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Poésie libre
eskisse : Déjeuner sans retenue [Sélection GL]
 Publié le 04/08/20  -  10 commentaires  -  967 caractères  -  170 lectures    Autres textes du même auteur

Parce que Prévert...


Déjeuner sans retenue [Sélection GL]



Elle a pris son café en tête à tête avec l’absence
Elle a laissé s’écouler les heures de silence dans la tasse à café
Elle a tourné le lait dans un nuage d’évanescence

Celui qui compte a pris sa valise d’amour à trois temps
Il a glissé leurs dix années dans ses chaussures
Le placard est tout troué à cause de la valse de la valise
Depuis que celui qui compte compte encore plus pour elle

Il est comptable
Il additionne ses nouvelles vies
Calcule son bonheur ses bénéfices
Quand elle se noie dans le café

Au bout du conte
Elle fait partie de la soustraction
On l’a retirée
Comme cette mer, qu’elle voit par la fenêtre,
Laissant sur la grève
Des coquillages qui font sonner
Le souvenir d’avoir été vivante

Elle a posé ses dix années dans la tasse à café
Sans retenue
Sans aucune retenue
Pour qu’elles se diluent dans l’opération


 
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   Anonyme   
4/8/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,

De la poésie qui respire voilà qui fait tellement de bien !
C'est une conteuse qui nous compte/conte ses comptes..sans retenue qui plus est ! qu'est-ce qu'il me prend ?
Pardon ! Continuez à nous conter vos comptes de cette façon discontinue tout à longueur d'année si vous le souhaitez ! J'en tiendrais compte en tout cas !

Tout compte fait, je ne pose rien et je retiens tout !

Commenté en EL

Edit du 04 août 2020 : je remonte mon appréciation !

   Eclaircie   
24/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Appréciant Prévert, c'est avec curiosité que je découvre ce poème, version personnelle du "Déjeuner du matin".
Ce que j'apprécie chez Prévert c'est son talent pour dire au-delà des mots et avec des mots simples.

Ce poème est assez réussi dans ce style que j'aime.
Des images parsèment cette rupture, je note le soin apporté à la composition. J'apprécie l’enchaînent des faits et des idées (du "compte" au"comptable" puis au "conte", par exemple suivi de cette "soustraction")
Terminer par le mot "opération" m'évoque un autre texte de Prévert (le cancre)

Merci du partage,
Éclaircie

   Melorane   
25/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Un texte avec des images intéressantes, j'ai bien aimé celle "de la valse de la valise".
Il est construit avec intelligence et le départ de l'être avec lequel elle a passé 10 ans est présent partout.
J'exprime cependant une réserve sur le vers 7, "qui compte compte", ne sonne pas très bien à mon oreille.
En E.L.

   Pouet   
4/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Slt,

déjeuner ou "petit déjeuner"?

Ue séparation, c'est conte.

Finir la tasse pour lire le marc? (même s'il s'appelle Jean).

C'est en bout de table que le comptable bout, il a mis les bouts, à bout de tout en traînant le passé dans la boue.

Sans être marabout, j'ai su compter la magie nostalgique de cette évocation , de cette acceptation vent debout.

Pouet, comatheux.

   Corto   
4/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour eskisse,

J'aime bien Prévert mais aurait-il été ravi de servir de référence pour ce poème ?
Je trouve ici de belles idées mais aussi trop de facilités. J'applaudis le premier vers tandis que je peste au retour de "café" dans le second.
Dans la seconde strophe je dis oui pour les trois premiers vers, mais je dis non au quatrième.
Les répétitions se veulent facétieuses certes, on peut aussi les voir comme un manque de recherche.

Bref je suis très partagé sur ce poème qui réussit pourtant à faire vivre cette scène de délaissement et la dernière strophe me parait très réussie.

Bonne continuation.

   Provencao   
4/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Il est comptable
Il additionne ses nouvelles vies
Calcule son bonheur ses bénéfices
Quand elle se noie dans le café "

J'ai adoré ces mots justes, simples, délicats, habiles, écrits avec son âme, son cœur, ses heures de silence, ces dix années.


