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Poésie libre
eskisse : Ma nuit
 Publié le 09/05/18  -  14 commentaires  -  883 caractères  -  200 lectures    Autres textes du même auteur

"Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière." Victor Hugo


Ma nuit



Elle est profonde ma nuit
elle tenaille
elle tenace

Forte. Ferme. Folle.

Elle obstrue ce qu’elle tue. Elle s’installe.
Hôte non désirée qui désire mon anémie.
Immuable temps noir. C’est là ma nuit.

Sur ma nuit
pas un battement d’eau vive
pas un cil maquillé
pas un fil d’équivoque

Ma nuit de ciel gelé
ma nuit terreuse
happant mes années concassées

C’est là ma nuit
qui se prélasse autour de mon cou
écharpe rugueuse
écharpe noueuse

Qui pétrifie
qui sévit
en plis d’acidité
sur mes yeux aveugles aux voix des vivants

Cherche-t-elle à s’agiter
c'est une marche claudicante
c'est une main d’airain se refermant pour broyer

Elle n’en finit pas de m’enrôler dans son ombre sournoise


 
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   kreivi   
9/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Belle façon de régler ses comptes à la nuit, au tiers de notre vie,
ses mauvais rêves, ses moustiques, ses insomnies , ses araignées au plafond,
ses nazis et sueurs froides.

   BlaseSaintLuc   
9/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a les oiseaux de nuit et les ombres qui les suivent, plutôt cauchemars que rêves, ce ne sont pas nuits d'ivresses que voilà, mais plutôt terreuses et concassées de traînantes profondeurs sournoises.
Une autre façon d'aborder le thème, noir évidemment.

   Quidonc   
9/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Parle-t-on de la nuit, d'insomnie? Je pense que par nuit l'auteur parle de sa vie ou d'une vie. Une vie de célibataire, de solitude sans lumière.
Quoi qu'il en soit un poème très noir, ambiance dépressive d'une "nuit" cauchemardesque, une nuit sans joie.
Mais peut-être n'est ce vraiment qu'un simple cauchemars?
Heureusement après la nuit vient le jour et le soleil existe, il suffit de regarder au bon endroit.

Merci pour ce partage

Quidonc

   PIZZICATO   
9/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une nuit un peu sybilline, qui " tenaille " le narrateur.
Est-ce un trouble psychologique, l'absence d'une compagne - "pas un cil maquillé" - , le temps perdu - " happant mes années concassées "-

En tous cas, cette " nuit " est bien matérialisée par des images appropriées.

   dom1   
9/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est tout ça les nuits.
Vos mots les résument, leur donnent formes et puissance.
Avec talent.

domi...

   Donaldo75   
9/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour eskisse,

Je ne voyais pas forcément la nuit comme ça, mais la surprise est agréable.

"Elle est profonde ma nuit
elle tenaille
elle tenace"
On dirait un oiseau de proie, à l'instar des dessins de Gerald Scarfe dans "Pink Floyd The Wall" le film d'Alan Parker.

La nuit est ensuite déclinée, de manière très visuelle.

J'aime bien.

Merci,

Donaldo

   Anonyme   
9/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
"Ma nuit" me nuit ... selon vos dires

"La nuit" ennemie ou amie, malgré qu'elle soit une nécessité incontournable, elle ne fait pas toujours dans le confort, dans le réparateur.

" C’est là ma nuit
qui se prélasse autour de mon cou
écharpe rugueuse
écharpe noueuse "

Des propos qui en disent bien long, de cette relation avec "Ma nuit".

Tous vos mots sont révélateurs et percutants, nous sommes dans le partage de cette singularité qu'un certain nombre de gens connaissent, "esclave" involontaire soumis à ces caprices.

" Cherche-t-elle à s’agiter
c'est une marche claudicante
c'est une main d’airain se refermant pour broyer

Elle n’en finit pas de m’enrôler dans son ombre sournoise "

J'ai aimé votre écrit par la manière originale dont vous abordez le sujet, c'est sans ambiguïté, et c'est très subtilement mené. J'ai ressenti un désarroi poignant face à ce phénomène sans concession.

   Gabrielle   
10/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte intimiste qui dévoile une âme tourmentée par son côté sombre, présent en chacun de nous.

Tout au long du poème, nous ressentons l'omniprésence de cette "nuit" non désirée, qui s'invite.

