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Poésie contemporaine
eskisse : Le banquet des abeilles
 Publié le 04/02/20  -  5 commentaires  -  836 caractères  -  208 lectures    Autres textes du même auteur


Le banquet des abeilles



Dans le souffle en suspens
À la porte entrouverte
Elle attend un instant
C’est le saut en alerte

Elle se tient au milieu
Sur le seuil silencieux
Il en va de l’oubli
Elle se tient devant lui

Les minutes sont frêles
Les lueurs fantastiques
Rien qu’un pas chimérique
Aux élans d’hirondelles

C’est un pas de géant
Pour une âme discrète
Assoiffée d’alouettes
De secrets d’ouragan.

C’est un pas de génie
Qui la sauve du temps
Qui la love au levant
Loin de l’anse meurtrie

Il en va de son cœur
En péril avant l’heure
Sur le rocher fossile
Des années délébiles

Sur le seuil délicieux
Il n’y a plus que des yeux
Qui chuchotent à l’oreille
Le banquet des abeilles


 
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   Robot   
4/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je lis ce texte comme une métaphore filée sur l'adolescente qui quitte le foyer parental pour le banquet de la vie comme le ferait le guépier quittant le nid pour participer au festin.
Je ne sais pas si c'est la bonne interprétation, mais pris en ce sens le texte m'a intéressé.

Il n’y a plus que des yeux. (Je n'ai pas trop apprécié ce vers dont le il y a pourrait avantageusement être remplacé par "Ne reste que des yeux"

   Vincente   
5/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Dès la fin de la première strophe, il semblera au lecteur que ce "banquet des abeilles" ne sera pas celui au premier degré d'un festin naturaliste, aux convives butinant et autres convocations apicultrices ; les premier et quatrième vers écartant tout rapprochement ; imagine-t-on l'abeille dans le préparation d'un "saut en alerte" et "dans un souffle en suspens" (j'avais d'ailleurs lu par erreur "suspend", mais il s'agit bien d'un "suspens(e)" qui naît) ? Le récit métaphorique empreinte alors une voie de découverte où l'intérêt va devenir l'intrigante recherche de ce qui a bien pu inspirer là l'auteur.

J'ai lu en construisant presque à mon insu l'image d'une jeune personne (plutôt féminine…) qui va se lancer dans sa nouvelle vie. Le "banquet" se déclare tardivement, dans le vers final, (je pense d'ailleurs que le titre est mal choisi car il prive la narration de l'effet marquant de sa chute), ce vers final paraît essentiellement comme une transition vers l'état résultant de la préparation dramatique qui a dû se dérouler bien avant le poème. D'ailleurs, l'ensemble de ce texte raconte la solennité et la charge émotionnelle de ces instants de basculement du sujet vers un avenir dont l'inquiétude semble être le principal désagrément. Ainsi ce poème évoque le moment court mais tellement considérable qu'il en devient grand, important. Cette concision temporelle tente une retranscription en sept strophes mesurées ; sept, chiffre mystique, et mesure cadencée en quatrains comme un pas régulier, une marche en procession vers cet avenir.

L'auteur a pris le parti de ne pas dévoiler quel était ce "seuil" à franchir, comme pour le charger du mystère qui perturbe, et en même temps tente et sauve le sujet ; cette belle strophe (ma préférée avec la dernière) soutient cela :

"C’est un pas de génie
Qui la sauve du temps
Qui la love au levant
Loin de l’anse meurtrie
"
J'aime beaucoup entre autres les allitérations en "l", très enveloppantes, de cette tentation séduisante.

J'ai aussi trouvé aussi très signifiante, bien utile à la narration, l'avant dernière strophe où l'on devine que la nouvelle vie était si nécessaire, à la limite d'une "survivance", pour se sortir de l'impasse de la vie précédente, spécifiée en particulier par "ces années délébiles", et venant appuyer "dans l'anse meurtrie" annoncée dans la strophe précédente.

Ces "abeilles" sont la société avec ses regards et ses injonctions multiples, le "bon" rassurant d'un besoin grégaire dépendant du "lourd" endiguant des contingences sociales. Dans le banquet, les "abeilles" adoubent l'intromission du nouvel "entrant", qui est d'ailleurs d'abord celui qui devient libre… de satisfaire aux obligations sociétales et par-là-même paradoxalement "partant" ; jolie ouverture d'un possible renaissant...

Je n'ai pas bien compris le vers "Assoiffée d'alouettes". Ce n'est pas pour les "éplumer", pour les manger… ? peut-être serait-ce plutôt pour leur pouvoir virevoltant, mais alors je ne comprends plus la syntaxe.