Beau frisson, à l'origine d'une vie. Avec ce langage à la Prévert, fortement ancré dans l'existence. Votre poésie brode, ce bout de vie, nourri de bonheur sans bénéfices...

Dans ce déjeuner sans retenue qui est halo et conte, les mots consentent à leur élixir.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   papipoete   
4/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour eskisse
il comptait déjà beaucoup son comptable avant...
aujourd'hui toute seule autour de la table, l'absent n'a jamais autant compté ! dix ans que durait ce conte, où chaque jour accompagné compte... mais la valse de la valise faite et défaite, a stoppé définitivement dans cette maison ; la valise de Monsieur est partie avec lui...
NB " Elle " l'aura pour elle exclusivement...le silence qui n'a rien à dire, mais tend l'oreille du matin au soir, ne contrarie pas, ne se fâche jamais ! Son café partage avec elle ses peines, et s'offre de les adoucir dans un nuage de lait...
Un habille tableau mathématique, avec ses débits et crédits, et un bilan négatif pour Elle, alors que Monsieur le Comptable calcule ses opérations, dans une autre entreprise d'amours...il positive...
la 4e strophe est particulièrement imagée, avec cette mer retirée laissant sur la grève...

   Myo   
4/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une apparente résignation dans un geste ordinaire qui ne reflète rien du drame intérieur que vit celle qui tient la petite cuillère.

Est-ce de la dignité, où une douleur trop lourde, une désillusion assommante qui empêche toute rébellion.
Alors pour ne pas sombrer, elle s'accroche à cette habitude.

Pourtant, en silence...elle se noie..

Un état d'esprit, une ambiance parfaitement rendus?

Bravo !

PS: D'origine belge, sans doute, pour déjeuner le matin

   Davide   
4/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour eskisse,

Une petite histoire absurde, avec une belle unité de ton, plutôt efficace et plaisante, où foisonnent les jeux de mots (j'ai adoré : "valse"/"valise" et "compte"/"conte"), les non-sens (ah, cette "valise d'amour à trois temps" et ce "placard troué") et les doubles sens.

J'ai vraiment aimé jusqu'à "On l'a retirée". Le passage qui suit, bien qu'un peu farfelu, fait perdre de sa verve au poème, je trouve...

Belle dernière strophe conclusive, même si le verbe "posé" ne me plaît qu'à moitié rapport à l'histoire : je l'aurais mieux vue les jeter, les faire tomber, les pleurer etc., ces dix années, mais bon, il fallait respecter le champ lexical des mathématiques !

Je connais Jacques Prévert pour ses jeux avec les mots, mais l'ensemble me fait davantage penser à du Ionesco. Franchement sympa, malgré un côté "artificiel" obligé.

   LeMat   
6/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
" Déjeuner sans retenue ". Le titre ne reflète pas le contenu du texte. Il fait plus allusion à la gloutonnerie, à la quête de l'excès. Votre poème fait suite à celui de Prévert qui je trouve est simple et dont aucune poésie ne ressort. Tel était le but, sûrement, de sa part. Le votre est plus recherché, mais vous auriez pu orientez le scénario différemment, il me semble. Vous auriez dû inverser certains effets. Est apparu l'activité de l'homme juste pour justifier l'emploi des termes comptables et mathématiques posés sur la femme. Cette digression ramène l'histoire à une réalité temporelle et spaciale, alors que là, n'aurait dû compter qu'une réalité psychologique. L'effet poétique en serait sorti augmenté.
Ma déception vient surtout du fait que vous auriez pu faire mieux. Mais vous vous êtes contenté d'être le reporter d'un quotidien banal, (dans le bon sens de l'expression) tout comme Prévert. Mais vous, à la différence, vous avez enrichi le travail, que j'applaudis.
J'aime beaucoup " elle a pris son café en tête à tête avec l'absence ". Par contre je n'ai pas saisi l'image : " le placard est troué à cause de la valse de la valise ". A force de pleurer dans son café ça risque d'être un café allongé, au pire du jus de chaussette. ; )
Merci pour le partage Eskisse.


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