frappe par le contraste des images présentées. D'une manière générale, je salue le soin apporté ici aux rimes. Bref, de la fort belle image pour moi, sur un sujet qui à la base ne me passionne pas et pour lequel vous parvenez à éviter le banal ! Rien que ça, c'est balèze à mon avis.

   Mokhtar   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Célébrer le printemps par un poème, cela aurait pu être d'une banalité lassante.
Mais le talent est là.
On remercie "Proserpine" de nous offrir "la corolle ombrage l'épine" et l'on sait gré au merveilleux "plumeau rose" de préparer le terrain pour "la rime fleurit sur la prose".
Renouveau de la nature, renouveau du cœur et de l'âme humaine : on pourrait difficilement mieux les chanter que dans ce poème dont la technique parfaite a l'art de se faire oublier.

   papipoete   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour EricD
Que voilà une plume à la pointe gaie et colorée ! Ici, la nature parle à travers Proserpine que l'auteur convie aux champs . Et la promenade champêtre n'en finit pas de nous émerveiller ; " le cerisier dispersant la brume avec son plumeau rose "/ " la rime fleurit sur la prose "/ "on voit s'ouvrir enfin, fleur rouge des halliers, ta belle bouche, Proserpine " . La flore au ras du sol et celle des frondaisons n'en finit pas de nous en mettre plein la vue !
NB un texte qui marie la mélancolie de la nuit et du froid avec l'optimisme réjouissant de la chaleur du soleil rougissant !
Au 4e vers, vous évoquez la rivière " Seille " ; il se trouve qu'il en coule une ( une cousine ) près de chez moi, à côté de Baumes les Messieurs !
J'aime beaucoup l'alternance de l'alexandrin avec l'octosyllabe, qui me fait penser aux pas d'un menuet " et on avance, et on salue ; et on recommence ! "

   Vincendix   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour EricD
La Seille, le mont St Quentin, deux noms qui évoquent bien des souvenirs (anciens), maintenant je les vois de temps en temps quand je passe sur l’A31.
Ceci dit, ce texte est bien écrit et plaisant dans son ensemble avec des vers de grande qualité mais d’autres qui le sont moins, dans le deuxième quatrain, la liaison « plumeau rose » me chagrine un peu et je trouve que le vers 7 n’est pas du meilleur effet, heureusement le suivant est excellent, il compense.
De belles images colorées de ce renouveau, le jaune de la jonquille, le rose du cerisier, le rouge de l’épine-vinette et le bleu de l’azur !
Vincent

   PIZZICATO   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le '' renouveau " de la nature au printemps et celui d'un amour ; ou bien un nouvel amour qui engendre le renouveau d'un être.
" Et moi je sens mon cœur, vieillard qui claudiquait,
Près de ton cœur trotter à l'amble."

" Viens prendre l'air ! Le mal n'a plus droit de cité.
Regarde, écoute : tout conseille
D'épandre un peu les flots paisibles du Léthé
Dans les flots troublés de la Seille." je crois plutôt à la rédemption de l'amour qui s'était laissé endormir, comme la nature pendant l'hiver.

De belles images, une jolie poésie.

   Anonyme   
11/12/2017
.

   Marite   
11/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une agréable lecture que ce poème dont les images évoquées naissent et se succèdent au fil des mots. Seulement un arrêt sur les deux vers suivants lors de la première lecture (et des suivantes d'ailleurs):
" Un cerisier disperse, au bout du boulevard,
La brume avec son plumeau rose ;"
J'aurais préféré :
Avec son plumeau rose, au bout du boulevard,
Un cerisier disperse la brume ...
Mais, bien entendu, le dernier vers du quatrain devrait alors être modifié au niveau de la rime et c'est l'auteur qui est le maître d'oeuvre.

   Louison   
11/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tout a été dit précédemment et je ne suis pas érudite en terme de pieds, de vers, de rimes.
Moi, je ne peux que parler de mon ressenti et je me suis sentie bien à la lecture de ce poème où j'ai vu le printemps refleurir et l'amour de Proserpine renaître. Je suis touchée. Bravo.

   jfmoods   
14/12/2017
Ce poème est constitué de sept quatrains alternant alexandrins et octosyllabes, rimes masculines et féminines suffisantes et riches.

