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Poésie en prose
eskisse : Dunes
 Publié le 24/06/20  -  12 commentaires  -  716 caractères  -  233 lectures    Autres textes du même auteur


Dunes



Dunes, sans fard, sans fierté, semi-coupoles oblongues où les semelles des marcheurs distillent des rêves d’humilité.

Dunes, mangeuses de ciels d’orange recelant des couples d’amants aux gestes tressés dans des berceaux d’oyat. Combien haut est votre dévouement.

Dunes, nonnes aux extrêmes noces de ciel et de silence. Un bateau fugace cherche à vous épouser.

Dunes, dormeuses désertées aux éclats de marées, femmes aux soupirs éoliens que les souffles tamisent jusqu’aux stries du hasard. Votre dos solitaire s’épanche sur l’éternité.

Mes pas de sable recueillent la valeureuse offrande de l'infini et mon regard emporte votre douceur contre vents et marées.


 
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   Eclaircie   
9/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
J’ai transposé cette prose (momentanément) dans un fichier perso, tant le format de lecture en Espace Lecture dessert visuellement les textes de cette catégorie.

Bien plus plaisant à l’œil, ce texte au titre court présente l’anaphore « Dunes », qui dans un format « livre » n’est pas gênante car moins visible.

Un bon tableau se présente à mes yeux : des « dunes » immobiles, fixées par ces « oyat », ornées de belles images.
J’ai aimé :
Le travelling depuis ces « dunes » lointaines présentant la silhouette d’un « marcheur » jusqu’au regard du narrateur porté sur ses pieds « dans le sable ».
La personnalisation progressive, partant de « semi-coupoles » pour aller jusqu’à « la femme ».
Une seule phrase me gêne un peu :
« Combien haut est votre dévouement. »

Je remarque que le poème est présenté en « poésie libre », je l’ai abordé comme une prose, peu importe, la poésie est bien présente dans ces lignes.

Merci du partage,
Éclaircie

   myndie   
10/6/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une réussite.
A la fois pour la poésie des images, la délicatesse de la suggestion et la finesse de l'écriture.
Votre poème est une rêverie érotique subtile comme je les aime, un hymne majestueux aux charmes nus. Il nous emmène, à la suite de vos « pas de sable », sur la piste à peine voilée de plaisirs voyeurs et de promesses charnelles.
La merveille est qu'il évoque tellement de choses en parallèle, des paysages, la plage de sable fin où s'échouent les marées, la touffeur des orages ou les soupirs du vent ; il appelle aussi pour moi l'image du marcheur des déserts aux semelles de vent. D'ailleurs, dans la forme, votre texte est tout à fait proche des poèmes en prose de Rimbaud.
L'utilisation des assonances, des altérations et des répétitions renforce le rapport voluptueux entre les mots et ce qu'ils évoquent. Comme une corrélation forte et intime avec la beauté sensuelle.
J'aime particulièrement ce : « Dunes, nonnes aux extrêmes noces de ciel et de silence. »

Je ne conçois pas d'autre manière d'érotiser la lecture, d'affoler l'épiderme. Bravo.

   Queribus   
24/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un superbe poèmes avec de très belles images poétiques, le tout écrit de façon très dépouillée. Le texte n'est pas très long, ce qui permet d'en apprécier toutes les subtilités. Un écrit qui fait honneur à la poésie en prose, même si on peut aussi l’assimiler à de la poésie libre; qu'importe les termes: la poésie est là et c'est bien l’essentiel.

Je trouve que ce genre de poème vous va bien et je pense que vous devez continuer dans cette voie (mais ce n'est bien-sûr qu'un avis personnel)

Bien à vous.

   Provencao   
24/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J' ai adoré...
Des dunes, vibrantes à l'écho de la sensualité, de la beauté, désignant cette magie presque insensée; des dormeuses, nonnes qui reflètent cette poésie quasi perdue dans un univers sans point d'ancrage...

La source de l'offrande devient un ciel et un silence esthétiques, tout en finesse et suggestions.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Vincente   
24/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ode un brin "descriptive" (ce sera ma principale réserve) à ces dames-dunes, dont l'auteur se prend à contempler la sensualité organique de leurs courbes féminines.
L'accouplement d'un lyrisme épuré et d'une "douceur [emportée] contre vents et marées" trouve une belle réalisation dans l'expression. Le ton est savoureux, les images "sans fard" sont malgré tout très dessinées, inspirées, et les accès "allégoriques", bien qu'un peu "forcés" à mon sens dans ces deux moments, " Combien haut est votre dévouement. " et dans l'incursion du mot "nonne" en rapport aux "noces de ciel", arrive à passer sans gâcher la belle évocation.

Mon passage préféré a jailli dans ces mots révélés : " femmes aux soupirs éoliens que les souffles tamisent jusque aux stries du hasard. ".

Le regard est joli, la posture pour le dépeindre est avenante, et l'écriture "fonctionne" salutairement pour faire de cette belle idée, depuis un lieu tant de fois évoqué, une œuvre d'une belle singularité, et d'une lecture bien agréable.

