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Poésie contemporaine
eskisse : Mes talismans sont dans ma tête
 Publié le 17/01/20  -  9 commentaires  -  890 caractères  -  192 lectures    Autres textes du même auteur

Errances.


Mes talismans sont dans ma tête



Diâdé l’a dit, trêve de vent
La nuit coule sur le matin
L’ailleurs est là, devant mes mains
La vie est un arrachement.

Notre terre n’est plus que plis,
Que rêve d’eau, que lit d’ennui
Que souvenirs de paysages
Rêve de vert, d’enfantillages.

Je sais les leurres du voyage
Les trahisons et les naufrages
Mais je m’en vais laissant mon cœur
Sur chaque néré en demeure.

Ton aura lentement se pose
À l’orée de ma vie qui ose,
Laissant le tam-tam du matin
Je sais ma chance et mon destin.

Je prends les ombres sur mon dos
M’enveloppe de leur noblesse
Saisis le bâton de vieillesse
Derrière moi la terre s'enfouit.

Mon corps que le soleil reflète
N’a pas peur du danger des eaux
Je prendrai ce frêle bateau
Mes talismans sont dans ma tête.


 
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   Miguel   
26/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une poésie incantatoire qui nous pousse à nous abandonner au charme qui en émane, avec son lyrisme triste et doux. De belles images et un rythme lent et langoureux qui va au coeur.

   Eclaircie   
27/12/2019
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bonjour,
Le titre de ce poème n'est pas vraiment engageant, à mes yeux. L'emploi simultané des possessifs "mes" et "ma" fait redondance.

Ensuite à la lecture j'avoue avoir été déconcertée. Le premier mot m'est inconnu et je n'ai pas trouvé de définition satisfaisante sur le net.
Poursuivant, je ne saisis pas de fil directeur au poème.
L'exergue précise "errances", je ne suis pas parvenue vraiment à suivre.
Plusieurs termes m'évoquent l'Afrique (tam-tam, néré, talisman).
Le poème dans son ensemble est travaillé, (allitérations, par ex), je suis cependant restée en dehors.

Bonne continuation,
Éclaircie

   Corto   
28/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème, dans son sens, montre un dépouillement extrême "Notre terre n’est plus que plis, Que rêve d’eau, que lit d’ennui".
Que faire sur ce bout de terre sinon partir ?

On sent bien l'être acculé, cherchant l'improbable chemin qui l'amènera vers une autre vie, même si celle-ci est indéfinie et aléatoire.

Le narrateur est sans illusion "Je sais les leurres du voyage Les trahisons et les naufrages" et l'on perçoit qu'à l'irrémédiable "Derrière moi la terre s'enfouit" ne peut répondre que l'inexorable "Je prendrai ce frêle bateau".

Rien n'arrêtera celui qui a décidé de partir vers le destin le plus incertain "Mes talismans sont dans ma tête".

Un regard lucide sur une humanité en grande souffrance.

Merci à l'auteur pour ce message plutôt abrupt formulé dignement mais sans concession.

   papipoete   
17/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour eskisse
ma terre ne peut plus, ne veut plus nous donner à manger ; l'eau n'est plus qu'un mirage...il nous faut partir sous d'autres cieux, avant qu'il ne soit trop tard...Diade l'a dit...
NB voici encore une lecture qui m'est propre, de ce texte dont les augures semblent se voir à l'ombre d'un grand arbre, Diade assis sur son " néré " vient de parler...
Que l'auteur me pardonne si je suis " hors jeu "...
Je suis par contre intrigué ( vu mon interprétation ) par la fin ; le danger des eaux, prendre le bateau... alors qu'il m'apparait que de cette terre l'eau s'est enfuie ?
" derrière moi la terre s'enfouit " et ses 9 pieds...dommage !

   hersen   
17/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime beaucoup comment est posée cette désillusion profonde. Le narrateur cependant affronte la part d'ombre et va son chemin, qu'il considère malgré tout comme une chance que d'être là... car ses talismans sont dans sa tête.

C'est un texte à la fois réaliste... et onirique. Il y a la réalité jamais si facile, mais de cette réalité, nous engrangeons des trésors. Ils sont dans nos têtes.
à chacun de les utiliser, pour aller plus loin, les partager, peut-être ?

l'écriture est très fluide, elle est complètement pertinente par rapport au propos.

Merci de cette lecture !

   Pouet   
17/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

Diâdé tresse les rêves en diadème de nuages, confie au vents heureux les enfants du partage.

De très beaux vers parsèment ce texte sur lequel plane le souffle de l'Afrique.

Il est question de souvenirs et de départ, de mélancolie et d'espérance.

Quitter sa terre, la quête, l'ailleurs, gri-gri comme le ciel-ciel...