J'ai bien aimé l'investissement sibyllin du propos mais il me semble malgré tout un peu dommage de laisser une telle latitude au lecteur quant aux rapprochements possibles. Même pour signifier une part d'universel dans ce propos, le fait de ne pas pouvoir le rattacher intentionnellement plus spécifiquement lui fait perdre de l'intensité. C'est comme si en généralisant les composantes d'un événement très touchant, on pouvait se leurrer sur le fait qu'il ne perdrait pas de son impact sur le lecteur.

   STEPHANIE90   
5/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour eskisse,

que j'ai eu du mal a démêlé le fond de votre poésie pourtant plutôt jolie. Je suis venu hier vous lire et le contenu ne m'ouvrait vraiment aucune porte. Et aujourd'hui j'ai eu dès le début une sorte d'illumination. Le banquet des abeilles me semble être le miel qu'elles offrent à nos papilles gourmandes.

Voici mon interprétation :
Strophe 1 : Il me semble que vous nous parlez du possible rapprochement entre un homme et une femme, de cet instant où tout est encore possible si l'on se laisse aller à oser >"Dans le souffle en suspens - À la porte entrouverte - Elle attend un instant - C’est le saut en alerte".

Puis la réflexion sur l'oubli de l'amour, l'hésitation, la peur >"Elle se tient au milieu - Sur le seuil silencieux - Il en va de l’oubli - Elle se tient devant lui".

Métaphore de l'attente à proprement parler à la troisième strophe "Les minutes sont frêles - Les lueurs fantastiques - Rien qu’un pas chimérique - aux élans d'hirondelles" > La migration vers la maison du bonheur ?

Les trois strophes suivantes me semblent parler de la difficulté de se laisser aller à ce bonheur possible pour un cœur déjà bien malmené "De secrets d’ouragan", "Loin de l’anse meurtrie", "Il en va de son cœur - En péril avant l’heure - Sur le rocher fossile - Des années délébile".

Dernière strophe, la vision des promesses d'amour avec ce miel à venir :
" Sur le seuil délicieux
Il n’y a plus que des yeux
Qui chuchotent à l’oreille
Le banquet des abeilles "

Le petit moins pour moi serait la difficulté de savoir précisément de quoi vous souhaitez nous parler. Qui est ce "lui" au vers 8 ? l'Amour avec un grand A, un homme. Surement un peu des deux.

Merci pour la lecture, j'ai vraiment beaucoup aimé,

Stéphanie

   hersen   
5/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien
ici, je suis entre deux eaux.
Parce que je n'ai pas compris d'emblée, en plus on m'a aidée, à comprendre cet envol.
dans mon état d'incompréhension, j'ai essayé de m'appuyer sur la poésie. mais il semblerait qu'ici, elle soit indissociable du fond et à elle seule, elle ne porte pas le texte.
Il y a donc une certaine frustration.
j'ai lu les différents commentaires, qui m'ont aidée à cerner, mais je reste avec tant de possibilités que je n'arrive pas à en choisir une seule qui me donnerait un fil.
Car beaucoup de questions restent posées; il semblerait qu'il y ait des difficultés majeures à cet envol, mais elles ne (me) sont pas dévoilées. Je dois imaginer. Et le monde de l'imagination étant ce qu'il est ...

je suis donc très mitigée sur cette lecture, sans que cela ne remette en cause ton écriture, que l'on sent encore une fois pleine d'aisance pour porter les métaphores.

Merci pour cette lecture.

   Davide   
7/2/2020
Bonjour eskisse,

Un saut dans le vide, peut-être métaphorique, mais dont il manque, selon moi, les tenants et les aboutissants. S'il y a quelque chose de touchant chez cette abeille/femme sur le seuil d'une autre vie, je trouve dommage que les vers courts et le côté répétitif (les images ne se renouvellement que très peu sur l'ensemble) ne parviennent pas vraiment à porter quelque émotion que ce soit.

Les mots sont vagues et manquent de "personnalité", d'impact, ils ne m'ont pas permis de me raconter une histoire, et ce, malgré la belle image du premier quatrain, en particulier le superbe "souffle en suspens". Un portrait plus précis de l'héroïne, de ses rêves et de son histoire, m'aurait sans doute convié à ressentir avec plus de force le vertige qui l'assaillait à ce moment-là… Mais quoi qu'il en soit, l'écriture est belle, musicale. Merci du partage !


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