   Lebarde   
24/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J’étais passé d’abord sans le voir en EL, rebuté sans raison par la forme et la longueur anormale ou plutôt inhabituelle, des vers.
J’y suis revenu et j’ai bien fait, pour lire d’abord timidement puis avec un grand plaisir ce poème superbe de délicatesse, aux images bien décrites.
J’ai bien aimé le côté sensuel de l’écriture qui rappelle les escapades dans les dunes chaudes, aux forces douces où les amoureux se sentent seuls au monde et prêts à toutes les audaces.
« couples d’amants aux gestes tressés dans des berceaux d’oyat« 
Bien beau.
J’ai moins aimé la suite un peu artificielle et empruntée: « Combien haut est votre dévouement « . Un peu excessif et maladroit peut être?

Beau texte merci

Lebarde

   Pouet   
25/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Slt,

très poétique et très "complète" évocation, complète dans le sens où en un minimum de mots, le thème des "dunes" est fort bien eskissé...

Bon tout est fort joli, j'ai tout de même un petit faible pour:

"femmes aux soupirs éoliens que les souffles tamisent jusqu’aux stries du hasard. "

Je ne suis pas certain pour la toute fin, le "contre vents et marées" qui, par son côté, "expression toute faite" fait retomber un peu l'envolée, mais c'est mon avis personnel, n'étant pas friand de ce genre d'emploi en poésie.

Voilà, en tout cas une bien agréable lecture.

   Louis   
26/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une adresse aux dunes, en apostrophe anaphoriquement soutenue, les célèbre comme des dames. Tout à l’inverse de ces formes que l’on dame à la hie, tassées, serrées, aplaties, les dunes féminines sont chantées, de n’être ni comprimées ni écrasées, en aucun sens. Dunes rebondies ; dodu des dunes.

D’une grande humilité, les dunes sauvages, « sans fard », naturelles en toute simplicité, ne montrent pas de « fierté », n’arborent pas les prétentions et la superbe des sommets hautains des montagnes, avec leurs pics arrogants, leurs insolentes pointes et aiguilles, leurs fières demoiselles.
D’une aménité sans bassesse, d’une ondulation sans platitude, elles ne s’abaissent pas comme plaines, ne s’élèvent pas comme montagnes.

Vives, sont les dunes. Le regard que leur porte l’auteur se distingue nettement de celui, triste et mélancolique, d’Émile Verhaeren qui, dans son poème L’hiver dans les dunes, écrivait :

« Sommets fendus, sablons mangés,
Montagnes mortes, une à une. »

Les dunes ne sont pas des fiertés brisées, elles ont la modestie de ne jamais avoir eu la prétention des crêtes et des versants vertigineux.
Dunes propices aux « rêves d’humilité » des marcheurs en leur compagnie.
On n’y rêve pas de pavoiser sur le toit du monde ; on n’y rêve pas d’altitude, on y rêve d’accortes et gracieuses attitudes.

Dunes douces dont la forme se dresse, ondulante sous la caresse du vent, en opposition aux rocs montagneux inflexibles, immuables, inaltérables. En « semi-coupoles oblongues », elles préfèrent les longueurs et les langueurs à la hauteur, inclinent à l’ouverture sur les vastes horizons plutôt qu’à la fermeture des coupoles.

Une seule véritable hauteur : leur dévouement : « Combien haut est votre dévouement »
Dunes généreuses, disposées à servir les amants, à leur faire une place en leur sein, dans leurs flancs ; elles se donnent aux amours, sacrifient pour elles leurs formes, protégeant les ébats et les caresses des amants de toujours.
Leur cause n’est pas l’orgueil qui pointe sur les sommets, mais ce qui s’étend pour ceux qui s’aiment dans une douceur enveloppante.
Ces « mangeuses de ciel d’orange » ne butinent pas l’azur au zénith, mais le ciel couchant.

Diversité des paysages de dunes : quand elles sont « désertées », toujours féminines, les dunes offrent l’image de « nonnes », qui ont renoncé aux étreintes des amants pour d’autres unions :
les « extrêmes noces de ciel et de silence ».
Le champ de dunes se dresse, pareil à un monastère ouvert, de sable et de vent, un temple où la règle de silence s’associe au ciel. Les moniales défilent sous la voûte céleste, en passage par de semi-coupoles de sable.
Le monastère est un ‘’coud -vent’’. Où l’on trouve des berceaux protecteurs, « berceaux d’oyat ».
Paysage de dunes : comme un lieu sacré, sans austérité.
Si propice toujours aux unions, qu’un « Un bateau fugace cherche à vous épouser »
Un navire s’est épris des dunes comme des vagues, a perçu les rides d’un océan de sable. Rêve de voyages lointains.
Les noces et les nonnes, marées et mariées


Elles sont en attente. Les dunes, dames aux « soupirs éoliens »
Et leur « dos solitaire s’épanche sur l’éternité »
Éternité d’attente, d’amour espéré, de noces à venir.
Alanguies toujours dans une torpeur somnolente, douce, songeuse, langoureuse.
Assoupies dans l’attente longue et patiente des liaisons en harmonie.