Un jeu filé de personnifications s'égrène au fil des trois premières strophes. Avec l'arrivée du printemps (titre du poème : "Renouveau"), s'épanouit une vie ("la jonquille fait jaillir... / Le flamboiement de ses pétales", "Un cerisier disperse... / La brume", "Le merle redevient... bavard", "La laideur se soumet") longtemps tenue sous la férule impitoyable du froid ("L'arbre... pardonne... / Le goût des étreintes brutales").

La grande prêtresse des saisons ("Proserpine") invite alors au carpe diem amoureux (métonymie : "Ta belle bouche").

Le discours direct, assorti de l'impératif, convoque l'aimée au bal des sens ("Viens prendre l'air !", "Regarde, écoute", "Jetons ensemble... / Les haillons de notre amertume", "Vois !", hyperbole : "tout conseille").

La convergence de deux cours d'eau ("les flots paisibles du Léthé" / "les flots troublés de la Seille") et, plus loin, l'écho de deux métonymies ("mon coeur", "ton coeur"), signent le retour d'une concorde amoureuse (antithèse : "claudiquait" / "trotter à l'amble").

Couronnée d'une métaphore ("ces deux distraites hirondelles"), une métonymie ("Tes beaux yeux", "ses habitants infidèles") remet en lumière, avec l'image des prunelles, la vivacité perdue du regard de l'Aimée (animalisation avec antéposition du verbe : "reviendront voler l'espoir et la gaieté").

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I) Printemps, vie renaissante

1) La fin d'un asservissement

À la violence impitoyable du froid (personnification : "vent bourreau", groupe nominal élargi : "Le goût des étreintes brutales") répond le coup de grâce d'une épée métaphorique ("fait jaillir d'un long fourreau"). Toute velléité d'agression se trouve à présent réduite à néant ("La laideur se soumet").

2) Le souffle puissant de la nature

Sous l'égide de la grande prêtresse des saisons ("Proserpine"), le printemps reprend alors ses droits (personnifications : "la jonquille fait jaillir... / Le flamboiement de ses pétales", "Un cerisier disperse... / La brume avec son plumeau rose", "Le merle redevient... bavard").

II) Le printemps du coeur

1) Des différends surmontés

Au sein du couple, l'image d'une longue brouille se dessine (métaphore appuyant sur l'effilochement : "les haillons de notre amertume") qu'il est grand temps de passer par profits et pertes (affirmations catégoriques : "les torts sont oubliés", "Le mal n'a plus droit de cité", hyperbole : "tout conseille").

2) Chaleur et clarté

L'invitation au bal des sens (impératif : "Viens prendre l'air !", "Regarde, écoute", "Vois !") entraîne, par le jeu des métonymies ("mon coeur", "ton coeur") et de la personnification ("le feu du soleil conquérant"), le retour d'une concorde amoureuse (antithèse : "claudiquait" / "trotter à l'amble").

Merci pour ce partage !

   Marie-Ange   
18/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Ce poème a fort belle allure.

Il est brodé d'images agréables et divertissantes. C'est ce qui
a plus retenu mon attention, car j'ai été bien moins sensible
au sentiment dévoilé entre ce "Elle" et "Et moi".

C'est au travers de la nature, que vous nous entraînez
dans cette relation un peu compliquée, à laquelle j'avoue
ne pas comprendre grand chose, seulement qu'il y a de la
"souffrance". Mon ressenti reste en retrait.

Cette phrase a quelque peu retenu mon attention :

"L'arbre martyrisé pardonne au vent bourreau".

   Miguel   
23/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un fort beau texte, avec un souffle soutenu jusqu'à la fin ; pas de faiblesse, pas de ralentissement. Des images de toute beauté, de vraies trouvailles. Je crève de rage de ne pas avoir inventé "la rime fleurit sur la prose". Mais je suis content de découvrir ce poète sur Oniris.


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