Le poète fait partager avec talent les sensations et émotions ressenties et renvoie parfaitement au côté obscur de sa "nuit".

L'ensemble est parfaitement réussi.

Bravo.

Au plaisir de vous lire.


Gabrielle Michel

   jfmoods   
10/5/2018
L'entête hugolien, construit sur une antithèse, suggère que la nuit met à distance les apparences trompeuses du jour, nous révélant ainsi notre être profond.

Ce poème de forme libre se présente comme une évocation douloureuse. Un certain nombre de procédés sont à l'oeuvre qui emportent efficacement le lecteur dans cette délétère traversée...

- pronom cataphorique : "Elle [...] ma nuit"
- gradation anaphorique : "pas un battement d’eau vive / pas un cil maquillé / pas un fil d’équivoque"
- métaphores : "Immuable temps noir", "de ciel gelé", "terreuse"
- métaphores à la rime : "écharpe rugueuse / écharpe noueuse"
- présentatif : "C’est là ma nuit" x 2, "c'est" × 2
- personnifications : "une main d’airain se refermant pour broyer", "une marche claudicante"
- allégories : "se prélasse autour de mon cou", "n’en finit pas de m’enrôler dans son ombre sournoise"
- recours à une ponctuation qui cloue la perspective : phrases d'un seul mot, phrases simples et complexes, phrases verbales et phrase nominale (vers 4 à 7)
- champ lexical de la violence infligée : "tenaille", "qui désire mon anémie", "happant", "sévit / en plis d’acidité"
- champ lexical de la mort : "elle tue", "mes années concassées", "Qui pétrifie"
- confusion des sens : "mes yeux aveugles aux voix des vivants"
- anaphores
- rimes sporadiques
- jeu filé obstiné, obsédant, obsessionnel, d'allitérations et d'assonances

Merci pour ce partage !

   Lulu   
10/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Eskisse,

J'ai vraiment aimé ce texte que je trouve parlant, simple et efficace. Je le trouve presque trop court, tant il semble qu'il y ait des choses à dire de cette nuit spécifique.

J'ai aimé les images, notamment celle de l'écharpe qui s'enroule autour du cou... Elle devient objet, toute concrète, tel un fantôme, presque...

J'ai aimé la forme en vers libres, avec cette ponctuation simple, et pertinente. Chaque mot se détache pour être mis en valeur. "Forte. Ferme. Folle". Personnifiée, cette nuit, "obstrue ce qu'elle tue. Elle s'installe." Vraiment comme un fantôme, finalement...

Il s'agit d'une nuit singulière, "sournoise" qui traduit bien une impression particulière. Son rapport à elle est en effet particulier. C'est le possessif "ma" qui relie... Cette nuit qui est la sienne, et qui n'est pas forcément la nuit de tous. Une nuit intime, en somme.

Bonne continuation.

   Pouet   
11/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

J'ai trouvé que ce texte "percutait" bien.
Un langage intéressant, qui sort un peu des sentiers battus.

Particulièrement apprécié ceci:

"Ma nuit de ciel gelé
ma nuit terreuse
happant mes années concassées" mais l'ensemble me plait beaucoup.

   Eclaircie   
12/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour esquisse,

Une nuit, "LA"nuit du narrateur, scandée. Le premier vers donnant la mesure, c'est "elle", c'est "ma nuit".
Une insistance pour en bien faire ressortir tous les tourments qu'elle peut engendrer.
Et le vocabulaire s'intègre bien au registre, "nuit, noir, rugueuse, terreuse, noueuse, broyer, sournoise".
"Elle obstrue ce qu’elle tue" surprend un peu, si les sons vont bien ensemble, le sens m'échappe un peu.
J'ai aimé "happant mes années concassées".

Merci de ce partage.

   eskisse   
12/5/2018

   Ombhre   
22/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le texte est fort et prenant, sur cette nuit tenace qui nous fouaille de son ombre gourmande. L'atmosphère est très bien rendue, et à vous lire, nous partageons cette nuit vorace.
J'ai beaucoup aimé cette strophe:
"C’est là ma nuit
qui se prélasse autour de mon cou
écharpe rugueuse
écharpe noueuse "
même si la répétition du mot "écharpe" me semble de trop.

Au plaisir de vous lire.


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