La locutrice intervient dans le dernier vers, pour exprimer tout ce qu’elle doit aux paysages de dunes.
« Mes pas de sable recueillent la valeureuse offrande de l’infini »
Elle exprime sa reconnaissance aux dunes de sable. Elles, qui lui communiquent leur puissance magnanime, leur vertu, leur sagesse, dont elle s’imprègne, en communion avec elles, dans une osmose, une intime pénétration.
« Offrande d’infini » où toutes les perspectives étriquées, toutes les dimensions finies, comme toutes les petitesses et médiocrités, se trouvent abolies, d'être étirées, distendues, ouvertes en grand dans l’illimité.
Don des dunes généreuses.
Don de « douceur » contre vents et marées, au sens propre comme au sens figuré. Douceur à toute épreuve.
Sans rage et sans violence, sans désespoir, sans âpreté et sans rudesse, sans rugosité, mais dans cette douceur comme l’attente perpétuelle d’une amitié, d’un accord, d’un amour toujours possible.

Quand Verhaeren, mélancolique, chantait en une triste et belle mélopée, L’hiver dans les dunes, en témoigne sa dernière strophe :

« Et c'est le pays blanc des dunes
Que les siècles ont ravagé ;
Pâles soleils et mornes lunes
Sommets fendus, sablons mangés
Montagnes mortes, une à une. »

ce poème d’eskisse prend l’allure, dans les dunes, d’un perpétuel printemps.

Merci eskisse

   papipoete   
28/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonsoir eskisse
toutes nues, sans apprêt mais pleines d'attrait, vous offrez vos flancs au soleil, et cachez... oh...les couples d'amants. " Nonnes aux noces de ciel ", le marcheur ose vous fouler mais sous son pied, vous vous échappez comme grains de sablier.
Dans la seconde strophe, " combien/haut " me semble disgracieux et pourtant c'est pourtant la phrase que je préfère !
Une fort belle écriture !

   Davide   
29/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour eskisse,

Ce poème m'a fait penser au superbe "Dame Dune", poème qui figure dans mon anthologie poétique. Un thème de prédilection ?

D'emblée, le lyrisme épique, ondoyant, habité, de ces quelques phrases m'a pris dans son sillage à travers ces dunes de silence. De louanges en personnifications, c'est toute l'immensité, jusque dans les recoins les plus invisibles et les plus insaisissables, qui s'en trouve célébrée, mais que dis-je, entièrement "sacrée" même.

Au cœur de l'infini, la narratrice inspire douceur et expire humilité, émue par le cadeau religieux (au sens premier : "qui la relie à") de ces dunes de sable qui ne font que révéler l'infini qui dort en son cœur - et dans le nôtre, à nous, lecteurs ébahis.

J'ai beaucoup aimé les images, leur poésie, leur justesse inspirée, toutes (juste un peu moins la troisième phrase, avec les "nonnes" et le "bateau fugace"). Oui, tout y est beau. Merci tout plein !

   Lariviere   
30/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Eskisse,

J'ai beaucoup aimé ce poème où le lyrisme plutôt bien mené ne s'enfonce pas dans le sable mouvant de ces dunes imposantes remplies de l'or du temps si cher à Breton, mais permet au contraire de les contempler avec grâce, majesté toujours et avec plaisir (de lecture) ; sans pour autant s'enfoncer donc, le propos est profond, donne une vie de golem caméléon à tous ces grains de sable, un propos intéressant sur la condition humaine et leurs semelles de vent, un propos très bien servi par des images fortes (surréalistes dans l'impact, allitérantes, ryhmées comme il se doit et musicale sur la phonétique globale) qui m'ont parler sans savoir vraiment comment ni pourquoi et c'est aussi ce que j'attends en poétique...

"Dunes, nonnes aux extrêmes noces de ciel et de silence. Un bateau fugace cherche à vous épouser."

Pour moi ce vers est un modèle du genre, tant sur la construction sensorielle que sur le ressenti et l'expression...

Le vers de fin est très bon, sur fond et forme

Merci beaucoup pour cet agréable moment de lecture et bonne continuation.

   Bossman   
29/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai assez bien aimé me promener dans ces dunes.
Évidemment, la forme allongée de ces phrases, sans doute les contraintes de l'internet, m'a un peu gêné au départ. Peut-être que le texte gagnerait à être retravaillé quant au rythme. Par exemple j'ai du mal avec "Votre dos solitaire s’épanche sur l’éternité." Ou des sonorités un peu lourde, mais c'est subjectif :"jusqu’aux stries du hasard".
Je crois aussi que votre texte gagnerait à être épuré, un peu moins de "valeureuse offrande de l'infini" et un peu plus de "un bateau fugace cherche à vous épouser".
Cependant, il y a de très belles idées, de très belles associations.
Cette répétition de "Dune"' exprime bien le sentiment d'émerveillement.


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