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Poésie libre
eskisse : Plus une syllabe de toi [Sélection GL]
 Publié le 25/08/19  -  8 commentaires  -  746 caractères  -  238 lectures    Autres textes du même auteur

Déni.


Plus une syllabe de toi [Sélection GL]



Tu ne me donnes plus
Une syllabe de toi

Plus un cil, plus un torse
Plus un recueillement
Plus un rire

Tu verrouilles, tu cadenasses,
Tu barricades et calfeutres
Tu te protèges...

Et pourtant...
Malgré l'envol silencieux des années...

Je palpe ta voix
Cathédrale pour une folie

Je t'écris tout bas
Des mots qui chuchotent leur peine

Je couve tes yeux
En sentinelle téméraire

Je plisse ta peau
Plus que de raison.

Je parie même, tant j'ai de force, l'éclat de ton rire
Immense
Dans mon âme démunie.

J'ai de l'aisance dans la démence...
Un blason sur une illusion !


 
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   BeL13ver   
31/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Texte étrange. Je ne sais pas trop quoi en penser. Je vais essayer malgré de dire ce que j’en comprends.

Dénonciation d’une relation amoureuse toxique pour lequel ce poème ferait office d’exutoire ? Sentiment de faire face à un personne complètement folle ? Les deux en même temps.

Les deux derniers vers se veulent peut-être (sont ?) une clé de compréhension face à tant de sentiments sombres ?

Une souffrance exprimée d’un jet (c’est l’impression que cela donne).

   Eclaircie   
1/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un poème sur le silence établi entre deux êtres, sur "l'incommunication" qui s'installe avec le temps et les aléas de la vie.

La composition est intéressante avec en premier lieu le constat, sans doute subjectif au vu de l'emploi du "Tu", d'un des deux membre d'un couple.
Puis arrive le "Je" avec des images intéressantes,
"Je palpe ta voix ", belle phrase.
"Je parie même, tant j'ai de force, l'éclat de ton rire
Immense
Dans mon âme démunie." j'ai beaucoup apprécié.
J'ai moins aimé et/ou compris : "Je plisse ta peau
Plus que de raison."

Les deux derniers vers percutants achèvent bien ce texte.
On pressent que la "folie" frôle ce "Tu" mais voilà qu'elle est proche du "Je".

Merci du partage,
Éclaircie

   natile   
8/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une belle déclaration d'amour voire même de passion. Chaque mot est bien choisi pour dire combien on peut aimer jusqu' à la déraison . Le découpage des vers nous entraine vers la progression de cet amour qui n'a de cesse de repousser ses limites . Très belle poésie

   Lebarde   
26/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Eskisse

Je m'étonne du peu d'engouement suscité par ce poème qui pourtant dégage une atmosphère particulière bien en rapport avec l'idée que vous avez voulue développer ou tout au moins celle que j'y ai décelée.

A la première lecture ( l'incipit n'éclaire guère), ce texte peut paraître obscur et sombre et sa forme libre "arythmique", sans rime, sans ponctuation peut aussi dérouter et j'avoue qu'en EL je ne m'y suis pas arrêté.

Pourtant, quelle délicatesse, quelle sobriété, quelle justesse dans l'écriture pour décrire l'éloignement, la séparation, l'incompréhension involontaires et subis de deux êtres qui ont connu des liens forts aujourd'hui définitivement rompus, entre:

-TU: qui ne veut plus ou plutôt qui n'est plus en capacité de communiquer et d'échanger, je suppose par dérèglement mental ou démence ( sénile?) et de ce fait "n'est plus de ce monde".

Le début du poème décrit si bien la situation avec des mots choisis, des répétitions incisives ("plus, tu") et des strophes magnifiques

" Plus un cil, plus un torse
Plus un recueillement
Plus un rire"
(On imagine parfaitement un bonheur passé)

"Tu verrouilles, tu cadenasses
Tu barricades et calfeutres"

( Rien à dire de plus sur l'hermétisme de la relation actuelle).

- JE: l'autre qui subit, qui déplore, qui regrette, qui voudrait tant trouver une solution et fait l'impossible, sans trop y croire malgré tout, mais quand même sans se résigner, pour renouer les liens.

La simplicité des mots, la concision de phrases rendent la deuxième partie du poème touchante de finesse et de réalisme.

"Je t'écris tout bas
Des mots qui chuchotent leur peine" ( superbe!)

"Je plisse ta peau
Plus que de raison"
( peut être le désir que "TU" vieillisse plus vite et disparaisse?? , une idée à moi comme çà? )

Eskisse, vous avez produit un poème magnifique que j'ai beaucoup aimé.

Bravo

Lebarde qui doucement se met à apprécier la poésie libre

   Davide   
27/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour eskisse,

Etonnant ce titre car le mot "plus" est un mot ayant deux sens opposés selon qu'on le prononce [plu] ou [plus]. On comprend pourtant bien vite : "Plus aucune syllabe de toi".

Parce que j'aime beaucoup l'actrice Sandrine Kiberlain, le thème de ce texte me fait un peu penser au film "Elle l'adore", même si tout dans le film est exprimé à demi-mots.
Parle-t-on d'érotomanie ? Peut-être, mais je ne pense pas, je vois davantage ici la fin d'une relation difficile que l'un des partenaires n'accepte pas, ne voit pas, ne veut pas voir. Celui-ci s'accroche à l'être aimé comme à une bouée de sauvetage en pleine mer, sans voir que leur amour n'est plus réciproque.
Ce n'est là que mon interprétation, aidée par le mot de l'exergue.