Touché par ces vers d'une simplicité très évocatrice.

PS: peut-être "Les talismans sont dans ma tête", pour éviter le "mes/ma". Un détail.

Au plaisir

   Davide   
17/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour eskisse,

L'onirisme a bercé ma première lecture, le tragique est venu s'insinuer dans la deuxième, les deux se sont mariés dans la troisième…

L'arrachement, comme un déracinement, une émigration, les nérés dans le cœur, les talismans dans le tête… il n'y a plus que la nuit qui coule sur le sol asséché ; l'espoir est un "frêle bateau" qui l'emmènera - peut-être - vers un destin meilleur :

"Je sais les leurres du voyage
Les trahisons et les naufrages
Mais je m’en vais…"

La détermination tranquille du narrateur / de la narratrice, acculé(e) à sauver sa peau, et ce, malgré les dangers du voyage, est extrêmement touchante :

"L’ailleurs est là, devant mes mains"

"Ton aura lentement se pose
À l’orée de ma vie qui ose, (…)
Je sais ma chance et mon destin."

"Mon corps (…)
N’a pas peur du danger des eaux"

Je ne sais pas qui est "Diâdé" (le mot m'évoque un "diadème"), une chamane peut-être, mais la magie des talismans (personnifiant sans doute la foi, les croyances et les superstitions), pour sûr, veillera sur le périple de ce narrateur / cette narratrice…

Sur la forme, j'ai bien aimé les octosyllabes, souples et coulants, seul le vers 20 compte une syllabe supplémentaire (mais que l'on peut corriger en prononçant ainsi : "Derrière moi la terr' s'enfouit"). D'ailleurs, dans ce quatrain, dont les images sont très inspirées, la rime a été… loupée :p

Puis, un détail : je pense que la répétition du "matin" (v2 et v15) aurait pu être évitée (celle du mot "rêve", en revanche, me plaît beaucoup).

Quoi qu'il en soit, un bien joli poème ! Merci !

   Vincente   
18/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
L'expression laisse flotter une sorte de mystère, mais, après trois lectures, je me convaincrai qu'il s'agit d'une façon intentionnelle. Car l'on se promène dans ce poème comme l'on s'égare dans des pensées incertaines. Ici, j'ai senti une errance dans la raison à plusieurs entrées : auto-conviction, flou du message de Diâdé, inquiétude devant l'avenir incertain.
Le locuteur se parle pour se convaincre qu'il est préférable pour lui de partir. À la suite des paroles d'un marabout, Diâdé, il rumine des idées de départ. La première strophe apparaît évidente, pas au premier instant, mais à force de réfléchir (pour le lecteur, à force de lire le poème) : le souffle de la vie est en suspend, "La nuit coule sur le matin", très belle formulation pour dire que le sombre grise les couleurs de l'avenir. Et puis "L'ailleurs est là", annonçant la nécessité du départ et de l'arrachement qu'il va falloir accepter.

Sans se leurrer, le narrateur va partir, "Je sais les leurres du voyage", mais il y va de la survivance de son destin. À corps perdu, il va affronter les éléments fort de ses "talismans" qui rassurent son esprit.

J'ai trouvé très forts ces deux vers :

"Je prends les ombres sur mon dos


Derrière moi la terre s'enfouit
"

Dommage dans cette strophe que les deux autres soient plus "pauvres", plus convenus.

La ponctuation des virgules est aléatoire. Je n'en ai pas été vraiment gêné, mais pourquoi en mettre certaines et pas d'autres dans des logiques similaires ?

Le poème est touchant en ce qu'il nous plonge dans le malaise d'un homme d'Afrique en instance de départ, un voyage qui sera plus de l'ordre de la fuite que du plaisir. Une certaine sobriété, qui écarte l'impression d'un facile mélodrame, va tout de même nous "entrer" sans échappatoire dans "l'errance" existentielle de cette personne que nous suivons et devenons l'espace de cette lecture. C'est un voyage dont l'on ne peut éviter le malaise, de nous nantis et occidentaux, qui n'est rien à côté de celui évoqué.

   BernardG   
20/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Nostalgie et désillusions imprègnent tout le poème et....doucement....on suit l'auteur(e) qui embarque sur ce frêle bateau qui navigue vers des contrées sur lesquelles tout un chacun s'interroge....

Je me suis questionné sur Diâdé (inconnu-e au bataillon !) !

J'ai trouvé aussi énigmatique le quatrain suivant, qui interpelle par sa présence dans le poème. Je n'ai d'ailleurs pas saisi le message
"A l'orée de ma vie qui ose".....

"Ton aura lentement se pose"
"À l’orée de ma vie qui ose,"
"Laissant le tam-tam du matin"
"Je sais ma chance et mon destin."

Bien à vous et merci pour le partage.

Bernard G.


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