Musicalement, j'adore ce poème, son écriture est très agréable, très limpide, avec des anaphores judicieuses : "plus" d'abord, "tu" ensuite, "je" enfin. Et non, il n'y aura pas de "nous" !
Les distiques, strophes de deux vers, sont légers, à contrepied de la tension palpable peinte à l'encre de Chine.

Un brin de lucidité chez le narrateur/la narratrice apparaît dans les deux dernières strophes, souligné d'abord par une belle allitération : "Dans mon âme démunie."

Mais le poème entier ne pourrait-il pas se résumer à ces derniers vers, magnifiques : "J'ai de l'aisance dans la démence... / Un blason sur une illusion !"
Joli d'ailleurs d'avoir fait rimer "Aisance" avec "démence" et "immense".

Un bien joli poème, un peu simple dans son expression, mais toujours juste et qui dit l'essentiel.

Merci eskisse,

Davide

Edit : J'ai fait une confusion dans le film ; je pensais en réalité à "Anna M." avec Isabelle Carré (que j'adore autant que Sandrine Kiberlain !) jouant une femme érotomane persuadée d'être aimée par un homme, qu'elle persécute, un docteur.
Le film "Elle l'adore", lui, parle plutôt d'une femme "fan" d'un chanteur ; le sujet n'est donc pas tout à fait le même.

   senglar   
26/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour eskisse,


Il ne répond plus
Et elle continue de faire comme s'il répondait
Dans l'espoir qu'il lui reviendra

Quel dessin pourrait-on mettre sur le blason ?
le double masque de l'Antiquité grecque
Celui de la Comédie et Celui de la Tragédie
de la Tragi Comédie
ou le double masque de l'Antiquité romaine
le double visage de Janus
Celui du Commencement et de la Fin

Certes pas Celui de l'Amour Courtois
Cher à Chrétien de Troyes

Car ici l'amour est mort.


J'aurais écrit :
"Un blason sur [mon] illusion !"

Mais moi j'aurais déserté cette cathédrale... plissée pour des temples païens. Il ne faut pas accorder trop d'importance au sacré.

C'est le secret du bonheur !


senglar

   wancyrs   
26/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Salut eskisse,

On a ici un texte qui parle d'impuissance devant l'ignorance de l'autre qu'on a eu longtemps dans sa vie, l'autre qu'on a aimé. Rien n'est mentionné, comme raison de ce rejet, et le "tu te protèges" a tendance à évoquer quelqu'un blessé en face. La plume est légère, et les mots, comme un chuchotement. Le mystère reste un peu à la fin de ma lecture, mais j'ai bien aimé le ton du texte.

   Louis   
30/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les premiers vers déplorent l'absence de parole d'un être proche : « Tu ne me donnes plus / Une syllabe de toi ». Là où l'on attendait un « mot », « plus un mot de toi », se trouve une « syllabe ».
Une syllabe isolée est un unité phonétique dépourvue de sens, elle entre dans la composition du mot qui, lui, n'est pas dépourvu de signification ; elle est une partie constitutive d'un mot, totalité décomposable.
Mais cette syllabe du poème, c'est « une syllabe de toi ». Syllabe constitutive de « toi ».
« Toi » : tu es mot, tu es parole, tu es langage.
Tu es langage et don du langage. Et tu es corps : un « cil » et une « syllabe » ; et tu es un « il », un « il » sous condition, « s'il ». S'il était là, s'il était présent, s'il était visible, patent, criant, dans un battement de cil, mais... Mais il ne se « donne » plus.
Ce n'est pas une syllabe « adressée » à soi, qui est attendue par la locutrice et qui lui est
refusée, c'est un « don ». Le don de soi de part en part. Des parts de l'autre sans départ. Des parts de l'autre sans épars, et pourtant dans un ensemble intotalisable.
L'autre est un mot, dont on ne saisit que les syllabes, un mot très long, un mot-phrase, un mot-texte, sans fin, un réservoir du langage qui ne donne plus, n'approvisionne plus l'appétit l'appétit de dire, l'appétit d'écrire.
Il ne se dit plus désormais, ce mot incarné dans un « cil », dans un « torse », dans un « rire ».

L'autre, « tu », n'est plus ouvert au don de la parole, au don de soi. Dans une fermeture sur lui-même, il se « verrouille », se « cadenasse », se « barricade, se « calfeutre ». Il se tait. Il fait silence.
Cette clôture sur soi serait une protection, « Tu te protèges... ». Muré dans le silence. Murs d'une maison fermée, portes et fenêtres closes, rien n'y rentre, rien n'y sort, on ne peut plus être affecté par le monde extérieur.

« Et pourtant... » la parole de la locutrice, dans une relation unilatérale, sans réciprocité, inlassable, continue de s'adresser au silence.
L'autre, l'interlocuteur n'est plus dans l'interlocution, il ne prononce plus une syllabe, et pourtant, «  je palpe ta voix ». Cette voix qui fait corps ne peut être alors que celle du souvenir, voix d'un fantôme matérialisé, voix chère qui s'est faite chair, voix « cathédrale d'une folie ».
Folie que de parler au silence ; insensée la parole sans réponse, sans interrelation. À l'exception de celle adressée au divin, qui ne répond jamais ; au divin, le grand Autre.

La parole tente de réveiller la parole, tente de redonner vie à l'autre, de le faire exister à nouveau, non par des cris, mais par des « chuchotements ». La parole se perd ainsi peu à peu, elle s'étiole sans fonction communicative, réduite seulement à celle expressive : « des mots qui chuchotent leur peine », mots qui chuchotent à peine.
Les yeux aussi « couvent » d'autres yeux, pour qu'ils éclosent à la vie de nouveau.
Une folle espérance. Une grande illusion.

Merci eskisse


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